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4993Skiltron : The Clans Have United

posted by alonewithl on avril 28th, 2015

Skiltron : The Clans Have UnitedFondé sur les cendres d’un projet datant de 1997 et nommé « Century », par le duo argentin Emilio Souto et Matias Pena, « Skiltron » débute officiellement en 2004. Il s’agit là d’un combo folk metal assez unique en Argentine dans la foulée de ce que font leurs confrères brésiliens « Tuatha De Danann » et sous l’influence d’un metal celtique, qui tient principalement ses origines de « Skyclad » et de « Mago De Oz », en provenance de la lointaine Europe. « Skiltron » s’inscrit donc comme un groupe très atypique. D’autres formations du genre suivront néanmoins dans cette région du globe. Pas toutes aussi talentueuses cependant. Le duo, à l’aide de musiciens et d’un chanteur de session feront paraître une première démo, dès 2004, intitulée « Gathering the Clans », qui servira de premier jet au futur album « The Clans Have United ». Ce long volume paraîtra via le label italien Underground Symphony, alors très en vogue et spécialisé dans le power metal. Lors de l’enregistrement de l’opus, le line-up ne comptait que trois membres, avec la seule arrivée supplémentaire du bassiste Fernando Marty. Comme pour la précédente démo, le groupe fera appel à des musiciens et un chanteur de session. Quoiqu’un peu désorganisé un clan s’engage dans la bataille, une première offensive qui devrait plus tard le porter à la domination de la scène folk metal sur le continent sud-américain.

C’est toujours bizarre d’écouter de la cornemuse de la part d’un groupe argentin. C’est pourtant le premier instrument qui vient à nos oreilles via l’introduction « Tartan’s March ». Un instrumental qui se traduit tout d’abord par une mise en éveil, puis par un enchainement metal vigoureux qui ne sera que de courte durée, laissant de nouveau plein champ à une cornemuse impassible et rigoureuse. Cela nous emmène directement et automatiquement au titre suivant « By Sword and Shield », qui bien que prolongeant l’air de l’introduction qui l’a précédé, s’illustrera par l’arrivée impromptue et alléchante d’un power metal à la « Helloween ». Le chant se montre ici moyennement incisif, au contraire de la guitare d’Emilio, qui fera toutefois régulièrement des pauses, alternant avec des breaks intéressants. Ce sera aussi le cas sur « This Crusade », marqué par pas mal de temps morts qui servent aux musiciens d’élans pour mieux rebondir. Le power metal se montre ici implacable, un peu trop neutre et peu émotionnel au regard d’autres morceaux de la galette. Il révèle toutefois un visage plus séduisant à partir du break du milieu, se démarquant par la mise en avant de la basse et des riffs particulièrement ombrageux et tranchants.

Sur le plan de la fermeté, « Skiltron » donnera l’exemple d’un très intimidant et rêche « Stirling Bridge ». Sa raideur ne laissera que peu de souvenirs en comparaison d’un tout aussi costaud « Gathering the Clans », cependant harmonisé et adouci par l’apport des mélodies celtiques de flûte, d’où une apparenté plus que probable avec le confrère et voisin « Tuatha De Danann ». Similarité qui se retrouve aussi avec le morceau « Sixteen Years After », de nouveau dominé, voire emmené par la flûte. Le titre est très addictif, car ardent et jouissant de son intensité. Le doux instrument abandonnera la fibre guerrière sur le ravissant et tendre instrumental « Rising Soul ». Accompagné de la guitare acoustique, on le sent attristé. On aurait cru la joie revenir sur le titre successif « Pagan Rites ». Mais Après une entame champêtre ravissante, la voix nous parvient, et celle-là est meurtrie, feulée, presque romantique, complétée par des airs de harpe. Le cœur n’est pas blessé longtemps, car cela se revigore, prenant un aspect guerrier et épique. « Coming from the West », nous fait croire aussi tout d’abord à une chanson festive, par une mandoline des plus plaisantes. Elle sera vite gagnée par la rigueur de la guitare électrique, produisant alors une sorte de redite de « Cruachan », marqué notamment par une sortie guitaristique sur les chapeaux de roue, dont la vitesse n’a rien à envier à la piste instrumentale « Across the Centuries ». Une superbe embardée cette fois, où se singularise le violon et des airs de clavecins rappelant « Stratovarius ».

Une réédition de l’objet existe par l’intermédiaire du label allemand Trollzorn, comprenant une reprise assez fidèle de « Spinning Jenny » de « Skyclad », n’ayant ultérieurement figuré que sur la version argentine de l’album. Les trois morceaux de la démo 2004 sont également présents, ainsi que des versions instrumentales de « By Sword and Shield » et « Coming from the West », n’apportant pas vraiment de renouveau ou d’originalité à ce que l’on connaissait déjà des titres initiaux. « Skiltron » fait ainsi ses premiers pas avec un « The Clans Have United » plutôt satisfaisant, quoiqu’un peu hésitant, mais n’ayant certainement pas à rougir de ses homologues européens de l’époque qui s’illustrent dans ce même folk metal à tendance celtique. La mise en route de son désormais rival brésilien « Tuatha De Danann » avait été bien plus difficile en comparaison. L’avenir de « Skiltron » est pour ainsi dire propice et tout tracé. Son rival désigné, qui lui avait servi de modèle, périclitera aussitôt, et on attend encore aujourd’hui une hypothétique remontée de sa part. Ainsi, des clans se succèdent et des forts continuent à se bâtir et d’autres à se délabrer.

14/20

 

 

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