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5061Anthems Of Steel Fest 2015

posted by alonewithl on mai 24th, 2015

Anthems Of Steel Fest

Midnight Priest + Spidkilz + Thrashback + Mobütu + Désillusion + Shroud + Klootzak @ Bressuire (79) – Salle Emeraude
(09 Mai 2015)
Ouverture à partir de 14:30 heures.

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Samedi 09 Mai

Un peu remué par les évènements de la veille, je tenais néanmoins à participer au pied levé à ceux qui devaient se dérouler à Bressuire le 09 Mai 2015. C’est là la festivité de l’année pour l’association Anthems Of Steel, sa fête à proprement parler. Ils ont invité quelques valeurs sûres locales, mais aussi quelques poids lourds français et étrangers. On retient en tête d’affiche les portugais de « Midnight Priest », les italiens de « Spidkilz », les français de « Thrashback » et ceux de « Désillusion ». Avec tous les groupes proposés, les concerts commençaient tôt, aux environs de 14h30. Bressuire devenait le temps d’une journée la capitale poitevine du metal. Tout bon metalleux se devait de participer à cette soirée. C’est pourquoi bon nombre de responsables d’associations metal étaient présents, des aficionados pour la majorité. Le trio thrash metal de Bretagne « Hexecutor » était au complet, accueillant aussi bien les spectateurs que les artistes. Shaxul et son stand meublaient les lieux, tout comme Hervé Monjeaud, le créateur de pochettes. Avec le beau temps, une grande partie du public et des artistes prenaient le soleil dehors en attendant que tout soit prêt. Il y avait en vérité peu de monde présent pour assister au premier groupe sur scène, ceux-là auront d’évidence manqué quelque chose.

. KLOOTZAK

Ce groupe ne m’est pas étranger. En plus d’être un groupe local, j’ai pu assister à au moins deux de ses concerts. Ma mémoire flanche, mais il me semble les avoir vu au moins lors du Dark Vibes d’Iteuil et au Zinc de Poitiers. Quoi qu’il en soit c’est une valeur étalon du heavy metal poitevin. Et, ils l’ont une nouvelle fois prouvé lors de leur passage à Bressuire. La faiblesse du public ne les a pas effrayé, ils ont fait même bien mieux que pour leurs concerts précédents. Leur heavy metal est parfaitement racé, dans une veine proche de celle de la vague britannique des années 80. Le chanteur a visiblement gagné beaucoup d’assurance. Il semble plus serein que la première fois que je l’ai vu. Il avait alors les cheveux un peu plus longs. Toute l’équipe enfonce le clou avec une reprise de « Blood of the Kings » de Manowar et celle de « 2 Minutes to Midnight » d’ « Iron Maiden ». Il ne va pas sans dire que le second album de « Klootzak » est très attendu.

Set-List : 1. Seed of Wrath / 2. Hell vs Heaven / 3. Into the Arena / 4. The Plotters / 5. Blasphemy / 6. Way to Battle / 7. Mordor / 8. Bloodlust / 9. Brothers of Metal (Manowar Cover) / 10. 2 Minutes to Midnight (Iron Maiden Cover)

. SHROUD

Le second groupe a monté sur scène a en commun avec « Klootzak » d’être également originaire des environs de Poitiers et de pratiquer le heavy metal. Pas le heavy metal à l’ancienne toutefois, un heavy metal un peu plus brut, un peu plus à l’allemande, qui aura quelques peines à me séduire. Le groupe est très jeune, semble bon techniquement, mais manque encore d’expérience. L’éclairage réduit à quelques lumières rouges donne un aperçu correspondant plus à un groupe d’un genre plus virulent. Ça m’a toutefois bien agacé pour les prendre en photos. Chacun semblait vouloir tirer la couverture de son côté, comme déjà dit il y avait la technique, mais le manque de cohésion donnait un résultat un peu fouillis. Le chanteur n’était pas très à l’aise non plus, néanmoins on se rendait compte qu’il faisait de son mieux. Celui-là nous confiait qu’il était vénézuélien et que dans son pays des gens luttaient pour leurs droits. Manière pour lui d’introduire le titre « Into War ». J’étais encore très curieux de découvrir ce groupe, je sais d’expérience que ça va se peaufiner avec le temps, à force d’entrainements et de concerts.

Set-List : 1. Intro / 2. Hellelujah/ 3. The Hammer’s Bang / 4. Steel Dragons / 5. Oblivion / 6. We Are Me / 7. Into War / 8. From Years Ago

. DESILLUSION

Je croyais que ce groupe passerait après « Mobütu ». « Désillusion » est un groupe de heavy metal français expérimenté qui a déjà trois albums au compteur. Le dernier en date, le tout récent « Metal Influences », a d’ailleurs été particulièrement encensé par les critiques et le public. Leur musique me fait penser aux débuts de « Satan Jokers », à « Sortilège », à « DemonTool » aussi. Je ne suis pas particulièrement friand de ce heavy chanté en français. Beaucoup de mes camarades pourront en témoigner, mais je dois reconnaître avoir fortement apprécié la prestation offerte par les normands ce soir-là. Le son était proprement dantesque et techniquement travaillé, avec une mention toute particulière pour le très bon morceau « Voyageur d’Outre-Tombe ». Le véritable plus de la bande se situe pourtant au niveau scénique. En concert, les gestes comptaient autant que le son. De ce fait certains membres se dégageaient par leur prouesse scénique. C’est surtout le cas d’Yvon le bassiste, particulièrement photogénique dans toutes ses poses. « Désillusion » a aussi une mascotte, un savant fou, Doc Désy, représenté par Pascal. Il fait un bond sur scène au dernier tiers de la set-list, histoire de mettre davantage l’ambiance et d’entrainer un public rapidement conquis et déjà plus présent que lors des deux premiers concerts. Ce carton s’est achevé par une chanson en anglais cette fois, la dénommée « Hail and Kill », reprise de « Manowar ». Le guitariste de « Hexecutor », avec qui je parlais de « Manowar » juste avant le concert, me fixa du regard, pour se mettre ensuite à entonner à pleins poumons ce puissant hymne des légendes du metal new-yorkais. Voilà, ce que l’on peut dire de ce concert. Un heavy metal français de haute volée, qui fout une ambiance de délire. Un must see and hear absolu de l’Hexagone.

Set-List : 1. Serial Killer / 2. Confrontation / 3. Revolution / 4. Etat d’Ames / 5. Voyageur d’Outre-Tombe / 6. Des-illusions / 7. Metal Influences / 8. Esprit Maudit / 9. Hail and Kill (Manowar Cover)

. MOBÜTU

Comment vais-je définir ce groupe ? Vous étiez peut-être trop jeunes ou juste pas nés quand il y a eu le bombardement de Dresde, mais à peu de chose près, « Mobütu » c’est un bombardement continu qui peut faire des milliers de victimes. Le hard rock de « Mobütu » a beaucoup à voir avec celui de « Motörhead », mais avec une seconde jeunesse. Le trio infernal joue vite et fort, au point même d’en casser les cordes. Ce petit incident qui doit au jeu nerveux du guitariste va donner l’occasion d’un petit bœuf reggae à la basse de la part de Maturin. Ce mec est un vrai meneur doué de charisme certain et de beaucoup d’humour. Ça a fourni un plus déterminant à ce show endiablé. Il me semble même qu’ils ont repris le titre « Sex and Death » issu de l’album « Sacrifice » de « Motörhead ». Pour ce coup, j’en demande au souvenir à tous ceux qui ont été enchantés par cette furieuse prestation de ce groupe vendéen.

. THRASHBACK

Le mythe « Evil One » n’est pas mort. « Thrashback » est une seconde peau de l’illustre serpent venimeux du thrash metal français. Ils en sont actuellement à deux albums sous leur nouveau nom, et se compose d’un trio, un peu comme « Manzer », avec un chanteur/batteur, un bassiste qui sert aussi de seconde voix et un guitariste. Même si la part scénique se limite bien souvent à quelques mouvements possédés du bassiste, les gars envoient la sauce. Tout y est efficace, précis, blindé. C’était un peu dommage pour moi de ne pas avoir pu véritablement pu voir « Speed » le batteur/chanteur situé à l’arrière avec qui j’ai notamment pu faire l’interview audio, en compagnie de Freddy, le guitariste. En tout cas, ils ont cartonné et mis en furie les spectateurs dans les premiers rangs au point de rendre tous mes déplacements de gauche à droite très compliqués. Pourtant, le bassiste en demandait davantage, n’hésitait pas à prendre la parole pour revigorer nos âmes damnées. « Thrashback » aurait, c’est vrai, mérité une plus grande foule, afin de partager un plus grand enthousiasme.

. SPIDKILZ

Le premier groupe étranger de la soirée nous vient d’Italie. Pour beaucoup ce fut une révélation. Ce groupe de heavy/thrash emmené au chant par la blonde Elisa DePalma n’en est qu’à son premier album, succédant à une démo. C’est pour tout dire un petit phénomène tout juste éclos. Encore une fois les aspects scéniques et musicaux se complètent parfaitement. Elisa se montre déterminée, comme une reine au milieu de sa cour, flinguant le public par ses gestes et ses paroles. Parfois, elle fait preuve de sensibilité sur des pistes plus proches de ballades. Il s’agit tout bonnement d’une artiste accomplie, tout comme les musiciens qui l’entourent qui ont fait preuve durant près d’une heure d’une dextérité hors pair, équivalent à des plus grosses écuries du genre. Le moment phare a été certainement la reprise fameuse d’ « I Hate » d’ « Overkill ». Moment d’intensité et de rage sans grand équivalent de la soirée malgré les très bonnes prestations des uns et des autres.

Set-List : 1. Intro / 2. I Will Crush You / 3. Insomnia / 4. Beware of the Speed / 5. In Event of Fire / 6. In Tears / 7. Fear of Death / 8. I Hate (Overkill Cover) / 9. Motorhome / 10. The Distance / 11. Balance of Terror

. MIDNIGHT PRIEST

Voilà le groupe peut-être le plus attendu. Un pur bijou heavy metal en provenance du Portugal, qui aura pas mal fait bouger les têtes et enflammé les chaumières avec son fameux album éponyme. Néanmoins, depuis, il y eut un petit changement dans le line-up. Lex Thunder a notamment succédé au micro à The Priest. Un album a aussi été produit en anglais, ce qui attise d’autant plus les curiosités. Et les titres de ce dernier volume tiennent en toute logique une bonne place dans la set-list de la soirée, histoire de mieux les roder. Les lumières étaient au début aux couleurs du Portugal : vert et rouge. Ce qui m’a posé quelques difficultés, néanmoins estompées par le son redoutable du groupe. De l’aveu de quelques anciens, c’était comme retrouver le « Iron Maiden » de la grande époque. Jamais on n’a attendu des riffs aussi purs, un jeu aussi racé et séduisant. La magie opère sans ménagement. Le guitariste de « Hexecutor » dans le public chantait à tue-tête le refrain de « Hellbreaker », titre de « Midnight Priest » issu de leur second album qui a en plus bénéficié d’un clip. Mais le bonheur a parfois ses limites, et les limites se trouvent comme pour « Mobütu » dans les cordes de guitares. Ça casse une première fois, puis à la deuxième, le show se termine quelque peu écourté au grand désarroi du groupe qui croule néanmoins sous les applaudissements.

Set-List : 1. Thunderbay / 2. Into the Nightmare / 3. Ferro em Brasa / 4. Feitiço do Cabedal / 5. Segredo de Família / 6. Cidade Fantasma / 7. Rainha da Magia Negra / 8. Hellbreaker / 9. Made of Steel / 10. À Boleia com o Diabo / 11. O Conde

 

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