chroniques et interviews metal

5078Parallel Minds : Headlong Disaster

posted by alonewithl on mai 30th, 2015

Parallel Minds : Headling DisasterÇa remonte à il y a quelques années. Suite à mes chroniques des trois chapitres de la formation française de heavy/power « Falkirk », je me suis désolé de l’arrêt d’un groupe aussi prometteur et je me suis mis alors à chercher des traces de certains membres, à commencer par le chanteur Stéphane Fradet, dont la voix si personnelle et chargée d’émotion, s’était peaufinée d’album en album, au point que son extinction m’apparaissait comme un énorme gâchis. A force de fouiller, j’ai découvert un morceau sur youtube, n’appartenant à aucun projet, à aucun groupe. C’est ça qui est curieux. Le lien se nommait « Ghost of Sparta » et s’inspirait directement du jeu vidéo bien connu « God of War ». On y découvrait l’ex-chanteur de « Falkirk » dans un morceau heavy speed terriblement puissant, issue d’une collaboration quelque peu désintéressée avec son cousin, Grégory Giraudo, qui œuvrait à ce moment pour son projet « Coexistence », dont un opus était fraichement sorti et dont j’ai fait la connaissance lorsque je travaillais encore également pour le compte de Pavillon 666. Grégory m’avait répondu, remerciant tout d’abord mes félicitations. Il m’avait alors indiqué que ce titre était une composition faite seulement par plaisir, et qu’il n’était pas prévu qu’il y ait un projet ou d’autres compositions entre eux. Il m’avait fait état d’une réflexion à ce sujet. Etant passé à tout autre chose, et me faisant pas trop d’illusions, croyant que Stéphane Fradet était bien décidé à raccrocher le micro comme il m’a été confié, je fus très surpris par la découverte du projet « Parallel Minds » réunissant donc Stéphane et Grégory, mais également Frank Costanza, batteur estimé des groupes « Dagoba » et « Blazing War Machine », et de la découverte d’un album de 10 pistes, incluant le fameux titre « Ghost of Sparta », que j’avais pu écouter quelques années auparavant. Près des cendres de « Falkirk » un feu renait.

Cet album plein de promesses est intitulé « Headlong Disaster » et est édité chez Brennus, ancien éditeur de feu-« Falkirk ». Peut-on y voir une sorte de retrouvaille avec l’ancienne formation du heavy/power français ? Rien n’est moins sûr. L’opus débute avec un « I Am » conçu dans un metal progressif des plus modernisants. On voit clairement la pâte de Grégory se profiler dessus. Le titre est acceptable, mais pêche par un jeu grippé, des voix éreintés. Un Stéphane Fradet, émoussé au niveau de la voix, est vu en dualité avec des voix synthétiques intimidantes, qui vont intervenir tout le long de l’album. Les premières pistes apparaitront rêches et peu subtiles pour les amateurs d’un metal progressif tout en légèreté. Comme pour « I Am », « Into the Void » parvient à offrir une fenêtre plus limpide, se dégageant d’un jeu concassé et bourru, lors du pré refrain et du refrain. Nous ne regretterons toutefois pas leur bon niveau technique et la formidable sortie lors du dernier quart de piste, bien qu’usant toujours d’un rythme par à-coups. Il y aura aussi une légère moue en ce qui concerne le titre « Ghost of Sparta », qui est en fait ici, une version remaniée du titre existant sur youtube qui a été à l’initiative de ce projet. Ce n’est plus vraiment ce heavy speed impulsif et tragique comme j’eus écouté initialement. Il se voit gêné par un superflu de voix et de mélodies, par un rendu moins claquant. Il garde néanmoins son efficacité, mais laisse un arrière-goût de regret. Regret qu’ils n’aient pas tout simplement repris la première version, bien plus marquante et sincère.

L’alchimie produite pas « Parallel Minds » compte quelques réussites marquantes, à commencer par « Reborn Through Hate » affichant une grande détermination, des riffs emblématiques dès l’entame. La nervosité musicale s’allie parfaitement au chant de Stéphane, véhiculant l’émotion. Tout y est parfaitement rendu, avec force, dextérité et inventivité. Le morceau éponyme s’illustre aussi comme une valeur sûre de l’album, usant tour à tour de formidables envolées abrasives, à des moments de calme plat, faisant office de pauses. Nous cernons parfois la présence très singulièrement du power metal dans ce titre savoureux et énergique. Ils vont jouer sur ce tableau en reprenant le terrible « Only the Good Die Young » d’« Iron Maiden », l’agrémentant à leur sauce, dans un heavy progressif hargneux. Il en sera moins question au sujet de l’excellente reprise de « Coming Home » de « Scorpions », privilégiant là un metal progressif volontiers plus aérien, presque atmosphérique, comme c’est d’ailleurs le cas avec des titres comme « Migdal Bavel » ou encore le fascinant « Hyperion ». « Hyperion », dans lequel on croise brièvement les derniers assauts de « Falkirk », son metal radieux, épique, plein d’espoir, juste avant de passer dans les rouages d’un heavy progressif aux émotions complexes, passant dans des phases ténébreuses, voire même moroses. Cette morosité s’emparera presque entièrement de la power ballade « A 1000 Minds Away », révélant un Stéphane Fradet dans l’une de ses meilleures prestations vocales, nostalgique, puis cruel, parfait accompagnateur des instruments.

Le passé, le présent et le futur sont réunis au sein de ce nouveau projet, dont rien ne garantissait au départ l’existence. C’est un Stéphane un peu fragilisé qui reprend le micro, mais conservant de très bons restes. Nous pouvons être étonnés de la présence du batteur de « Dagoba », plus familier à un metal très moderne, voire complétement innovant. Il figure pourtant comme un élément essentiel façonnant la personnalité d’un projet, certes montrant quelques imperfections, mais particulièrement ambitieux, au point de mettre dans un commun accord trois visions en une. N’allez surtout pas voir en « Parallel Minds », une quelconque retrouvaille avec « Falkirk ». « Falkirk » est mort. « Parallel Minds » est né. S’il existe une parenté, on ne la retrouve que trop peu sur le plan musical. Three downard slopes. Three bloodied hopes. Three are your burning fires. Three your desires…

14/20

 

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