chroniques et interviews metal

5117Iron Lamb : Fool’s Gold

posted by alonewithl on juin 7th, 2015

Iron Lamb : Fool's GoldQu’est est le lien entre « Iron Lamb » et le jeu « Goat Simulator » ? Ils sont suédois, et il y a entre eux deux un réel intérêt porté à un animal cocasse et singulier, j’ai nommé, la chèvre. Trêve de plaisanterie ! Le premier forfait du projet alors punk n’ roll fondé par des poids lourds du death suédois est passé totalement inaperçu. Ce n’est pas faute de reconnaître que « The Original Sin » est un bon album. Allez savoir pourquoi. Il faut dire que de nombreux anciens tenants du metal extrême se recyclent de nos jours dans des genres plus assagis, voire plus confidentiels. Les gars de « Iron Lamb » sont un peu au milieu du lot et ne peuvent plus compter seulement sur leur ancienne notoriété pour stimuler les appétits. A la suite de leur premier long ouvrage, est prise la décision d’embaucher un second guitariste en la personne de Jens Bäckelin, un batteur à l’origine, qui s’est fait connaître dans le groupe de sludge/stoner « Sanctuary In Blasphemy ». Grga, dont le chant n’est vraiment pas le point fort du groupe, préfère se consacrer uniquement pour le moment à sa carrière solo. Il est donc remplacé par un personnage, que les membres d’ « Iron Lamb » connaissent bien, puisqu’il avait été le chanteur du groupe de black punkisant « Tyrant » aux côtés de Daniel Ekeroth. On connait mieux Daniel Forn Bragman en tant que principal membre du fameux projet de black mélodique « Vinterland », reconstitué d’ailleurs depuis quelques années après une longue période d’absence. Sieur Bragman a montré ce qu’il savait faire au chant, mais on ne l’aurait point imaginé reproduire à la quasi-perfection celui d’un certain Lemmy. « Iron Lamb » serait donc une chèvre appartenant à monsieur « Motörhead ».

Lorsque « One Way Track » entre en gare, on nous assène de puissants riffs à la « Motörhead ». La confusion avec l’éminent trio britannique ne tient pas au seul jeu de guitare, mais aussi comme révélé précédemment au chant de D. Bergman, absolument similaire à celui du grand Lemmy Kilmister. Ça groove donc formidable bien et ça affiche un sacré répondant avec ces riffs bourrinés. C’est tout aussi rude et blindé avec « Feed the Fire », ça manquerait juste un peu de profondeur, car l’extrait s’attache à fournir dans la plus grande simplicité et la plus grande correspondance avec le célèbre groupe de Leeds. Pas de grande prise de risque quoi. « Backstabbers », très proche d’un « Motörhead » des débuts fait preuve de plus de finesse dans son jeu survolté. C’est véritable un coup digne du maître, contenant qui plus est un formidable solo. Le court « Center of the Universe » se montre aussi terrible. Tenace, détonant. Il affiche une certaine insolence dans le ton qui fait tout son charme, des prises mélodiques assez inédites, parfois tout droit puisées dans le heavy britannique des années 80 et « Iron Maiden » plus particulièrement. Ce qui donne un intérêt grandissant à l’écoute et à la réécoute de ce dit morceau.

Parfois, une légère dose de heavy à ce hard bien burné peut rendre la chose perturbante, au point de voir « Mockingbird » ressembler à du « Chrome Division ». Ce qui n’est pas pour déplaire, à vrai dire. « Smile Now Cry Later » a tenté préalablement un hard rock plus mélodieux, toujours sous une voix à la Lemmy. Le rendu entre une musique tempérée et cette voix bourrue est assez curieux. On regrette néanmoins que ça s’essouffle à la longue. On pourra mettre celui-là de paire avec un chaleureux et tout aussi trempé et accessible « Rip It Up ». Mais comme « Smile Now Cry Later », ça finit par devenir quelque peu redondant. C’est vrai qu’il y a quelques titres de l’opus qui manquent de patate. On sera ainsi quelque peu partagé au sujet de « Pink Mist », titre qui met du temps avant de se lancer. L’entame est faite d’un acoustique très aéré mais qui dure. Ce qui suit est tout force et en pression, un bon hard motorisé. Il aurait fallu qu’il y ait plus de fougue sur les couplets pour rendre l’extrait véritablement captivant. Tout l’inverse d’un « Deadend Blues » saucé au Jack Daniels, ressemblant plus là aux derniers « Motörhead ». D’ailleurs, il n’en serait plus du tout question en ce qui concerne le titre « Leave Me Be » qui tire largement dans un rock bluesy posé et attachant, laissant en chant principal le chanteur de country/horror suédois Rob Coffinshakers.

« Iron Lamb » s’est repenti depuis son premier album. Fini le punk et sa toute violence, place à un hard rock bourru pour les ex-voyous devenus pères de famille. La musique de nos amis suédois se serait considérablement adoucie. On ne note plus vraiment l’ardeur de leurs débuts sur ce second long volume, à quelque chose près. Néanmoins, l’influence de « Motörhead » s’est nettement renforcée, aussi grâce à la venue de l’ancien chanteur de « Tyrant », qui fait proprement des merveilles d’imitation. Et une part de dynamique est tout de même restée, bien soutenue d’ailleurs par quelques morceaux d’excellent choix. Pour ce qui est des autres, on se place davantage dans l’incertitude. Leur nouvelle envie de se raccrocher aux standards est certainement un choix plus idéal, que de s’apitoyer dans un genre résolument underground. Ils gagneront plus de fans, à l’évidence. Ça rendrait en contrecoup leurs compositions moins gratifiantes et l’entrain moins durable. En toute franchise, tout ça se laisse déguster, mais il n’y aurait pas de quoi nous rendre chèvres.

14/20

Clip Officiel:
. Deadend Blues
Deadend Blues

 

 

You must be logged in to post a comment.