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5114Iron Lamb : The Original Sin

posted by alonewithl on juin 7th, 2015

Iron Lamb : The Original SinEn 2009, trois anciens membres de la formation death thrash suédoise « Repugnant » se réunissent et décident de partager leur affection pour des groupes comme « Motörhead » et « Poison Idea » autour d’un projet punk n’ roll baptisé « Iron Lamb ». Autour de Johan Wallin, de Gustaf Lindström et de Thomas Daun, ayant eu déjà tous trois une carrière respectable au sein de différents grands groupes, vient se greffer la même année un ami de longue date, le bassiste Daniel Ekeroth (aussi connu pour être l’auteur de l’ouvrage « Swedish Death Metal » chez Bazillion Points). Le line-up complet, il se lance dans des enregistrements et dans des concerts, qui vont leur permettre d’ouvrir pour leur idole « Poison Idea », notamment. C’est durant l’année 2011 que sort leur premier album, intitulé « The Original Sin », publié chez le singapourien Pulverised Records et l’éminente boîte allemande, spécialisée dans le heavy et le thrash revival, High Roller Records. Le produit en question ne manque pas de piquant, mais est-ce, à proprement dit, un album original ? Là est la question.

« Rotten Wood » nous plonge dans le bain sans ménagement. On assiste à un véritable bombardement de basse, à un riffing foudroyant, à une énergie folle et parfaitement maîtrisée reproduisant à peu de chose près un punk/hardcore tenace et tétanisant, dont la hâte et les coups portés à l’unisson vous submergent littéralement. Le chant de Gustaf alias Grga, hurlé et scandé, tente de rattraper la vague et de la surfer. On rapproche celui-là à l’intrépide et vivifiant « Dead Inside », titre exalté qui avait été à l’origine composé pour le 7’’ éponyme de 2009, comme « Suicide » d’ailleurs qui se retrouvent tous deux avec une meilleure qualité de production. Dans le dernier cité, il est plus à parler de punk n’ roll, puisque l’influence du « Motörhead » des débuts s’y pressent à travers le jeu de basse et de guitare. On en plus un superbe solo à ce mettre sous la dent. De « Motörhead », il en est directement sujet avec leur reprise de « Poison », pas énorme cependant, trop détaché par rapport à la version originale, qui elle ne manquait pourtant pas de mordant.

Le rock n’ roll est peut-être secondaire au sein de l’album, mais il est bien présent. Ainsi, nous avons un parfait exemple de ce qu’est le punk n’ roll à travers « I Don’t Like You » et sa rythmique qui d déménage. Le morceau s’illustre en début par un sample du film « Les Guerriers de la Nuit » ou « The Warriors » dans sa version américaine d’origine. C’est un extrait où le chef de bande Cyrus harangue une foule de malfrats. « Our Demise » use aussi de samples. Ce titre colérique aux paroles scandées se montre néanmoins un peu court. On appréciera mieux la teneur rock n’ roll du blindé mais néanmoins subtil morceau « The Original Sin », assénant une série de coups répétés. Celui-là élevé au Jack Daniels contient des riffs moins percutants mais plus dynamiques que son suivant « Dubious Preacher ». Titre redoutable pour ses riffs qui font directement mouche, mais aussi pour son chant plus léger, donnant au final une musique très sympathique. A l’opposé d’un ténébreux et presque glauque « Iron Lamb », qui réagit par sursauts, pour ensuite s’agrémenter d’une atmosphère presque mélancolique. On reprochera par contre à « I Don’t Wanna Be Like You » son manque évident de subtilité et de ressources. D’abord puissant, dans un gros rock pressant et implacable, le tout s’enfonce dans la redondance. Ce qui peut prêter à sourire quand on écoute dans ce genre.

Il est certain que cet album, comme ce projet, figurent comme des exercices très à part pour des membres qui se sont fait remarquer dans de prestigieuses formations de death metal. « Iron Lamb » serait en quelque sorte leur pêché mignon, une volonté de révéler un intérêt autre à celui qu’ils ont animé durant des années. Leur premier album est consacré à un punk n’ roll sans compromis, nostalgique, mais à l’essai. Il faut laisser du temps pour acquiescer l’originalité du produit. On y verrait plus pour le moment une tentative de reproduire ce qu’ils ont aimé à travers d’autres formations. Rien ne nous laisse penser à ce stade qu’« Iron Lamb » s’inscrira dans la durée et laissera des traces derrière son sillage. Pour l’instant, on pourra se distraire d’un disque qui n’est pas dénué d’énergie et qui envoie du bois. Le chant de Grga est en conformité avec le style, mais est bien peu mémorable en définitive. Ce membre fondateur, qui n’est pas non plus un bras cassé, sera le premier à se détacher du troupeau. On verra les chèvres partir vers un pâturage voisin bien plus herbeux dans les proches années qui suivront.

14/20

 

 

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