chroniques et interviews metal

5142Hellfest 2015 (première journée)

posted by alonewithl on juillet 6th, 2015

hellfest2015

Hellfest 2015 @ Clisson (44) – Open Air
(19,20, 21 Juin 2015)
Ouverture à partir de 10:30 heures.

On ne part pas n’importe comment ni avec n’importe quoi pour le Hellfest. Ce pèlerinage vers le site de rock et de de metal le plus sacré de France, nécessite un sens de l’organisation développé pour qui voudrait en profiter allégrement. Pour ceux qui font le choix du camping, il faut se présenter tôt sur le site, afin de bénéficier de suffisamment de place dans un endroit pas trop loin du lieu du stationnement du véhicule ou des lieux de concerts. Il est aussi impératif de ne pas s’encombrer de choses trop lourdes. Vous le regretterez quand vous ferez la navette entre votre tente et votre bagnole. Arrivé la veille des concerts, jeudi à 10h30 du matin, je suis stupéfait de voir beaucoup de monde et pas mal de véhicules déjà garés. Je suis obligé de stationner à 200 mètres après le pont reliant le camping au centre commercial avoisinant. Ça m’avait surpris, car il y a deux ans déjà, j’étais arrivé beaucoup plus tardivement, vers 18 heures, et je m’étais alors garé à proximité du Leclerc. Ce qui suggère donc que la fréquentation sera supérieure aux autres années à priori. En me rendant plus haut, je m’aperçus que de nombreuses toiles de tente avaient déjà été posées, pourtant l’accès au site était fermé. La nouveauté cette année, c’est qu’il a été permis à ceux venant le mercredi de s’installer. Arrivé à l’entrée, aux côtés d’une troupée de metalleux, les informations quant à l’ouverture étaient contradictoires. On parlait officiellement d’une ouverture à 16h, soit plus de deux heures de plus que l’année dernière. Mais certains avançaient 14h voire 15h. Il y eu moins de cris et de chants grivois contrairement aux autres années. Pas vraiment de « libérez le camping » entonnés à pleine voix. Faut dire que le soleil commençait à taper, les gens commençait à s’installer avec chaises pliantes et packs de bières, en parfaits vacanciers. A l’ouverture des portes, soit à près de 15h30, tout ce petit monde se précipite.

C’était la première fois pour moi que je ne prenais pas part à cette cohue, puisque je devais me diriger vers la tente VIP pour confirmer mon pass accréditation. Je voyais de loin le portail d’entrée officiel du site où on obtenait les pass, à l’image des entrées de parcs d’attraction, sauf qu’on y voyait en grand des cartes de jeu et des têtes de mort. Il manquait plus qu’une mascotte portant linceul et faux pour saluer les gentils visiteurs. Le Hell City Square ressemblait à très peu de choses à celui de l’année passée. Il y avait encore ces faux immeubles à la manière d’un quartier d’Eurodisney, qui apportent un côté fashion à l’américaine assez sympa, contrastant fortement avec la dégaine de la majorité des campeurs. Sur le côté trône deux grands hangars pour l’extreme market avec diffusion de clips sur un écran situé au-dessus. Endroit coutumier pour y faire quelques achats de disques, où nous retrouvons Les inconditionnels Listenable Records, Season Of Mist ou encore les Acteurs de L’Ombre. D’autres labels, et pas les moins prestigieux, tel que l’autrichien Napalm Records se retrouvent à l’écart, dans les tentes après la scène du Corner, à proximité du camping. On y remarque d’ailleurs plus d’échoppes et de tentes-magasins que les années précédentes. N’ayant cette fois que peu de temps à consacrer à faire des emplettes, je pris la décision de sacrifier tout mon budget en l’espace d’une heure la soirée suivante juste avant « Satyricon ». Ce qui sera fait. Avec ma tente et ma tonnelle sous le bras, je prends la direction du camping. Accueilli par les « minou, minou » des filles chargées d’encadrer les différents espaces alloués, le matou pose son matos près de la green tower, à l’écart, dans l’espoir d’avoir de la place pour ses camarades. Seulement, vers 18h tout le camping est occupé. A trois pas de là, Séb du JdG s’est installé, du moins c’est ce qu’en annonce un carton. Un autre Séb, bien moins prestigieux, celui de Spirit Of Metal, indiquait lui son emplacement par un grand drapeau du Poitou-Charentes.

Vendredi 19 Juin 2015

Les hostilités et l’ouverture du site des scènes ont lieu à 10h30. Le temps de faire quelques courses au Leclerc le matin et de revenir, il y avait déjà un peu de monde face à la cathédrale qui marquait le point de passage obligé pour accéder au saint des saints. La façade montée en échafaudages était bien plus impressionnante que celle de l’an dernier. Une véritable prouesse esthétique figurant qui semblait être une cathédrale pour les hérétiques. Après la porte de l’Enfer d’Auguste Rodin, on a trouvé un autre accès. Une fois passé, je file donc vers le Temple, endroit où je me décidais à passer ma journée, mais avant d’affronter « Vorkreist », et parce qu’il y avait encore pas trop de monde, j’avance tranquillement vers l’Altar. Pour cette année, les deux tentes ont été séparées et la capacité de chacune semble avoir été augmenté. En plus de paraitre plus esthétique, on découvre sur place des écrans annonceurs, qui vont ensuite diffuser les concerts dans chaque tente. C’est d’ailleurs aussi vrai pour la Valley juste à côté. L’herbe que je foulais aux pieds était toute verte et fraîche. Pas pour longtemps.

. NECROWRETCH

Au petit matin, ce sont les français de « Necrowretch » qui ouvrent le bal. Vu sur la carte ça promet de valser. Le groupe est réputé comme un combo sérieux de death black et leur dernier né chez Century Media, « With Serpents Scourge », sorti cette année, a fait impression. Sur scène, le trio cherchait visiblement à marquer les esprits. Leur frénésie, leurs regards obsédants et possédés, révélaient déjà la nature de leur musique. Musicalement, après saisi de la fougue et de la force, le tout perd progressivement en puissance. L’endroit et l’horaire n’étaient visiblement pas adaptés pour ce groupe qu’on rêverait plutôt voir en cave de nuit. Un son un poil moins propre aurait également été plus recommandable et aurait cassé le sentiment de monotonie qui se faisait sentir sur la fin. Une bonne impression tout de même, mais une impression qui aurait certainement était meilleure dans d’autres conditions.

. VORKREIST

A l’inverse de « Necrowretch », « Vorkreist » est advantage black que death. Inconnu pour mon compte, ils ont offert une prestation assez intéressante lors de ce Hellfest. Rappelant bien, que ce soit scéniquement ou musicalement « Hell Militia » ou encore « Temple Of Baal » sur ces mêmes lieux. Sans être complétement emporté cela dit. Là encore on en retient quelque chose d’un peu convenu, ordinaire, sur le plan visuel d’abord. Rien de très frappeur ou marquant. Si ce n’est le charisme apporté par le chanteur. Il faut bien reconnaître à Saint Vincent sa maitrise complète de l’art de scène, communiquant avec le public, photogénique. Il a même le courage d’apporter en fin de set-list et de goûter du vin blanc cuvée Hellfest. C’est peut-être bon avec des huitres, qui sait, mais à cette heure de la journée j’espère pour lui que l’estomac était rempli.

Set-List : 1. Sodogma / 2. Onwards to the End / 3. Thorn Torment the Impaled / 4. Dominus Illuminatio Mea / 5. Torture Kult / 6. Soldiers of Satan’s Wrath

. ARGILE

L’inconvénient de la nouvelle disposition entre les tentes Temple et Altar, c’est que durant les balances du Temple, on ne peut plus vraiment suivre de la barrière le concert d’à côté. J’y tenais car c’était essentiel pour moi d’obtenir de bonnes photos. On me dit du plus grand bien de « Bölzer ». A vrai dire, j’en avais qu’un bruit de fond. Je me dis alors que ce sera pour une prochaine. Je devais impérativement suivre « Argile », groupe parallèle de membres de « Misanthrope », ayant deux albums à leur actif et bien peu de concerts. Je n’ai qu’une estime très mesurée vis-à-vis des productions de ce projet, à l’inverse de « Misanthrope » que j’adore. « Monumental Monolith » m’étant apparu plus fouillé et intéressant que le premier né d’« Argile » datant de 2002. Disons, que j’en ai l’idée d’un « Misanthrope » très soft, aux contours gothiques, un peu à la sauce d’un « Paradise Lost ». Cependant, la curiosité l’emporte vis-à-vis de ce projet peu bavard. Puis j’avais aussi une interview à leur accorder.
Après les musiciens, accompagnés des frère et sœur Scemama, SAS De L’Argilière apparait sur scène portant un long manteau et une sorte de médecin de peste, mais en version moderne. Paradant lentement sur la scène, faisant partager désespoir et sombre mélancolie. La set-list fut curieusement assez courte. « Argile » est apparue au meilleur jour, un peu intimidant sans non plus paraître révolutionnaire. Il y avait encore quelque chose de « Misanthrope » là-dessous, sans non plus imiter son énergie. On ne sait pas à l’heure qu’il est, ce qui sera prochainement d’ « Argile ».

Set-list : 1. Requiem Aeternitas / 2. Satanic Music / 3. Pyramid Paradise / 4. Fallen Angel / 5. Pandemonic Necronomicon / 6. Fangs of Wrath

. ENTHRONED

Aussitôt après ma première interview passée auprès de Masha Scream dans le carré VIP, je me redirige aussitôt au Temple. L’horaire de passage, en plein déjeuner, me permet de me frayer un passage sans trop de difficulté vers la scène où se tient la mythique formation de black metal belge « Enthroned ». Groupe qui a eu quelques moments forts dans sa discographie. Les gars étaient impressionnants entièrement grimés. C’était aussi d’un point de vue musical, la première baffe de la journée. Nornagest était monumental sur scène, effrayant, mais véritable gentleman vis-à-vis du public. Il paraissait avoir un peu grossi depuis. Il dégageait un fort aura et un côté éminemment malsain. Ce dernier est renforcé par un certain masochisme. On prend très souvent le bonhomme à se fouetter les genoux avec le fil de son micro, en rythme avec la musique. Le reste de l’équipe s’illustre plus fantomatique, concentré sur ce qu’ils font, mais dégageant quelque chose d’inhumain, d’outre-tombe. Bienvenue dans l’au-delà !

Set-List : 1. Intro / 2. Of Shrines & Sovereigns / 3. Baal Al Maut / 4. Through the Cortex / 5. Ha Shaitan / 6. Obsidium / 7. Behemiron / 8. Tellvm Scorpions / 9. Rion Riorrim / 10. Of Feathers & Flames

. SKYFORGER

« Skyforger » nous ramène à la surface par des sentiers forestiers. Le groupe letton figure parmi les principaux groupes metal des pays baltes. Des personnes issues du public auront retenu le tee-shirt d’un des membres de leur staff technique durant les balances, figurant un hommage bien visible aux soldats finlandais s’étant battus durant la seconde guerre mondiale… aux côtés des allemands. S’y rajoute les svatiskas et autres symboles pouvant porter à confusion sur les tenues traditionnelles. On dira que tout cela remonte aux anciennes traditions de ce pays. De mon côté, je note que le sentiment anti-russe dans ces pays perdure et prend visiblement de l’ampleur. Mais il est vrai que le groupe avait plusieurs fois démenti ce genre d’accusations lors d’interviews. Racontars à part, « Skyforger » a bien assuré musicalement. Ce groupe pratique un pagan rude, mais méthodique. A certains moments on croit y retrouver une réelle similitude avec le groupe de folk metal « Metsatöll ». Il y régnait en tout cas une bonne ambiance sur scène, en grande partie grâce au bassiste Edgars, qui s’adonnait à fond sur le plan scénique. Pas forcément le concert le plus savoureux de la journée, mais un bon moment passé.

. MELECHESH

On change totalement d’endroit et même d’époque. Après m’être surpris à me faire chier à écouter de loin « Vallenfyre », pourtant groupe notable de doom death, là encore celui qui était en préparation au Temple était sujet à une interview, donc devait être coute que coute. « Melechesh » est véritablement un groupe à part. Israélien de naissance, il se base sur des thèmes mésopotamiens, qui bâtissent toute son originalité. Seulement, la puissance des compositions lui permettent d’obtenir une reconnaissance chez les amateurs de metal oriental comme chez les amateurs de metal underground. Le combo s’installe sous une ambiance oppressante, avec jets de fumée colorée. Le guitariste et le bassiste présents sur les côtés arborent des keffiehs noirs, qui seront retirés après quelques titres. On sera plus dérangé par la piètre qualité sonore que par ce look. En effet, on entend de fâcheux bourdonnements dans les riffs, et Ashmedi au centre du jeu, s’en rend compte, tempête, désigne par moments les enceintes en face de lui avec obsession à l’ingé son sur le côté, qui ne savait que moudre. Un vrai gâchis au vu de la prestation. Car le groupe faisait vraiment du mieux qu’il pouvait, obligé de restituer des titres furieux comme « Tempest Temper Enlil Enraged » et « Grand Gathas of Baal Sin » de manière érodée. Scéniquement, le tour était joué, on sentait toute la magie maléfique de l’Orient. Ashmedi comblait l’assistance en jouant de sa guitare avec une baguette de batteur, produisant des mélodies orientales sur un solo comme il avait coutume en concert, tout cela juste avant de jouer l’incontournable « Rebirth of the Nemesis » qui devait clôturer la séance.

Set-List : 1. The Pendulum Speaks / 2. Tempest Temper Enlil Enraged / 3. Ladders to Sumeria / 4. Grand Gathas of Baal Sin / 5. Genies, Sorcerers and Mesopotamian Nights / 6. Multiple Truths / 7. Triangular Tattvic Fire / 8. Rebirth of the Nemesis

. ARKONA

Après avoir eu l’opportunité, la chance de rencontrer Masha Scream pour une interview assez difficile à cause du bruit du concert de « Sylosis » juste à côté, j’étais impatient de voir « Arkona » sur scène. Après une très longue introduction, qui ne semblait plus finir, le public est soulagé de voir la troupe russe prête pour jouer son premier morceau. C’est logiquement avec un morceau glacial du dernier album que le show commence. Les lumières bleues et le chant tragique de Masha épousent parfaitement les titres « Yav » et « Serbia ». Seulement l’énergie débordante des russes et de la jeune leader ne s’adonnent pas seulement à la tristesse. C’est avec un grand plaisir que le show se termine sur deux extraits mythiques de la formation très conviviaux que sont « Stenka na Stenku » et « Yarilo ». D’ailleurs sur « Stenka na Stenku », Masha conviait le public à un wall of death, aussitôt exécuté. « Arkona » a sensiblement marqué cette journée par un superbe concert, riche en émotions. Masha a canalisé les attentions par sa prestance et un dynamisme dingue, qui subjuguerait de nombreux artistes. On comprend mieux aujourd’hui le statut d’« Arkona », véritable monstre du folk pagan.

Set-List : 1 Yav’ / 2. Goi, Rode Goi / 3. Serbia / 4. Zakliatie / 5. Na Strazhe Novyh Let / 6. Slavsya Rus ! / 7. Stenka na Stenku / 8. Yarilo

. SATYRICON

Comme en 2013 je manque « Cradle Of Filth ». D’après qu’ils ont été sous un bon jour et que leur prestation était excellente. Tant pis ! Je me rattrape donc en allant suivre « Satyricon » que j’avais déjà vu il y a près de deux ans à Limoges. J’en garde un souvenir similaire. On va dire que le groupe ne sait pas se renouveler, mais tout s’enchaine avec doigté et avec une très grande rigueur. Satyr est toujours très imposant sur scène et Frost s’illustre en véritable pendule suisse. On se prend à communier avec eux lorsque l’on entend le refrain de « Black Crow of the Tombstone », « The Pentagram Burns » ou le titre « KING » qui vient tout achever. Encore une fois, « Satyricon » était en grande forme et a mis facilement le public dans sa poche avec les tubes figurants dans sa set-list. Cela n’a pas provoqué de remous, les gens semblaient captés par la musique, hypnotisés, s’abreuvant des paroles de Satyr et du rythme régulier. Contrairement à certains concerts passés sous le Temple, le son fut très correct. Du moins, il n’y avait rien à redire. L’oiseau de mauvais augure a bien assuré ce soir-là et figurera parmi les prestations les plus intéressantes de ce Hellfest.

Set-List : 1. Intro / 2. The Rite of Our Cross / 3. Our World, It Rumbles Tonight / 4. Now, Diabolical / 5. Black Crow on a Tombstone / 6. Filthgrinder / 7. With Ravenous Hunger / 8. Nekrohaven / 9. The Pentagram Burns / 10. Mother North / 11. K.I.N.G.

. SHINING

Je profite que tout le monde soit rassemblé à « Judas Priest », dont je craignais une déception, pour m’installer tranquillement dans l’attente de « Shining ». On parle du norvégien, hein ! Pas du suédois. L’autre étant tout bonnement une farce pour faire mouiller les jeunes adolescentes, adeptes de mecs chelous. Jamais je n’avais vu un mec aussi près du sol chanter de manière aussi vaseuse. Sa venue au Hellfest 2014 était aussi bonne que de traverser un étang boueux avec des bottes remplies de flotte. Enfin bref ! L’autre « Shining », le norvégien, ne pratique pas du pseudo black depressif gnangnanproutprout, mais du jazz metal. C’est peut-être la première fois que je voyais ainsi jouer du saxophone. Les passages au sax étaient très contemporains et interloquaient les vigiles, tétanisés par ses sonorités. A vrai dire au début j’avais aussi un peu de mal avec ces passages. Heureusement, ils étaient peu nombreux, le reste était dans un metal virulent cousu main de haute envolée. Malgré l’heure tardive, les mecs s’adonnaient à un jeu que l’on pourrait qualifier de sportif, du fait de la grande énergie déployée. Le chant/instrumentiste en plus de passer tour à tour de la guitare au saxophone, déployait un chant virulent et redoutable. Une vraie curiosité, un vrai plaisir pour celui qui demande à apprivoiser.

Set-List : 1. The Madness and the Damage Done / 2. The One Inside / 3. Fisheye / 4. My Dying Drive / 5. Chords Long Stand / 6. Last Day / 7. Thousands Eyes / 8. Healter Skelter / 9. 21st Century Schizoid Man (King Crimson Cover) / 10. I Won’t Forget

 

 

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