chroniques et interviews metal

5161Hellfest 2015 (Troisième Journée)

posted by alonewithl on juillet 8th, 2015

hellfest2015

Hellfest 2015 @ Clisson (44) – Open Air
(19,20, 21 Juin 2015)
Ouverture à partir de 10:30 heures.

Dimanche 21 Juin 2015

Ayant épuisé mes batteries photos et portable, je passe une petite partie de la matinée dans le Hall du Leclerc à recharger à l’aide de multiprises précautionneusement proposés aux clients et visiteurs. Une fois la tâche remplie, je me précipite vers le site et j’arrive juste à l’heure pour l’entrée de « Hypno5e ». Joffrey Eternalis devait normalement m’y retrouver, mais il y avait déjà un paquet de monde sur place. Impossible d’apercevoir ce grand dadais. Je me poste donc près de la barrière, à côté d’un grand colosse qui vantait les qualités de « Hypno5e » à un de ses amis. Le colosse semblait connaître le bassiste. Il lui faisait signe et le musicien lui répondait par un sourire. Il était encore tôt ce dimanche, et beaucoup de festivaliers ne s’étaient pas levés, non remis des événements de la veille ou de la soirée. Pourtant, une masse innombrable attendait face à l’Altar.

. HYPNO5E

J’ai déjà pu prendre compte du niveau de ce phénomène lors de leur passage à Poitiers aux côtés de Trépalium lors de leur concert à la Maison des Eudiants. Cela m’avait paru énorme tellement le groupe parvenait à générer le chaos sur scène tout en maitrisant complètement son sujet. Leur expérience Hellfest, m’aura juste un peu moins conquis. J’attendais revoir la même dévastation, en fait le groupe aura fait preuve d’un peu plus de retenu et sa set-list se sera tout bonnement adaptée à la contrainte d’un passage tôt la matinée sur ce genre de festivité. Ce qui n’a pas empêché le public de s’enthousiasmer et d’admirer la virtuosité du combo, ni de faire slammer le bassiste à la fin du set. Sachez néanmoins que le « Hypno5e » que vous avez vu à Clisson est en deçà de ses réelles capacités.

. NIDINGR

Peu de monde en revanche pour « Nidingr ». Faut avouer que peu connaissent. A vrai dire c’est un groupe de black norvégien que j’avais pris pour un groupe de black allemand. On découvre dans le line-up Teloch, membre fondateur de « Nidingr », actuellement membre chez « Mayhem », et à la basse Sir, membre chez « God Seed ». A priori nous n’avons pas à faire à des nouveaux venus ou à des personnes sans notoriété. Ce qui m’avait fait confondre avec du black allemand, c’est le côté éminemment massif de leur black metal, une robustesse qui est toutefois alterné par un véritable sens de la mélodie, et qui laisse au spectateur une bonne impression, malgré un manque de mouvement flagrant. Il n’y avait vraiment que le chanteur qui bougeait. Mais on aurait dit de lui un loup enfermé dans une cage.

Set-List : 1. Come Away / 2. Balders Draumar / 3. Greatest of Deceivers / 4. O Thou Empty God / 5. Makhashanah / 6. The Balances / 7. Watchtowers

. THE GREAT OLD ONES

Rendez-vous capital me concernant. Je devais rencontrer ce groupe que j’avais déjà croisé lors de leur passage à Bressuire (79), et qui s’imprègne très fortement des textes de Howard P. Lovecraft. Ils m’apprendront par la suite que le concert de Bressuire fut un de leurs plus mauvais concerts, selon leur opinion. Celui du Hellfest en revanche mettait les petits plats dans les grands. Fini l’underground des petites caves, place aux lumières bleutées, aux hommes encapuchonnés et que Cthulhu soit libéré. La tête du monstre était d’ailleurs représentée symbolique en milieu de scène par une structure métallique, qui reflétait les lumières, pendant que le groupe restituait son post-black enivrant et oppresseur. Les deux chanteurs/guitaristes occupaient chacun un côté de la scène et restituaient tour à tour leurs paroles enflammées. Cette cérémonie occulte aura envoutée les centaines de personnes venues écouter sagement cette formation française en plein essor.

Set-Llist : 1. Je ne Suis Pas Fou / 2. Antarctica / 3. The Elder Things / 4. Visions of R’lyeh / 5. Behind the Mountains

. KHOLD

N’étant pas très réceptif au death metal d’à côté, je patiente pour « Khold », groupe de black norvégien dont on dit le plus grand bien, mais qui ne jouit pas forcément d’une grande consécration malgré ses six volumes existants. En tout cas, ce ne fut pas peine perdue en ce qui me concerne. Le groupe est plus connu en fait à travers le corpsepaint si particulier son de son leader charismatique Gard. Ce qui fait la joie des photographes, également empressés à photographier le guitariste Rinn pour son look de mort-vivant très réussi. Outre ses maquillages, « Khold » a été une des plus grosses révélations musicales de ce Hellfest, produisant un black metal très aiguisé, et parfois même technique. Pas si loin, niveau qualité, d’une prestation d’« Inquisition ». On en sort soufflé.

. NE OBLIVISCARIS

Le groupe est convoité par une partie du public et fait très largement parlé de lui. Beaucoup l’ont connu à travers sa dernière pièce en date qui a fait un véritable malheur, le bien nommé « Citadel ». « Ne Obliviscaris » est assez difficile à classer. On parle de metal extrême progressif. L’originalité repose surtout sur la présence du violon. Nombreux sont ceux qui ont été conquis par le show, de mon côté je dois avouer mes réserves. J’ai bien aimé les parties au violon, mais outre le violoniste, qui exécutait également les parties au chant clair, ça ne vibrait pas, ça ne bougeait pas vraiment, c’était même parfois redondant. Du coup je me suis un peu ennuyé. L’enthousiasme de la foule a porté malgré tout le violoniste à bout de bras lors d’un slam qui a servi de tour d’honneur.

Set-List : 1. Devour Me, Colossus (Part I): Blackholes / 2. Pyrrhic / 3. Painters of the Tempest (Part II): Triptych Lux (Movement III: Curator) / 4. And Plague Flowers the Kaleidoscope

. GRAVE PLEASURES (BEASTMILK)

Très peu connaissent cette formation. Pour le coup et la concernant, il serait difficile de la classer en Metal. Le groupe finlandais pour sa majorité, qui s’est appelée « Beastmilk », qui se nomme aujourd’hui « Grave Pleasures », restitue en fait un ersatz de « Danzig ». Un rock bluesy teinté doom très plaisant, mais dont la présence au Temple interroge. Je les aurais bien vu à la Valley plutôt, surtout que « Danzig » avait fait son show là-bas, il y a deux ans. Joseph McNerney a le look du blouson noir des années 60.Son chant est superbe, bluesy, animé. Le personnage use de son charisme et de son bagout. Les yeux se portent aussi sur la blonde suédoise Linnéa Olsson, ex-guitariste de « The Oath », restituant ses mélodies avec froideur et méthode. On en ressort avec l’envie de revoir « L’équipée sauvage » avec Marlon Brando.

Set-List : 1. (Utopia ?) / 2. Death Reflects Us / 3. You are Now Under Our Control / 4. Crying Wolves / 5. Fear Your Mind / 6. Genocidal Crush / 7. Taste / 8. Nuclear Winter / 9. Lipstick on Your Tombstone / 10. The Wind Blows through Their Skulls / 11. Love in a Cold World

. ALESTORM

A l’attention des lecteurs qui aiment un peu, beaucoup, passionnément, à la folie « Alestorm » ou qui considèrent encore qu’ « Alestorm » fait du folk metal ou du pirate metal, je vous vomis à la bouche et vous conchie par mes saints excréments. Merci pour votre attention et à la prochaine !
Le public, colossal, énorme, en surnombre scandait son nom : « Apérroooooo ». L’apéro fut venu et tout le monde est reparti à poil. Ça pourrait être le résumé de ce qui s’est passé entre 18 :35 et 19 :25 au Temple ce dimanche 21 Juin. Je voulais aller voir « Alestorm ». On me connait désormais pour renier, voire dégueuler sur « Alestorm », qui fut autrefois un vrai produit de folk metal et de pirate metal, mais qui a aujourd’hui complétement basculé dans la facilité, les niaiseries et les turlututu pouetpouet tirolis de toutes sortes. Je voulais aller voir « Alestorm » pour vérifier mes dires, mais aussi parce qu’une petite voix me disait : « non, franchement, tu es trop dur avec Christopher Bowes. Donne-lui une vraie chance, bordel. Si ça se trouve toute sa notoriété doit plus à ses shows qu’à ses sorties studios. » Ben, peine perdue, c’est pire encore. Toute mon argumentation s’est vérifiée en un seul show. Je dirais même dès la levée du fanion de la formation. Tout l’univers pirate a été enlevé, puis violé, puis engrossi par deux canards-bananes, faisant office de présentation de la formation. A cette vue, je jure sur Barbe Noire qui a du faire des acrobaties sur le plongeoir à requins pour obtenir la note maximale aux jeux olympiques, à la simple vue de ce que je venais de voir.
Je suis quand même soulagé de voir Chistopher présent lors des balances. On pourra dire véritablement que c’est un même sympa. C’est vrai qu’il partage beaucoup avec le public. Mais sa présence aux balances a consisté à tirer la langue et faire des petites farces dont notre président François Hollande, expert en blagouilles ne voudraient même pas. Son comportement est enfantin. En fait, il pousse un peu trop le bouchon là-dessus. Une fois toutes les pièces installées, on cherche obstinément une référence aux pirates. Un tee-shirt avec des légos, un autre avec des bananes. Putain ! Là-encore. Heureusement, on a eu du spectacle dans le public. Certains avaient amené des requins gonflables et ceux qui atterrissaient dans la fosse devaient être libérés par les vigiles de sécurité, eux aussi en nombre et prêts à en découdre avec la masse d’écervelés. « Libérez le requin ! Libérez le requin ! » « Mais on l’a libéré » réagit un vigile. Après coup, j’aurais préféré continuer à jouer avec les requins que d’écouter l’immonde tambouille pouet pouet coquillages crustacés qui veut mes beignets, qu’a joué aussitôt « Alestorm ». Je ne pleurais pas à cause de la pluie de godasses des slammers, ou de la barrière qui me rentrait dans une côte sous la formidable force du cumul de milliers de fous furieux qui s’empressaient à bourrer vers l’avant. Je pleurais parce qu’ « Alestorm » faisait pire encore que « Trollfest » l’an dernier. Ce n’était plus de la musique, plus du metal. Juste une compil réunissant les pires chansons de Patrick Sébastien, de Philippe Risoli et des Musclés. Mais de manière bien plus épique, cependant. Je retiens au moins ça. Grosso-merdo plus que des chansons à la con de picole. Les minces espoirs de revoir le pirate metal vigoureux lors de ma découverte du groupe en 2008 étaient pulvérisés par un amas de perruques multicolore. Une grosse larme pour le coup a sillonné ma joue à l’écoute de « Nancy the Tavern Wench », meilleur morceau de la set-list, bien devant « The Battle of Carthagena », autre titre sortant la tête de l’eau, et qui a généré un bordel d’enfer. Une fois le massacre musical et celui du public terminés, on pouvait admirer un cimetière de lunettes et de claquettes. Un gros type passait toutes les cinq minutes en recherche de ces putains de tongs. Puis, au fond de mon désespoir, en unique rescapé pirate, échappé d’un navire prit à l’abordage par des clowns, je me refugie dans mon île déserte, et je trouve un trésor à mes pieds, une pièce de 50 cents.

Set-List : 1. Walk the Plank / 2. The Sunk’n Norwegian / 3. Shipwrecked / 4. Magnetic North / 5. That / 6. Famous Ol’ Spiced / 7. Nancy the Tavern Wench / 8. Keelhauled / 9. Rumpelkombo / 10. 1741 (The Battle of Cartagena) / 11. Drink / 12. Rum

. SAMAEL

Là, c’est du sérieux, là c’est du solide. Au-revoir pauvres petits clowns écossais. Place au vrai, à la sommité « Samael », autrefois maître du black metal, désormais maître du Metal industriel. Un groupe qui a su rester excellent malgré le changement d’orientation. La nuit et l’épaisse fumée ne facilite pas les clichés. Dommage ! Car les membres avaient tous beaucoup de prestance sur scène. J’avais un mal de chien à cadrer Makro et son corpsepaint très spécial, qui scindait son visage en deux, un côté blanc, un côté noir, jusqu’aux cheveux. Le bonhomme en plus bougeait beaucoup, complétement transporté par le rythme. Vorph se tenait droit, en véritable chef. Il était poignant dans son chant et dans ses airs de guitare. L’abondance des coups et des sonorités synthétiques obsédantes en provenance du double instrument claviers/batterie de Xytras vous fichaient un sacré tournis. Avec « Samael » tout le cosmos vous tombait dessus. Le concert fut vraiment délectable au centuple et hisse la formation suisse dans les principaux événements du Hellfest 2015.

Set-List : 1. Ceremony of the Opposite / 2. Black Trip / 3. Celebration of the Fourth / 4. Son of Earth / 5. Till We Meet Again / 6. Mask of the Red Death / 7. Baphomet’s Throne / 8. Flagellation / 9. Crown / 10. To Our Martyrs / 11. Ceremony of Opposites / 12. Rain / 13. The Ones Who Came Before / 14. The Truth Is Marching On / 15. My Saviour

. TRIPTYKON

Un autre Suisse celui-là, et pas des moindres. La continuation de « Celtic Frost », la nouvelle perle noire de sieur Thomas Gabriel Fischer, j’ai dit « Triptykon ». C’est avec un grand respect et beaucoup d’exaltation intérieure que j’attendais ce moment. Je pouvais ainsi voir l’un des pères fondateurs du metal extrême, et de plus un groupe brillant qui a su réalisé des productions de très haute qualité, pratiquement à faire pâlir les anciennes de « Celtic Frost », tellement les compositions peuvent aller loin dans les méandres des ténèbres. Comme les disques, le show des suisses durant ce Hellfest va faire date. Implacable, résolument sombre et froid. Difficile même pour un bon groupe de doom d’arriver à la cheville, du moins à restituer autant les plus profondes cavités sur un plan sonore. On passe outre la détresse, c’est l’annihilation totale, l’absence de vie et de joie. Sous le fog épais qui règne sur scène, véritable enfer pour les photographes, on pourra voir le père Fischer parfois taquiner la ténébreuse Vanja, dont on entend la basse résonner lourdement et méticuleusement. Une petite note de gaieté dans cet enfer impitoyable.

Set-List : 1.Crucifixus / 2. Procreation (of the Wicked) (Celtic Frost Cover) / 3. Tree of Suffocating Souls / 4. Circle of the Tyrants (Celtic Frost Cover) / 5. Goetia / 6. Altar of Deceit / 7. The Usurper (Celtic Frost Cover) / 8. The Prolonging / 9. Winter (Outro)

 

 

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