chroniques et interviews metal

5281Pentagram : Curious Volume

posted by alonewithl on septembre 13th, 2015

Pentagram : Curious VolumeL’état de santé de certaines légendes inquiète. Celle de Lemmy en particulier, mais celle de Bobby Liebling aussi. Il faut dire qu’il doit une partie de sa notoriété à ses excès en tous genres, et notamment son addiction à la drogue. Mais promis, il n’est plus question de replonger là-dedans. La légende avait marqué son grand retour avec un « Last Rites » tonifiant, mais révélant un Bobby déclinant vocalement. On aurait pu craindre le pire après le départ annoncé du guitariste Victor Griffin fin 2012. Certes, remplacé un temps par Matt Goldsborough, qui ne sera plus ensuite que guitariste live de la formation avec le retour de l’autre figure historique de « Pentagram » après Bobby. La présence de Victor au sein du groupe est devenue indispensable. Autre membre de « The Skull » avec Matt, Sean Saley avait aussi joué le rôle de remplaçant depuis le départ de Tim Tomaselli, jusqu’à ce qu’on lui préfère le multi-instrumentiste Pete Campbell, ayant déjà passé chez « Place Of Skulls », bonne école permettant d’accéder ensuite chez « Pentagram ». C’est avec cette équipe, quelque peu remaniée que sort chez Peaceville Records, et non plus chez Metal Blade, « Curious Volume ». Une œuvre annoncée comme originale. Elle est au contraire bien ordinaire. Tout ce que l’on attend en fait d’un « Pentagram ».

C’est avec une grande surprise que l’on découvre un Bobby transformé, au meilleur de sa forme, sur le tonique « Lay Down and Die », empreint d’un ton légèrement amusé. On peut dire que ce morceau carbure, même s’il parait assez soft comparé au « Pentagram » d’autrefois. Il est saisissant grâce à ces à-coups percutants. Et on reconnaît bien le style de la formation. Pas de transgression ou d’originalité donc à la découverte de ce « curieux volume » qui n’a de curieux que son aisance et son tempérament à s’accrocher à un « Pentagram » familier. Ce n’est pas l’écoute d’un « Walk Alone » proche des débuts de la formation et d’un tout aussi nostalgique « Because I Made It »qui vont nous contredire. Il est clair que ces morceaux n’ébranlent aucunement les fondations. Bien au contraire, même, on y revient. Il y aurait pour le coup une certaine volonté de retours aux sources, de retour à la jeune époque de « Pentagram ». On découvre ainsi un fort aspect années 70 chez un psychédélique « The Tempter Push » ou un groovy « Sufferin’ ». Dans certains cas, on pourra ainsi évoquer la présence plus subtile du stoner doom, comme il fut coutume sur le précédent volume. Rien ne change ou si peu.

Le stoner doom vient se caractériser dans toute sa lourdeur à travers un bien basique « Dead Bury Dead ». Souvent, on ressent de la neutralité, un rythme placide et imperturbable. On en retient d’ailleurs une parfaite illustration avec « Close the Casket ». On ne cherche aucunement à perturber les grandes lignes. On n’est pas loin de l’effort à minima, même si ça reste très plaisant à écouter. Et heureusement que les secondes moitiés de piste sont irrigués par de superbes solos, enrichissant de fait des morceaux parfois très communs et terre-à-terre. Ça ne vaut seulement pour une moitié des morceaux proposés. D’autres titres se révèlent plus intéressants pour celui qui cherche des éléments novateurs chez ce groupe pionnier du genre. On a ainsi un très habile titre éponyme sombre, cinglant, découvrant un Bobby à la voix perturbée, singeant quasiment celle de Lemmy. Pas aussi sombre néanmoins que le doom de « The Devil’s Playground », qui fait étrangement penser à « Candlemass ». En revanche, ce morceau interpellera moins le visiteur que le très dynamique « Misunderstood » qui le suit. Formidable exercice aux riffs acérés et au rythme fou, proposant un soupçon rock n’ roll bien dosé. Il y a une proportion de vieux rock sur « Earth Flight », qui ferait songer à du « Saxon » des débuts brassé à du doom stoner old-school. Rien de neuf, mais on fait de bonnes choses avec du vieux.

« Pentagram » est une vieillerie, mais existe toujours. Il faut dire qu’elle tient mieux la place que d’autres formations de la même époque, qui n’ont pas connu les mêmes tourments que ceux de Bobby Liebling. Concernant ce dernier, on est bien surpris et heureux de constater que son chant a repris du tonus depuis « Last Rites ». Mais ne nous faisons pas d’illusion, après avoir assisté à une prestation de lui complétement inaudible, je ne suis pas certain qu’il se soit réellement arrangé. L’excellence de la production de ce « Curious Volume » a sans doute aidé plus que l’on ne s’imagine. L’album en lui-même ne respire d’aucune originalité contrairement à ce qui était annoncé. Certains fans pourront se réjouir, au contraire, d’écouter le « Pentagram » qu’ils ont toujours aimé depuis le berceau. Outre quelques titres sans complexe, qui passent tout seul d’un trait, on retient bien des morceaux plus alambiqués, voire des petites pépites, que l’on aura grand plaisir à réécouter, mille fois s’il le faut. Non ! Décidément, rien n’a changé.

14/20

 

Comments are closed.