chroniques et interviews metal

5333Dark Vibes IV

posted by alonewithl on octobre 11th, 2015

Dark Vibes 4

Dark Vibes d’Iteuil (86), IVème édition – Salle de la prairie de la bourgeoisie
(25 et 26 Septembre 2015)
Ouverture à partir de 18:30 heures.

> Photos

Vendredi 25 Septembre

Le Dark Vibes est un petit festival metal à proximité de Poitiers qui arrive maintenant à sa quatrième édition. On regrette à première vue une affiche un peu moins alléchante que la dernière fois, où on avait accueilli « Nightcreepers » et « Drakwald ». En compensation, nous retrouvons tout de même des groupes ayant participé au Hellfest de cette année. Arrivant dans cette petite salle d’Iteuil, je remarque un public assez modeste comme les autres fois, mais on y retrouve des habitués, et surtout des connaissances. L’ambiance est chaleureuse et les prix des consommations sont bien plus attractifs que dans les autres événements récents où j’ai pu mettre les pieds. L’esprit est familial, tout le monde fait connaissance. C’est ce qui importe dans ce genre de festivités.

. WITTY ALLEY

Le premier groupe à monter sur scène est une formation locale, qui n’a pas encore produit le moindre opus. Néanmoins,  le chanteur n’écarte pas la possibilité d’enregistrer un album, mais semble surtout s’inquiéter de la somme requise pour parvenir à ce but. « Quand on aura de l’argent », il disait. N’empêche, ça faisait un petit moment que j’avais eu l’intention de voir ce groupe sur scène. Ils avaient, de mémoire, été programmés il y a quelques années pour une date avec « Misanthrope » à Bressuire, avant qu’ils ne se fassent remplacer par « Inhepsie ». Quoiqu’il en soit, et même si la troupe n’a encore aucune pièce en vitrine, « Witty Alley » est un groupe de metal progressif assez potable au final. Toutefois, la première moitié du set s’est avéré un poil fastidieux, mais étrangement, après que le chanteur ait révélé la principale influence musicale de la formation en interprétant le morceau « Blackest Eyes » de « Porcupine Tree », ça se montrait subitement très professionnel. Il serait quand même dommage que l’on ne retienne pas de ce groupe au moins un EP, un petit effort studio, pour qu’il puisse sereinement affronter différentes scènes. Pourquoi pas en dehors de la région. La troupe ne dispose pas des moyens financiers requis, mais musicalement, c’est un acteur à prendre au sérieux.

. ACROSS THE REDLINE

C’est personnellement un plaisir de les revoir après leur passage en mai à côté de « SWR » au Zinc de Poitiers. Le groupe angoumoisin où on retrouve Kévin, chanteur également chez « Cub3 », s’illustre dans un metalcore très correct. Encore cette fois à Iteuil, ils se sont montrés efficaces et tatillons malgré la grande tiédeur du public. Un des guitaristes avait vraiment tout donné pour lancer le public, l’encourager à sauter comme les membres de la formation le faisaient, sans trop de succès. Malgré la performance musicale et scénique, les gens sont restés en retrait, visiblement peu habitués à ce genre de musique et attendant visiblement plus « Malkavian » qui vient ensuite. De mon point de vue, la formation n’avait pas grand-chose à se reprocher, il y avait du potentiel. Il fallait juste que ça dépote un peu plus dans leur musique pour convaincre les récalcitrants, mais il est certain qu’ils auront la possibilité d’enflammer d’autres événements.

. MALKAVIAN

C’est un groupe au drôle de nom qui monte sur scène, une des stars des soirées du Dark Vibes qui plus est. Une Star parce que le groupe a fait le Metal Corner du Hellfest cette année et est promis à un bien bel avenir. Le fait que ce soit un groupe nantais a pu l’aider dans cette expérience. En tout cas, les gars ont bénéficié d’une campagne de publicité acharnée de la part de leur label Finisterian Dead End. A la suite du show je fais connaissance et j’interviewe Romaric Lamare, quelqu’un de fort sympathique. Il s’est montré absolument brillant et déterminé durant son concert, comme toute l’équipe qui nous a restitué une musique baraquée, si proche néanmoins de celle du grand groupe « Machine Head ». Comme preuve « Malkavian » reprend le titre des américains « Davidian » en plein milieu de set. Ce show aura été surement un des plus captivants et explosifs de ces festivités. On retient en mémoire le jeu détonnant et puissant du batteur qui aura littéralement détruit ses baguettes. Pour vous témoigner à quel point ça a dépoté niveau sonore.

. EKTHELLION

On annonçait du folk en fin de chaque soirée. Je ne connaissais absolument pas celui-là. « Ekthellion » nous provient de la ville d’Angers et se dévoile comme un mélange très brouillon entre « Cruachan » et « Eluveitie ». Inutile de vous cacher que je n’ai pas du tout apprécié. Le groupe devait gérer le nombre d’instruments et d’intervenants. La maladresse s’est ajoutée au manque de coordination. Au départ, on aurait cru qu’il s’agissait d’un problème sonore lié au matériel. Mais force est de constater, après aussi l’écoute de l’EP qui s’est avéré similaire dans l’absolu, qu’il y avait un vrai problème dans cette formation. Le chanteur avait beau jouer dans l’amusement, le violon avait beau s’avérer fin et mélodieux, rien n’y faisait et rien ne gommait l’aspect brouillon. « Ekthellion » a été une expérience frustrante pour un public déjà clairsemé par l’heure avancé. J’aimerai souhaiter tout de même à ceux-là bonne chance et qu’ils puissent travailler plus encore.

Samedi 26 Septembre

Après une première soirée enrichissante, je reviens avec l’espoir que la seconde soit aussi bien, surtout que je connaissais déjà deux formations au programme. La première d’entre elles est « The Bottle Doom Lazy Band », qui a été curieusement prévue à la toute première heure malgré sa notoriété. J’avais aussi compris que Ben devait garder ses filles, raison peut-être pour laquelle ils ont joué plus tôt, et aussi que Ben n’ait pas bu une goutte d’alcool. Chose quasi-impensable quand on connait le groupe. C’est aussi peu avant leur entrée que j’ai pu interviewer rapidement l’un des guitaristes de « Breakdust », autre groupe phare des deux soirées, qui avait comme « Malkavian » été programmé au Hellfest de cette année.

. THE BOTTLE DOOM LAZY BAND

Le groupe de doom avait amené cette fois son merchandising, avec son troisième album, fraîchement sorti. Quand on leur demande pourquoi ils ne viennent pas avec, ils répondent simplement qu’ils oublient. C’est tout l’esprit du groupe, comme les prestations parfois aléatoires du fait du taux d’alcoolémie. Pour le coup on avait affaire à un groupe entièrement sobre….et le show fut sobre. La musique était très correcte, on saluait le talent technique des membres, mais il y avait quelque chose en moins, une ambiance plus feutrée qu’avait jusqu’alors totalement méconnu la formation. Ben se retrouvait parfois à errer au milieu du public pendant les phases instrumentales, ça changeait radicalement des instants où il se barrait pour chopper une bière ou juste parce qu’il était fou. Oui ! C’est ça ! Il manquait un peu de folie là-dedans. La musique était impeccable, mais scéniquement « The Bottle Doom Lazy Band » avait perdu quelque chose. A croire que l’on a toujours l’un sans l’autre et que ce sera toujours un résultat aléatoire. Fort heureusement les nouveaux titres sont très plaisants à l’écoute.

. KRYOGENE

Cet inconnu est originaire de Vendée. Il pratique ce que l’on peut appeler un death metal particulièrement viril. Tellement viril qu’il est emmené par une femme au tee-shirt de Petits poneys. Punaise ! Qu’est ce qu’elle gueule cette gonzesse. Sa voix est tellement puissante et tellement redoutable qu’elle pourrait faire rougir de honte des tas de mecs qui s’improvisent growlers de death metal. Elle a aussi le tact avec le public, n’hésitant pas à le provoquer, à hurler à ces mecs d’arrêter de jouer à la dinette et de jouer à la corde à sauter. Ohé ! « Kryogene » ce n’est pas raffiné ou subtil, c’est simplement une grosse mandale dans la tronche. Il y aurait juste un petit côté stoner-sludge pour diluer le death dégoulinant sur « Devilicious », ce qui l’approche alors du groupe « Phazm ». Ce qui n’est pas pour me déplaire. Il s’agit certes d’un petit groupe, mais c’est déjà en quelque sorte un phénomène.

. BREAKDUST

Le Dark Vibes s’honore de la venue d’un groupe qui a participé au Hellfest de cette année, au Mainstage plus précisément. C’est vrai cependant que ce n’est pas un groupe encore bien connu. Il s’exerce dans un genre proche du thrash death. Le groupe bordelais, à sa manière de jouer me faisait beaucoup songer à « Mercyless », à la fois nerveux, imposant et statique sur la forme. Ça semblait convenir à tout le monde. Le style était impeccable, la technique était fluide. Même si cela n’était pas très original dans l’ensemble, il mérite à coup sûr la tête de ce genre d’affiche. Le groupe s’emploie sur des bases solides et sérieuses, donc on est confiant pour la suite.

. DRENAÏ

Voici un groupe que j’attendais avec impatience. Ils avaient figuré au Cernunnos Pagan Fest de Paris après avoir emporté son tremplin. J’avais été quelque peu dubitatif de cette prestation, comme cela avait été le cas de leur album, riche, mais parfois sujet à quelques petites défaillances, comme si le style n’avait pas été complètement digéré. Néanmoins, ce combo qui a pour originalité de s’aventurer dans les histoires de David Gemmell, figure à juste titre comme l’un des plus grands espoirs actuels du folk metal français. Et à en croire leur prestation du Dark Vibes, ils ont rapidement pris du poil de la bête. Rien à voir avec le malheureux « Ekthelion », qui avait beaucoup ramé avec maladresse la veille, « Drenaï » boxe dans une catégorie supérieure. Il y a chez eux une réelle cohérence entre tous les intervenants. Le mouvement des uns et des autres n’altère en rien l’adhésion musicale, ce qui est un plus certain. On se réjouit des dialogues entre membres, histoire de meubler, mais aussi de renforcer l’âme de leur prestation. Il est aussi marquant de voir que personne ne s’arroge un rôle de leader. Rien n’est négligé et il y a de la place pour chacun. Ainsi on peut notamment voir le flutiste Martial venir se confondre avec le public ou provoquer un Wall Of Death, ou un des guitaristes danser un menuet avec la claviériste en fin de spectacle. Cette réjouissance, ajoutée à l’excellente qualité musicale et à l’excellente ambiance hisse ce show de « Drenaï » parmi les meilleurs concerts auxquels j’ai pu assister cette année. Je suis ravis de les avoir vu sous ce jour et me hâte d’avoir des nouvelles fraîches de leur part.

 

 

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