chroniques et interviews metal

5355Maverick : Break It Up

posted by alonewithl on octobre 14th, 2015

Maverick : Break It UpSi on fouille un peu, il existe déjà quelques formations nommées « Maverick », à celles déjà existantes s’en ajoute une en provenance d’Espagne et à l’initiative de l’ex-frontman du groupe de heavy metal « Wild », Javier Endara, dès 2014. Son projet est constitué de membres ou d’anciens membres de formations heavy metal madrilènes bénéficiant d’une petite renommée. Cet ensemble va pourtant s’atteler dans un registre plus soft que leur précédent répertoire musical. Leur heavy metal ordinaire va se fondre dans le hard rock, voire les sonorités kitchs et datées du AOR. « Maverick » nous amène donc gentiment plusieurs années en arrière pour un premier mini tout en finesse, mais sans la moindre originalité. II n’y a donc pas grand-chose de cassé.

L’Ep sorti en 2015 débute assez confortablement sur le hard rock aguicheur de « You Must Come With Me ». La partie proprement instrumentale a du nerf. On a le droit à de vrais rugissements motorisés. Le chant de David adoucit cette hargne comme s’il avait été quelque part un descendant de Don Dokken. On songe néanmoins plus à « Van Halen » pour les chœurs et la rythmique. Le titre éponyme « Break It Up » se montre plus fluide et mélodique, mais s’attache aussi à un hard rock de base bâti pour la bande FM. Certes ça ne casse pas trois pattes à un canard, ça reste néanmoins très correct sur le plan musical et surtout dans le chant, particulièrement décisif. Quand on parle de bande FM, on fait aussi allusion au AOR. Justement, le groupe se réfère à des groupes comme « Boston » ou « Foreigner ». On ne rejoint pas tout à fait ces deux légendes à l’écoute de « Far from Over », mais il est bien question de AOR, un AOR dynamique et ultra stéréotypé, jouant sur des sonorités claviers éculées. L’effet est sensationnel. L’auditeur retombe dans l’époque des titres kitchs des années 80 qui passaient à la radio.

« Maverick » aurait été catalogué hard FM s’il n’y avait pas eu des titres à la structure plus solide, à l’image d’un « Into the Mirror » palpitant qui copie de manière très évidente dans ses couplets le fameux « Don’t Believe a Word » de « Thin Lizzy ». On croit deviner un certain attachement pour le vieux groupe irlandais chez nos madrilènes, notamment quand ces derniers reprennent « Out in the Fields » de Gary Moore, à l’époque interprété avec Phil Lynott. La reprise aurait pu être vraiment intéressante si le son produit par les guitares n’était pas aussi sec et étouffé. Cette raideur se retrouve également sur un « Love Through the Shadows » flirtant sans ambiguïté avec le heavy metal. C’est amusant de constater que l’on s’approche là d’un « Falkirk » en mode heavy revival. Le chant de David ressemble curieusement à celui de Stéphane Fradet sur les couplets du morceau.

Ce n’est point l’apparition d’un phénomène. L’effort a beau s’essayer dans plusieurs styles, à se convertir à différentes influences, c’est sobre et sans grande originalité. Rien ne nous garantit là qu’ils perceront à l’avenir dans une scène bien bondée. Le son est correct, l’envie est bien présente. La technique n’est pas super-élaborée, mais la qualité du chant gomme une bonne part de ce manque. Comptons cela comme un essai, une mise en bouche. Le prochain devra nous garantir que le groupe sait s’affirmer, peut réaliser des compositions sans trop aller puiser ailleurs. Nous n’avons pourtant pas affaire à des amateurs, mais à de vrais professionnels qui ont déjà ultérieurement fait leurs preuves. Il faudra frapper plus fort messieurs pour briser la glace.

12/20

Clip Officiel:
. Break It Up
Break It Up

 

 

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