chroniques et interviews metal

5411MFest 2015

posted by alonewithl on octobre 29th, 2015

MFfest 2015

MFest de Rouziers-De-Touraine (37), Vème édition – Salle des Quatre Vents
(04 et 05 Septembre 2015)
Ouverture à partir de 16:00 heures.

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Vendredi 04 Septembre

L’affiche faisait vraiment envie. Quelques mois avant les festivités du MFest, on tirait notre chapeau à l’organisation pour la programmation. Au lieu d’un groupe étranger en tête d’affiche, comme l’année passée, on a mis les petits plats dans les grands, en invitant des informations exceptionnelles européennes, mais pas que. Les dates du MFest tombaient avec celles du Fall Of Summer, qui aura également prévu une programmation redoutable. L’équipe du MFest était motivée à ne pas se faire éclipser. Je pars donc d’Angoulême pour arriver sur place, toujours à la salle des quatre vents à proximité de Rouziers-de-Touraine. En plus de constater une plus grande fréquentation, j’observe avec satisfaction que l’entrée se trouve cette fois côté parking et camping. Il n’y aura plus besoin de faire un grand tour pour accéder à son véhicule en cas d’achat notamment. Niveau achats, la tente de merch ne désemplie pas, mais les vendeurs sont plutôt rares. On a deux grands stands extérieurs bouffe et boisson, juste à côté, mais je reste assez effrayé par les prix. Un running order est aussi affiché dehors. Malheureusement, ça n’a été valable que pour la première journée. Le lendemain on constate que l’affiche de la veille n’a pas été changée. Je retrouve là-bas quelques connaissances et on aura beaucoup discuté du groupe d’ouverture « Ao », en mal comme en bien.

. AO

Un tee shirt « Trepalium » d’un côté, un chanteur à dreads de l’autre. Est-ce que par le plus grand des hasards il ne s’agirait pas d’un groupe qui joue à la façon de « Trepalium ». Ce serait presque vrai, mais on va dire alors les débuts de « Trepalium », puisque le groove metal de « Ao » s’accommode avec un peu de death metal. D’ailleurs, je trouve curieux de nommer son groupe « Ao ». Quoiqu’il en soit, on retient que la formation est jeune, même si certains membres du groupe sont actifs ailleurs, notamment chez « Dysmorphic », et qu’un Ep intitulé « Mahara » est fraichement sorti. La musique a beau s’avérer technique, alambiquée, elle manque de percutant. Le dynamisme sur scène et le sourire de son chanteur n’y changeront rien. Quelques anciens autour de moi n’ont guère apprécié. Il faut dire aussi que le style d’« Ao » n’est franchement pas old school. En ce qui me concerne, cela manque encore de peaufinage et de percutant. Mais ça viendra surement avec le temps, et à force de représentations. Ce ne sont pas non plus des manchots.

. VERBAL RAZORS

Le prochain sur scène offre une prestation indiscutable. J’ai souvenir que « Verbal Razors » et leur crossover d’enfer avait très fortement secoué la scène du Motocultor quelques semaines avant. Là, c’était en quelque sorte une redite. Le groupe était en plus à domicile. On observait le chanteur en pleine trance, faisant les cent pas à la manière d’un Barney de « Napalm Death », vociférant, utilisant son micro comme un objet résiduel, parfois usant de deux micros, pendant que le reste du groupe s’appliquait à pratiquer une musique violente. Clair que « Verbal Razors » tabasse. Même s’il n’y avait pas la même ambiance qu’au Motocultor, on peut dire que l’on a dévoré cette entrée au goût de plat de résistance. Pourtant le groupe n’a qu’un EP et un album au compteur. Cela promet donc un bien bel avenir s’ils sont capables d’appliquer cette même férocité. C’est aussi avec ce show que je remarque les mêmes problèmes de luminosité que l’année passée. C’est toujours aussi sombre. L’obscurité et les flashs ne facilitent pas la prise de photos de qualité. Cela met parfois une ambiance apocalyptique au meilleur des cas. Je prends donc de la distance, en choisissant de rester du côté du public.

. NESSERIA

Le souci va aller en empirant au fur et à mesure que la nuit tombe à l’extérieur. Je reste malgré tout attentif à « Nesseria », groupe dont j’ai maintes fois eu vent, et que je n’avais alors jamais croisé. Ils étaient, comme « Verbal Razors », présents à l’édition 2015 du Motocultor. J’avais alors fait un choix entre eux et « Belenos » qui passait à la même heure. Et, mon choix s’est rapidement porté pour « Belenos », préférant le pagan au grindcore teinté de death de « Nesseria ». Comme pour « Verbal Razors », on en retient beaucoup d’énergie, le chanteur était visiblement très en forme lui aussi, mais une certaine confusion règne sur le plan musical, une de celle que l’on ne retient pourtant pas chez un « Napalm Death » (encore lui ?) ou chez « Anaal Nathrakh », sur un registre plus black, que l’on verra lors de la seconde soirée. Pas de dévastation à proprement dit, juste une musique étirée, nerveuse et complexe. A titre personnel, ça m’a laissé quelque peu perplexe, même si cela a permis à quelques esprits de s’échauffer dans le public. Je me suis ennuyé. Peut-être qu’une seconde fois sera plus profitable.

. CRISIX

Le groupe de thrash metal Crisix, originaire de Barcelone, que j’avais croisé au Motocultor de cette année s’est portée volontaire pour remplacer « Rise Of The Northstar », prévu initiallement à l’affiche. J’avais déjà eu vision et écoute d’une prestation particulièrement endiablée en Bretagne. C’est donc ravi que j’ai accueilli l’annonce. Les types, comme la plupart des groupes espagnols, que j’ai côtoyé étaient sympathiques et détendus. On les voyait en comité groupé tout sourire à leur stand, prêts à la moindre discussion. Cette détente s’est retrouvée en concert. Avec leur look streetwear, on aurait juré à des semblables de « Suicidal Tendencies ». L’esprit y était en tout cas. En plus de proposer un thrash à tendance crossover d’assez bonne facture (Peut-être moins percutant cela dit qu’au Motocultor.) « Crisix » remuait de fond en comble la scène. En fin, ça devenait un sacré méli-mélo, les guitaristes prenaient le micro pour des chants phrasés, le batteur et le chanteur Julian prennent les grattes en échange. De vrais auteurs complets. Et pour mettre du piment à l’assistance, quoi de mieux qu’un wall of death bien ordonné par Julian himself avec balle au centre. Le concert restera gravé dans la mémoire de nombre de festivaliers.

. MELECHESH

La venue de « Melechesh » bien qu’annoncée de longue date était comprise par l’accident de son batteur Kévin Paradis, qui s’est cassé un bras à la suite d’une chute en moto. Le groupe d’Ashmedi s’est néanmoins déployé pour trouver un batteur remplaçant afin d’honorer sa date au MFest. Ils ont en un temps record remplacé Kévin derrière les fûts. Ce fut donc le batteur slovène Simon Škrlec qui prit du service. Le manque de répétition n’a pas trop handicapé celui-là, ni « Melechesh » par ailleurs. Il s’est employé très honorablement. Ça manquait juste un peu de puissance. Dans une ambiance quelques peu feutrée, étrangement bien plus détendue et sobre que la fois passée au Hellfest, « Melechesh » a charmé son auditoire. L’obscurité de la salle a aidé cette fois. Même avec un son moins puissant, la prestation offerte était divinement appréciable, cela se révélait plus fin et oppressant que lors de leur date au Hellfest. Leurs, désormais classiques, « Grand Gathas of Baal Sin » ou « Triangular Tattvic Fire » ont fait grande impression dans le public. Il est dommage qu’Ashmedi et ses compagnons soient repartis aussitôt ou n’aient pas fréquenté les stands. Il en restera un meilleur concert que lors de leur venue au Hellfest de cette année.

. FLESHGOD APOCALYPSE

A propos de stands, beaucoup ont remarqué celui de « Fleshgod Apocalypse ». Ils vendaient aussi bien des disques que des nouilles ou du vin à leur nom. Chose originale qui est en lien avec leur fierté patriotique. Comme on peut le deviner, ils sont italiens, et ne s’en cachent pas. Ce que l’on ne sait pas encore, c’est que ce groupe de death symphonique allait nous servir une pizza monumentale dans la tronche, ravissant anciens comme jeunes amateurs de metal. Le groupe est avant tout remarquable scéniquement, se plaçant avec une discipline militaire dans un endroit défini, parés de costumes déchirés. A la fois l’ordre et le chaos mélangé, dans un style raffiné de fin du monde. Le regard de prédateur qui imprégnait les visiteurs, leur aspect livide, les différents allé retours avec du vin ou un livre de Tommaso , vous glaçaient le sang. Le death relevé de la formation, s’accompagnait d’un piano classique et d’une chanteuse lyrique, accentuant cette image de ténèbres, de forces inhumaines en action. En supplément, la musique était délectable. Tout relevait de la perfection. Il y avait du divin là-dessous, et comme si cela n’était déjà pas suffisant, le groupe finit en apothéose sous une pluie de confettis. Du jamais vu à ma connaissance. Ce concert fut, de loin, mon concert favori du MFest et peut-être même de l’année écoulée malgré mes passages au Hellfest et au Motocultor.

Samedi 05 Septembre

Reparti à Poitiers et de retour le lendemain, je me suis pas rendu compte que les horaires étaient différents de ceux de la veille. Le Samedi, l’ouverture était en tout début d’après-midi. J’arrive benoitement en plein concert d’ « Adrana », pour me rendre compte ensuite de mon énorme retard. Je m’en mords les doigts sachant qu’il y avait là un beau concert de metal symphonique. Anaé avait une voix lyrique magnifique et l’équipe assurait aux instruments. Seulement c’était la fin du concert. Je n’ai pas pu voir non plus les groupes « Pleasure To Kill » et « Bestial Soul ». Je m’en excuse auprès d’eux.

. PITBULLS IN THE NURSERY

Inconnu de mon côté, mais comptant quelques troupes de supporters en public, « Pitbulls In Tthe Nursery » avait à priori tout pour me déplaire. Leur look urbain grimait autant les rappeurs issus de la couronne parisienne que les coreux newyorkais. Puis le style avancé était une sorte de metal chelou associant pêle-mêle death metal, groove metal et metalcore. L’horreur en quelque sorte. Pourtant, il faut reconnaître qu’ils ont été à la hauteur. Les membres, en particulier le chanteur, étaient en totale communion avec le public. Il n’y avait aucune suffisance, juste un grand plaisir partagé avec le public, des mots chaleureux et sympathiques à leur adresse. Ce qui était en contradiction avec l’image que l’on pouvait se faire d’eux en tout début de set. Puis, musicalement, ils ont assuré. Leur mélange s’avérait bien moins dégueulasse que redouté. C’était même plutôt bon. Oui, bien sûr cela s’adressait moins aux amateurs de death old school. Mais qui aime « Gojira » par exemple, aimera avec grand plaisir « Pitbulls In The Nursery ».

. ORPHANED LAND

D’abord je fus très étonné de voir ces pionniers israeliens du metal oriental si bas sur l’affiche. On aurait pu croire que leur place se tenait juste avant de celle de « Belphegor ». Et bien non ! Malgré tout ça a été un réel plaisir de revoir la troupe amenée par Kobi depuis que je les avais vu en présence d’amies à Limoges, il y a de cela quelques années. Depuis, le guitariste Yossi Sassi s’en est allé, remplacé par Idan Amsalem. J’attendais beaucoup de ce show. Le groupe sait se montrer énorme dans les grands moments. En fait ce fut un spectacle à minima. Ce ne fut pas mauvais, mais très loin de se révéler exceptionnel, à des encablures de ce que j’avais vu à Limoges en tout cas. Yossi avait son trait d’humour habituel, mais le sentiment de fête n’était pas vraiment présent. Même leur stand se réduisait au minimum, ne proposant que des tee-shirts (du même modèle) à 20 euros.

. ANAAL NATHRAKH

Tout d’abord, je ne savais pas trop à quoi m’attendre de ce groupe. Il est certes renommé, atypique par son style musical, mais c’était la première fois que je les voyais sur scène. Je présumais juste que ça allait être super violent. Ça l’était, mais pas dans l’intensité que j’avais estimé. Le chanteur, celui que l’on dénomme V.I.T.R.O.L. apparaissait même très chaleureux avec le public. Chaque membre avait un plan scénique de précis. Le guitariste live, à gauche de la scène faisait des va et viens permanents, le bassiste était au contraire complètement statique. Quant à V.I.T.R.O.L., il tournait en rond. Ce qui donnait un curieux schéma. Niveau son, ça balançait dur, c’était une véritable bombe à fragmentation qui provoquait le remous dans la salle. Un metal surpuissant rarement rencontré en concert et faisant la joie du public.

. HATESPHERE

On passe par la suite sur quelque chose de bien connu. Les danois étaient déjà venus du côté de Limoges. Et je remarque que le chanteur a toujours ce même tee-shirt rouge de « Pentagram » qu’auparavant. Les mecs étaient aussi de bonne humeur et mettaient tout de suite à l’aise la foule. Je me disais que ça allait être comme l’autre fois. Et bien pas du tout. Ce fut une grosse claque bien ordonné comme on dit. Sans conteste l’un des meilleurs shows du MFest. L’énergie par rapport à leur prestation de Limoges était décuplée. L’ambiance produite était surchauffée. Esben au chant était intraitable, prenant parfois directement contact avec des spectateurs en transe. « Hatesphere » semblait même avoir marqué des amateurs d’un metal plus orthodoxe. Ce soir-là, il est vrai que l’on ne s’attendait pas à pareil show. L’équipe était survoltée.

. BELPHEGOR

Il va de soi que les autrichiens de « Belphegor » étaient très attendues. La scène donnait lieu à de curieux préparatifs, un véritable rituel des ténèbres. Il y avait peu de luminosité. On était plongé dans l’obscurité. D’abord rétif à être trop prêt avec mon appareil, je décidai alors de me mettre dans la fosse des photographes pour prendre au mieux quelques clichés potables. De l’encens brulait dans un coin. Ça me rappelait l’encens du concert de « Death DTA » au Motocultor tiens. Un micro étrange en forme de masque à gaz figurait en plein milieu, cerné par deux grandes colonnes de vertèbres surplombées chacune par deux cranes de bouquetins. L’ambiance était déjà posé, bien avant l’entrée des artistes. Ceux-ci arrivant maculés de sang au milieu de sonorités funèbres, tout était là pour un spectacle des plus macabres. Place donc à un death black froid et poisseux, impressionnant au départ, mais s’essoufflant de plus en plus dans la durée. Des spectateurs étaient propulsés dans un monde extérieur, d’autres en revanche restaient de marbre. A la différence d’un Helmuth impassible et intransigeant ou des membres live plus effacés, Serpenth le bassiste était plus scénique, prenant presque la pause. Ça assurait quand même une part du show. Les titres s’enchainaient, intéressé au départ, je commençais à trouver le temps long. « Belphegor » devait être le clou du spectacle. Là les autrichiens étaient en demi-teinte.

 

 

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