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5442Saxon : Battering Ram

posted by alonewithl on novembre 4th, 2015

Saxon : Battering RamLe légendaire groupe de heavy metal « Saxon » nous a habitué au fil des années au bon et au moins bon. Leur effort « Sacrifice » datant de 2013 était très bon, au point de l’estimer parmi les incontournables des ouvrages post-2000 de Biff et ses potes. Comme l’aigle grisonnant n’a perdu aucune de ses plumes et que « Saxon » n’est pas prêt de s’arrêter, tenu désormais à un rythme d’un album tous les deux ans, « Battering Ram » sort très logiquement en 2015, deux ans après le succès de « Sacrifice ». Est-ce que celui-là rehausse le niveau du précédent ? A l’évidence non, car on vous disait qu’il est difficile au groupe britannique de maintenir la stabilité de ses Performances. Même si « Sacrifice » se situait dans les hauteurs, « Battering Ram » n’est pas en bas pour autant. Nous avons pour le coup un album tout à fait appréciable. « Saxon » n’est pas en bout de course mais n’enfonce pas la porte.

Mise sous lecture nous découvrons un premier titre éponyme dans la chair de concurrents britanniques. En effet, l’entame fait illico songer à un « Iron Maiden » post-2000. Quant à la suite, on se situe plutôt dans du « Judas Priest », à en croire les riffs rageurs. Cela s’enchaine avec adresse et fermeté, trouvant le refrain comme refuge pour se poser très brièvement, mais aussi le break du milieu plus tiède. Cette puissance, cette nervosité, on la rencontre avec subtilité sur « Hard and Fast », pièce incontournable de l’album. Le titre est solidement charpenté, maintenant une tension permanente, y compris sur le refrain. Cette forte pression semble se maintenir au-delà, au titre suivant « Eye of the Storm ». Le riffing est juste bâti autrement, par à-coups, par brusques salves haletantes. On sent là véritablement un temps orageux. Dommage que ce soit entrecoupé en break par des extraits de journaux télé, qui étoffent certes le discours et l’atmosphère, mais font perdre le rythme.

On retient également un heavy salvé aux riffs secs et directs sur « The Devil’s Foot Print », qui donne l’occasion à un narrateur de s’exprimer à propos de la fameuse affaire du Diable du Devonshire de 1855. Malgré des regains d’agressivité le long de la piste, rappelant au passage un « Saxon » période « Metalhead »/« Killing Ground » le morceau n’est pas des plus mémorables. Le groupe s’avère plus inspiré sur le long et très mélancolique « Kingdom of the Cross », là aussi incluant une narration, qui parcoure tous les couplets, ne laissant à Biff que le refrain pour s’exprimer dans cette brume d’une douceur apaisante aux accents mélo-prog. Une quasi-ballade, comme le serait dans un style plus aiguisé et avec des riffs un « Queen of Hearts » tapi dans l’ombre et dont l’environnement spirituel et froid rappelle celui qui avait immergé les redoutables efforts « Lionheart » et « The Inner Sanctum ». L’extrait « Top of the World » nous ramène à ces albums, mais dans un ton survolté. La tonicité des guitares est néanmoins ici surplombée par la voix rassurante et sûre de Biff Byford.

« Battering Ram » n’est cependant pas en complet accord avec le heavy le plus récent de la formation. Parfois, « Saxon » replonge plus loin dans ses acquis pour restituer le heavy metal de ses anciennes années, à savoir teinté d’un léger accent hard rock ou rock n’ roll, comme c’est le cas notamment de « Destroyer ». On y vouera là un « Saxon » dans son pur classicisme avec un riffing blindé, tonitruant, néanmoins plombé par un refrain moins inspiré et trop facile. Les membres puisent aussi dans les vielles eaux sur un impétueux « Stand the Ground ». Celui-là, d’ailleurs, pourra nous étonner par les quelques notes d’électro issues de son break. Un renfort hard rock sera apporté au nonchalant « To the End », qui nous restitue une power ballade très classique d’un « Saxon » à la sauce années 80. Pour « Three Sheets to the Wind », il est tout à fait inutile de parler de heavy metal. Nous sommes là dans un hard rock bien bétonné, vous donnant la pêche. Il est en revanche très curieux, de sentir la présence, du moins l’inspiration de « ZZ Top ».

A la lumière des écoutes, « Saxon » n’a pas réalisé un album de grande envergure, juste un opus maintenant la respectabilité d’une formation britannique qui se maintient dans le circuit depuis voilà près de 40 ans. C’est déjà une prouesse, un tour de force en quelque sorte, là où d’autres groupes font malheureusement sentir leur vieillesse dans leur propre musique. Pour « Battering Ram », « Saxon » a fait une sorte de pot-pourri, mêlant des sonorités toutes périodes confondus. Nous avons donc un disque riche, mais pas forcément très ambitieux, car au final rares sont les titres à aller au-delà de la simple honorabilité, de nous faire passer du bonheur à la jouissance. Il faut retenir néanmoins, que nous avons au change pratiquement rien à jeter du lot. « Saxon » cogne encore très fort, mais pas au point de faire exploser la porte du pont-levis. On sait qu’il y arrive une fois sur deux.

14/20

Clip Officiel:
. Battering Ram
Battering Ram

 

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