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5451Iron Slaught : Crusading Metal Mercenaries

posted by alonewithl on novembre 9th, 2015

Iron Slaught : Crusading Metal MercenariesA la différence de l’ours, le heavy metal n’éprouve aucune difficulté à s’adapter à la vie dans les Pyrénées. Du côté du Roussillon, l’émergence du groupe « Tentation » livrant un heavy metal racé, chanté en français, a défrayé la chronique. Le succès sera peut-être équivalent pour « Iron Slaught » de Tarbes, ayant participé au Pyrenean Warriors Open Air en Septembre 2015 aux côtés de « Lonewolf », « Atlantean Kodex » et « Tokyo Blade ». Aujourd’hui on peut le voir en compagnie et en affiche avec… « Tentation ». A la frontière d’une même chaîne de montagne, on se trouve des points communs. « Iron Slaught » se constitue d’un trio infernal constitué en 2011, autour d’anciens membres du lointain « Eviternity », qui fut le précédent des fondateurs de « Stille Volk ». Cette troupe s’évertue ensemble à créer un heavy metal sans compromis et violent comme on en faisait à une certaine époque. C’est ainsi que l’on vit apparaitre un premier album fin 2015, qui après avoir été présenté sur bandcamp, a été publié chez Armée de la Mort Records, label de Shaxul, spécialisé dans le metal de cru et orthodoxe.

L’affection aux années 80 se retrouve distinctement à la vue de la pochette de l’effort en question. On y perçoit notamment (en faisant attention) des références à « Sortilège », « King Diamond », « Manilla Road », « Iron Maiden ». Pourtant, le volume « Crusading Metal Mercenaries » ouvre sur une référence propre aux années 2000. « Battle Ready » est avant tout un titre épique, très entrainant. Après une longue entame martiale, des riffs par à-coups, on s’achemine vers un heavy metal fluide, légèrement épique. On pourrait alors étrangement croire que « Falconer » s’est accoquiné avec « Manowar ». Oui, le chant clair à tendance médiévale ressemble fortement à celui de Mathias Blad du groupe suédois cité. Il se dépêtre admirablement sur le refrain, mais aussi quand la rythmique devient plus soutenue sur la seconde moitié de piste, prenant alors les contours d’un heavy speed sans retenue. Ce chant clair se rencontre également en toute fin d’album sur « High Grade Metal », mais là la musique y est beaucoup plus relevée et incisive, plus en accord avec un heavy speed authentique, à l’ancienne comme on dirait. On y décèle cependant là-dessous et sur certains passages les influences d’« Annihilator » et d’« Iron Maiden ».

Sur les autres morceaux de l’opus, le chant y est radicalement différent, en complète phase avec un speed metal dévastateur qui dégage une odeur de soufre. « Demonic Possession » est sans doute le cas le plus concret offert. Là, aucune fioriture, que du direct et du frénétique. Le heavy speed devient toutefois plus tortueux dès l’apparition du chant rageur d’Iron Jérémy. Sur « Straight to Hell » cela vire au grand charcutage speed. Le titre est incroyablement nerveux et filandreux. Il parait plus implacable qu’« Inquisition », qui s’avère lui en revanche plus subtil et dans une fibre thrashy, tout aussi fougueux et un parfait exutoire. Mais à la différence de « Straight to Hell », le refrain posé, sous forme de cavalcade épique, nous permet de prendre notre souffle. Pour cela, il serait à associer à « Night of the Witch », un titre riche, jouant beaucoup sur les variations rythmiques, incorporant un refrain à chant clair, pas particulièrement des plus pertinents ou des plus appropriés. Par exemple, le « Oh, yeah ! » serait de trop. Malgré tout, « Night of the Witch » est un titre fort, attachant, qui plus est, bien aidé par la qualité de ses mélodies.

Comment faire la paix sur un acte de guerre? Il est tout à fait probable que tous les amateurs de heavy, qu’ils soient old school ou moderne, se retrouvent confortablement autour de cette pièce survitaminée. En effet, le heavy speed honorablement servi par « Iron Slaught » ne propose pas une recette unique et s’accommode de multiples influences. « Crusading Metal Mercenaries » peut dès lors s’annoncer comme un grand caractériel. D’un heavy épique et mélodieux, nous passons ensuite à un speed metal massif et sans concession. Et vice versa. Cette ambivalence, c’est ce qui fait la force de l’engin avant tout, plus encore que les formidables assauts speed metal issus des morceaux de ce premier ouvrage. Ce forfait très prometteur laisse entrevoir un avenir radieux à « Iron Slaught » le pacificateur, et vient renforcer les rangs du heavy metal français. Prêter l’oreille à leur musique, c’est comme tendre la joue à un ours des Pyrénées. Si jamais vous en sortez vivant, vous aurez besoin d’un bon coiffeur ou d’un bon docteur.

15/20

 

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