chroniques et interviews metal

5477Nhor : Momenta Quintae Essentiae

posted by alonewithl on décembre 8th, 2015

Nhor : Momenta Quintae EssentiaeA l’image d’« Alcest » ou d’« Empyrium », le projet britannique « Nhor », qui naviguait décemment entre ambient folk et black atmosphérique, fait aujourd’hui impasse totale de la musique metal. Si vous n’en avez jamais entendu parler, c’est que celui-là ne s’est vraiment fait connaître que par l’intermédiaire du label Prophecy qui a publié son récent ouvrage « Within the Darkness Between the Starlight ». Œuvre émérite qui ne correspond pas vraiment avec le dernier en date « Momenta Quintae Essentiae » qui retire toute substance metal, comme évoqué plus haut, virant la guitare électrique, et s’illustre dans un folk infiniment plus éthéré. Nous observons donc un changement de direction musicale assez sec, qui pourra contenter certains et fera grincer les dents à d’autres. « Nhor » s’affiche désormais nu sans ses oripeaux.

La découverte de « Luna Oritur » produira un véritable choc chez celui qui aura déjà préalablement prêté l’oreille sur le projet. Il s’y dégage une insistante sensation de vide, d’abandon, de solitude. On y entend les palpations d’un piano classique aux notes paresseuses, sur fond de tintements cristallins. La fraîcheur y côtoie un environnement minimaliste et délicat, d’ailleurs très perceptibles à l’écoute de « Contra Ventum », un peu trop fragile et répétitif toutefois pour s’y abriter durablement. On retrouverait une sorte de sursaut positif chez « Ex Lunae In Nubis », offrant un peu de luminosité dans ce milieu clos et froid. Le piano se charge volontiers plus en émotion, devenant étincelant sur le court « Tremere ».Nous avons ici une illustration très classique, terne même de « Nhor ». Il renoue temporairement avec la fibre atmosphérique au travers du titre « Sic Praterit Nox ».

Tout n’est pas réservé au seul piano ou au seul synthé. Les ambiances brumeuses, si timides et réservées, sont aussi bâties à l’initiative d’un chant clair hagard au gré de quelques pistes, de la guitare acoustique aussi. On entend des maigres cordes tinter pour produire le folk très éthéré de « Nosce Te Ipsum », rendant l’instant planant, purement contemplatif. Ce moment de relaxation s’épanouit dans un univers plus feutré au coin d’un feu sur « Hedera ». Ce tendre arpège répété tout le long s’accorde avec la fluidité du piano. Comme si deux êtres s’accommodaient finalement de leurs différences, de leur tempérament. La guitare acoustique annonce « Ante Primam Lucem ». Après quelques pas hésitants, le déroulement prend de la constance et s’assouplit dans une legereté en quête d’harmonie.

Il faudra aimer la musique folk très éthérée et ne pas prêter trop attention à ce qui l’a précédé. Les éléments découverts dans l’album réussiront différemment selon les personnes. Certains y verront de la finesse où d’autres percevront de la fragilité. L’expérience extrêmement légère et minimaliste de « Momenta Quintae Essentiae » n’est pas forcément unique. D’autres s’essayent excellemment dans la matière. Elle nous éloigne d’un patrimoine metal, certes récent si on tient courte de la courte vie de « Nhor », mais qui était plus riche, plus développé, et avait un bien meilleur potentiel. On devine que le projet est encore à la phase d’essai. La branche est à l’évidence bien trop petite pour cacher l’arbre qui est situé derrière. Il est assuré que ce successeur malingre ne soit à peine remarqué malgré ces quelques qualités. A vrai dire, la nature impressionne davantage par sa force.

12/20

 

 

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