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5588Brainstorm : Scary Creatures

posted by alonewithl on janvier 18th, 2016

Brainstorm : Scary CreaturesAu nombre des formations typiques de la réussite une fois sur deux, « Brainstorm » est désormais un cas d’école. Suite au relativement moyen « On the Spur of the Moment » de 2011, il y a eu la fameuse percée réalisée par le tempétueux « Firesoul ». Et comme il est à craindre pour un projet qui part en dents de scie, suite à un succès on s’attend à une déception. L’album « Scary Creatures » fait donc suite à l’estimable « Firesoul » sorti deux ans plus tôt, et s’illustre comme un nouveau recul. Pourtant, nous avons encore une fois une musique quasi inchangée, flirtant avec le heavy thrash maniéré d’une mouture récente d’« Iced Earth » ou de « Jag Panzer », et non purement du power metal comme revendiqué, probablement pour des raisons commerciales. Donc, on ne comprend évidemment pas une telle variation de qualité au fil des albums. Peut-être est-ce l’inspiration qui ne vient qu’une fois sur deux ? On aurait voulu en voir de toutes les couleurs, découvrir une véritable foire aux monstres, comme nous laissait présager une superbe pochette réalisée par le célèbre auteur Felipe Machado Franco. Faites-vous à l’idée que certains ne parviendront pas à se sublimer par un simple ajout de couleur.

Les répétitions d’orchestre philarmonique en entame de « The World to See » donneraient à spéculer autour d’une pièce s’ouvrant aux airs symphoniques. Il n’en est presque rien. D’ailleurs le titre en question délivre le commun de ce que l’on connait de « Brainstorm », à savoir un heavy metal étiré, saccadé, presque en lien avec le thrash metal. Parfois un peu de « Judas Priest » s’y mêle dedans. Le morceau n’a pas une adhérence à toute épreuve, il se révèle plus aéré et idyllique sur le refrain, seulement après la confusion qui règne sur une bonne part des couplets. Pour croiser des éléments symphoniques à proprement dit, sans trop d’altérations, il faut attendre le morceau éponyme s’adonnant à un rythme particulier, lourd et gras, pas forcément garantie d’harmonie. Tout y est très concassé et massif. On attend venir avec grand soulagement le break, redonnant du souffle et plus amples perspectives. Le jeu est également très nourri sur le priestien « Twisted Ways », mais là l’extrait offre davantage d’énergie et de répondant. Il y a de la vigueur et de la ressource. D’ailleurs pleinement exprimé sur la phase enthousiaste du plaisant refrain.

Un enthousiasme qui vient à s’exprimer un peu plus en fin d’album. Nous en avons un brillant représentant avec « Take Me to the Never » aux riffs par à-coups bien charpentés et plutôt assez entrainants. Un plus décevant avec « Sky Among the Clouds », reproduisant des faux airs de « Primal Fear » pour un contenu répétitif. Surtout sur sa fin. Ce manque de subtilité, parfois de dynamisme, ce serait le mal qui plomberait cet album. On ne retiendrait ainsi de « How Much Can You Take » qu’une sorte d’« Iced Earth » réchauffé de face B, poussif et redondant. Seul son refrain nonchalant fait un peu la différence. On tombe sur un véritable robinet d’eau tiède à l’écoute du timoré et fade sur la longueur « Caressed by the Blackness ». Le morceau « Where Angels Dream » s’en tire guère mieux, pourtant il est doté d’un formidable démarrage façon « Vicious Rumors », qui flanche sérieusement sur le refrain. Il y avait préalablement un titre qui affichait bien plus de bonne volonté, le percutant « We A re… », distinctif notamment par ces chœurs à sa dimension quasi-martiale. Et justement, concernant ce dosage martial, on pourra se référer à un autre extrait ; le thrashy « Scars in Your Eyes » révèle le « Brainstorm » consistant et abrasif du précédent album. Celui que l’on avait en fait espéré pour cet entier opus.

Les traditions ont la vie dure. Il y en a certaines dont on pourrait se passer pour vivre plus confortablement. On sait désormais que Milan Loncaric et consorts l’emportent un coup sur deux. Après un « Firesoul » tout droit sorti du four, « Brainstorm » produit une suite qui tient tout bonnement du plat réchauffé. Bien que tout à fait correct, l’album de 2016 ne fera certainement pas date, faute à un manque d’ambition, à des titres trop peu souvent mis en relief et à l’intérêt plutôt occasionnel qu’ils génèrent parfois. Le brainstorming n’a pas marché, si brainstorming il y a eu. « Scary Creatures » se décrit plus comme une sorte de cache-misère, un décorum, une fausse apparence pour combler le vide, qui est toutefois sauvé par quelques titres seulement. Des titres qui nous font songer à son glorieux prédécesseur. Mais est-ce suffisant ? Ça pourrait. Enfin, ça n’égale point « Firesoul ». Nous nous situons bel et bien en deçà. Si on s’en tient à la théorie du un coup sur deux on peut espérer une meilleure performance pour la suite. Mais tout ça, ce n’est plus que la théorie.

13/20

Clip Officiel:
. The World to See
The World to See

 

 

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