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5803Mystic Prophecy : War Brigade

posted by alonewithl on mars 13th, 2016

Mystic Prophecy : War BrigadeApproximativement tous les deux ans, la formation gréco-allemande « Mystic Prophecy » nous révèle une nouvelle création. Il n’y a jamais vraiment eu de splendeur à proprement dit, mais le groupe se maintient à un niveau très acceptable. La bande à R.D. Liapakis a beau promettre à chaque fois un torrent de flammes, on se contente souvent d’un sous-« Vicious Rumors », éternellement prometteur. « Killhammer » devait être le nouveau souffle, une giclée de gasoil pour donner ample vigueur. Massacre Records avait fait une excellente campagne de promotion pour cette sortie. On se souvient. Ça s’est avéré beaucoup plus une continuité, du « Mystic Prophecy » que l’on connaissait déjà, bien que très sympathique. C’est donc avec une envie relative, sans grand empressement cette fois, que nous découvrons le neuvième opus de « Mystic Prophecy », intitulé « War Brigade ». Ne vous laissez pas méprendre par cette pochette incandescente, tirée d’une vision d’enfer, « War Brigade » n’est pas l’enfer, il illustre un « Mystic Prophecy » sans la moindre subtilité textuelle, un poil plus gentillet qu’à ses habitudes. Rien de palpitant tout ça, mais on se laisse pourtant facilement amadouer. Moi-même je m’interroge. Il y a-t-il finalement un peu de diablerie là-dessous ?

C’est sans la moindre surprise que se découvre « Follow the Blind », un heavy thrash dans tout sa sobriété, pas forcément très relevé, mais très potable, comportant un solo de guitare assez plaisant. « Mystic Prophecy » réalise le moindre effort sur un « Pray for Hell » assez poussif, dans une démarche assez graveleuse, dans ce registre on lui préférera mille fois le très hargneux et viscéral « Burning Out ». Le rude « Fight for One Nation » pratique lui aussi le riffing concassé, syncopé, assumant quelques influences de thrash moderne. Tout ça se révèle bien massif, peu adepte de l’ajout en fioritures. Ce n’est pas non plus très corrosif. Tout au plus cela s’accompagne d’une légère mise sous tension, comme sur « The Devil’s Blood », qui remplira son office principalement grâce à l’articulation moins crispée sur son refrain. Dans cette semi-brutalité, on s’attachera volontiers plus à « War of Lies ». Ce titre se dévoile aussi plus étoffé, plus élaboré, plus intelligent. Le changement de rythme, mais aussi le changement d’humeur y sont également pour quelque chose.

Il y a des titres de l’album où « Mystic Prophecy » va se révéler plus subtil et va étendre ses champs de compétence. L’album est ici singulier pour pratiquer dans les hymnes dit faciles, du genre à employer des riffs entêtants et répétés, un refrain faisant office de grande communion. Nous avons l’exemple de « Metal Brigade », tout ce qu’il y a de plus simpliste sur la forme, avec ses à-coups secs et comportant même une légère teneur épique. Dans le genre « War Panzer » se révèle très attachant, bien élancé, avec une excellente dynamique, faisant songer au confrère « Brainstorm ». Assez loin en revanche de la virilité guerrière de « Good Day to Die », autre morceau sérieux de l’album à la rythmique écrasée et tenace. On saluera le superbe solo contenu. « Mystic Prophecy » nous réalise un véritable écart sur « The Crucifix », carrément du « Iron Maiden » période « Brave New World ». La voix de R.D. Liapakis se confond alors presque avec celle de Bruce Dickinson, pour couronner le tout. Il tiendra une voix très différente, suave cette fois sur la tendre, mais intéressante power ballade heavy rock, « 10.000 Miles Away ». Que dire alors de sa prestation sur la reprise de « Sex Bomb » de Tom Jones ? Pas loin d’être exceptionnel pour un titre casse-gueule, mais néanmoins efficace et sérieux dans le heavy brut de « Mystic Prophecy ».

C’est brut, un peu con, pas cossu du tout, et encore moins expérimental, mais au final on aime bien. « Mystic Prophecy » pourrait être en soi une caricature de tout le heavy metal allemand, en roue libre, presque toujours donné en perte de vitesse. Pour autant, on finit quasiment par toujours y revenir, et avec un plaisir que l’on voudrait presque dissimiler tellement on n’y avait pas cru. Même si le groupe se montre parfois laborieux et insistant dans ses riffs, on retient de l’album des titres particulièrement prenants, qui ne perdent en rien leur pouvoir, une fois passée la multitude des écoutes. C’est le pouvoir d’une troupe qui continue tranquillement son train-train à produire une musique comestible, sans prise de risque inutile, sans chercher non plus à prendre le haut du pavé. « War Brigade » n’est pas une référence, ni pour le heavy thrashisant, ni pour « Mystic Prophecy ». Mais ça n’empêchera pas certains de se le repasser en boucle comme c’était le cas de son précédent discographique, même si ce dernier repose sur un ton plus allégé. Les guerres froides ont la vie plus longue. Pourvu que ça dure.

14/20

Clip Officiel:
. Metal Brigade
Metal Brigade

 

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