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5922Hexenizer : Witches Mentors Cult

posted by alonewithl on juin 8th, 2016

Hexenizer : Witches Mentors CultOriginaire de Berlin, “Hexenizer“, constitué du duo Andy Charrocker (chant/guitare) et Tom S. (basse), nous arrive proprement de nulle part. Peu d’entre nous ou pour ainsi dire personne n’a entendu parler de ce combo ou de ces deux artistes. Pourtant, il semblerait que le projet est dans les tuyaux depuis 1997, sous divers noms. C’est après une très longue gestation, l’aide du batteur de session Andy Shädel et à une signature chez Infernö Records que “Hexenizer” sort au grand jour avec un album intitulé “Witches Mentors Cult“, très surprenant par l’insistance que revêt sa thématique ou par la qualité de sa musique. Une musique où le groupe revendique des influences allant de “Ratt” à “Coroner“. Tout un programme! Du heavy, du thrash, des sorcières, du sex … et encore des sorcières.

On croit entendre celles-ci à travers certains cris hystériques en préambule d’”Evil’s Witch Force”. Un commencement d’ouvrage, un instrumental, qui étend toute la dextérité des musiciens. Nous en aurons d’autres par la suite avec l’intrépide et cruel “Witche’s Rage”, aux riffs acérés; le superbe et nonchalant instrumental au heavy metal typiquement années 80 “The Vintage Witches Swing”; le ténébreux et maussade “The Witches Lullaby”; mais également la reprise magistrale classique de la toccata et fugue en ré mineur de Bach sur “Paganni & Bach”. La dernière citée étant la seule piste ne comportant pas un nom en référence aux sorcières. On a pu noter une vraie récurrence voire une obsession frisant la parodie en ce qui concerne le noms des morceaux et les paroles, presque toujours en référence au sex avec des sorcières. L’un des exemples les plus éloquents serait “The Witches Sodomizeitor”, pourtant sa musique se compose d’un heavy thrash tout ce qu’il y a de plus fascinant, particulièrement claquant et entraînant.

ça a beau paraître ridicule. La pochette était en soit un indicateur. Nous étions prévenus que ça serait bas du front, mais que peut-on quand on entend une telle maestria à la guitare. Le speed metal que l’on découvre sur “The Witches Violator” est proprement remarquable. La structure de la piste est complexe et on altère les tonalités. Cet extrait délivre des riffs particulièrement incisifs et mordants. Tout comme l’imposant thrash d’”I’m Fucking Bewitched”, plus brut, à la rythmique encaissée. On use ici d’une ambiance intimidante, qui se démarque d’une grande partie des morceaux de l’opus. ça va aussi être le cas de l’inquiétant “The Pherominic Call of the Witch”, jouant d’un certain chaos, de différents changements de rythmes, entre ralentissements et accélérations. Le morceau nécessite donc un peu de recul pour y adhérer complètement.

Je ne crois pas en cette difficulté pour “The Fucking Horny Witch of Hell”. Les riffs vous sautent là littéralement à la gorge. C’est sans doute ce que le volume contient de plus soutenu et acéré. Le titre est riche et saisissant de technique. On aborde même une embardée groovy peu avant le milieu de la piste. Un second break, apaisant et méticuleux cette fois, interviendra un brin plus tard, finissant de nous convaincre que l’équipe est capable de réaliser un travail d’orfèvre. Il aurait été souhaitable de retrouver un tel niveau sur “Riding the Witch” tout aussi réactif et nerveux. Mais le morceau en question manque d’impact pour être entièrement performant. “Witch or Bitch” n’est pas de ceux ayant le plus d’impact, mais au moins il se montre attachant par son groove et son jeu de basse très ostensible. C’est fait à l’ancienne, mais pas de la même manière que “The Witches Table Dance”, s’illustrant par un heavy metal années 80, ayant beaucoup de ressort, contenant aussi une légère influence glam metal, malgré toute l’énergie déployée.

Quand on annonçait une telle dispersion des influences, on s’attendait par à ce que ce soit vrai, ni même qu’ils en produisent un mélange. On peut aussi ressentir une certaine gêne en voyant afficher un contenu musical aussi pertinent sur des thématiques et des paroles aussi obsédées et répétitives. Parce que l’entier album évoque le fort et seul penchant sexuel pour les sorcières. J’imagine la difficulté pour produire un second album qui ne devienne pas redondant si on évoque la même chose et des titres similaires, après le sourire qu’apporte le premier. Vous l’aurez compris “Witches Mentors Cult” est une grosse curiosité à mettre dans les mains des amateurs de heavy old school et de thrash technique, pas à celles de féministes par contre. Ces derniers seraient au contraire scandalisés contre “Hexenizer“, et de connaître le sort que l’on réserve à quelques dames. Au moins, contrairement à la légende, les sorcières ne sont pas toujours à califourchon que sur un balais.

14/20

 

 

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