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5957Motörhead : Clean Your Clock

posted by alonewithl on juillet 24th, 2016

Qu’est ce que ça a pu me remuer d’apprendre la mort de Lemmy. Pourtant, on pouvait percevoir un changement évident de son état de santé durant les deux années qui ont précédé son décès. Il avait beaucoup maigri. Il avait même dû raccrocher à la fin sa fameuse bouteille de Jack Daniels, chose totalement inavouable pour ses fans tellement sa bouteille de bourbon s’est liée à sa personne. Sur le plan professionnel, cette fragilité du célèbre bassiste s’est ressentie dès “The Wörld Is Yours“, et apparaissait pleinement évidente à partir d’”Aftershock” où Lemmy était à la remorque de son fidèle guitariste Phil Campbell. Sur “Bad Magic” il n’était plus que l’ombre de lui-même, handicapant le deux autres membres de sa présence, les retenant à des titres courts et simplistes. On comprend alors que les sessions d’enregistrement ont pu être fastidieuses. L’homme éprouvait de la difficulté à se tenir debout, il souffrait énormément en concert. La fin était proche. Dans cette période de fin un Live de “Motörhead” (encore un) fut enregistré. Un Live douloureux, déprimant quand on aime Lemmy.

Il s’agit sur ce présent “Clean Your Clock“, de deux concerts enregistrés au Zenith de Munich les 20 et 21 Novembre 2015, soit près d’un mois avant la mort de sieur Lemmy Kilmister et près de trois mois après la sortie du dernier album en date de “Motörhead“, “Bad Magic“. On ne retrouve de ce dernier album assez curieusement que “When the Sky Comes Looking for You” sur la tracklist de l’album Live. Après la lancée d’un “Bomber” et d’un “Stay Clean” à peine comestibles, les larsens déjà assez présents prennent le dessus sur “Metropolis”, rendant le morceau purement abominable. On pourrait croire par moments qu’il s’agit d’un shred. La basse grinçante de Lemmy, tout comme sa voix en yaourt apportent leur contribution dans la fusillade en règle. C’est ensuite un “The Chase Is Better than the Catch” hyper cradingue que l’on est amené à découvrir.

Le bât blesse vraiment quand on écoute “Lost Woman Blues”, amorphe, dégoulinant, avec un Lemmy en phase d’extinction. Heureusement, il semble un peu plus requinqué sur le dynamique “Over the Top”. Parmi les rares réussites on retient l’hommage rendu à Phil Animal Taylor, mort quelques jours plus tôt, sur “Doctor Rock”. Choix curieux, car le titre en question est un de ceux où Phil Taylor n’a pas été crédité, contrairement à “Just ‘Cos You Got the Power” qui vient juste après. Pour revenir à “Doctor Rock”, il faut souligner le long solo de batterie notable de Mikkey Dee, lui en grande forme contrairement au leader qui bafouille, bredouille, et joue un brouillon de basse. Méconnaissable, fatigué, un vieillard.

Un Live trop souvent déchirant, qui fera plus songer au décès du regretté Lemmy, à ses difficiles dernières années, à sa lutte contre un mal indocile qui le dévorait doucement, qu’à sa carrière impressionnante passée aux côtés de “Motörhead“. Les morceaux, pourtant globalement excellents à leur origine, ont ici perdu toute vivacité, à l’exception de quelques rares sauvés à flot par les deux autres membres du trio. La vieillesse est un naufrage. J’aurais personnellement préféré ne jamais avoir à écouter ce Live. Un Live de fin de vie.

11/20

RIP Lemmy
Love You Forever

 

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