chroniques et interviews metal

6180Ruines + Ostium @ Poitiers 2017

posted by alonewithl on janvier 14th, 2017

Ruines à Poitiers

Ruines + Ostium @ Poitiers (86) – Le Zinc
(13 Janvier 2017)
Ouverture à partir de 19:00 heures.

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Vendredi 13 Janvier

Par ce froid d’Hiver et par ce vendredi 13, il est de bon aloi de désespérer. Quoi de mieux qu’un black metal très à propos pour couronner la chose. Le bar du Zinc s’est fait une spécialité core et musiques originales en grande partie grâce à l’implication de Go Music, mais il arrive peu souvent que le black metal soit invité. Le lieu a eu pour bonne idée d’inviter en son sein l’association “1000 Manières de Pourrir” (un nom qui vend déjà du rêve. Si, si!), ainsi que les groupes “Ostium” et “Ruines” pour semer discorde et désillusion dans son caveau. Un nouveau public vient, peu de têtes déjà vues dans le lot. Ce qui est quelque part bon signe et invite à faire connaître davantage l’endroit. Le premier concert prévu à 19h est annoncé beaucoup plus tard à cause du gros retard de “Ruines”. Il faudra attendre les environs de 20h45 pour que le caveau résonne aux sons lugubres . Ce n’est pas non plus inhabituel des concerts qui s’y sont tenus.

. OSTIUM

Le groupe de DSBM se compose de membres de “Hecate”, que j’avais pu croisé lors d’un concert il y a un couple d’années à Joué-Les-Tours. On devine dans leur démarche revendiquée suicido-dépressive que leur black metal allait volontiers plus dériver vers “Nocturnal Depression” que vers “Marduk”. En fait, le côté mélancolique paraîtra beaucoup moins évident que sur support physique. Par contre on retient plus en live un côté fibreux. Pour ceux qui connaissent déjà “Hecate” imaginez “Hecate” en mode sensible et décharné. On retrouve l’art et la technique du groupe “Hecate”. Le batteur fait un usage remarquable de son jeu, prenant ses baguettes au milieu, ayant pour effet de marquer plus durement les coups. Veines Noires est toujours aussi percutant dans ses hurlements et on remarque ses lacérations au corps, chose étrangement partagé avec le batteur. Guitariste et bassiste ne sont pas en reste mais complètement captivés par l’exercice de leur instrument, paraissant plus effacés vis à vis d’un public particulièrement réceptif.

. RUINES

ça a beau être grosso-modo dans le circuit “black metal”, enfin….oui et non…. “Ruines” aussi originaire de Tours est à des encablures de la pratique par “Ostium”, de sa mentalité ou de son apparence. On passe du DSBM à un post-black/sludge. On tire davantage là vers du “Year Of No Light”, même si “Ruines” offre quelque chose de plus différent même si le lien est assez approprié. En ce qui concerne l’apparence, les corps torturés ont cédé la place aux hipsters. Lunettes, barbes, tatouages. Mais, le coup de gratte est là. On pourra pas leur reprocher leur niveau technique. ça envoie sec et lourd, tout plongé dans le noir. “Ostium” avait laissé la guirlande lumineuse, pas “Ruines”, qui en plus de la pénombre ajoute une nasse de fumée artificielle. Effet garanti. On a droit là un un sludge lugubre et colérique. Complètement pris au jeu, aux tripes, le groupe en oublie de décrocher. Il était l’heure d’arrêter pour des questions de voisinage et simplement de légalité, mais “Ruines” comptait aller jusqu’au bout. Résultat: coupure de courant. ….Et “Ruines” a continué sans électricité, y compris les guitaristes. On entendait plus alors ostensiblement que la batterie et un peu du chanteur. Cette obstination est rendue admirable et le public a scandé de continuer. Cette situation ubuesque a duré près de 3 minutes. Chez “Ruines”, on se joue des conditions.

 

 

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