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6228Elm Street : Knock ‘Em Out… with a Metal Fist

posted by alonewithl on janvier 25th, 2017

Elm Street : Knock 'Em Out... with a Metal FistOn a tendance à douter et à se tromper lorsqu’il s’agit de cataloguer la formation australienne “Elm Street“. Le groupe heavy metal fait parfois l’objet d’une appartenance au thrash metal. Il est vrai que la frontière entre les deux styles peut sembler poreuse quand il s’agit d’un tel groupe aux influences multiples. La bande de Ben Batres s’était fait remarquer par un premier album au heavy metal particulièrement virulent. Il est vrai aussi que ce “Barbed Wire Metal” explore par moments le style voisin qu’est le thrash metal, mais pas au point que l’on en arrive à apposer un marquage “heavy thrash” là-dessus. Les années passent. On assiste au départ du bassiste Brendan Farrugia, puis à celui de son remplaçant (Anthony Longordo) après la sortie de l’EP 3 titres “Heart Racer” en 2015. Ce sera à Nick Ivkovic de prendre la basse chez “Elm Street“, et ce sera avec lui que sera enregistré le second album du combo australien “Knock ‘Em Out… with a Metal Fist” qui privilégiera d’une pochette exceptionnelle dessinée par un très grand nom de l’illustration qui n’est autre que Ken Kelly, connu pour ses dessins de Conan le barbare, et ayant signé les plus belles pochettes d’albums de Kiss et de Manowar. Du heavy bien brut, un peu de thrash et une pochette alléchante. Que demander de plus? Même puissant et formidable, ce n’est pourtant pas le coup de poing qui va vous rendre direct KO.

On ne cogne pas aussitôt. On préfère le faire avec des préliminaires. Du moins c’est ce que l’on croit à l’écoute de “Face the Reaper”, introduisant une belle ballade acoustique, étrangement comme l’aurait fait un certain “Metallica“. Les mélodies pleine de charme, épousant une proximité californienne avec le Mexique, s’estompent au profit d’un heavy metal brut de coffre et sans trop d’aménagement. Ce heavy se ferait éclipser par le redoutable et très corrosif chant de Ben. Il faudra véritablement attendre le dernier tiers de la piste pour entendre la guitare se démarquer, et cela par le biais d’un solo. ça figure également assez basique sur “Will It Take a Lifetime?”, originellement issu de l’EP “Heart Racer” et proposant une musique au rythme cadencé, puisant quelque peu dans le mouvement NWOBHM. Le morceau serait presque monotone, mais se donne heureusement à plus de mélodies à l’approche de la fin.

“Will It Take a Lifetime?” n’est pas le seul originaire du précédent Ep. Il y a bien sûr le titre “Heart Racer”, aguicheur, mais sans trop de faste. En fait, situé dans la norme de ce qu’est un heavy revival. Quant à “Next in Line” autre morceau de l’Ep, il est autrement plus intéressant avec un heavy speed palpitant et bigrement saccadé, acceptant volontiers des influences thrash metal. On voudrait même croire à une référence à “Angelus Apatrida” dans le “You’re next!…” hurlé par le chanteur. Non! Le thrash metal, autre corde au jeu d’”Elm Street“, ne semble pas l’avoir quitté. Prenez “Heavy Mental”, on peut croire le morceau interpréterait du heavy metal au vue du titre. En fait, il s’agit là de l’un des extraits les plus marqués par le genre thrash metal, bien que cela se montre un peu répétitif et semble être bousculé par un chant plus intense qu’une musique qui se contente de suivre le pas.

Ce n’est pas tellement ici que la formation va nous surprendre et mériter ses frais galons. Beaucoup risquent d’être très impressionnés par l’écoute de “Kiss the Canvas”, délivrant un heavy speed sensationnel avec quelques touches power metal. l’extrait se révèle donc intense et richement mélodieux. Outre ce superbe morceau qui sera très certainement plébiscité, le combo créé la surprise outre mesure en jouant sur cet album des morceaux longs, même très longs. “Sabbath”, à plus de six minutes de durée, peut paraître rude au premier abord. Il va se révéler plus subtil dans un heavy thrash rappelant assez “Annihilator” au tout début des années 90. On passe à tout autre chose en arrivant à “Blood Diamond”, titre supérieur à 11 minutes et lancé par l’intimidant interlude “STWA”. Là on aurait tendance à jouer sur plusieurs tableaux, proposant un heavy burné, puis une ballade US sur le break, pour ensuite profiler au profit d’un instrumental (du moins pour une majorité de la seconde partie de piste). On succède ensuite par un nouveau long morceau, qui impose plutôt une power ballade. Ben Batres use là d’une voix cassante, pas forcément très agréable quand on est dans ce genre de musique calme et un poil redondante.

A bien comparer avec “Barbed Wire Metal“, le groupe utilise le maximum de sa technique, tente une évolution en enrichissant ses morceaux et en les diversifiant autant que possible. Cela a produit des morceaux parfois plus apaisants et sympathiques, sans toutefois davantage retenir notre attention, ou au contraire quelques cas d’extraits foudroyants nous faisant espérer un avenir radieux pour la formation. Malgré des coups formidables, “Elm Street” ne fait pas un carton plein dans ce test grandeur nature qu’est “Knock ‘Em Out… with a Metal Fist“. Le disque dans sa généralité apparaît moins virulent que celui qui l’a précédé, mais échafaude une myriade de voies, se testant aussi bien dans le heavy metal, dans le thrash metal ou même au power metal à infime dose, à des titres courts, à des titres véritablement longs, à l’agressivité ou au contraire au recueillement. Cet opus correspond plus à une simulation qu’à un coup réel. Travail de simulation néanmoins globalement réussi.

14/20

Clip Officiel:
. Face the Reaper
Face the Reaper

 

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