chroniques et interviews metal

6308Atavisma + Baculum @ Poitiers 2017

posted by alonewithl on mars 8th, 2017

Atavisma + Baculum

Atavisma + Baculum @ Poitiers (86) – Le Zinc
(16 Février 2017)
Ouverture à partir de 20:00 heures.

Jeudi 16 Février

L’association 1000 Manières de Pourrir est résiduelle et n’a pas encore gagné beaucoup d’esprit, mais elle a de l’idée. Après avoir organisé quelques shows underground dans ce fameux point de mire à Poitiers, qu’est le Zinc, on signale une affiche qui suinte fort la crasse. Comme à son habitude, les gars ont élaboré une affiche de deux groupes, volontairement dans des styles diversifiées. Il faut bien varier aussi les plaisir. On se retrouve cette fois avec l’insanité et la saleté. En fait, le premier groupe représente l’insanité et celui qui va suivre la saleté. C’est encore là que l’on découvre les joies et les méfaits d’une scène très underground. Et les mecs ne sont pas dans des groupes locaux en plus. Rien de plus honorant pour le public de Poitiers de voir débarquer des groupes extérieurs, qui arrivent des fois de l’autres côté de la France. Disons bonsoir à nos rats de cave.

. BACULUM

Originaire de Bordeaux, le groupe présenté dans un registre très à part, “sludge black”, est particulèrement désappointant, même à l’affiche. Il est difficile d’imaginer la chose. Il y a bien “Glorior Belli” en France en black stoner, mais on s’égare. En fait, s’il fallait l’associer à un groupe français, ce serait sans détour le viral, nihiliste et déjanté “Diapsiquir”. “Baculum” s’approche des valeurs du noise, adossé à un chant à l’emporte pièce bâti d’un gloubi-boulga entre torrent d’injures et discours déconnecté de toute réalité. Le vocaliste déchaîné en renversait d’ailleurs l’intégralité de sa bière de 50 cl. Le sol, en revanche, ne pu goûté à une seule goutte de whisky que le vocaliste s’est enfilé, à l’aide des musiciens, à mi-chemin entre le sérieux et la déconne. ça ne sonnait pas forcément juste, le jeu de basse était presque incessamment à chier, cela dit le petit public ne reculait pas face à ce qui lui semblait être un défit. Même le chanteur s’est étonné que les types soient studieux à l’écoute et ne se cassent pas ailleurs. ll s’en est vivement exprimé sous un flot de jurons. Le concert, il est vrai, était particulier. Tellement dans un rôle de provocateur et non-dispensé d’énergie qu’on ne pourrait forcément le déplorer. Difficile d’affirmer si c’était de la merde, ou s c’était génial. Il y a un côté attirance-révulsion dans ce sublime de crasse, toutefois moins conceptuel et moins élaboré que “Diapsiquir”. La chose peut très bien passer dans l’univers de cave.

. ATAVISMA

On passe du déglingo cradingue assumé à quelque chose d’autrement plus sérieux, mais d’encore plus sale. Les franciliens d’”Atavisma” soignent leur présentation et fignole leur musique, dans le but de se rendre acceptable sur tous supports, pour le live, mais pas seulement, vraisemblablement pour ce qu’ils élaborent en studio. Ils nous offrent un death doom caverneux des profondeurs ultimes. Absyssal, souterrain et très sale dans ses sonorités hantées et rugueuses. Le groupe a pris parti de se débarrasser d’une part de la luminosité (faiblement) existante pour s’en tenir au strict minima, juste de quoi se voir jouer en fait. Cela accentue l’impression de noirceur, comme l’avait fait auparavant au même endroit leurs congénères de “Ruines”. Les guitaristes multipliaient les effets de scène avec leur instrument. Les maintenaient en hauteur, en faisant aussi des mouvements en concorde. Le growler, lui, s’est placé ben en avant, au contact direct de la foule, dégageant moins de dynamisme physique, mais produisant en contrepartie un growl très gras, suintant et dense. “Atavisma” s’est révélé plutôt très intéressant dans sa prestation. Cela est, en revanche, davantage pour sa lourdeur oppressante, pour sa crasse, que pour la stricte apparition scénique, que l’on peut aussi estimé naturellement limité d’une part par le genre musical en question ou même par l’étroitesse de la salle. Ce groupe, encore à ses balbutiements, devrait attirer l’attention de bon nombre d’amateurs de death ou de doom.

Set-List:
1. ? / 2. The Savage One / 3. Where Wolves Once Dwelled / 4. ? / 5. Amid the Ruins / 6. A Subterranean Life

 

 

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