chroniques et interviews metal

6896Ensiferum + Guests @ Limoges 2018

posted by alonewithl on mai 25th, 2018

Ensiferum + Guests

Ensiferum + Ex Deo + Wind Rose @ Limoges (87) – Centre Culturel John Lennon
(20 Avril 2018)
Ouverture à partir de 19:30 heures.

La formation finlandaise “Ensiferum” revenait une autre fois dans le secteur en l’espace de quelques années. Après son passage à La Nef d’Angoulême , c’était au tour du centre culturel John Lennon de Limoges de les accueillir, deux fois, en 2015, puis cette année en 2018. Beaucoup de monde était à les attendre, même si cela m’a paru plus modeste qu’à mes attentes pour ce genre de groupe metal qui bénéficie d’une côte assez grande, surtout chez les jeunes générations. Toute cette vague “folk power” s’estompe doucement, mais surement depuis presque deux-trois années. Certains iront pourtant encore se presser pour être présents à leur séance signatures juste avant le show prévu pour “Ex Deo”. Oui, assez curieusement le public semble ne pas s’attacher beaucoup aux deux autres groupes qui précèdent cette vedette, pourtant “Ex Deo” avait encore privilégié d’un certain prestige il y a peu. Le nouveau venu en première partie aurait même tendance à lui voler l’estime. Ceux qui parlent de ce nouveau venu vante beaucoup ses qualités. Ce sera l’occasion ainsi de revoir “Ensiferum” mais également de jauger la valeur live des deux autres formations présentes ce soir.

. WIND ROSE

Cette formation italienne si vertueuse aux dires de certains spectateurs manquait d’une vraie description musicale pour se faire une idée précise. On peinait à l’évidence à traduire sa musique. Le live offre l’occasion de s’en donner une idée éclairée et on découvre en fait un groupe poussant loin dans l’imitation d’un “Ensiferum” des deux premiers albums, là où on pouvait parler alors de “power extrême”, qui aura permis d’accoucher plus tard de “Wintersun” avec le départ de Jari Mäenpää. L’assemblage proposé par “Wind Rose” emprunte toutefois naturellement quelques formes mélodiques toutes italiennes caractéristiques d’une scène mélo/sympho transalpine déjà bien renommée. Les cuirasses et tenues de peau sont elles bien issues de la scène folk/pagan. On pouvait voir le chanteur se dandiner à gauche à droite de manière pataude dans sa tenue imposante, ce qui semblait être sa marque de fabrique. Ceux qui voulaient entendre du bon folk power ont néanmoins été servis. Ce n’était pour autant pas si transcendant que je l’aurais cru au gré de ce qui a été rapporté. Il s’agit plus à mes yeux d’une perpétuation toute fraîche et sympathique qu’un véritable renouvellement d’un style qui en aurait bien besoin.

. EX DEO

Très étrange accueil pour “Ex Deo”, trop timorée même compte tenu de la formation en présence. En effet, beaucoup connaissent cette formation de death mélodique canadienne basée sur le thème de l’Empire Romain. Aussi parce que les membres en question figurent au sein du groupe phare de death metal “Kataklysm”. Un semblant de décorum antique était posé. On ressentait dès le début une pression épique écrasante. Maurizio Iacono, au chant, se présente bien en avant tel un centurion parée d’une épaisse cuirasse de cuire. L’énorme prestance scénique du chanteur, toute en majesté et en virilité cachait une prestation musicale dans l’ensemble un peu fade, statique, dont on percevait difficilement les articulations, relativisé néanmoins par quelques morceaux réellement transcendants notamment plus issus de leur premier album, “Romulus” entre autres, en cloture, qui n’a cependant pas fait tiquer le public, mais aussi le titre phare du second album, “I, Caligula”. C’est en grande partie regrettable au vue de la sympathie dégagée entre les morceaux, notamment lorsque le chanteur s’adresse, visiblement ravi, dans son langage québécois à la foule. J’avoue là une légère déception qui semble accompagner les critiques sur leur dernier album, qui avait pourtant privilégié d’un concept dont on aurait pu tirer un très grand potentiel. C’est aussi l’idée que je me suis fait de ce concert.

Set-List:
1. The Rise of Hannibal / 2. I, Caligula / 3. Pollice Verso / 4. Intermezzo / 5. Cato Major / 6. Ad Victoriam / 7. The Final War / 8. The Roman / 9. Romulus

. ENSIFERUM

On finit par ce qui devait être le plus léger et mélodieux sur le papier. J’avais déjà croisé “Ensiferum” lors de la tournée “Unsung Heroes”. Il y a eu aussi leur passage remarqué au Motocultor où ils s’étaient présentés sans tenues adaptées et avec le minimum de décorum, suite à une sombre affaire de vol pour une prestation tout juste correcte, assez peu chatoyante. Revenu de premiers souvenirs sympathiques et après quelques changements de line up du côté des claviéristes et deux albums nuancés plus tard, “Ensiferum” revient dans le Centre-Ouest de la France avec une formule sans claviériste et sans accordéoniste. Les membres ont semble t-il maigri et gommé leur embonpoint visible il y a quelques années. Du moins ce regain de vitalité s’est immédiatement ressenti sur scène. ca bougeait plutôt pas mal, surtout chez Sami, le bassiste. De plus la musique en elle même était méconnaissable pour ceux qui étaient habitués à les suivre, tellement on y ressentait un renfort thrashisant qui n’avait jamais figuré au préalable. Cela ne peut pas être seulement du à la celle absence de claviériste ou d’accordéon. Il y avait un vrai renfort d’énergie. Ainsi “One More Magic Potion” paraissait complètement modifié. Exit la similarité à “Finntroll” et le côte bon enfant sur ce morceau, pour une démarche nerveuse et prédatrice. Petri Lindroos, au front, excellait en rapidité et en doigté. On pouvait cette fois admirer son jeu vif et remarquable, car il s’apercevait bien que l’on fixait ses mains aussi à cause de la proximité des spectateurs situés très à proximité. C’est ainsi que l’on aura remarqué un solo manqué brièvement sur “Stone Cold Metal” et sa grimace à ce moment. J’ai été heureux de voir que certains enfin réagissaient et accompagnaient au chant “Victory Song”, même s’il y avait toujours des trends dans le public à réclamer en fin de set cette chanson alors qu’elle venait d’être jouée. En bref, un concert saisissant et déstabilisant des finlandais. Sans nul doute le meilleur qu’ils ont eu à offrir en ma présence, laissant même des perspectives intéressantes et une évolution probable pour la suite alors que le groupe faisant en albums du surplace depuis quelques années. Wait and see!

 

 

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