chroniques et interviews metal
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6351Varg : Götterdämmerung

posted by alonewithl on mai 5th, 2017

Varg : GötterdämmerungCe qui peut sembler prometteur peut s’avérer très vite une déception. Chez la formation “Varg“, les déceptions s’enchaînent malgré des idées ambitieuses. On nous a annoncé un EP à propos du chaperon rouge suite au succès de leur titre “Rotkäppchen” (pourtant issu du bonus de “Wolfskult“, cela s’est révélé sans intérêt malgré les bons efforts d’illustration. L’album “Das Ende aller Lügen” a paru lui emboîter le pas dans un contenu vide d’imagination et de réflexion. Puis vient le tour de “Götterdämmerung“, un EP 4 titres. On se dit alors naïvement, que “Varg” a compris la leçon et s’attaque cette fois à du sérieux. Surtout que le titre évoque un opéra de Richard Wagner composé en 3 actes et dont l’histoire se base sur l’Anneau de Nibelung. Même la pochette plus “classique” le laisse à penser. En fait rien de tout ça. Est juste promptement évoqué quelques divinités nordiques au milieu de quelques banalités propres à un black metal sans grande âme et sans grande profondeur. Plus fatale et dramatique que le crépuscule des dieux, la lente agonie des mortels se voulant dominer les enfers.

Varg” se lance ici dans un black death mélodique, purgé de sa petite part metalcore. Comme nous le percevons dès le morceau éponyme. Bien rentre dedans après une entame errante et intimidante, apportant même quelques touches heavy metal par endroits. Seulement, le tout est conduit par un chant haché et un jeu un poil répétitif. On trouve un break mélancolique et complètement moribond comme pause alternative, mais ça manque malgré tout d’épaisseur et de rebond. Ce n’est pas non plus la transcendance quand on y ajoute de la narration et une ambiance grandiloquente cuivrée sur “Knochenpfad”. La partie purement metal fait office de paraphrase des précédents titres obtenant un faible contenu répétitif parfois composé de riffs syncopés. Ces riffs syncopés, ils forgent une partie du morceau “Hel”. Morceau passant d’un black death très timoré à quelques brèves pointes de virulence. Ce qui donne du souffle et une articulation à la musique. Mais on le retiendra aussi un peu court et confus. On monte d’un cran l’agressivité sur “Beissreflex”. Du moins dans son ambiance. Le riffing réagit par à coups, et les instruments laissent une plus grande part au chant. Les passages stressants sont appréciables, mais on se contentera plus difficilement de sa fin mollassonne.

Varg” semble être en train d’opérer un changement musical. On perçoit chez eux une volonté de se ranger derrière les canons du black death à tendance pagan, quitte à édulcorer leur musique. Ils ont sans doute eux aussi pris en compte les moindres performances de ces derniers temps, mais le résultat n’est pas à la hauteur des attentes. On s’en tient ici à un mini sans grande saveur et avec des titres courts n’allant pas plus loin que la banalité. Ce n’est pas catastrophique, mais il n’y a pour ainsi dire aucune ambition, aucun relief. Pas de quoi pavoiser ou s’afficher en tête, au devant des grosses formations. “Varg” parait de plus en plus en difficulté, et les idées intéressantes qui auraient pu les propulser en avant sont rapidement gâchées. Si ce “Götterdämmerung” avait repris un soupçon du génie de Wagner au lieu de s’égarer dans des histoires qui n’en sont pas, le groupe aurait sorti grandi. Encore un coup pour rien.

12/20

No Comments | Categorized: Black Pagan

6344Blackened Corvus : Nevermore

posted by alonewithl on avril 23rd, 2017

Blackened Corvus : NevermoreEn recherchant des informations à propos des groupes musicaux, il arrive fréquemment de relever la phrase “musiciens d’univers musicaux bien différents” à propos des membres de la formation. On y passe quasiment à chaque fois. Il est en fait assez rare de trouver une bande ayant des passions communes. D’ordinaire, un ou deux membre(s) lancent le truc et cherchent des musiciens pas trop mauvais dans les environs qui veuillent faire un peu de route avec eux, voire pourquoi pas d’intégrer le combo. On ne se fie pas trop alors aux influences de chacun, au mieux il arrivera qu’elles complètent la formule. Fondé en 2012, “Blackened Corvus” est un groupe basé à Vendôme, mais dont les cinq membres sont issus des quatre coins de la région Centre. Et comme vous l’aurez compris, issus d’horizons musicaux différents. Tellement différents semble t-il que cela a pour conséquence de restituer communément une musique originale, quelque peu inclassable, souvent et très étonnement comparé à “Apocalyptica“, mais à tort. On reconnait là ceux dont le simple apport du violon perturbe au point de le confondre avec un groupe qui ne joue en grande partie qu’en instrumental et qu’avec des violoncelles. “Blackened Corvus” compose un premier titre fin 2012, réalise un EP éponyme autoproduit en début d’année 2014, puis s’attaque à un premier album intitulé “Nevermore” paraissant en fin 2016. Une chose est sûre c’est dans son originalité justement que l’on en tire ses points forts et ses faiblesses.

J’avoue une certaine déception d’entrée sur “Road Rage”, à entendre des crissements mêlés à un heavy metal dans un registre “moderne”, héritant même d’un très léger soupçon thrashisant dans ses riffs. Le rythme haché contraste avec l’habilité du violon, qui se révèle aussi particulièrement fluet. Le chant principal en revanche laisse de marbre, semblant quelque peu en difficulté pour restituer un anglais fluide. “Behind the Mirror” produit des riffs plus étriqués et rugueux encore, par à coups et saccades, avec l’idée intéressante de rendre la chose stressante et alarmiste, se mariant mieux avec un chant scandé. Même si le morceau s’avère un peu redondant, on apprécie toutefois la souplesse du refrain. La rudesse et le stress sont également de mise à travers le morceau “War Machine”, mettant bien en évidence la batterie et des riffs saccadés pour restituer un penchant industriel et mécanique. Cette brusque mise sous tension offre cependant peu d’alternances dans le rythme et dans sa musique.

“Upon Your Mind” oppose lui aussi une grande raideur, un soupçon de démence. Le refrain sert néanmoins de refuge idyllique et plus agrémenté, par la douceur de ses chants et aussi une certaine grandiloquence palpable en fond sonore. Cette pression et ces riffs raides, qui représentent le gros de la musique de “Blackened Corvus“, en plus des incursions mélodieuses de violon. On en trouve encore une parfaite illustration avec le palpitant “Alone in the Dark”. A prime abord, lourd et plombé, mais se distinguant par une articulation complexe par la suite, et même dans une tournure qui pourrait nous paraître progressive. L’entame quelque peu funky de “Selfish” s’avère aussi interloquente. S’en suit un heavy rudement bien charpenté, éloquent, malheureusement mal agencé avec les coupures de couplets qui cassent de manière trop tranchée le rythme. On est dans le mi-figue, m-raisin malgré des compositions innovantes et diversifiées.

Dans cette diversité heureuse on retiendra le morceau “Payback”, très nonchalant, par à coups et mélangeant curieusement anglais et allemand. ll faut avouer que le chanteur s’en tire beaucoup mieux avec la langue de Goethe. On notera quelques incursions à la Hansi Kürsch (“Blind Guardian“) dans le chant principal, notamment à travers le titre “This Place”, aussi saisissant par ses prises orientalistes. La formation révèle d’autres influences marquantes sur “Surrounded by Death”, celle d’un “Iron Maiden” post-”Virtual XI“et celle d’un “Metallica” période “Load“, entremêlés. Plus souple et relaxant encore, “Blackened Corvus” se lance dans des airs médiévaux à l’aide d’instruments traditionnels sur “Magical Rebirth”. Du moins plus le temps de l’entame. Le groupe apporte par la suite son heavy rugueux et de la pesanteur dans le son et dans l’ambiance. Pour trouver une piste purement apaisante, il faut s’arrêter sur “Time” à la mélancolie tempérée et à la musique éthérée où on note la présence d’un violon plus grave.

Nevermore” est un premier album varié, à cheval entre tradition et modernité, exploitant un heavy metal encaissé aux sonorités modernes, mais qui s’agrémente de passages de violon. L’ensemble est riche, et bien chanceux est celui qui arrive à cataloguer le combo “Blackened Corvus“. Cette originalité artistique offre des possibilités positives et d’autres négatives. Cela se traduit par une vraie personnalité, une vraie réflexion dans le cheminement musical, mais qui serait encore à peaufiner. Le chant notamment, ne prend pas toutes ses aises, à quelques références près. Les compositions bien qu’agrémentées et fluctuantes, donnent quelques aperçus maladroits. Les riffs rudes et encaissés à l’allemande permettent d’illustrer la puissance, mais sont souvent sujets à la redondance musicale. Malgré, ces quelques réserves que l’on dénote souvent à propos des premiers ouvrages, l’album donne globalement une impression positive. Il sera très intéressant de suivre l’évolution de ce groupe encore en ébullition, de voir notamment si c’est son penchant heavy metal thrashisant ou son folk metal à peine dissimulé qui triompheront, ou s’ils parviendront à concilier deux forces qui se tiraillent.

13/20

No Comments | Categorized: Heavy Metal

6342Sekhmet + Endbroken @ Poitiers 2017

posted by alonewithl on avril 2nd, 2017

sekhmet à poitiers

Sekhmet + Endbroken @ Poitiers (86) – Le Zinc
(31 Mars 2017)
Ouverture à partir de 20:30 heures.

Vendredi 31 Mars

Je fréquente désormais très souvent le bar du Zinc pour les petites festivités musicales qui y sont organisées. Néanmoins, c’est pas très souvent que l’on y programme du heavy metal. Le genre est pourtant bien représenté dans le secteur poitevin, mais les concerts se font de moins en moins fréquents dans ce style sur Poitiers même. Il faut souvent compter pour cela sur ce qui est organisé par l’intermédiaire d’Anthems Of Steel, souvent à Bressuire pour servir le heavy metal à foison. Là, chose un peu surprenante c’est Go Music qui prend l’initiative, plus habitué à programmer du hardcore, du stoner ou quelques trucs plus alambiqués. Ce sont deux groupes qui vont jouer dans le caveau, tout d’abord un local, et un du Havre, autrement dit des confins de la France. Ce dernier en tête d’affiche devait d’ailleurs reprendre la route le soir même pour revenir chez lui. Les artistes se déplacent de loin pour vous.

. ENDBROKEN

“Enbroken” s’annonce comme une formaton locale de heavy thrash, et pour autant je n’en avais jamais entendu parler avant. Normal, il s’agit d’un combo fraîchement né sur Poitiers, pas pour autant fondé par des lycéens d’ailleurs. On reconnait une figure du Metal Club appartenant à la radio des Choucas de Chauvigny, notamment présente à l’organisation des soirées metal du Festi’ On Air. Là il emmène au chant un groupe hétéroclite entre membres jeunes et plus âgés. Musicalement, on s’en tient à un heavy metal thrashisant, aux riffs bruts et rêches. Donc pas forcément très enclin à plaire aux fans de heavy mélodique. Heureusement, tout ceci est compensé par un chant viril et très investi qu’on jurerait proche de celui de Chuck Billy de “Testament”. Les parties rigoureusement saccadées trouve une petite échappée intéressante sur “My Funeral”, consacré à un proche décédé. Ce titre montre quelques arrangements passant du recueillement à des passages furieux. Au final, “Endbroken” s’en sort pas trop mal pour un groupe arrivé à son troisième concert, surtout que quelques membres du public se sont bien échauffés.

Set-List:
1. Crazy Toxic Baby / 2. Planet Entity / 3. Vegan Messiah / 4. Angel of Light / 5. My Funeral / 6. Breaking Point / 7. Cannibal Holy Ghost

. SEKHMET

Au tour de la tête d’affiche originaire du Havre devant un public numériquement inchangé. Je revois les photos que j’avais prise d’eux lors de leur passage il y a près de trois à l’édition 2014 du MFest près de Tours. Le groupe avait pas mal percuté les esprits à l’époque et ça balançait un heavy speed très convaincant. Le chanteur avait aussi plus de tiffs. Enfin, ils paraissent plus jeunes, prêts à tout croquer. Là, il y a eu du changement, mais ne semblent pas avoir perdu de leur superbe. Deux nouveaux EPs ont été édités depuis et la ligne musicale a observé semble t-il un léger détour. “Sekhmet” s’emploie davantage à un heavy metal plus contemporain, sans pour autant renier le heavy speed des débuts et leurs lignes mélodiques. On sentait l’expérience, la faculté technique et l’entrain qui va avec. Le tout pouvait paraître trop court. C’est vrai qu’avec eux on ne sent pas le temps passer. Le public a été entraîné comme un seul corps, réagissant aux différents refrains et aux interventions régulières mais pas redondantes du chanteur. Le combo devrait prochainement sortir un album. Il ne fait pas de doute, qu’ils auront une carrière enrichissante et qu’ils feront moins de salles comme le Zinc à l’avenir.

No Comments | Categorized: Live Report