Arcana : Inner Pale Sun

Ξ February 16th, 2008 | → 0 Comments | ∇ Chroniques de Noircissiste13, Divers |

Inner Pale Sun“Le pâle soleil de l’intérieur”.Un nom énigmatique, profond, tel “Dark Age of Reason” ou “Lizabeth“…qui amène à la réflexion, à l’évasion en nous-mêmes.Voici donc un nouvel magnifique opus de plus pour Arcana.Sorti en 2002, c’est avec cet album que j’ai connu nos excellents suédois et depuis, je reste toujours un trés grand fan de ce qu’ils font.Leur musique profonde, tantôt cémétériale (avec “The Last Embrace“) ou philosophique (avec “Dark Age of Reason” ou “Cantar De Procella“) voire médiévale (”Lizabeth” et “Isabel“) est un véritable délice à entendre encore et encore.Ici, nous sommes au confluent du dark folk à la October Falls et de la darkwave à la Autumn Tears…tout un programme.Explorons l’album.

Un bruit de cello s’élève, tel l’aube sur une mer d’argent.Il est rejoint par un violon sublime: c’est un nouvelle ère qui débute.Des instruments médiévaux et un choeur trés typique se dressent alors dans cette symphonie grandiose (c’est bien le seul mot qui conviendrait!) qui se prolonge alors que nous voguons sur les océans, on ne sait où, vers les cieux, les étoiles…quelle parfaite entrée que “My Cold Sea”.Une fois que dans un dernier élan les instruments s’arrêtent, la tonalité change.

Lovelorn” (”en manque d’amour” ou “amour perdu”) nous prend; avec ses notes de piano aigues sur un fond de violon, l’atmosphère se fait inquiétante et lourde.Le violoncelle arrive, rejoint par la voix masculine religieuse, et l’on comprend que l’on assiste ici au désespoir d’une âme en peine…où la passion s’est écroulée, où toute raison de vivre s’est éteinte.Le soleil luit encore,mais pour combien de temps?

“Icons”, qui suit, pourrait représenter la folie de l’adoration.Une cithare solitaire introduit le morceau, dont les bruits résonnent, les choeurs prennent le relais et laissent alors une véritable réflexion s’engager:Devais-je aimer?Pourquoi?Les instruments médiévaux s’allient parfaitement aux sons de cloche lointains pour exprimer toute la fatalité du désir.

“We rise above” change à nouveau cette atmosphère si unique, des notes de piano vives mais longues expriment tout le titre: l’élévation spirituelle…au-dessus des amours inachevés et perdus.La voix masculine intervient de même manière que dans les deux précédentes; toujours aussi excellente.

“Innocent Child” est une de mes préférées chez Arcana: le cello est discret, le piano presque absent, et pourtant des images sépia d’un enfant heureux, qui jouait seul, défilent devant nos yeux.Le souvenir, doux et blessant de l’être perdu, revient alors en nous, tel une plaie éternelle de notre esprit.

“Song of the Dead Sun” annonce alors la fin: la souffrance lasse de l’être a soufflé sur la flamme de sa vie…son soleil.En effet, ce n’est pas ici des peintures spirituelles banales que nous peint Arcana…mais bien l’esprit:toute son immensité calme (”My Cold Sea”), les brulûres de la passion (”Lovelorn“), la folie teintée de rêves (”Icons”), l’innateignable élévation (”We rise above”)et le souvenir perdu (”Innocent Child”).Le divin violon de cette avant-dernière piste est extrêmement sombre, et nous replonge dans une atmosphère plus noire que Lovelorn…à la Elend presque.

Le piano de “Closure” termine le mieux du monde l’opus arcanique, allié au choeur (qui chante mieux que jamais), il nous laisse rêver une dernière fois.

Les paroles sont donc vraiment bonnes, il n’y a rien à dire.Et cette pochette (un plaisir comme toujours) qui nous présente cette forêt où une lumière luit faiblement au loin…je pense que vous aurez tous compris comment l’interpréter.

Excellent album donc qu’”Inner Pale Sun“, en effet Arcana signe encore ici une véritable réussite pour le plus grand plaisir de tous.Espérons que les suivants seront tout aussi bons!

 

October Falls : Marras

Ξ February 15th, 2008 | → 0 Comments | ∇ Chroniques de Noircissiste13, Dark metal |

MarrasUne brise légère dans les arbres, un frêle battements d’ailes, le bruit d’un ruisseau discret serpentant entre les bouleaux, les voix des esprits d’une forêt profonde…tout ceci serait une des manières de décrire les sentiments que l’on ressents à l’écoute de ce “Marras” de October Falls.Projet de dark solo de Mikko Lehto, October Falls nous présente ici une promenade solennelle dans la profondeur des forêts.

Malgré tout, “Marras” ne ressemble en aucun point à “Hilvern” de Artesia pas plus qu’à un “Mirror of Nature” de Narsilion.Point d’atmosphère enchanteresse ou mystique…non, ici nous avons des notes de piano solitaires, du violon, du cello, qui s’allient ensemble aux voix des esprits et aux bruits si insolites des forêts (pluie, bruits d’oiseau, craquements des feuilles) pour nous transporter au beau milieu de l’automne, dans un bois auquel le compositeur tient beaucoup.Décomposée en dix parties (on pourrait presque leur trouver un nom), cette pieuse balade est vraiment bien réalisée.On pourrait juste reprocher l’absence d’une voix masculine bien distincte (juste quelques mélopées de fond) mais ce serait vraiment tout.Je recommande cela aux amateurs de dark ambiant en général qui souhaitent plonger un peu plus dans les projets solos spécialisés dans l’instrumental.

En faisant démarrer le disque, il n’y a plus qu’à plonger dans ce magnifique sépia qui sert de jaquette à l’opus et l’on se retrouvera bien loin…au coeur de l’automne des forêts lointaines.

 

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