April 30th, 2006

Chaostar : ChaostarChaostar est un projet mené par Chris Antoniou, ainsi que deux autres de ses comparses de septic flesh. Ici, il n’est pas question de métal (mis à part un petit passage de basse dans An Electric Storm Of Thougts), mais d’une musique atmosphérique expérimentale comme on en entend peu.

Chaostar est un album de type narratif. Il reprend en fait le principe d’une musique de film, variant constamment en fonction des situations que les chants développent tout au long des huit titres du CD. Les paroles mises bout à bout créent une petite nouvelle de science fiction très sympathique, mise en scène avec brio par le talent musical de Christos Antoniou.

La première écoute laisse perplexe. Elle en dégoûtera même la plupart, tant la musique se fait imprévisible, refuse d’accepter le carcan d’une composition liénaire, et surprend à chaque détour. Beaucoup s’arrêteront là, mais pour tous ceux qui ont un tant soit peu d’intérêt pour la musique ambiante ou expérimentale, il faut réécouter. Pas une fois, mais deux, voire trois, le temps de comprendre la structure des morceaux, et de pouvoir apprécier la folie musicale qui émanent de ce space-opera au sens littéral du terme. Personnellement, j’ai failli jeter au loin à la première écoute, la deuxième m’a laissé perplexe, la troisième à commencé à me plaire, et à partir de la quatrième, le disque n’a plus quitté ma platine de la semaine.

Le premier morceau commençe fort, prenant le pari risqué de mélanger des vocaux gutturaux à des choeurs clairs divins, allant parfois jusqu’à superposer trois pistes de chant en même temps. A la fois déstabilisant et d’une grande beauté. Vient ensuite An Electric Storm Of Thoughts, qui elle s’avère être l’un des titres les plus délirants de l’album. Parcourue d’un bout à l’autre par des hurlements chuchotés (sic!), accompagnés par un jeu de basse anorexique et une sorte de sifflement suraigu, le tout couvert par une voix grave des plus particulières, le morceau à commencé pour moi par être le plus inaudible de l’album, avant de devenir mon préféré. En effet, il s’en dégage une sorte d’alchimie malsaine des plus horrifiantes, ce qui en fait l’un des titres les plus noirs que j’aie entendu depuis un bon bout de temps. Et c’est BON!

Suit ensuite No Gravity, le plus beau morceau de l’album, moins fou que le reste, pratiquement le seul abordable dès la première écoute. S’enchaîne avec The Field Of Ante Cun, qui commence lui aussi assez calme, avant de dégénérer peu à peu, pour débarquer sur la seconde claque musicale de l’album, The Accident In Ambere. La folie reprend, et pas qu’un peu, puisque la première minute de la chanson est peuplée uniquement de sons de cuivres et de violons-violoncelles secs et brefs qui se superposent, se dépassent, se chevauchent les uns les autres dans un capharnaüm organisé dantesque, bientôt rejoint par un chant qui sonne très opéra (je vous rassure, pas de vocalises stupides façon diva à deux balles, juste des choeurs et des solis de chants savamment mesurés). Le deuxième titre le plus déroutant, qui dans sa structure rappelle déjà un peu le type de musique mis en place sur The Scarlet Queen, quelques années plus tard.

Nouveau changement complet dès le titre suivant, Time Was Running Out, qui de temps autres laisse la place à un chant clair masculin assez étonnant dans un album peuplé jusqu’alors de choeurs, de murmures et de chants gutturaux. Une fois le contraste absorbé, on remarque là aussi que le titre est d’une grande qualité (raaah, ils sont tous bons en fait…). Enfin, l’album se clôt sur une dernière expérience bizarre, avec The First meeting, qui semble anormalement calme pendant près de quatre minutes, avant de nous asséner un passage bien plus énervé, qui mélange à nouveau choeurs et une voix grave un peu aigre, le tout sur un rythme complètement fou qui détonne incroyablement avec le début de la chanson.

Plus j’écris, plus je me rends compte que décrire la musique de Chaostar est extrèmement difficile. Lorsque vous avez fini cette chronique, vous devez penser que cet album est un bordel sans nom. Eh bien non, malgré sa construction à priori chaotique, l’ensemble est savamment construit et réfléchi, et possède une cohérence étonnante, qui fait que quelques réécoutes permettent d’en saisir toute la portée. Sans cette structure, nous aurions un un mélange sans queue ni tête d’expérimentations, et à la place nous nous retrouvons avec un petit chef d’oeuvre de musique décalée. A avoir entendu pour tout fan de musique ambiante ou décalée.

April 25th, 2006

Hantaoma : MalombraHantaoma est le projet métal des membres de stille folk, développé à l’occasion d’une année sabbatique dudit groupe. En effet, les musiciens avaient envie de refaire du métal, et c’est réussi.

Malombra reprend donc les éléments qui ont fait le succès (relatif) de Stille folk, et y rajoutent des grattes, une batterie, et des chants death et gutturaux, voir un peu black par moments. Le résultat est une musique saturée (les riffs de guitare sont bien gros, emplissent tout l’espace sonore, se succèdent à toute vitesse, la batterie elle aussi n’est pas en reste) peuplée d’instruments traditionnels (bombardes, binious…). Le grand succès de cet album est d’avoir réussi à ne pas noyer les instruments traditionnels dans le son gras des guitares, tout en ne s’appuyant pas de trop sur eux. On a donc à faire à une bon métal bien corsé, peuplé de sonorités ancestrales savamment distillées. Le chant en occitan, oscillant entre voix graves et death et chant clairs, ajoute au ton un peu décalé de l’album un aspect un peu surréaliste assez agréable.

Bon, si vous n’avez pas envie de faire la fête où d’écouter de la musique joyeuse, fuyez cet album comme la peste, parce que c’est tout sauf triste, et ce dû à l’aspect un peu fête de village des compos, pas désagréable mais un peu déroutant pour un amateur de métal dépréssif.

Par contre, le gros défaut de l’album est d’être parfois un peu trop lourd dans ses références aux maîtres, si je peux dire. En effet, rien à faire, on sent que Maiden est passé par là, et que le groupe à un peu de mal à se défaire de leur influence lorsqu’il compose ses parties de grattes. Bon, ça reste un maiden qui a bouffé des amphés , mais c’est un peu dérangeant à la longue. C’est le seul vrai défaut de l’album, après, on aime ou on déteste selon ses goûts. Pour moi, c’est de la bonne musique, agréable à écouter une fois de temps en temps, quand on a l’esprit à ça. titre à écouter absolument: vent follet.

April 25th, 2006

Ihsahn : The AdversaryDécidément, le sieur Ihsahn est un ultra productif. Après avoir abandonné Emperor en 2001 (sniiif…) il se concentre sur le projet qu’il développait avec Ihriel, Peccatum, un groupe de musique expérimentale très bizarre dont les premiers albums furent à mon sens une catastrophe, avant de sortir le chef d’oeuvre qu’est lost in reverie. Aujourd’hui, Ihsahn et Ihriel ont arrêté Peccatum, elle pour se consacrer (apparemment) à son projet solo star of ash (sur lequel Ihsahn fait des apparitions, étonnant…) et lui pour développer le sien propre.

Nous voilà donc avec la nouvelle galette tout droit sorti de l’esprit de l’ex leader d’Emperor. Définir le style de l’album relève du suicide, puisqu’Ihsahn s’est amusé à réexplorer les différents styles qu’il a parcourus dans sa vie de musicien. On peut donc trouver ici du heavy (surtout sensible dans les guitares et dans le chant clair très présent tout au long de l’album), du black (évidemment au niveau du chant grave typique d’Ihsahn, et dans certains passages de gratte. Les parties black sont surtout dans la veine de ce qu’ihsahn avait commençé avec le prometheus d’Emperor, en plus accessible au néophite toutefois, et nettement moins violentes que dans Emperor), du symphonique (les claviers sont présents mais discrets, disséminés intelligement tout le long de l’album, aidant surtout à supporter la guitare et à lui donner une meilleure ampleur, le dernier titre reposant lui entièrement sur les synthés) et de l’expérimental. le tout, mélangé, donnant un album très progressif, genre qui est le seul qu’on peut appliquer sans risque à l’album tout entier.

De ce mélange, il naît un album très particulier, indéfinissable, qui ne ressemble pas à grand chose tout en ressemblant à tout. Automatiquement, le tout n’est pas aisé à suivre à la première écoute, et il est nécessaire de relançer plusieurs fois le disque pour bien saisir tous les éléments de cet album. Mais cela vaut la peine de le faire. Du fait de cette structure un peu chaotique, tous les titres ne se valent pas (chacun trouvera certainement un ou deux titres qu’il n’aimera pas beaucoup, pour moi, c’est called by the fire, trop heavy à mon goût), mais le niveau de l’ensemble est indéniablement élevé, ce qui montre qu’Ihsahn n’a décidément rien perdu de son art.

Les textes, eux, sont un condensé des désillusions d’Ihsahn sur la race humaine, désabusés, noirs et désespérés. Peu de rage dans cet opus, surtout l’impression qu’il est trop tard pour se mettre en colère, et qu’il n’y a plus qu’à déplorer. L’album se clôt d’ailleurs sur un The Pain is still mine, assez révélateur de l’esprit dans lequel Ihsahn à écrit ses textes.

Les titres les plus marquants sont à mon sens Will you love me now et citizen, deux très bonnes pistes qui méritent qu’on achète l’album rien que pour elles, à mon humble avis.

April 25th, 2006

Ihsahn : The AdversaryDécidément, le sieur Ihsahn est un ultra productif. Après avoir abandonné Emperor en 2001 (sniiif…) il se concentre sur le projet qu’il développait avec Ihriel, Peccatum, un groupe de musique expérimentale très bizarre dont les premiers albums furent à mon sens une catastrophe, avant de sortir le chef d’oeuvre qu’est lost in reverie. Aujourd’hui, Ihsahn et Ihriel ont arrêté Peccatum, elle pour se consacrer (apparemment) à son projet solo star of ash (sur lequel Ihsahn fait des apparitions, étonnant…) et lui pour développer le sien propre.

Nous voilà donc avec la nouvelle galette tout droit sorti de l’esprit de l’ex leader d’Emperor. Définir le style de l’album relève du suicide, puisqu’Ihsahn s’est amusé à réexplorer les différents styles qu’il a parcourus dans sa vie de musicien. On peut donc trouver ici du heavy (surtout sensible dans les guitares et dans le chant clair très présent tout au long de l’album), du black (évidemment au niveau du chant grave typique d’Ihsahn, et dans certains passages de gratte. Les parties black sont surtout dans la veine de ce qu’ihsahn avait commençé avec le prometheus d’Emperor, en plus accessible au néophite toutefois, et nettement moins violentes que dans Emperor), du symphonique (les claviers sont présents mais discrets, disséminés intelligement tout le long de l’album, aidant surtout à supporter la guitare et à lui donner une meilleure ampleur, le dernier titre reposant lui entièrement sur les synthés) et de l’expérimental. le tout, mélangé, donnant un album très progressif, genre qui est le seul qu’on peut appliquer sans risque à l’album tout entier.

De ce mélange, il naît un album très particulier, indéfinissable, qui ne ressemble pas à grand chose tout en ressemblant à tout. Automatiquement, le tout n’est pas aisé à suivre à la première écoute, et il est nécessaire de relançer plusieurs fois le disque pour bien saisir tous les éléments de cet album. Mais cela vaut la peine de le faire. Du fait de cette structure un peu chaotique, tous les titres ne se valent pas (chacun trouvera certainement un ou deux titres qu’il n’aimera pas beaucoup, pour moi, c’est called by the fire, trop heavy à mon goût), mais le niveau de l’ensemble est indéniablement élevé, ce qui montre qu’Ihsahn n’a décidément rien perdu de son art.

Les textes, eux, sont un condensé des désillusions d’Ihsahn sur la race humaine, désabusés, noirs et désespérés. Peu de rage dans cet opus, surtout l’impression qu’il est trop tard pour se mettre en colère, et qu’il n’y a plus qu’à déplorer. L’album se clôt d’ailleurs sur un The Pain is still mine, assez révélateur de l’esprit dans lequel Ihsahn à écrit ses textes.

Les titres les plus marquants sont à mon sens Will you love me now et citizen, deux très bonnes pistes qui méritent qu’on achète l’album rien que pour elles, à mon humble avis.

April 25th, 2006

Ihsahn : The AdversaryDécidément, le sieur Ihsahn est un ultra productif. Après avoir abandonné Emperor en 2001 (sniiif…) il se concentre sur le projet qu’il développait avec Ihriel, Peccatum, un groupe de musique expérimentale très bizarre dont les premiers albums furent à mon sens une catastrophe, avant de sortir le chef d’oeuvre qu’est lost in reverie. Aujourd’hui, Ihsahn et Ihriel ont arrêté Peccatum, elle pour se consacrer (apparemment) à son projet solo star of ash (sur lequel Ihsahn fait des apparitions, étonnant…) et lui pour développer le sien propre.

Nous voilà donc avec la nouvelle galette tout droit sorti de l’esprit de l’ex leader d’Emperor. Définir le style de l’album relève du suicide, puisqu’Ihsahn s’est amusé à réexplorer les différents styles qu’il a parcourus dans sa vie de musicien. On peut donc trouver ici du heavy (surtout sensible dans les guitares et dans le chant clair très présent tout au long de l’album), du black (évidemment au niveau du chant grave typique d’Ihsahn, et dans certains passages de gratte. Les parties black sont surtout dans la veine de ce qu’ihsahn avait commençé avec le prometheus d’Emperor, en plus accessible au néophite toutefois, et nettement moins violentes que dans Emperor), du symphonique (les claviers sont présents mais discrets, disséminés intelligement tout le long de l’album, aidant surtout à supporter la guitare et à lui donner une meilleure ampleur, le dernier titre reposant lui entièrement sur les synthés) et de l’expérimental. le tout, mélangé, donnant un album très progressif, genre qui est le seul qu’on peut appliquer sans risque à l’album tout entier.

De ce mélange, il naît un album très particulier, indéfinissable, qui ne ressemble pas à grand chose tout en ressemblant à tout. Automatiquement, le tout n’est pas aisé à suivre à la première écoute, et il est nécessaire de relançer plusieurs fois le disque pour bien saisir tous les éléments de cet album. Mais cela vaut la peine de le faire. Du fait de cette structure un peu chaotique, tous les titres ne se valent pas (chacun trouvera certainement un ou deux titres qu’il n’aimera pas beaucoup, pour moi, c’est called by the fire, trop heavy à mon goût), mais le niveau de l’ensemble est indéniablement élevé, ce qui montre qu’Ihsahn n’a décidément rien perdu de son art.

Les textes, eux, sont un condensé des désillusions d’Ihsahn sur la race humaine, désabusés, noirs et désespérés. Peu de rage dans cet opus, surtout l’impression qu’il est trop tard pour se mettre en colère, et qu’il n’y a plus qu’à déplorer. L’album se clôt d’ailleurs sur un The Pain is still mine, assez révélateur de l’esprit dans lequel Ihsahn à écrit ses textes.

Les titres les plus marquants sont à mon sens Will you love me now et citizen, deux très bonnes pistes qui méritent qu’on achète l’album rien que pour elles, à mon humble avis.

April 20th, 2006

Elend : The UmbersunThe Umbersun est la clôture du premier cycle d’Elend, qui nous livre au travers des albums Leçons de Ténèbres, Les Ténèbres du Dehors et celui ci, une version revisitée de l’Officium Tenebrarum (qui décrit, non plus les ténèbres illuminées par la pureté de la religion et la renaissance du christ, mais la descente aux enfers de Lucifer, soit le chemin inverse des cantiques originaux).

Peuplée de choeurs liturgiques (les choeurs féminins évoquant les choeurs angéliques, la voix mâle hurlée avec des tendances black ramenant à Lucifer, et les chuchotements masculins aux démons observateurs), la musqiue d’Elend s’est montrée au fil des albums de ce premier cycle incroyablement sombre et dérangeante, mais aussi et surtout bourrée de talents. En temps que grand amateur de black symphonique, j’ai adoré ce cycle complexe et savamment agencé.

The Umbersun est, des trois albums, certainement le moins abordable. C’est en effet la première vraie coopération du groupe avec un orchestre symphonique, alors que jusqu’ici, seuls les violons n’étaient pas issus de synthétiseurs. Et cela se sent: le groupe a pu donner libre cours à leur art de la mise en scène musicale, créant des titres un peu plus travaillés que sur les albums précédents, plus complexes, et donc moins faciles à appréhender. l’écoute de ce CD demande, plus que les précédents, plusieurs écoutes pour en prendre toute la portée.

Le premier titre commençe déjà très fort en donnant peut-être ce qu’Elend a fait de plus noir sur toute sa discographie. Servi par des violons surdoués, un jeu de cuivres savant et appuyé, des choeurs féminins angéliques contrastant avec la voix écorchée d’une présence incroyable, maîtrisée comme jamais auparavant, évitant les petites bourdes qu’on trouvait par ci par là dans les opus précédents (la voix un peu ratée d’Eden, par exemple). Ce titre est d’une intensité rare, et double largement les pourtant déjà très bons ethereal journey et luciferian révolution, justement grâce à cette profondeur de jeu supplémentaire qui fait toute la différence.

Melpomene contraste de beaucoup avec le titre précédent puisque, et ce pour le reste de l’album, la voix écorchée disparait complètement. Le choix est assez déconcertant au premier abord, au vu du nombre de titres sur lesquels elle apparaissait jusque là, mais prolonge la volonté évoquée avec Weeping Nights de limiter les vocaux agressifs. Ici, seuls les chuchotements font la mélodie, à peine soutenus par quelques orchestrations des plus discrètes. Pourtant, le titre se montre progressif, grâce à deux montées en puissance qui viennent secouer l’auditeur au cours de l’écoute. Le contraste est assez dur à appréhender au premier abord, mais s’avère très bien géré.

Le troisième titre oublie même les poussées de Melpomene, pour se faire entièrement calme. La pression retombe peu à peu. Puis, c’est l’explosion, de nouveau, avec le monstrueux Apocalypse qui montre parfaitement qu’Elend n’a pas besoin de la voix black pour faire des compos d’une puissance indéniable. Le chevauchement des hurlements féminins et des chuchotements masculins sur fond de violons et de cuivre se montre presque plus violent encore que le premier titre.

L’album se calme un peu avec Umbra, avant de repartir de plus belle avec The Umbersun, qui s’il ne démontre pas la même violence que du tréfonds des ténèbres et aplocalyspe, est lui aussi peuplé d’une noirceur impressionante, soutenue par les hurlements étouffés des damnés et les choeurs fantomatiques. Puis, enfin, l’album se calme définitivement avec le troisième mouvement.

Vous l’aurez compris, l’album est dur à écouter de par sa structure savante et ses multiples facettes, mais une fois ce stade dépassé, on se retrouve avec un chef d’oeuvre indéniable, qui clôt le cycle avec brio, surpassant à mes yeux ses deux prédécesseurs. Un CD qu’il faut absolument avoir entendu pour tout fan de métal symphonique ou de black qui n’est pas contre une expérience hors grattes.

April 20th, 2006

Elend : The UmbersunThe Umbersun est la clôture du premier cycle d’Elend, qui nous livre au travers des albums Leçons de Ténèbres, Les Ténèbres du Dehors et celui ci, une version revisitée de l’Officium Tenebrarum (qui décrit, non plus les ténèbres illuminées par la pureté de la religion et la renaissance du christ, mais la descente aux enfers de Lucifer, soit le chemin inverse des cantiques originaux).

Peuplée de choeurs liturgiques (les choeurs féminins évoquant les choeurs angéliques, la voix mâle hurlée avec des tendances black ramenant à Lucifer, et les chuchotements masculins aux démons observateurs), la musqiue d’Elend s’est montrée au fil des albums de ce premier cycle incroyablement sombre et dérangeante, mais aussi et surtout bourrée de talents. En temps que grand amateur de black symphonique, j’ai adoré ce cycle complexe et savamment agencé.

The Umbersun est, des trois albums, certainement le moins abordable. C’est en effet la première vraie coopération du groupe avec un orchestre symphonique, alors que jusqu’ici, seuls les violons n’étaient pas issus de synthétiseurs. Et cela se sent: le groupe a pu donner libre cours à leur art de la mise en scène musicale, créant des titres un peu plus travaillés que sur les albums précédents, plus complexes, et donc moins faciles à appréhender. l’écoute de ce CD demande, plus que les précédents, plusieurs écoutes pour en prendre toute la portée.

Le premier titre commençe déjà très fort en donnant peut-être ce qu’Elend a fait de plus noir sur toute sa discographie. Servi par des violons surdoués, un jeu de cuivres savant et appuyé, des choeurs féminins angéliques contrastant avec la voix écorchée d’une présence incroyable, maîtrisée comme jamais auparavant, évitant les petites bourdes qu’on trouvait par ci par là dans les opus précédents (la voix un peu ratée d’Eden, par exemple). Ce titre est d’une intensité rare, et double largement les pourtant déjà très bons ethereal journey et luciferian révolution, justement grâce à cette profondeur de jeu supplémentaire qui fait toute la différence.

Melpomene contraste de beaucoup avec le titre précédent puisque, et ce pour le reste de l’album, la voix écorchée disparait complètement. Le choix est assez déconcertant au premier abord, au vu du nombre de titres sur lesquels elle apparaissait jusque là, mais prolonge la volonté évoquée avec Weeping Nights de limiter les vocaux agressifs. Ici, seuls les chuchotements font la mélodie, à peine soutenus par quelques orchestrations des plus discrètes. Pourtant, le titre se montre progressif, grâce à deux montées en puissance qui viennent secouer l’auditeur au cours de l’écoute. Le contraste est assez dur à appréhender au premier abord, mais s’avère très bien géré.

Le troisième titre oublie même les poussées de Melpomene, pour se faire entièrement calme. La pression retombe peu à peu. Puis, c’est l’explosion, de nouveau, avec le monstrueux Apocalypse qui montre parfaitement qu’Elend n’a pas besoin de la voix black pour faire des compos d’une puissance indéniable. Le chevauchement des hurlements féminins et des chuchotements masculins sur fond de violons et de cuivre se montre presque plus violent encore que le premier titre.

L’album se calme un peu avec Umbra, avant de repartir de plus belle avec The Umbersun, qui s’il ne démontre pas la même violence que du tréfonds des ténèbres et aplocalyspe, est lui aussi peuplé d’une noirceur impressionante, soutenue par les hurlements étouffés des damnés et les choeurs fantomatiques. Puis, enfin, l’album se calme définitivement avec le troisième mouvement.

Vous l’aurez compris, l’album est dur à écouter de par sa structure savante et ses multiples facettes, mais une fois ce stade dépassé, on se retrouve avec un chef d’oeuvre indéniable, qui clôt le cycle avec brio, surpassant à mes yeux ses deux prédécesseurs. Un CD qu’il faut absolument avoir entendu pour tout fan de métal symphonique ou de black qui n’est pas contre une expérience hors grattes.