June 29th, 2007

Twilight Ophera : The End of Halcyon AgeLe black symphonique a en ce moment une nette tendance à tourner en rond. Il faut dire que dès qu’on parle de plans épiques et symphoniques, se plagier les uns les autres est presque une fatalité pour les musiciens qui n’auraient pas une solide formation classique avant de se lancer dans l’aventure. Les principales trouvailles consommées, on nous les ressert au fur et à mesure.

Bon, vous l’aurez compris à mon introduction, ce disque n’a pas grand-chose d’original. Sa musique n’apporte rien qui soit constructif, rien qui se démarque franchement, rien que d’autres ne pourront à leur tour plagier après. L’ensemble peut rappeler un vieux Dimmu Borgir qui loucherait légèrement vers le heavy. Utilisation de sonorités proches du clavecin, d’envolées épiques violons/cuivres, bref, du déjà vu, du déjà vu.

Alors? Ca ne vaut rien, donc? Pas si sûr. Parce que si Twilight Ophera reprend des plans déjà vus, revus et usés, ils le font avec talent. S’ils avaient pondu un opus de cet acabit quelques années plus tôt, ils auraient très bien pu rivaliser avec les grands noms du genre en tête de gondole. C’est bien parce que ça sent le réchauffé que cela n’arrivera pas; mais à part cela, on est en face de compos efficaces, musicalement plaisantes, et qui recèlent quelques traits de génie somme toute assez jouissifs.

Le disque a un très bon son, se rapprochant des vieilles prod symphoniques tout en restant propre (ça n’est pas paradoxal, croyez-le ou non, c’est sans doute le jeu des grattes qui y est pour beaucoup, il bave un peu et apporte la touche de noirceur qui compense la production un peu clean pour ce genre de musique). Les instruments sont tous assez classiques, mais on notera cette touche heavy dans les guitares qui permet tout de même de se détacher un peu des poncifs du genre, et empêche clairement l’auditeur de tomber dans l’ennui. La présence de solos mélodiques et plutôt bien foutus achève de relever le niveau. On note aussi quelques chants clairs rares mais tout de même plutôt originaux (c’est pas du clone de Vortex, donc tout va bien). Les vocaux black sont eux aussi classiques mais restent efficaces.

Aucune chanson ne sort vraiment du lot, mais aucune n’est mauvaise non plus. Le disque est très homogène sans trop se répéter, et ça, c’est un très bon point.

Pour conclure, je dirai cela: c’est dommage que ce disque soit sorti en 2003. S’il avait pu faire concurrence à un Enthrone Darkness Triumphant ou aux Cradle of Filth pas trop trop catastrophiques (soit jusqu’à Cruelty and the Beast), nul doute qu’il serait resté dans l’histoire du black symphonique. S’il ne deviendra jamais culte, The End of Halcyon Age reste un disque agréable. Un peu d’originalité ne lui aurait pas porté préjudice, tout de même. A écouter de temps en temps pour les amateurs du genre.

June 26th, 2007

Negur? Bunget : O.MQue dit-on lorsque l’on tombe pour la première fois devant ce disque? Un nOM de groupe qui fleure bon les pays de l’est(en l’occurrence, le roumain archaïque, vous connaissez beaucoup de groupes qui utilisent le roumain archaïque?). Un artwork étrange et mystérieux, presque aussi abstrait que son nom: OM. L’auditeur pressent peut-être un peu ce qu’il va y trouver, mais sans aucune certitude.

Que cela cache-t-il? Du true bien hargneux ou du black folk? Eh bien… La musique de Negura Bunget est assez indéfinissable mais ce très beau magma sonore pourrait être appelé black pagan atmosphérique aux ambiances folkloriques sombres et aériennes discrètes, supportée par des claviers éthérés et quelques rares orchestrations (Trompe et clochettes sur Primul OM ou percussions bizarres genre xylophone en os ou que sais-je ainsi qu’une flûte sur Cunoas Terea Tacuta) moins métal. Le chant black domine sur tout l’album, mais negura Bunget se permet quelques envolées de chant clair masculin, avec un mélange de chant rêveur et de hurlements furieux et graves sans être frénétiques.

Les guitares jouent sur deux tableaux, un son gras et magmatique principalement, mais absolument pas brouillon, qui sert de corps à une grande partie des compos, mais aussi beaucoup plus clair, sachant se faire parfaitement audible. on retrouve ainsi des lignes de guitares assez psychédéliques qui viennent égayer de temps à autres les compositions de leur son clair et rêveur. ce qui m’amène forcément à une chose: encenser, vénérer la production de ce disque. Le son est tout simplement énorme, monstrueux, titanesque, gigantesque, j’en passe et des meilleurs, rendant au mieux les instrus atmosphérique (claviers et autres petits ajouts folk) et les guitares légères par un son d’une clarté absolue et envoûtante, tout en sachant graisser franchement lorsque l’occasion se présente (on notera d’ailleurs que le groupe n’hésite pas à mélanger les deux sons avec succès, se permettant entre autres d’accompagner une guitare craspec par de la basse conservant presque systématiquement son son clean sans se retrouver noyée dans la déferlante sonore). Quand à la batterie, elle est true et garde ce son résonnant si typique que la qualité de la production aurait très bien pu éviter mais que le génie des musiciens a eu la fameuse idée de conserver, et se marie très bien avec l’ensemble.

Alors voilà. Avoir un son énorme et de bons musiciens ne sert à rien si on ne sait pas composer quelque chose de correct. Est-ce le cas de Negura Bunget? Non. Non, non, non, mille fois non, le talent de ces gars là est on ne peut plus clair. L’emballage n’est pas seulement beau, il est aussi bien rempli. On se retrouve face à des morceaux ambiants/remuants complexes, aux structures recherchées et finement travaillées, trouvant comment imbriquer les passages atmosphériques, les instrus folk et le clavier dans avec leurs éléments black alternant furie et tempos plus posés. Le résultat se trouve être une des meilleures choses que j’ai pu entendre dans le genre. Si pas la meilleure tout court. Très certainement, en fait, d’ailleurs.

Cet album est une grosse claque, qui vaut absolument le détour. Un voyage de 57 minutes qui oublie d’être ennuyeux et nous en met plein les oreilles. On notera quelques titres particulièrement excellents, comme l’orchestrale percussionniste Norilor, et le kilométrique et terrassant Terasul de Lumini (sans mauvais jeu de mot).

Fascinant et exemplaire.

June 26th, 2007

Negura Bunget : OMQue dit-on lorsque l’on tOMbe pour la première fois devant ce disque? Un nOM de groupe qui fleure bon les pays de l’est(en l’occurence, le roumain archaïque, vous connaissez beaucoup de groupes qui utilisent le roumain archaïque?). Un artwork étrange et mystérieux, presque aussi abstrait que son nOM: OM. L’auditeur pressent peut-être un peu ce qu’il va y trouver, mais sans aucune certitude.

Que cela cache-t-il? Du true bien hargneux ou du black folk? Eh bien… La musique de Negura Bunget est assez indéfinissable mais ce très beau magma sonore pourrait être appelé black pagan atmosphérique aux ambiances folkloriques sOMbres et aériennes discrètes, supportée par des claviers éthérés et quelques rares orchestrations (TrOMpe et clochettes sur Primul OM ou percussions bizarres genre xylophone en os ou que sais-je ainsi qu’une flûte sur Cunoas Terea Tacuta) moins métal. Le chant black dOMine sur tout l’album, mais negura Bunget se permet quelques envolées de chant clair masculin, avec un mélange de chant rêveur et de hurlements furieux et graves sans être frénétiques.

Les guitares jouent sur deux tableaux, un son gras et magmatique principalement, mais absolument pas brouillon, qui sert de corps à une grande partie des cOMpos, mais aussi beaucoup plus clair, sachant se faire parfaitement audible. on retrouve ainsi des lignes de guitares assez psychédéliques qui viennent égayer de temps à autres les cOMpositions de leur son clair et rêveur. ce qui m’amène forcément à une chose: encenser, vénérer la production de ce disque. Le son est tout simplement énorme, monstrueux, titanesque, gigantesque, j’en passe et des meilleurs, rendant au mieux les instrus atmosphérique (claviers et autres petits ajouts folk) et les guitares légères par un son d’une clareté absolue et envoûtante, tout en sachant graisser franchement lorsque l’occasion se présente (on notera d’ailleurs que le groupe n’hésite pas à mélanger les deux sons avec succès, se permettant entre autres d’accOMpagner une guitare craspec par de la basse conservant presque systématiquement son son clean sans se retrouver noyée dans la déferlante sonore). Quand à la batterie, elle est true et garde ce son résonnant si typique que la qualité de la production aurait très bien pu éviter mais que le génie des musiciens a eu la fameuse idée de conserver, et se marie très bien avec l’ensemble.

Alors voilà. Avoir un son énorme et de bons musiciens ne sert à rien si on ne sait pas cOMposer quelque chose de correct. Est-ce le cas de Negura Bunget? Non. Non, non, non, mille fois non, le talent de ces gars là est on ne peut plus clair. L’emballage n’est pas seulement beau, il est aussi bien rempli. On se retrouve face à des morceaux ambiants/remuants cOMplexes, aux structutres recherchées et finement travaillées, trouvant cOMment imbriquer les passages atmoshpériques, les instrus folk et le clavier dans avec leurs éléments black alternant furie et tempos plus posés. Le résultat se trouve être une des meilleures choses que j’ai pu entendre dans le genre. Si pas la meilleure tout court. Très certainement, en fait, d’ailleurs.

Cet album est une grosse claque, qui vaut absolument le détour. Un voyage de 57 minutes qui oublie d’être ennuyeux et nous en met plein les oreilles. On notera quelques titres particulièrement excellents, cOMme l’orchestrale percussioniste Norilor, et le kilOMétrique et terrassant Terasul de Lumini (sans mauvais jeu de mot).

Fascinant et exemplaire.

June 26th, 2007

Negura Bunget : OMQue dit-on lorsque l’on tOMbe pour la première fois devant ce disque? Un nOM de groupe qui fleure bon les pays de l’est(en l’occurence, le roumain archaïque, vous connaissez beaucoup de groupes qui utilisent le roumain archaïque?). Un artwork étrange et mystérieux, presque aussi abstrait que son nOM: OM. L’auditeur pressent peut-être un peu ce qu’il va y trouver, mais sans aucune certitude.

Que cela cache-t-il? Du true bien hargneux ou du black folk? Eh bien… La musique de Negura Bunget est assez indéfinissable mais ce très beau magma sonore pourrait être appelé black pagan atmosphérique aux ambiances folkloriques sOMbres et aériennes discrètes, supportée par des claviers éthérés et quelques rares orchestrations (TrOMpe et clochettes sur Primul OM ou percussions bizarres genre xylophone en os ou que sais-je ainsi qu’une flûte sur Cunoas Terea Tacuta) moins métal. Le chant black dOMine sur tout l’album, mais negura Bunget se permet quelques envolées de chant clair masculin, avec un mélange de chant rêveur et de hurlements furieux et graves sans être frénétiques.

Les guitares jouent sur deux tableaux, un son gras et magmatique principalement, mais absolument pas brouillon, qui sert de corps à une grande partie des cOMpos, mais aussi beaucoup plus clair, sachant se faire parfaitement audible. on retrouve ainsi des lignes de guitares assez psychédéliques qui viennent égayer de temps à autres les cOMpositions de leur son clair et rêveur. ce qui m’amène forcément à une chose: encenser, vénérer la production de ce disque. Le son est tout simplement énorme, monstrueux, titanesque, gigantesque, j’en passe et des meilleurs, rendant au mieux les instrus atmosphérique (claviers et autres petits ajouts folk) et les guitares légères par un son d’une clareté absolue et envoûtante, tout en sachant graisser franchement lorsque l’occasion se présente (on notera d’ailleurs que le groupe n’hésite pas à mélanger les deux sons avec succès, se permettant entre autres d’accOMpagner une guitare craspec par de la basse conservant presque systématiquement son son clean sans se retrouver noyée dans la déferlante sonore). Quand à la batterie, elle est true et garde ce son résonnant si typique que la qualité de la production aurait très bien pu éviter mais que le génie des musiciens a eu la fameuse idée de conserver, et se marie très bien avec l’ensemble.

Alors voilà. Avoir un son énorme et de bons musiciens ne sert à rien si on ne sait pas cOMposer quelque chose de correct. Est-ce le cas de Negura Bunget? Non. Non, non, non, mille fois non, le talent de ces gars là est on ne peut plus clair. L’emballage n’est pas seulement beau, il est aussi bien rempli. On se retrouve face à des morceaux ambiants/remuants cOMplexes, aux structutres recherchées et finement travaillées, trouvant cOMment imbriquer les passages atmoshpériques, les instrus folk et le clavier dans avec leurs éléments black alternant furie et tempos plus posés. Le résultat se trouve être une des meilleures choses que j’ai pu entendre dans le genre. Si pas la meilleure tout court. Très certainement, en fait, d’ailleurs.

Cet album est une grosse claque, qui vaut absolument le détour. Un voyage de 57 minutes qui oublie d’être ennuyeux et nous en met plein les oreilles. On notera quelques titres particulièrement excellents, cOMme l’orchestrale percussioniste Norilor, et le kilOMétrique et terrassant Terasul de Lumini (sans mauvais jeu de mot).

Fascinant et exemplaire.

June 24th, 2007

Terragon (FRA) : Chapitre 1La scène black française se porte bien. C’est l’une des plus productives et des plus recherchées en ce moment, que l’on parle de Spektr, de Blut Aus Nord, de Deathspell Omega ou de groupes plus classiques comme Mütiilation. Ou, en creusant un peu, de groupes (enfin, c’est plutôt un one man band) beaucoup moins connus comme Terragon.

Le groupe se place dans un genre indéniablement black, teinté de tempos et de voix plus doom. La première chose qui frappe dans ce disque, c’est l’écrasante omniprésence des synthétiseurs, répandus en nappes ambiantes vaguement symphoniques (mais on ne qualifiera pas ainsi le résultat final, cependant, puisque c’est avant tout l’atmosphère qui est recherchée et pas la puissance du symphonique). L’utilisation qui en est faite est assez proche de ce que Lunar Aurora avait fait sur le génial Zycklus, avec un résultat très différent cependant, la production mettant bien plus en avant ces parties ambiantes que Zycklus, qui préférait noyer ses sons planants dans un mur de guitares crasse. Mais l’esprit de composition de ces parties est tout de même proche dans les deux groupes, bien que le résultat soit plus propre et plus posé. Peut-être moins directement chargé d’émotion, aussi.

A vrai dire, il n’y a pas que la mise en avant des claviers qui surprend dans la production. Les guitares sont sourdes, rythmiques, grasses, discrètes, et ne couvrent pas tout le disque, loin de là, contrairement à ce qu’on pourrait attendre d’un disque de black classique. Elles laissent souvent les claviers s’xprimer seuls. Quand à la batterie, eh bien elle aussi est très en avant, accompagnant de temps en temps les claviers sans l’apport des guitares. Son jeu n’a rien de monstrueusement technique, lent et posé, sans blasts, laissant la double pédale travailler tout son soul pendant que toms et cymbales résonnent pesamment, régulièrement, d’une manière espacée. Prestation simple qui se trouve être à mes yeux l’un des principaux tours de force de ce disque: parfaitement adaptée au tempo et à l’ambiance, la batterie sait tirer le meilleur de ses parties pourtant dénuées de moment de bravoure.

Les morceaux sont de longueur très variables, allant de deux minutes trente à dix-huit minutes bien trempées, profitant de ses titres longs pour frôler la limite du progressif (du moins, aussi progressif que peut l’être un balck atmosphérique lent). Ainsi, l’âme noire utilise un rythme central récurrent et répétitif (ceci n’est pas une critique), mais se permet trois breaks aux claviers seuls, différents l’un de l’autre, une partie plus frénétique (pratiquement la seule de l’album), un passage peuplée de sonorités d’orgue, un des rares sons clairs de grattes de tout le disque, pour dix-huit minutes pas ennuyantes pour un sou. on retiendra du disque tout particulièrement ce titre et le très bon Christ Impuni.

Tous les textes sont en français et l’initiative est louable. l’intérgation de la langue de Molière n’est pas un problème, elle est bien faite. le petit problème, c’est que les textes en questions ne sont pas particulièrement évolués.Bon, bien sûr, je n’attendais pas du Deathspell Omega, mais tout de même, on aurait gagné à avoir des paroles moins primaires. C’est un peu dommage.

Puisqu’on est dans les reproches, citons nos amies les guitares. Bon, c’est loin d’être mauvais, ça rentre bien dans l’esprit du disque, mais quelques passages à la gratte plus clairs (tiens, sur l’Âme Noire et Crhist Impuni, justement) montrent qu’une plus forte présence de ces sonorités un peu rêveuses et nostalgiques auraient pu faire une alternance salutaire avec les claviers pour l’atmosphère mystico/planante de ce disque. Parce qu’à force, on se lasse un peu desdits claviers, même si Manylaethurius sait en tirer des sons variés. Leur omniprésence continuelle finit par lasser, et c’est un peu dommage. On salue donc avec beaucoup de plaisir ces incursions de guitares ou ces sonorités industrielles qui surgissent dans le tout dernier titres et viennent plus franchement changer la donne.

Donc, ce chapitre I est une galette d’ambiance réussie mais qui n’atteint pas la perfection. Disposant de matériaux sonores des plus intéressants et variés, la focalisation sur les claviers finit par nuir un peu au disque bien que ce soit la marque de fabrique indispensable de Terragon. Et le léger manque de consistances au niveau paroles déçoit légèrement (bon, j’avoue être tout de suite plus exigeant envers un groupe qui utilise le français, Terragon n’est pas plus mauvais que nombre d’autres formations chantant en anglais, mais on était en droit d’espérer plus avant pour un groupe qui fait déjà la démarche de s’intéresser à notre belle langue). Reste un disque très agréable à écouter, et qui pourra régulièrement “égayer” vos soirées de ses sonorités planantes si vous appréciez le black atmosphérique.

June 24th, 2007

Terragon : Chapitre 1La scène black française se porte bien. C’est l’une des plus productives et des plus recherchées en ce moment, que l’on parle de Spektr, de Blut Aus Nord, de Deathspell Omega ou de groupes plus classiques comme Mütiilation. Ou, en creusant un peu, de groupes (enfin, c’est plutôt un one man band) beaucoup moins connus comme Terragon.

Le groupe se place dans un genre indéniablement black, teinté de tempos et de voix plus doom. La première chose qui frappe dans ce disque, c’est l’écrasante omniprésence des synthétiseurs, répandus en nappes ambiantes vaguement symphoniques (mais on ne qualifiera pas ainsi le résultat final, cependant, puisque c’est avant tout l’atmosphère qui est recherchée et pas la puissance du symphonique). L’utilisation qui en est faite est assez proche de ce que Lunar Aurora avait fait sur le génial Zycklus, avec un résultat très différent cependant, la production mettant bien plus en avant ces parties ambiantes que Zycklus, qui préférait noyer ses sons planants dans un mur de guitares crasse. Mais l’esprit de composition de ces parties est tout de même proche dans les deux groupes, bien que le résultat soit plus propre et plus posé. Peut-être moins directement chargé d’émotion, aussi.

A vrai dire, il n’y a pas que la mise en avant des claviers qui surprend dans la production. Les guitares sont sourdes, rythmiques, grasses, discrètes, et ne couvrent pas tout le disque, loin de là, contrairement à ce qu’on pourrait attendre d’un disque de black classique. Elles laissent souvent les claviers s’xprimer seuls. Quand à la batterie, eh bien elle aussi est très en avant, accompagnant de temps en temps les claviers sans l’apport des guitares. Son jeu n’a rien de monstrueusement technique, lent et posé, sans blasts, laissant la double pédale travailler tout son soul pendant que toms et cymbales résonnent pesamment, régulièrement, d’une manière espacée. Prestation simple qui se trouve être à mes yeux l’un des principaux tours de force de ce disque: parfaitement adaptée au tempo et à l’ambiance, la batterie sait tirer le meilleur de ses parties pourtant dénuées de moment de bravoure.

Les morceaux sont de longueur très variables, allant de deux minutes trente à dix-huit minutes bien trempées, profitant de ses titres longs pour frôler la limite du progressif (du moins, aussi progressif que peut l’être un balck atmosphérique lent). Ainsi, l’âme noire utilise un rythme central récurrent et répétitif (ceci n’est pas une critique), mais se permet trois breaks aux claviers seuls, différents l’un de l’autre, une partie plus frénétique (pratiquement la seule de l’album), un passage peuplée de sonorités d’orgue, un des rares sons clairs de grattes de tout le disque, pour dix-huit minutes pas ennuyantes pour un sou. on retiendra du disque tout particulièrement ce titre et le très bon Christ Impuni.

Tous les textes sont en français et l’initiative est louable. l’intérgation de la langue de Molière n’est pas un problème, elle est bien faite. le petit problème, c’est que les textes en questions ne sont pas particulièrement évolués.Bon, bien sûr, je n’attendais pas du Deathspell Omega, mais tout de même, on aurait gagné à avoir des paroles moins primaires. C’est un peu dommage.

Puisqu’on est dans les reproches, citons nos amies les guitares. Bon, c’est loin d’être mauvais, ça rentre bien dans l’esprit du disque, mais quelques passages à la gratte plus clairs (tiens, sur l’Âme Noire et Crhist Impuni, justement) montrent qu’une plus forte présence de ces sonorités un peu rêveuses et nostalgiques auraient pu faire une alternance salutaire avec les claviers pour l’atmosphère mystico/planante de ce disque. Parce qu’à force, on se lasse un peu desdits claviers, même si Manylaethurius sait en tirer des sons variés. Leur omniprésence continuelle finit par lasser, et c’est un peu dommage. On salue donc avec beaucoup de plaisir ces incursions de guitares ou ces sonorités industrielles qui surgissent dans le tout dernier titres et viennent plus franchement changer la donne.

Donc, ce chapitre I est une galette d’ambiance réussie mais qui n’atteint pas la perfection. Disposant de matériaux sonores des plus intéressants et variés, la focalisation sur les claviers finit par nuir un peu au disque bien que ce soit la marque de fabrique indispensable de Terragon. Et le léger manque de consistances au niveau paroles déçoit légèrement (bon, j’avoue être tout de suite plus exigeant envers un groupe qui utilise le français, Terragon n’est pas plus mauvais que nombre d’autres formations chantant en anglais, mais on était en droit d’espérer plus avant pour un groupe qui fait déjà la démarche de s’intéresser à notre belle langue). Reste un disque très agréable à écouter, et qui pourra régulièrement “égayer” vos soirées de ses sonorités planantes si vous appréciez le black atmosphérique.

June 12th, 2007

Ephel Duath : The Painter's PaletteVoilà ce qu’on appelle un virage musical à 800°. Je sais, cela donne un peu le tournis de faire plus de deux fois le tour de soi-même, mais à vrai dire, c’est exactement ce qu’on ressent lorsqu’on entend ce disque et que l’on sait qu’initialement, Ephel Duath était un groupe de black symphonique. Assez expérimental, certes (les italiens semblent plutôt forts à ce petit jeu là, puisqu’ils comptent aussi dans leurs rangs un certain Eneth, groupe étrange malheureusement trop peu connu et trop peu distribué), mais tout de même, il y a de quoi être surpris.

Qu’en un an seulement, une formation passe d’un black symphonique à un hardcore jazz complètement barré, ça laisse baba. Ceci s’explique bien sûr par le démembrement presque complet de la formation initiale, qui laisse le guitariste du groupe seul aux commandes, et libre de partir en vrille comme il l’entend.

Alors imaginez… Un hardcore très progressif, chargé de crises régulières, et de passages beaucoup plus calmes, planants, piqué de crises saxophoniques dissonantes jazzy, d’influences jazzy un peu partout (écoutez donc un peu la batterie pour voir, c’est monstrueux de technique et de rapidité, de justesse, tout en ne se rapprochant pratiquement jamais d’une batterie métal classique). Un chant clair aérien et mélancolique doublant un chant hardcore très typé, parvenant à se faire presque doux (par rapport à un chant habituel du genre s’entend, cela reste des vocaux hurlés, tout de même), plus lisse et mélodique sans perdre aucunement sa puissance… Voilà ce à quoi on a affaire, une monstruosité hybride fascinante. Une petite merveille imprévue et imprévisible. Un chaos sonore aux structures rappelant fortement des improvisations de free jazz, parcouru de lignes mélodiques conductrices. Un chaos organisé, millimétré sans en avoir l’air. Bref, un monument.

Décrire les mouvements de ce disque se révèle très difficile, et je ne me risquerai pas à la tâche. On notera tout de même des titres particulièrement excellents: Praha, orchestrale se trouvant être le morceau le plus jazz et le moins chaotique des morceaux, une petite perle belle et nostalgique, Ruins avec sa batterie purement hallucinante de vitesse, ses breaks multiples et ses mélanges osés de chant clair et hurlé, et Ironical Communion, sans doute le morceau le plus compliqué de l’album, 7 minutes de délire complet.

Alors, oui, cet album est fameux. Mais évidemment, il faut aimer le style. c’est le genre d’OVNI qui ne peut pas laisser indifférent. Soit on adore, soit on ne supporte pas. Je ne vous cacherai pas que pour beaucoup de monde, ce sera la deuxième option. Avant de se jeter sur l’album, il faut déjà écouter The Passage (le clip est très sympa d’ailleurs). C’est un morceau très représentatif du contenu sans être trop dur d’accès, si vous l’appréciez vous pouvez acheter. Sinon, évitez, vous n’en sortirez pas indemne.

Pour finir, une petite mention spéciale au batteur et au bassiste, qui sont tous deux particulièrement excellents.

June 12th, 2007

Hacride : AmoebaOui, je suis éclectique, pour ceux qui n’auraient pas remarqué. Voici venir Hacride, probable nouveau fleuron de la scène death française.

Bon, sérieusement, qu’est-ce qu’il y a là-dedans? Du death moderne si j’ose dire, teinté de hardcore et somme toute assez progressif. Le groupe a bouffé du Gojira au déjeuner, et du Messhugah au dessert (voir le début de Vision Of Hate qui, s’il n’est pas un copié-collé du groupe sus-cité, sent bon les riffs des suédois). Ca s’entend, bien évidemment, mais les petits d’Hacride fait aussi preuve d’une originalité bien à eux. Quelques incursions accoustiques, des envolées de chant mi-claires un peu planantes, une alternance de rythmes syncopés et d’autres plus liés, et surtout une belle volonté progressive dans l’album.

Parce que les morceaux ne se ressemblent pas, et cela pourrait être l’un des principaux atouts du disque. Après des débuts très syncopés, et trois premières chansons qui font penser que l’album part vers une continuité peut-être lassante à la longue, le groupe nous livre Zambra, un morceau étrange et complètement en décalage avec les précédents, en réalité une reprise du groupe Ojos de Brujo, ce qui montre clairement que le groupe n’est pas limité à ses mentors et s’ouvre avec plaisir à d’autres perspectives musicales. L’objet est étonnant et franchement réussi. Suit Liquid, qui s’avère être une petite orchestrale ambiante, qui à nouveau surprend l’auditeur par une ligne mélodique acoustique à la recherche d’une expression élémentaire (l’eau, pour ceux qui n’auraient pas compris), étonnante de justesse (pour un peu on imaginerait bien une flying whale sur cette mélodie, comme quoi Gojira est toujours dans le coin… Bon, pardon, c’était pathétique, je sais, je sais, la porte est derrière, je sors, je sors). Quand à Cycle, c’est un retour aux premiers titres… Mais seulement en apparence. Le morceau se veut plus progressif (d’ailleurs, Opeth s’est sans doute un peu glissé dans leurs influences), pioche plus allègrement dans l’ambiant, et se construit avec pas mal de science le long de ses sept minutes.

Quant à Deprived of Soul, c’est un peu un titre multiple, qui repioche dans tous les courants des titres précédents et en fait une synthèse judicieuse.

Le reste de l’album oscille constamment entre passages ambiants et gros métal, pour finalement s’achever sur un riff presque sériel et entêtant, sur la fin d’On the Threshold Of Death.

Bon. Vous l’aurez compris, le contenu de ce disque est bon. Pas basique pour un sou, sous influences mais pas emprisonné par elles, Hacride montre un sacré potentiel. Mais. Oui, forcément, il y a un mais, sinon j’aurais mis plus de 15. C’est que si chaque titre est très bon pris à part… Eh bien, à force de rechercher l’originalité, Hacride s’est un peu emmêlé les pinceaux sur la construction de l’album. Son organisation se révèle parfois un peu maladroite, et les titres ne s’enchainent pas franchement bien entre eux. Je prendrai pour cela l’exemple le plus flagrant, j’ai nommé Zambra. Le morceau en lui-même, je l’ai déjà dit, est excellent. Seulement voilà, avec tous les autres morceaux du disque, il fait un peu tache, dénote, jure, bref, il n’est pas dans l’ambiance générale, même s’il s’en approche. Le concept en lui-même aurait mérité d’être développé sur un disque entier, je pense, mais ici, cela fait un peu pensée embryonnaire, morceau qui nuit à la cohésion de l’ensemble malgré son intérêt certain. C’est la le principal problème d’Amoeba: au final, il manque de cohésion.

Si cela parvient à être gommé sur leurs prochains albums, je pense sincèrement qu’on aura affaire à quelques petits chefs-d’oeuvre. En attendant, on a un cd plaisant et intéressant même s’il n’est pas transcendant. A suivre.