July 18th, 2007

Occultus (FRA) : ErichthôChroniquer une démo de vingt minutes n’a rien d’évident, surtout quand le disque en question ne se distingue ni par son incommensurable génie ni par sa nullité abyssale. OCCULTUS nous livre sa toute première démo avec cet Erichtô. Difficile de dire si le groupe à de l’avenir ou va finir le nez dans le caniveau. Je vais faire court. OCCULTUS nous sert trois morceaux pas particulièrement compliqués même s’ils sont relativement longs, avec un style simple, dans un registre déjà visité et revisité. J’aurais bien du mal à m’attarder franchement sur cet objet.

Rien d’original dans ce petit disque. La production n’est pas trop dégueulasse, la batterie est bien mise en avant et d’ailleurs le batteur n’est pas un pied car sans être un monstre de technique il assure son rôle avec une belle aisance, les guitares font mur avec des rythmiques répétitives teintées de quelques relents thrash, pas désagréables. La basse est totalement inaudible sur le premier morceau, apparaît par brefs remugles sur le deuxième et s’entend enfin franchement dans le troisième, mais n’est pas particulièrement remarquable, se contentant de suivre la rythmique du morceau (allez comprendre, pourtant les autres instruments semblent avoir la même production sur tous les morceaux, à croire qu’ils avaient simplement oublié de mixer la basse avec les autres instruments dans le premier morceaux. Enfin bref, c’est comme qui dirait un peu amateur de faire varier la qualité de son d’un instrument comme ça, mais c’est une démo, j’arrête de chipoter). Le chanteur s’écorche le gosier de manière on ne peut plus classique, pas mauvaise mais manquant franchement de personnalité. Sur vingt minutes, on a un morceau franchement pas passionnant (Pile of Skull), et deux autres un peu meilleurs.

Pour dire ce que vaudra la formation, il faudra visiblement patienter jusqu’au full lenght, pour voir s’ils tiennent la route sur au moins 40 minutes d’écoute à la suite. Anecdotique pour le moment.

July 18th, 2007

Skaldic Curse : PathogenSkaldic Curse, je me doute que ce nom ne vous dit rien. On ne peut pas dire que ce groupe issu de la lointaine Albion dispose d’une diffusion large et d’un service de presse démesurée. Premier long du groupe, voici venu Pathogen. La question est: leur faible notoriété est elle méritée? Pas si sûr.

Disons le tout net, Skaldic Curse ne fait pas dans le black bien léché. Le son est crade, les guitares bavent crassement, la batterie résonne sourdement et sonne un peu casserole. bref, un son true. On notera tout de même la relative légèreté des guitares malpropres, qui n’engloutissent pas toute la production et laissent à la basse la possibilité d’être écoutée pour peu qu’on tende un peu l’oreille. Pas qu’elle crève d’originalité, mais ça fait tout de même plaisir, certains de ses plans étant tout de même fort intéressants (je pense notamment aux quelques envolées que le bassiste se permet quand les guitares stagnent sur un riff unique comme au milieu de Again, the Knives). Bref, un son true comme il le faut, mais finalement étonnament audible, craspec mais pas forcément d’une obscurité abyssale.

Parlons compos. Disons le tout net, ça sent le true à plein nez. La batterie blaste régulièrement, et s’occupe de ses symbales lors des passages calmes, selon un schéma classique. Les guitares alternent entre frénésie et lenteur pesante, entre un son limite mur de bruit, et des nuances plus découpées lorsque le tempo ralentit. La basse par contre n’est pas true, mais c’est juste parce qu’elle est audible. Skaldic Curse se place entre deux tendances, n’étant ni complètement survolté, ni totalement lent et gras à la filosofem (oui, bon, je cite souvent cet album que je n’aime d’ailleurs qu’à la moitié, mais je crois que c’est un des plus représentatifs du genre, alors…). Et finalement, en grattant un peu, on remarque que derrière cette première impression, on n’a finalement pas affaire à des compositions simplistes. Déjà, l’alternance régulière des deux rythmes pouvait mettre la puce à l’oreille. En y regardant bien, on trouve des constructions originales. Comme cette première minute de Carrionfields ou encore ce riff maladif (un peu à la Blut Aus Nord) qui déchire la fin de Slaughter The useless. Ou l’introduction de Onset Of Decay. En faisant vraiment attention, on remarque que les mélodies de l’album sont plus travaillées que l’on croit, que ces changements incessants de riffs ne sont pas si simples que ça.

Alors voilà. Ce Pathogen cache bien son jeu. La couverture true est parfaite, au premier abord, à la première écoute un peu distraite. C’est sale (à priori), c’est un style direct et vomitif (au premier abord). Et puis, chaque écoute mène à réviser son jugement, qu’on ait pris son pied ou non avec la première écoute (j’étais pour ma part partagé). On se rend compte que tous les éléments de ce disque ont deux visages, que ce soit la production, la construction… Et qu’on se retrouve finalement face à un disque qui pourrait bien être marqué de l’étiquette paradoxale de true black expérimental. De quoi venir jouer dans la cour des grands avec les grands noms qui cherchent à faire progresser le black plutôt que de stagner éternellement? Peut-être bien. Soyons honnêtes, Pathogen n’a pas encore carrure à affronter sérieusement un monstre sacré à la Blut Aus Nord, mais cela ne l’empêche pas d’être bourré de qualités et d’offrir une alternative viable aux amateur de true qui y trouveront sans aucun doute leur compte comme des amateurs de choses plus évoluées. Une surprise bien agréable, et peut-être un futur grand nom, si on donne à ce petit groupe la reconnaissance qu’il mériterait. En tout cas, le potentiel est bien là, même s’il cherche encore un peu à s’épanouir. Rendez-vous pour le prochain album?

Notons encore, en guise de conclusion, le petit trait d’humour sympathique qui a poussé à écrire, à côté du pseudo du “chanteur” Woundz: Vomit, au lieu de Vocals. Bien dit.

A écouter: Slaughter the useless, Decomposing Reality.

July 18th, 2007

Antichrisis : A Legacy of Love - Mark IIIl y a des disques étranges, tout de même. J’ai toujours du mal à comprendre comment, dans un même disque, on peut osciller entre le carrément génial, le moyen et l’insipide ou encore le carrément médiocre. Parfois même au cÅ“ur d’un même morceau. Je sais, je mets la charrue avant les bÅ“ufs, mais je ne vois pas comment aborder ce disque autrement : il aurait pu être monstrueusement génial, il n’est que très moyennement convaincant.

Antichrisis, c’est une entité étrange. Folk, médiéval, gothique… Un peu pop par moments, même. Jouant entre la musique ambiances et des crises plus métal. Le cocktail peut être détonnant. Ou pas.

Le disque part sur les chapeaux de roues, et j’ai senti venir le chef d’Å“uvre au long des premiers titres. How can I Live On The Top Of The Mountain (vive le titre) est une une intro folk des plus réussies. Nightswan surprend un peu après une telle entrée en matière, avec sa rythmique très enlevée -on y sent les quelques relents pop dont j’ai parlé quelques lignes plus haut) mais une fois qu’on s’y est fait c’est un morceau très prenant. Quant à Our Last Show… Un refrain d’une efficacité incontestable, des orchestrations de couplets originales peuplés de sons électroniques, de guitare électrique et de percussions, ce morceau est un enchantement, et on se prend rapidement à guetter le refrain avec avidité. Vient enfin la tuerie du disque, ce Forever I Ride entraînant ou apparaît une voix rocailleuse au refrain et ou les parties métal font un bien fou sans se prendre la tête, coupé d’un break atmosphérique d’une beauté incontestable. Il faut en effet saluer le talent de la sieuresse Lisa, dont la voix parfaitement maîtrisée transcende beaucoup de morceaux de ce disque. Là, au sortir de ces quatre premiers morceaux, on se dit : chef d’Å“uvre. Simple, beau, efficace, entraînant.

Mais voilà, les ennuis pointent leur nez avec Dancing In The Midnight Sun. C’est vraiment à partir de ce morceau qu’on commençe sérieusement à se poser des questions sur le bien fondé de la présence du chant masculin sur ce A Legacy of Love Part II. Le chant sur ce morceau est désespérant. L’homme qui chante nous sert une belle mélasse presque chevrotante, désagréable au possible, Une sorte de chant émo-gothique sans talent, qui pourrit tout le morceau. Et un morceau de sept minutes plombé, on peut dire que ça fait mal. Maintenant que je connais le disque, quand je le passe, je zappe simplement le morceau, il casse toute l’écoute.

Suit en effet Baleias Bailando, lui aussi mené pour moitié au chant masculin, mais étrangement, cette fois, ça passe très bien. Sans doute le côté beaucoup plus rythmé du morceau, qui ne laisse pas le temps au vocaliste de pleurnicher (même s’il chevrote un peu sur les fins de notes). Morceau qui ne vient pas se caller au niveau d’un Forever I Ride, mais fait tout de même plaisir après le mauvais demi-quart d’heure qu’on vient de passer. On se dit que ce chanteur n’est finalement pas perdu.

Et effectivement, il n’est pas totalement perdu. Seulement à moitié. Parce que le prochain morceau est une nouvelle épreuve qu’il nous inflige. En lui-même, le morceau est déjà d’un niveau un peu décevant par rapport à ce qui a pu précéder dans le disque, mais la voix masculine n’aide en rien, sa première partie manquant franchement de charisme, et le refrain voyant la chanteuse doublée d’une ligne de chant masculine qui détruit totalement sa voix tellement elle est amorphe. Deuxième accroc. End Of December va-t-il rattraper le coup ? Eeeet non. End Of December est le premier endroit ou on ressent vraiment que le groupe aime trop les refrains. Sur Our Last Show, c’était un plaisir de les retrouver à intervalles réguliers, mais sur ce nouveau morceau, cela devient un fléau. Trop de fois, il revient, et comme il est sans grand intérêt, on s’ennuie ferme, sauf si on écoute avec beaucoup d’attention les diverses variations instrumentales.

Trois morceaux, déjà. Cela fait près de 20 minutes qui se trouvent être sans intérêt, voir franchement insipides, fades, chiantes. Bref, on commence nettement à déchanter. La première écoute du disque s’arrête souvent là, tant on peut être dépité et avoir envie de se repasser les premiers morceaux pour se consoler. Mais il serait dommage de se passer d’écouter The Sea. Quelques influences de Within Temptation peut-être dans ce morceau, mais enfin, une longue piste progressive construite avec justesse, chargée de crises puissantes, qui donnent un bon coup de fouet à l’auditeur qui commençait à s’endormir un peu trop. Et on est reparti pour un tour, on est de nouveau content.

Seulement voilà, le sommeil rattrape rapidement l’auditeur. Trying Not To Breathe et The Farewell sont des morceaux très moyens, peu inspirés, manquant du souffle qu’ont certaines compositions du disque. Et la galette s’arrête là, après 71 minutes d’une musique en dents de scie.

Bilan. On tient là un groupe intéressant et pas mal de bonnes chansons. On pourrait tenir un objet phénoménal. On n’a qu’une tentative moyennement convaincante. Causes ? Un chanteur certes capable de travailler dans de nombreux domaines, mais dont le chant de prédilection est assurément le plus mauvais. Une durée sensiblement trop longue puisque l’inspiration n’a pas suivi. Un trop grand amour des refrains qui pèse un peu sur un disque longue durée. Et cette baisse de régime particulièrement sensible sur la fin que The Sea parvient tout juste à faire avaler, qui laisse un sale goût en bouche lorsqu’on écoute tout d’une traite. Si vous enlevez Dancing In The Midnight Sun, Planet Kyra, End Of December, Trying Not To Breathe et The Farewell, vous obtenez quelque chose d’énorme. Soit 38 minutes de musique excellente et 33 de musique fade, voire carrément mauvaise pour certains passages. Peut, que dis-je, doit mieux faire.

July 18th, 2007

Occultus (FRA) : ErichthôChroniquer une démo de vingt minutes n’a rien d’évident, surtout quand le disque en question ne se distingue ni par son incommensurable génie ni par sa nullité abyssale. Occultus nous livre sa toute première démo avec cet Erichtô. Difficile de dire si le groupe à de l’avenir ou va finir le nez dans le caniveau. Je vais faire court. Occultus nous sert trois morceaux pas particulièrement compliqués même s’ils sont relativement longs, avec un style simple, dans un registre déjà visité et revisité. J’aurais bien du mal à m’attarder franchement sur cet objet.

Rien d’original dans ce petit disque. La production n’est pas trop dégueulasse, la batterie est bien mise en avant et d’ailleurs le batteur n’est pas un pied car sans être un monstre de technique il assure son rôle avec une belle aisance, les guitares font mur avec des rythmiques répétitives teintées de quelques relents thrash, pas désagréables. La basse est totalement inaudible sur le premier morceau, apparaît par brefs remugles sur le deuxième et s’entend enfin franchement dans le troisième, mais n’est pas particulièrement remarquable, se contentant de suivre la rythmique du morceau (allez comprendre, pourtant les autres instruments semblent avoir la même production sur tous les morceaux, à croire qu’ils avaient simplement oublié de mixer la basse avec les autres instruments dans le premier morceaux. Enfin bref, c’est comme qui dirait un peu amateur de faire varier la qualité de son d’un instrument comme ça, mais c’est une démo, j’arrête de chipoter). Le chanteur s’écorche le gosier de manière on ne peut plus classique, pas mauvaise mais manquant franchement de personnalité. Sur vingt minutes, on a un morceau franchement pas passionnant (Pile of Skull), et deux autres un peu meilleurs.

Pour dire ce que vaudra la formation, il faudra visiblement patienter jusqu’au full lenght, pour voir s’ils tiennent la route sur au moins 40 minutes d’écoute à la suite. Anecdotique pour le moment.

July 18th, 2007

ErichthôChroniquer une démo de vingt minutes n’a rien d’évident, surtout quand le disque en question ne se distingue ni par son incommensurable génie ni par sa nullité abyssale. occultus nous livre sa toute première démo avec cet Erichtô. Difficile de dire si le groupe à de l’avenir ou va finir le nez dans le caniveau. Je vais faire court. Occultus nous sert trois morceaux pas particulièrement compliqué même s’ils sont relativement longs, avec un style simple, dans un registre déjà visité et revisité. J’aurais bien du mal à m’attarder franchement sur cet objet.

Rien d’original dans ce petit disque. La production n’est pas trop dégueulasse, la batterie est bien mise en avant et d’ailleurs le batteur n’est pas un pied car sans être un monstre de technique il assure son rôle avec une belle aisance, les guitares font mur avec des rythmiques répétitives teintées de quelques relents thrash, pas désagréables. La basse est totalement inaudible sur le premier morceau, apparaît par brefs remugles sur le deuxième et s’entend enfin franchement dans le troisième, mais n’est pas particulièrement remarquable, se contentant de suivre la rythmique du morceau (allez comprendre, pourtant les autres instruments semblent avoir la même production sur tous les morceaux, à croire qu’ils avaient simplement oublié de mixer la basse avec les autres instruments dans le premier morceaux. Enfin bref, c’est comme qui dirait un peu amateur de faire varier la qualité de son d’un instrument comme ça, mais c’est une démo, j’arrête de chipoter). Le chanteur s’écorche le gosier de manière on ne peut plus classique, pas mauvaise mais manquant franchement de personnalité. Sur vingt minutes, on a un morceau franchement pas passionant (Pile of Skull), et deux autres un peu meilleurs.

Pour dire ce que vaudra la formation, il faudra visiblement patienter jusqu’au full lenght, pour voir s’ils tiennent la route sur au moins 40 minutes d’écoute à la suite. Anecdotique pour le moment.

July 15th, 2007

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interview Sunn O)))

Miracle ou erreur complète de jugement? Pour sa dix-neuvième édition, le festival de Dour laissait apparaître sur son affiche rock/ska/électro/hip hop/rap des noms alléchants pour l’amateur de scènes alternatives. Et attention, ce n’était pas n’importe qui qui était invité: on pouvait ainsi venir voir, le jour de clôture, l’imperturbable monsieur Masami Akita plus connu sous le nom de Merzbow; ou encore Wolf Eyes, un groupe de noise de Detroit qui commence à se faire un nom. Et surtout Sunn O))), Anderson et O’Malley s’étant déplacés avec leur éternel mur d’amplis et surtout deux guests de grande qualité, mais je vous en reparlerais plus tard.

Trouver le festival lui même ne fut pas difficile, les navettes étant bien organisées. Mais à l’entrée, misère. Après s’être présentés à l’entrée et nous être fait renvoyer vers un poste de mise de bracelets étrangement indiqué par un panneau: “échange billets quatre jours”, être revenus et nouys être fait de nouveau renvoyer vers les machines de fermeture de bracelets qui étrangement étaient à l’écart et pas indiquées, moi et l’amie qui m’accompagnait avons enfin pu pénétrer sur la plaine. On a tout de même failli rater le début de Merzbow grâce aux indications véritablement bien faites. En effet, notre scène, la bien nommée “petite maison dans la prairie” était planquée au détour d’un chemin, assez loin des autres tentes (sans doute pour éviter d’effrayer les hip hop eux qui s’excitaient sous le chapiteau le plus proche). Et, bien qu’il n’y ait que six scènes annoncées, il s’en trouvait sept, dont une sans nom. C’est bien entendu à cette dernière que nous avons d’abord échoué, mais la présence en masse de dreads et le manque de têtes de psychopathes nous ont mis la puce à l’oreille, et après deux ou trois tentatives d’orientation foireuses, nous nous retrouvâmes enfin dans la tente en question, retrouvant au passage quelques autres fanatiques. Oui, parce que le festival de Dour ne fournit pas de plan, non plus.

Bref, malgré toutes ces péripéties palpitantes qu’un peu d’organisation auraient pu éviter, nous pouvons enfin déguster la noise aux variations cycliques indescriptibles de Merzbow, qui s’était déplacé avec un bel ordinateur portable affichant fièrement un autocollant “Meat Is Murder” des plus romantiques. 50 minutes passées à la vitesse de l’éclair, tant l’expérience s’est avérée hypnotique. Première baffe de la soirée, le Corwin est déjà très content d’être venu.

Anecdote amusante, l’administrateur de la petite maison dans la prairie ne devait pas être très au courant des groupes invités, parce qu’il avait l’air tout simplement terrifié par Merzbow et qu’il a tenté par deux fois de venir descendre le volume des amplis du sieur Masami Akita, qui l’a laissé faire pour posément, une fois qu’il était parti, venir remettre le bouton à fond.

Après un intermède passé à regarder un orchestre de ska japonais (le groupe de transition entre Merzbow et Wolf Eyes ayant fait des tests sons déprimants, on avait émigré vers ce groupe certes pas tout à fait dans nos habitudes, mais somme toutes assez sympathique), on retourne vers la petite maison dans la prairie. Coup au coeur, on entend quelque chose qui de loin ressemble diantrement à l’orthodox caveman de Sunn O))). On se rassure en voyant qu’il s’agit juste des tests sons de Wolf Eyes. Le groupe de Detroit nous assènera une noise ultra agressive pas déplaisante mais finalement assez lassante, et aura la bonne idée de ne jouer que 38 minutes, ce qui évita aux auditeurs d’en avoir marre et aussi de perdre trop leurs tympans. D’ailleurs, on regrettera un peu que le saxo noise présent sur la scène ait été aussi peu utilisé. Constat mitigé pour les trois américains.

Mais voilà, l’heure approche, et Sunn O))) s’annonce, précédé par son mur d’amplis qui remplit peu à peu la scène. En bon fanatique, j’ai pu observer les tests sons du groupe qui on duré trois quarts d’heure, profitant ainsi des visages de Greg Anderson et de Stephen O’malley et leurs belles chevelures alors que l’écran de fumée n’était pas encore monté et les toges pas encore enfilées. Pendant qu’ils réglaient leurs centaines de petits boutons, mollettes et autres câbles, on a pu voir un homme avec une crinière attachée en queue de cheval arriver sur scène, s’emparer du micro et commencer des tests. Lui n’a pas fait “check, check” comme un peu trop de gens, il a commencé à chantonner Nihil’s Maw à la place. N’ayant jamais vu monsieur Attila Csihar sans maquillage, je n’étais pas certain que c’était bien lui, mais j’en ai eu la confirmation à mon retour du festival. Bref voilà, le vocaliste de Mayhem avait fait le voyage avec Sunn O))) rien que pour nous.

Après avoir noyé la scène et une grosse partie de la salle sous les fumigènes, et allumé quelques projecteurs spectraux, le groupe a enfin entamé son concert. Une première silhouette est venue se placer sur la scène. Un joint rougeoyait entre ses lèvres, seule chose discernable de son anatomie. J’appris plus tard qu’il s’agissait de Justin Broadrick (Godflesh et Jesu). O’Malley, Anderson et Attila se positionnèrent à leur tour et le son monta peu à peu, commençant par une déclamation monacale, mystique et grandiloquente. Introduction interminable qui n’était pas sans rappeler l’excellente narration psychédélique sur My Wall. Peu à peu, la puissance monte, la tension monte, les vibrations envahissent le corps du pauvre auditeur (j’étais tout près de la barrière, expérience à renouveler, la musique devient encore plus physique), les gens venus “pour voir” fuient à toutes jambes et initiés et nouveaux convaincus (ils devaient tout de même être rares) restent pour subir la messe sonore de plus d’une heure dix que nous a asséné le groupe. Attitude grandiloquente comme toujours, capuchons rabattus, brume effaçant tous les détails, éclairage psychédélique heurtant le mur d’enceintes et dessinant à peine les contours des silhouettes des musiciens. Un Atttila s’arrachant les cordes vocales déguisé en une sorte de goule au costume loufoque (un sac à patates en guise de toge, un bas passé sur la tête) se roulant sur le sol à la fin du concert, un Justin Broadrick monolithique, un Stephen O’Malley tétant régulièrement son vin rouge, saluant la bouteille à la main, des capuchons tombés révélant à peine la masse de cheveux. Bref, un grand instant de folie pure et de chaos musical orchestré avec un grand brio. Et d’ailleurs, petite anecdote amusante, un certain Masami Akita était planté dans le public à quelques mètres de la barrière.

L’expérience fut fantastique et passionnante. Sunn O))) confirme à mes yeux sont statut de groupe cultissime, et j’attends déjà avec impatience leur prochaine tournée et les sous nécessaires pour aller les voir. Hypnotique et vibrant, au sens littéral du terme. Et la prestation de Merzbow valait elle aussi largement le détour. Bref, une journée des plus intéressantes dans un festival qui s’ouvre tout juste aux scènes alternatives.

July 15th, 2007

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Sunn O))) - festival de Dour   Sunn O))) - festival de Dour   Sunn O))) - festival de Dour   Sunn O))) - festival de Dour   Sunn O))) - festival de Dour  

July 6th, 2007

The Gault : Even As All Before UsGroupe maudit, splitté après avoir produit un album, disque oublié et redecévouert quelques années plus tard, c’est écrit dessus, c’est culte, et bla, et bla, et bla. Pour tout vous dire, je flairais le non-évènement à plein nez, quelque chose dans le goût d’un projet avorté et sans intérêt qu’un label avait décidé de sortir avec tout le bel emballage vendeur.

Bon, autant pour moi. Pour une fois, c’est marqué culte dessus et c’est très, très loin d’être faux. The Gault nous sert un album hybride, sorte de rock psychédélique aux influences coldwave, doom, goth, stoner. Je crois que j’ai fait le tour. On a donc affaire à un “black rock” lent, puissant et aérien parcouru de sons gras et de larsen, au travers duquel on sent fortement l’influence d’un certain Neurosis, et tout particulièrement de leur A Sun That Never Sets (ce qui n’est pas la référence de bouse, vous en conviendrez).

Le chanteur est une véritable révélation. Il alterne avec brio chants désespérés et cris… Heu, désespérés aussi en fait. Sa palette de nuances dans les sentiments tristes et noirs est impressionnante, on sent qu’Ed Kunakemakorn vit son chant, en osmose totale. J’ai rarement entendu d’aussi bonnes prestations en matière de goth plaintif (je dis goth car c’est dans ce chant que se retrouvent les principales influences de ce genre, mais on pourrait parler de tous les chants désespérés en général, ce monsieur a beaucoup à apprendre à la horde de grogneurs sans sentiments des funeral doom dépourvus de génie). Il est aussi accompagné de temps à autre par une voix féminine qui s’insère parfaitement dans les compos.

Les guitares hésitent entre un son strident et des sonorités plus rondes, de celles qui touchent au coeur sans avoir à chercher la chaleur. Ce sont des riffs tristes, des stridulations malades, et pourtant c’est beau, c’est poignant sans être minant. La batterie simple et martiale vient compléter l’ambiance sans rien gâcher, sachant se faire d’une discrétion exemplaire sans disparaît totalement, instaurant un squelette de structure à ces morceaux kilométriques et cycliques. Et pourtant, loin de s’y limiter, The Gault nous livrent même quelques envolées post-rock énervées, coups de fouet bienfaiteurs qui cassent le rythme sans briser la justesse du morceau, rajoutant des instants de bravoure passionnants.

Je vais, pour conclure, prendre l’exemple d’un disque classique de funeral doom. A ces disques là, je peux les écouter d’une traite certes, mais mon attention retombera toujours à un moment ou un autre du disque, et surtout, je n’aurais aucune envie de le remettre d’office dans la platine, même si je le ressortirai plus tard, une fois de temps en temps. Ici, c’est différent, tout en restant assez proche sur le fond. Lorsque ces 73 minutes de tristesse et de désespoir, la première chose qu’on a envie de faire, c’est de recommencer le voyage. On appuie sur Replay… Et 73 minutes après, on est toujours enchanté. Cet album est magique, tout simplement.

On notera tout particulièrement les envolées d’obliscence ou encore d’outer dark qui sortent un peu du lot, mais franchement, pas une minute n’est à jeter ici (à part peut-être l’intro un peu folk et pas franchement utile). Un objet qui cultive un sens tordu de la beauté planante absolument fascinant, et qui s’en va rejoindre le Feedbacker de Boris dans mon panthéon des meilleures oeuvres monolithiques à écouter en boucle. Notons pour terminer que The Gault réussit en plus le tour de force d’être (très relativement, c’est du doom cauchemardesque quand même) accessible, même si les larsen en rebuteront quelques uns.

July 6th, 2007

Sigh : Hangman's HymnSont fous ces japonais. On le savait déjà, les nippons ont une nette tendance à pondre de la musique barrée. je ne citerai que You Oshima avec son projet Kadenzza, mais c’est déjà assez révélateur. Donc voilà, c’est sorti, Sigh nous a pondu un opus barré.

Bon, alors quoi ça être? Sortez le chaudron à pot-au-feu, mettez y de bons vocaux black très typés et assez mélodiques sans perdre pour autant leur hargne, des plans thrash/heavy dominant les grattes qui gardent du black un son assez crade (on est très loin d’un son true quand même, hein, c’est juste que les grattes dégoulinent un peu et ce n’est pas un mal d’ailleurs). Laissez mijoter un peu avant de rajouter des solos qui fleurent bon le heavy frais cueilli. Assaisonnez d’une touche symphonique épique et excessive et de sons d’orgue grandiloquents. Achevez le tout en saupoudrant doucement de champs clairs et de choeurs pas courants et pas attendus du tout. N’hésitez pas à habiller de quelques jolis rires machiavéliques avant de servir. Qu’obtenez vous?

Un bordel sans nom, bravo. Enfin, si, il en a un: Hangman’s Hymn. Mais pour un bordel, c’est un bien beau bordel. La musique de Sigh est complètement décalée, mêlant une grandiloquence pompeuse assez second degré (ce qui rappelle étrangement Rhapsody d’ailleurs, dans un registre thrash/black évidemment) à des plans brutaux directs et efficaces. Alors évidemment, on n’adhère ou on n’adhère pas, il faut savoir rentrer dans le trip pour apprécier. Les jugements risquent de ne pas faire dans la demi-mesure pour un opus pareil.

L’album est découpé en trois actes, le premier se révélant particulièrement jouissif, parcouru de mélodies improbables et d’envolées épiques dignes d’un Wagner bourré (ou d’un Bruckner sous exta, à la rigueur), et de chants/choeurs clairs qui prennent de court à la première écoute. Le tout agencé sur un système de retour fréquents de refrains courts et très simples à retenir. Oui, je sais, dit comme ça, ça ne ressemble à rien. Ce qui n’est pas faux d’ailleurs. N’empêche que c’est d’une efficacité insoupçonnable (ou alors vous fuirez en hurlant, c’est selon).

Le second est plus classique (enfin, ça reste du thrash/back à la japonaise avec des synthés délirants, hein), cherche moins de mélodiques complexes et joue plus sur des structures rythmiques -toujours directes- que la première partie. Les titres sont rentre dedans et se permettent quelques débauches sonores, mais c’est tout de même plus sage que le début. Heureusement, In Devil’s Arms apporte un souffle supplémentaire à cette partie un peu moins remuante.

La troisième elle, s’oriente plus sur la pompe symphonique (mélange de frénésie et de choeurs/cloches/trompettes pour le premier morceau, les cuivres dominant sur tout l’acte). L’album s’achève d’ailleurs sur un grand moment pompeux/bouffon plein de belles trompettes grandioses et ridicules.

Ce qui nous amène au principal problème de ce disque. Les actes sont effectivement bien distincts, et on trouve une petite tare de structure qui a tendance à diminuer un peu l’impact du disque (bon, la critique qui suit est parfaitement subjective, je préviens tout de suite): l’album débute sur les chapeaux de roue avec les trois titres fou furieux de l’acte 1, avant de laisser un peu de côté cet esprit complètement jeté au cours du deuxième acte, et y revenir d’une manière plus pompeuse et posée sur le dernier acte. Ce qui créé une sorte de “creux” une fois passée l’introduction du deuxième acte, et ce jusqu’à In Devil’s Arms qui relance la machinerie déjantée. Je trouve que quitte à commencer par ouvrir sur un concept aussi fou que celui des trois premiers titres, ils auraient mieux fait de garder cet esprit à peu près constant tout au long de la galette. Car l’acte second en souffre particulièrement, sans être mauvais en soi.

Enfin, ce n’est pas ça qui me fera bouder mon plaisir, cet Hangman’s Hymn est une très bonne découverte et ravira sans doute ceux qui sont assez ouverts d’esprit pour mettre l’oreille sur un disque aussi hors normes.

July 6th, 2007

EgoNoir : Der Pfad Zum FlussEgoNoir est un groupe allemand qui a déjà sorti deux démos (enfin, ce sont des disques longue durée tout de même), et nous sert ici son premier vrai disque, premier album sorti sur label. Ils n’en sont donc pas tout à fait à leur coup d’essai.

La musique de ce groupe est assez surprenante. Le répertoire black classique sert évidemment pour beaucoup de base (Burzum entre autres a dû laisser des traces, on sent un petit goût de Filosofem dans certains sons et ambiances), mais EgoNoir ne s’y limite pas. Ce n’est définitivement pas un disque de true que l’on tient entre les mains. Un tempo lent et lourd, qui s’énèrve très rarement (le début de Feind), des guitares glauques et crasse, une batterie simple qui supporte bien les ambiances lugubres, des vocaux variés, allant du gros beuglement guttural au raclement de gorge classique en passant par des semi-clairs ou encore des.. Heu… piaillements aigus, oui, ça ressemble un peu à ça (sur Winter Is My Name et Der Unschuldige Mörder. Piaillements qui choquent beaucoup au début, il faut un certain temps pour s’y faire, et après quatre ou cinq écoutes on les accepte comme ils sont, même si pour ma part je n’y adhère toujours pas. En dehors de ce choix un peu étrange, les voix sont en général efficaces et bien posées. Beaucoup de samples, souvent bons (discours allemand haineux sur Feind), parfois un peu maladroits (les corbeaux, le croassement étant clairement le même répété plusieurs fois de suites, ça casse un peu l’effet). On note pas mal d’inventions musicales (un petit chÅ“ur d’enfants clôt Heereskind, pas rassurant du tout).

Bon, voilà à peu près à quoi ressemble EgoNoir, une musique très sombre, assez militariste, basée sur des rythmes lourds et lents, peuplé de vocaux schizophréniques. La musique est simple mais aucunement simpliste. Au final, qu’est ce que ça donne ? Eh bien, voilà, c’est plutôt bon. Le côté assez inventif du groupe est à saluer, car si l’album reste une production de black underground elle n’en sort pas moins des sentiers battus, et ne se pose aucunement en clone de Burzum et consorts. Cependant, Der Pfad Zum Fluss n’est pas excellent. En effet, quelques maladresses se glissent ça et là (les piaillements auraient mérité un meilleur travail, pour faire un peu moins ridicules, et quelques petites faiblesses de structures apparaissent de temps à autres). Rien de très grave soit dit en passant, mais cela mériterait encore un peu plus de travail. Mais il y a déjà là de quoi passer un bon moment dans une ambiance « Noir Noir Noir ».

Certains morceaux sortent un peu du lot, je pense notamment à l’excellent Feind ou les rares traçes d’énervement du disque pointent, et aussi à Der Unschuldige Mörder que les vocaux aigus ne gâchent pas l’ambiance nauséabonde, déroulée sur près de dix minutes avec justesse, laissant son rythme répétitif envoûter l’auditeur au lieu de l’ennuyer comme ce pourrait être le cas. Enfin, Heereskind, pour être le morceau le plus inventif : de petites incursions folk (!), un riff récurrent travaillé différemment à chaque réapparition, un énervement perceptible, ces chÅ“urs clairs et ces chants d’enfants à l’effet malsain (un peu comme les chants traditionnels russes mêlés de babillements de bébé qui apparaissent sur Resurrection d’In Slaughter Natives, le rapport est peu-t-être étrange mais l’effet est pratiquement le même) qui concluent le morceau en font sans doute le titre le plus intéressant de la galette, bien qu’il ne soit pas forcément le plus efficace en matière d’ambiances.

On regrettera que Winter Is My Name, déjà chantée en anglais, on se demande bien pourquoi alors que tout le reste disque est en allemand, plombe un peu l’écoute avec ses vocaux mal ficelés (ça plaira sans doute à certains mais, je le répète, je reste sceptique).

Les autres chansons sont moins directement remarquables, mais sont bien agréables, posant l’ambiance glauque avec justesse (peut-être Des Blutes Ruhm est-il légèrement trop « chaud » pour achever le disque en beauté, mais ce jugement n’engage que ma propre perception).

Pour conclure, le disque est intéressant, pas classique pour un sou, et je poserai avec grand plaisir mes oreilles sur les prochaines sorties du groupe, qui semble très prometteur même si on est encore loin de la perfection. Un effort des plus louables.