October 30th, 2007

Suhnopfer : L'Aube des TrépassésSühnopfer est un one man band auvergnat jouant du black métal (eh, j’ai pas dit Gergovia, hein). L’Aube des Trépassés est son premier disque “professionnel”, signé sur Eisiger Mond Productions.

Il s’agit d’un MCD sur lequel le groupe développe un black aux influences clairement burzumiennes (pour changer) mais loin d’être limitées à cela : on peut dire à mon avis sans trop de risques qu’Abigor est passé par-là, pour citer ce qui me semble à priori le plus évident. L’ensemble est doté d’un travail mélodique assez poussé, ce qui sort le disque des terres du true. Des influences folk sont présentes mais on est loin d’un black folk très poussé, puisque quelques petits instants instrumentaux (Aux Aurores) laissent entrevoir ces influences, bien présentes mais absolument pas dominantes. La production est bien crue (burzumienne en fait, c’est là que l’influence du sieur Vikernes se fait sans doute le plus sentir) mais reste assez claire (on entend la basse, la batterie est très bien mixée).

Donc, on trouve des guitares incisives, de recherche assez mélodique, au son variant du semi-propre à l’immonde bavant (pour la guitare “rythmique” surtout, puisqu’elle sert de toile de fond grésillante la majeure partie du temps), cherchant un black puissant et rapide assez varié, nostalgique et furibard. La basse assure un travail de fond posé assez efficace. Quant à la batterie, elle joue (évidemment) des plans très rapides, franchement bien travaillés, qui montrent tout le talent de notre musicien : on est loin d’une batterie true primitive, la technique étant de mise : pas mal de jeu sur les cymbales légères, des roulements de toms assez poussés et bien sûr une double pédale frénétique.

Bref, tout cela est assez classique, et pourtant pas primitif, la volonté mélodique et les plans de batterie mettant ce disque au-dessus de pas mal de démos du genre. Il n’est cependant pas exempt de maladresses, le chant est en général bon, très criard et assez aigu, mais dérape parfois un peu, le passage lent ouvrant L’Aube des Trépassés n’est pas franchement excitant et une ou deux redondances auraient pu être évitées. Ensuite, vu le genre pratiqué, Sühnopfer gagnerait peut-être à avoir un son légèrement plus propre, pour rendre le travail des guitares plus lisible. Reste que malgré ses défauts, L’Aube des Trépassés est un disque qui mérite le coup d’Å“il pour les amateurs du genre. Pas mal pour un premier essai professionnel. Tiens, je mets 14, histoire d’encourager.

October 30th, 2007

Suhnopfer : L'Aube Des TrépassésSühnopfer est un one man band auvergnat jouant du black métal (eh, j’ai pas dit Gergovia, hein). L’Aube Des Trépassés est son premier disque “professionnel”, signé sur Eisiger Mond Productions.

Il s’agit d’un MCD sur lequel le groupe développe un black aux influences clairement burzumiennes (pour changer) mais loin d’être limitées à cela : on peut dire à mon avis sans trop de risques qu’Abigor est passé par-là, pour citer ce qui me semble à priori le plus évident. L’ensemble est doté d’un travail mélodique assez poussé, ce qui sort le disque des terres du true. Des influences folk sont présentes mais on est loin d’un black folk très poussé, puisque quelques petits instants instrumentaux (Aux Aurores) laissent entrevoir ces influences, bien présentes mais absolument pas dominantes. La production est bien crue (burzumienne en fait, c’est là que l’influence du sieur Vikernes se fait sans doute le plus sentir) mais reste assez claire (on entend la basse, la batterie est très bien mixée).

Donc, on trouve des guitares incisives, de recherche assez mélodique, au son variant du semi-propre à l’immonde bavant (pour la guitare “rythmique” surtout, puisqu’elle sert de toile de fond grésillante la majeure partie du temps), cherchant un black puissant et rapide assez varié, nostalgique et furibard. La basse assure un travail de fond posé assez efficace. Quant à la batterie, elle joue (évidemment) des plans très rapides, franchement bien travaillés, qui montrent tout le talent de notre musicien : on est loin d’une batterie true primitive, la technique étant de mise : pas mal de jeu sur les cymbales légères, des roulements de toms assez poussés et bien sûr une double pédale frénétique.

Bref, tout cela est assez classique, et pourtant pas primitif, la volonté mélodique et les plans de batterie mettant ce disque au-dessus de pas mal de démos du genre. Il n’est cependant pas exempt de maladresses, le chant est en général bon, très criard et assez aigu, mais dérape parfois un peu, le passage lent ouvrant L’Aube Des Trépassés n’est pas franchement excitant et une ou deux redondances auraient pu être évitées. Ensuite, vu le genre pratiqué, Sühnopfer gagnerait peut-être à avoir un son légèrement plus propre, pour rendre le travail des guitares plus lisible. Reste que malgré ses défauts, L’Aube Des Trépassés est un disque qui mérite le coup d’?il pour les amateurs du genre. Pas mal pour un premier essai professionnel. Tiens, je mets 14, histoire d’encourager.

October 29th, 2007

Posted by corwin under Divers
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Vous le savez peut-être, Heavyboy s’est lancé dans la vaste entreprise de traduire une partie des chroniques SoMiennes dans la langue de Shakespeare, initiative que je ne peux que saluer, notre pendant anglo-saxon manquant de vitalité.

Pour l’instant, ma récente chronique d’Ulver est déjà passée sur le billard. Il y en aura sûrement d’autres, sans doute pas très régulièrement vu que je suis loin d’être le seul chroniqueur et que le pauvre Heavyboy doit à mon avis avoir une vie en dehors du net, mais de temps à autres probablement. Je me posais la question de savoir si présenter les versions traduites sur ces pages vous intéressait ou non. personnellement, j’y trouve mon compte, mais je peux aussi vous les fournir si lire ma magnifique prose généralissime dans une autre langue se trouvait être de votre goût.

Laissez un commentaire si vous avez un avis à exprimer.

October 29th, 2007

Tat : Le Sperme de Tous les MétauxIl y a des groupes qui se permettent de ne ressembler à rien de connu. De s’ouvrir à des concepts musicaux casse-gueule. Et de s’en tirer avec une certaine classe. Tat fait partie de ceux-ci.

Le Sperme de Tous les Métaux est une suite logique au Quinta Essentia paru l’année précédente, dont il reprend la majorité des éléments. La musique du faux one man band (beaucoup d’intervenants cités comme guests) est très difficilement descriptible : la structure se veut néofolk, jouant avec des guitares acoustiques pour poser le squelette des morceaux. Des éléments industriels relativement nombreux viennent se greffer en divers endroits, et on peut même noter une légère touche électro. La totalité de l’Å“uvre montre une volonté de composition assez inspirée par le néoclassique. Résumé: ça n’est pas franchement descriptible de manière globale, tant le disque est varié.

Un titre par titre s’impose donc. On ouvre sur une introduction, un chant rauque et résonnant déclamant du Baudelaire. Ce morceau est très contestable, la distorsion sur la voix étant assez maladroite et se révélant presque désagréable, enlevant en tout cas la portée poétique du morceau en question. Entrée en matière naze, donc.

Suit Unicornis, un morceau inspiré de Schubert, alliant une guitare néofolk avec des percussions sombres et sourdes, très telluriques. La voix masculine reste dans le même registre que le premier morceau, choix que je me vois obligé de contester là encore même si c’est moins flagrant. Rapidement cependant, c’est la voix d’Esclarmonde (qui chante sur à peu près la moitié des titres de Tat) qui prend le relais. Etrangement là encore, on se trouve face à une prestation un peu bancale, non pas par le chant lui-même, mais plutôt par le texte chanté, dont le rythme s’associe plutôt mal avec celui de la musique sur lequel il est collé. Le morceau reste intéressant, même si très loin d’être parfait. On notera d’ailleurs l’effet assez plaisant que donne la guitare folk lâchant des petites pluies de notes visiblement composées pour un clavecin.

Solution et Dissolution enchaîne, un grondement industriel emplit l’espace et laisse peu à peu surgir des sonorités d’orgue fantomatiques, puis le fond sonore disparaît au profit de quelques grognements possédés. C’est là que la sauce commence vraiment à prendre : le morceau est un digne petit rejeton du dark ambiant à tendances industrielles.

La guitare folk reprend du poil de la bête avec Putréfaction, accompagnée cette fois d’une pulsation électrique, d’un chant beau et nostalgique, et de quelques bidouillages sonores. Ce morceau est mon préféré du disque : à la fois nostalgique et flottant, il se permet un petit écart malsain ou une petite “improvisation” très libre, ce qui en fait un titre posé et jouant avec sa simplicité apparente pour cacher quelques richesses passionnantes en son sein.

O TAT repart dans le délire des voix rauques et résonnantes, mais cela passe un peu mieux que dans l’introduction, certainement parce qu’on est enfin pris dans l’ambiance du groupe. Quant aux apparitions vocales très noires et résonnantes de la seconde partie, elles amènent un côté sombre qui alourdit le morceau avec justesse. Il ne s’agit cependant pas du meilleur morceau du disque, loin de là.

Purification continue dans sa veine néofolk très posée, et la voix se fait narrative, parfois un peu grandiloquente, doublée de nouveaux vocaux rauques (parfaits ceux-ci).

L’interlude laisse place quant à lui à un petit délire noise discordant, qui secoue bien l’auditeur au cas ou il aurait pensé à s’endormir (ce qui aurait tout de même été dommage).

Vient ensuite Subtiliation, qui se permet quelques incursions d’un rythme plus entraînant sur son habituelle structure néofolk à la guitare acoustique nostalgique, quelques sonorités de cuivres et une insertion électro très plaisante sur la fin du morceau.

Tat conclut son disque par deux reprises de Thalidomide, un morceau de son premier disque. La première est excellente (si on excepte l’introduction à la voix rauque, ici encore un peu contestable, les vocaux au cÅ“ur du morceau étant plus justes à mon humble avis) et achève bien l’écoute du disque. La seconde, un remix façon darkwave, laisse un peu plus perplexe, sans être désagréable pour autant.

Tat nous livre donc un petit disque de néofolk chargé d’influences néoclassiques et d’expérimentations indus/noise/électro (rien que ça), sombre, nostalgique. Le tout est assez disparate mais passe plutôt bien, et une sorte de cohérence (pour laquelle la guitare acoustique fait beaucoup d’ailleurs, liant les morceaux entre eux) émerge assez rapidement du chaos apparent.

Le Sperme de Tous les Métaux est meilleur que Quinta Essentia. Il est cependant loin d’être parfait : un peu court, gardant en son cÅ“ur quelques éléments un peu moyens (principalement dans les vocaux rauques, vous l’aurez compris) qui ont tendance à rendre un peu plus dure la rentrée dans l’Å“uvre qu’elle ne devrait l’être.

On ne peut cependant que saluer cette volonté de jouer une musique très personnelle et de se dire qu’un tel disque est très prometteur. L’évolution positive entre les deux premiers opus est assez nette (même si elle comporte quelques aspérités, l’ambiance est prenante au final), et il est fort probable que le lyonnais nous sorte un chef-d’Å“uvre dans les années à venir. A suivre.

October 29th, 2007

Tat : Le Sperme de Tous les MétauxIl y a des groupes qui se permettent de ne ressembler à rien de connu. De s’ouvrir à des concepts musicaux casse-gueule. Et de s’en tirer avec une certaine classe. Tat fait partie de ceux-ci.

Le Sperme de Tous les Métaux est une suite logique au Quinta Essentia paru l’année précédente, dont il reprend la majorité des éléments. La musique du faux one man band (beaucoup d’intervenants cités comme guests) est très difficilement descriptible : la structure se veut néofolk, jouant avec des guitares acoustiques pour poser le squelette des morceaux. Des éléments industriels relativement nombreux viennent se greffer en divers endroits, et on peut même noter une légère touche électro. La totalité de l’?uvre montre une volonté de composition assez inspirée par le néoclassique. Résumé: ça n’est pas franchement descriptible de manière globale, tant le disque est varié.

Un titre par titre s’impose donc. On ouvre sur une introduction, un chant rauque et résonnant déclamant du Baudelaire. Ce morceau est très contestable, la distorsion sur la voix étant assez maladroite et se révélant presque désagréable, enlevant en tout cas la portée poétique du morceau en question. Entrée en matière naze, donc.

Suit Unicornis, un morceau inspiré de Schubert, alliant une guitare néofolk avec des percussions sombres et sourdes, très telluriques. La voix masculine reste dans le même registre que le premier morceau, choix que je me vois obligé de contester là encore même si c’est moins flagrant. Rapidement cependant, c’est la voix d’Esclarmonde (qui chante sur à peu près la moitié des titres de Tat) qui prend le relais. Etrangement là encore, on se trouve face à une prestation un peu bancale, non pas par le chant lui-même, mais plutôt par le texte chanté, dont le rythme s’associe plutôt mal avec celui de la musique sur lequel il est collé. Le morceau reste intéressant, même si très loin d’être parfait. On notera d’ailleurs l’effet assez plaisant que donne la guitare folk lâchant des petites pluies de notes visiblement composées pour un clavecin.

Solution et Dissolution enchaîne, un grondement industriel emplit l’espace et laisse peu à peu surgir des sonorités d’orgue fantomatiques, puis le fond sonore disparaît au profit de quelques grognements possédés. C’est là que la sauce commence vraiment à prendre : le morceau est un digne petit rejeton du dark ambiant à tendances industrielles.

La guitare folk reprend du poil de la bête avec Putréfaction, accompagnée cette fois d’une pulsation électrique, d’un chant beau et nostalgique, et de quelques bidouillages sonores. Ce morceau est mon préféré du disque : à la fois nostalgique et flottant, il se permet un petit écart malsain ou une petite “improvisation” très libre, ce qui en fait un titre posé et jouant avec sa simplicité apparente pour cacher quelques richesses passionnantes en son sein.

O TAT repart dans le délire des voix rauques et résonnantes, mais cela passe un peu mieux que dans l’introduction, certainement parce qu’on est enfin pris dans l’ambiance du groupe. Quant aux apparitions vocales très noires et résonnantes de la seconde partie, elles amènent un côté sombre qui alourdit le morceau avec justesse. Il ne s’agit cependant pas du meilleur morceau du disque, loin de là.

Purification continue dans sa veine néofolk très posée, et la voix se fait narrative, parfois un peu grandiloquente, doublée de nouveaux vocaux rauques (parfaits ceux-ci).

L’interlude laisse place quant à lui à un petit délire noise discordant, qui secoue bien l’auditeur au cas ou il aurait pensé à s’endormir (ce qui aurait tout de même été dommage).

Vient ensuite Subtiliation, qui se permet quelques incursions d’un rythme plus entraînant sur son habituelle structure néofolk à la guitare acoustique nostalgique, quelques sonorités de cuivres et une insertion électro très plaisante sur la fin du morceau.

Tat conclut son disque par deux reprises de Thalidomide, un morceau de son premier disque. La première est excellente (si on excepte l’introduction à la voix rauque, ici encore un peu contestable, les vocaux au c?ur du morceau étant plus justes à mon humble avis) et achève bien l’écoute du disque. La seconde, un remix façon darkwave, laisse un peu plus perplexe, sans être désagréable pour autant.

Tat nous livre donc un petit disque de néofolk chargé d’influences néoclassiques et d’expérimentations indus/noise/électro (rien que ça), sombre, nostalgique. Le tout est assez disparate mais passe plutôt bien, et une sorte de cohérence (pour laquelle la guitare acoustique fait beaucoup d’ailleurs, liant les morceaux entre eux) émerge assez rapidement du chaos apparent.

Le Sperme de Tous les Métaux est meilleur que Quinta Essentia. Il est cependant loin d’être parfait : un peu court, gardant en son c?ur quelques éléments un peu moyens (principalement dans les vocaux rauques, vous l’aurez compris) qui ont tendance à rendre un peu plus dure la rentrée dans l’?uvre qu’elle ne devrait l’être.

On ne peut cependant que saluer cette volonté de jouer une musique très personnelle et de se dire qu’un tel disque est très prometteur. L’évolution positive entre les deux premiers opus est assez nette (même si elle comporte quelques aspérités, l’ambiance est prenante au final), et il est fort probable que le lyonnais nous sorte un chef-d’?uvre dans les années à venir. A suivre.

October 28th, 2007

Dolorian : VoidwardsAttention chef-d’Å“uvre !

Le doom est très loin d’être mon terrain de prédilection. Généralement je trouve ça lourd, poussif, chiant. Quelques disques de ce genre cependant semblent capables de me toucher au cÅ“ur. Ce Voidwards fait, indéniablement, partie de ceux-ci. Sans doute parce qu’il n’a rien d’un album de doom classique, d’ailleurs.

Dolorian nous sert ici une musique véritablement unique. Supposez que Shining (période The Eerie Cold/Halmstadt) se mette à composer d’une manière proche de The Gault (oui, je sais, personne ne connaît The Gault, et c’est bien dommage d’ailleurs), en se laissant traîner vers le doom bien plus que vers le black, en cherchant à composer son album comme un seul et unique morceau avec des phases différentes mais homogènes et presque indissociables sur le long terme. Avec un côté un peu coldwave en prime (je n’ai pas cité The Gault pour rien). Avec moins de petites expérimentations contestables que Shining. De manière plus légère d’un point de vue sonore, mais tout aussi plombant, même plus, beaucoup plus.

La guitare lourde, saturée est présente, oui. Mais elle se fait rare, diffuse, laissant une trame épurée, claire, chargée d’arpèges tordus et de lignes limite électro-accoustiques, beaucoup plus mélodiques. La musique est soutenue par une batterie simple et lente parfois limite jazzy (certains plans rappellent un peu ce que Shining laissait entendre dans les parties aériennes de The Eerie Cold), doom mais pas lourdissime, au tempo bas mais pas neurasthénique (non, non ce n’est pas du funeral doom). La voix chuchote, susurre, et par moments monte, entre de plein pied dans les registres black/death pour des montées chromatiques superbement maîtrisées, doublées de ces guitares doom que j’évoquais un peu plus haut.

L’Å“uvre qui ressort de ce tout ça est une sorte de grand morceau interminable, au tempo pratiquement dénué de variations tout le long de l’album, fait de montées en puissance magmatiques et de passages ambiants omniprésents, de sonorités décalées, et d’une âme noire et désespérée bien plus efficace qu’un doom classique. Malgré sa structure éthérée, Voidwards prend à la gorge et ses 66 minutes sont une épreuve bénie pour l’amateur de sensations étouffantes sombres au possible. D’ailleurs, malgré sa simplicité apparente, on est très loin d’une Å“uvre basique : les agencements sont peaufinés à l’extrême, tous les sons s’imbriquent les uns dans les autres avec une justesse impressionnante. La production est vraiment excellente, mettant tous les éléments à leur place et liant le tout avec brio.

Non, Voidwards ne plaira pas à tout le monde, loin de là. Sa linéarité apparente en rebutera plus d’un. Son aspect hors normes fera fuir certains amateurs de doom. Son calme relatif pourra être considéré comme “chiant” par d’autres. Mais ce serait bien dommage, car on tient vraiment une pépite du genre, un disque à se passer pour voyager dans de tristes contrées désolées, le spleen au creux de l’âme et le moral au fond des bottes. On décernera une mention spéciale à Ivory Artery, morceau ou l’explosion de puissance est à son paroxysme.

Au cas ou il y aurait des amateurs à prêcher, je profite pour faire éhontément de la publicité à The Gault (mais personne ne m’a vu) dont le Even As All Before Us n’est pas sans rapport avec cet OVNI qu’est Voidwards (sans être véritablement comparable, mais Dolorian laisse bien peu de points de rapprochement il est vrai) et se trouve être pour moi une autre référence du doom-qui-ressemble-à-rien-de-connu, et provoque chez moi la même sensation de transe étouffante. Qu’on se le dise.

October 27th, 2007

Unholy (FIN) : The Second Ring of PowerEt un disque anormal pour la deux, un !

La première chose que j’ai faite en posant l’oreille sur ce The Second Ring of Power, premier méfait du groupe à arriver entre mes mains, ce fut de revérifier la datation de l’objet. Mais non, le carbone 14 n’a pas menti, il s’agit bien d’une sortie nous venant du fin fond de l’année 1994. Qu’y a-t-il donc d’étonnant à cela me direz-vous ?

Eh bien, Unholy fait du doom. Mais pas n’importe lequel, non, un doom largement arrosé d’ambiances black (en particulier dans les vocaux mâles), et surtout, surtout, chargé d’un esprit expérimental et (forcément) barré. Unholy compose avec une volonté de décalage, de prises de risques par rapport aux genres pratiqués, chose qui ne surprendrait pas forcément outre mesure pour un disque de ce siècle ou même de la fin des années 90, mais qui a tendance à prendre l’auditeur au dépourvu lorsque l’on parle d’un disque sorti si tôt, alors que les genres pratiqués sont encore bien jeunes. Donc, c’est dit, ce The Second Ring of Power mérite déjà donc qu’on pose l’oreille dessus rien que pour cela.

Mais bon. Être barré, c’est bien, mais il ne faut pas faire n’importe quoi non plus. Qu’a donc ce disque dans les tripes ? Prenez un genre bien lent et pesant (donc doom black pour ceux qui ne suivent pas) qui se permet cependant une ou deux accélérations (voir le titre éponyme ou encore Dreamside) qui se trouvent être d’autant plus efficaces que le tempo habituel oscille entre 30 et 60 bmp (c’est du doom quoi). Puis de bonnes vieilles guitares à la production grésillante et crade, qui posent un mur de son lourd (mais pas particulièrement envahissant), se permettant quelques mélodies tordues et même un ou deux semblants de soli (très vite avortés, rien que pour prendre l’auditeur à contre-pied). Ensuite, une batterie lente au possible (je pense que n’importe quelle personne peut maîtriser ces parties dans leur grande majorité, une ou deux accélérations exceptées, sans se donner trop de mal à condition de ne pas avoir deux pieds gauches à la place de la chaque main) posant des rythmiques hallucinogènes, ses frappes très lourdes et résonnantes. Et un clavier, qui sert des nappes cosmiques, approchant des sons d’orgue ou de chÅ“urs grégoriens, mélodies planantes qui n’allègent absolument pas la musique du groupe, tout en lui apportant un côté “beau” des plus plaisants. Présents mais pas envahissants. Rajoutez à cela une basse très présente, jouant une espèce de partition funk hallucinée et lente (évidemment), indescriptible et franchement efficace. Ah, et puis deux voix. Evidemment, vous vous doutez que cela ne ressemble pas à grand chose, vu ce que j’ai pu raconter jusque-là. Le monsieur nous sert principalement des vocaux black bien gras, tout en n’hésitant pas à lâcher des plaintes claires de temps à autres, parcourus de chuchotements… Ses vocaux ont la particularité d’être assez imprévisibles, même s’ils changent relativement lentement, rythme oblige : on ne sait jamais ce qui nous attend une minute ou un titre plus tard. Un chant parfois terrifiant et parfois complètement décalé, bouffon. Quant aux incursions féminines… La Demoiselle ne se racle pas la gorge, non, mais chante faux exprès, ou vient rajouter des mélodies qu’on n’attend pas dans un morceau, doublant parfois son camarade de manière incongrue. Bref, un duo étrange et décalé, fou, à l’image de l’entièreté de ce disque, d’ailleurs.

The Second Ring of Power n’est donc pas un disque facile d’accès. La première écoute surprend et remue. Une fois qu’on a bien assimilé que ces gars étaient complètement tarés et que la musique qui va avec est logiquement… Tarée, bravo, vous suivez, c’est bien… On peut commencer à apprécier ce disque à sa juste valeur. Et se rendre compte que l’on tient une Å“uvre pas parfaite, mais tout de même pleine de bonnes choses et contenant même quelques traits de génie indéniables (Lady Babylon, Covetous Glance et l’expérimental fou furieux Serious Personality Disturbance And Deep Anxiety méritent tous trois des honneurs). Et puis, rappelez-vous, c’est un disque de 1994. Aucune notoriété, groupe inconnu à son époque et pas franchement redécouvert par la suite, Unholy mérite quand même qu’on fasse un petit retour en arrière pour découvrir leur musique unique et déjà bien évoluée pour son époque. Si vous aimez les choses expérimentales, décalées, ce disque est pour vous. Même si vous n’aimez pas le doom de manière générale, il y a de quoi.

October 27th, 2007

Ulver : Shadows Of The SunLe dernier Ulver point encore chroniqué, je me sens comme pour le dernier Deathspell Omega, tout seul face à la dernière sortie d’un monstre sacré, avec la peur aux tripes de dire de grosses âneries, mais cela a l’avantage d’être stimulant.

Dans ses communiqués, la petite bande d’Ulver avait prévenu que l’état d’esprit du nouveau disque, l’Å“uvre se voulait plus intimiste, plus personnelle (en même temps, dire qu’Ulver fait une musique personnelle relève du pléonasme éhonté), plus douce et mélancolique que les précédents travaux d’Ulver. Et effectivement, c’est le cas.

Comme d’habitude, Shadows Of The Sun ne ressemble à aucun des disques qu’Ulver a sortis jusque-là (si le groupe se mettait une seule fois à se répéter, je suppose qu’on pourrait se dire que la formation court à sa perte). Pour autant, bien évidemment, on pourra se servir des précédentes productions pour le définir. Shadows Of The Sun oublie les débauches de Blood Inside, revient vers une composition plus proche de l’esprit de Perdition City, mais un esprit qui suit une voie dérivée, où se retrouvent les influences de Svidd Neger (les influences ambiant jazz de Perdition City sont bien là, le saxophone planant fait son grand retour, mais les parties néoclassiques y sont beaucoup plus importantes). Bref, prenez ces deux disques, mélangez-les, et imaginez ce qu’ils pourraient donner s’ils étaient encore plus calmes et nostalgiques. Rajoutez-y une petite trace de l’esprit de Silence Teaches You How to Sing. Vous approcherez peut-être à peu près de ce qu’est ce Shadows Of The Sun.

Comme je suis gentil, je vais tenter d’expliquer ça autrement pour les néophytes : Ulver fait une musique électro/indus parcourues d’instrus acoustiques (piano, saxophone, instruments à cordes), qui approche dans cet opus une dimension aérienne et nostalgique. C’est plus simple exprimé comme ça, mais c’est un peu réducteur. Difficile de définir un tel disque, à vrai dire.

Shadow Of The Sun est peut-être un des Ulver les plus difficiles d’accès jamais sortis (avec Nattens Madrigal, mais pas du tout pour les même raisons), surtout pour ceux qui connaissent la discographie du groupe par cÅ“ur. On attend de la folie, on en trouve bien peu. Ici, c’est la transe qu’Ulver recherche avant tout. C’est un disque qui s’écoute en solitaire, la lumière éteinte, le soir venu, un verre d’alcool à la main. Ce disque est un véritable brûlot émotionnel, que chacun se doit d’apprivoiser à sa manière. C’est peut-être cela que le groupe entendait dans ses communiqués, le fait que l’album soit moins direct (si on peut dire d’un disque d’Ulver qu’il est direct) et demande à l’auditeur d’aller vers lui, et non le contraire. Apprécier Shadows Of The Sun est une démarche à entreprendre, pas un don de la musique elle-même. Mais la transe n’en est que plus belle.

Que dire ? Oui, Ulver a signé là un petit chef-d’Å“uvre. Ulver reste Ulver, assemble toujours ses éléments épars avec un génie qui seul rend le disque magnifique au lieu d’être un simple fatras incompréhensible, le groupe compose plus que jamais pour lui-même et met son âme à nu, proposant à l’auditeur un voyage qui n’a pas lieu d’être s’il ne consiste pas en un don de soi à la musique autant que la musique donne à l’auditeur. Et le jeu en vaut la chandelle. Les amateurs ne doivent pas être rebutés par l’aspect très planant, nostalgique et apparemment (apparemment seulement) épuré de leurs habituelles débauches sonores et expérimentales. Quant aux autres, si un disque recherchant une beauté calme et terriblement nostalgique ne les rebute pas, je n’ai qu’une chose à dire : foncez.

Il semble que décidément Garm et sa bande ne me décevront jamais.

October 27th, 2007

Unholy (FIN) : The Second Ring of PowerEt un disque anormal pour la deux, un !

La première chose que j’ai faite en posant l’oreille sur ce The Second Ring of Power, premier méfait du groupe à arriver entre mes mains, ce fut de revérifier la datation de l’objet. Mais non, le carbone 14 n’a pas menti, il s’agit bien d’une sortie nous venant du fin fond de l’année 1994. Qu’y a-t-il donc d’étonnant à cela me direz-vous ?

Eh bien, Unholy fait du doom. Mais pas n’importe lequel, non, un doom largement arrosé d’ambiances black (en particulier dans les vocaux mâles), et surtout, surtout, chargé d’un esprit expérimental et (forcément) barré. Unholy compose avec une volonté de décalage, de prises de risques par rapport aux genres pratiqués, chose qui ne surprendrait pas forcément outre mesure pour un disque de ce siècle ou même de la fin des années 90, mais qui a tendance à prendre l’auditeur au dépourvu lorsque l’on parle d’un disque sorti si tôt, alors que les genres pratiqués sont encore bien jeunes. Donc, c’est dit, ce The Second Ring of Power mérite déjà donc qu’on pose l’oreille dessus rien que pour cela.

Mais bon. Être barré, c’est bien, mais il ne faut pas faire n’importe quoi non plus. Qu’a donc ce disque dans les tripes ? Prenez un genre bien lent et pesant (donc doom black pour ceux qui ne suivent pas) qui se permet cependant une ou deux accélérations (voir le titre éponyme ou encore Dreamside) qui se trouvent être d’autant plus efficaces que le tempo habituel oscille entre 30 et 60 bmp (c’est du doom quoi). Puis de bonnes vieilles guitares à la production grésillante et crade, qui posent un mur de son lourd (mais pas particulièrement envahissant), se permettant quelques mélodies tordues et même un ou deux semblants de soli (très vite avortés, rien que pour prendre l’auditeur à contre-pied). Ensuite, une batterie lente au possible (je pense que n’importe quelle personne peut maîtriser ces parties dans leur grande majorité, une ou deux accélérations exceptées, sans se donner trop de mal à condition de ne pas avoir deux pieds gauches à la place de la chaque main) posant des rythmiques hallucinogènes, ses frappes très lourdes et résonnantes. Et un clavier, qui sert des nappes cosmiques, approchant des sons d’orgue ou de chœurs grégoriens, mélodies planantes qui n’allègent absolument pas la musique du groupe, tout en lui apportant un côté “beau” des plus plaisants. Présents mais pas envahissants. Rajoutez à cela une basse très présente, jouant une espèce de partition funk hallucinée et lente (évidemment), indescriptible et franchement efficace. Ah, et puis deux voix. Evidemment, vous vous doutez que cela ne ressemble pas à grand chose, vu ce que j’ai pu raconter jusque-là. Le monsieur nous sert principalement des vocaux black bien gras, tout en n’hésitant pas à lâcher des plaintes claires de temps à autres, parcourus de chuchotements… Ses vocaux ont la particularité d’être assez imprévisibles, même s’ils changent relativement lentement, rythme oblige : on ne sait jamais ce qui nous attend une minute ou un titre plus tard. Un chant parfois terrifiant et parfois complètement décalé, bouffon. Quant aux incursions féminines… La Demoiselle ne se racle pas la gorge, non, mais chante faux exprès, ou vient rajouter des mélodies qu’on n’attend pas dans un morceau, doublant parfois son camarade de manière incongrue. Bref, un duo étrange et décalé, fou, à l’image de l’entièreté de ce disque, d’ailleurs.

The Second Ring of Power n’est donc pas un disque facile d’accès. La première écoute surprend et remue. Une fois qu’on a bien assimilé que ces gars étaient complètement tarés et que la musique qui va avec est logiquement… Tarée, bravo, vous suivez, c’est bien… On peut commencer à apprécier ce disque à sa juste valeur. Et se rendre compte que l’on tient une œuvre pas parfaite, mais tout de même pleine de bonnes choses et contenant même quelques traits de génie indéniables (Lady Babylon, Covetous Glance et l’expérimental fou furieux Serious Personality Disturbance And Deep Anxiety méritent tous trois des honneurs). Et puis, rappelez-vous, c’est un disque de 1994. Aucune notoriété, groupe inconnu à son époque et pas franchement redécouvert par la suite, Unholy mérite quand même qu’on fasse un petit retour en arrière pour découvrir leur musique unique et déjà bien évoluée pour son époque. Si vous aimez les choses expérimentales, décalées, ce disque est pour vous. Même si vous n’aimez pas le doom de manière générale, il y a de quoi.

October 27th, 2007

Ulver : Shadows Of The SunLe dernier Ulver point encore chroniqué, je me sens comme pour le dernier Deathspell Omega, tout seul face à la dernière sortie d’un monstre sacré, avec la peur aux tripes de dire de grosses âneries, mais cela a l’avantage d’être stimulant.

Dans ses communiqués, la petite bande d’Ulver avait prévenu que l’état d’esprit du nouveau disque, l’œuvre se voulait plus intimiste, plus personnelle (en même temps, dire qu’Ulver fait une musique personnelle relève du pléonasme éhonté), plus douce et mélancolique que les précédents travaux d’Ulver. Et effectivement, c’est le cas.

Comme d’habitude, Shadows Of The Sun ne ressemble à aucun des disques qu’Ulver a sortis jusque-là (si le groupe se mettait une seule fois à se répéter, je suppose qu’on pourrait se dire que la formation court à sa perte). Pour autant, bien évidemment, on pourra se servir des précédentes productions pour le définir. Shadows Of The Sun oublie les débauches de Blood Inside, revient vers une composition plus proche de l’esprit de Perdition City, mais un esprit qui suit une voie dérivée, où se retrouvent les influences de Svidd Neger (les influences ambiant jazz de Perdition City sont bien là, le saxophone planant fait son grand retour, mais les parties néoclassiques y sont beaucoup plus importantes). Bref, prenez ces deux disques, mélangez-les, et imaginez ce qu’ils pourraient donner s’ils étaient encore plus calmes et nostalgiques. Rajoutez-y une petite trace de l’esprit de Silence teaches you how to sing. Vous approcherez peut-être à peu près de ce qu’est ce Shadows Of The Sun.

Comme je suis gentil, je vais tenter d’expliquer ça autrement pour les néophytes : Ulver fait une musique électro/indus parcourues d’instrus acoustiques (piano, saxophone, instruments à cordes), qui approche dans cet opus une dimension aérienne et nostalgique. C’est plus simple exprimé comme ça, mais c’est un peu réducteur. Difficile de définir un tel disque, à vrai dire.

Shadow Of The Sun est peut-être un des Ulver les plus difficiles d’accès jamais sortis (avec Nattens Madrigal, mais pas du tout pour les même raisons), surtout pour ceux qui connaissent la discographie du groupe par cœur. On attend de la folie, on en trouve bien peu. Ici, c’est la transe qu’Ulver recherche avant tout. C’est un disque qui s’écoute en solitaire, la lumière éteinte, le soir venu, un verre d’alcool à la main. Ce disque est un véritable brûlot émotionnel, que chacun se doit d’apprivoiser à sa manière. C’est peut-être cela que le groupe entendait dans ses communiqués, le fait que l’album soit moins direct (si on peut dire d’un disque d’Ulver qu’il est direct) et demande à l’auditeur d’aller vers lui, et non le contraire. Apprécier Shadows Of The Sun est une démarche à entreprendre, pas un don de la musique elle-même. Mais la transe n’en est que plus belle.

Que dire ? Oui, Ulver a signé là un petit chef-d’œuvre. Ulver reste Ulver, assemble toujours ses éléments épars avec un génie qui seul rend le disque magnifique au lieu d’être un simple fatras incompréhensible, le groupe compose plus que jamais pour lui-même et met son âme à nu, proposant à l’auditeur un voyage qui n’a pas lieu d’être s’il ne consiste pas en un don de soi à la musique autant que la musique donne à l’auditeur. Et le jeu en vaut la chandelle. Les amateurs ne doivent pas être rebutés par l’aspect très planant, nostalgique et apparemment (apparemment seulement) épuré de leurs habituelles débauches sonores et expérimentales. Quant aux autres, si un disque recherchant une beauté calme et terriblement nostalgique ne les rebute pas, je n’ai qu’une chose à dire : foncez.

Il semble que décidément Garm et sa bande ne me décevront jamais.