December 22nd, 2007

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interview Therion

Vingt ans que Christopher Johnsson mène la barque Therion, ça commençe à être un beau brin de carrière, ça, dites donc. Ils avaient promis de ne pas faire les choses à moitié pour ce tour, et on peut dire qu’ils ont tenu parole. Le 22 décembre à l’Elysée Montmartre, dernière date du tour, le spectacle à été au rendez vous.

The Vision Bleak ouvre la danse devant une salle pas tout à fait pleine (visiblement, une petite partie du public a boudé la première partie). Les sonorités et le monologue de A Shadow Arose commençent à poser l’ambiance typique du groupe pendant que les musiciens viennent se placer un à un. Le groupe nous sert un show tout à fait sympathique, ayant l’idée fameuse de jouer Kutulu! et de lancer la salle sur le refrain tribal monstrueux du morceau en question. Juste après qu’ils aient joué The Demon Of The Mire, un événèment des plus intéressant est survenu: deux types en caleçon avec des masques d’idoles païennes sur la tête ont débarqué sur la scène, on fait coucou au public et aux musiciens et sont repartis très dignement. Il s’agissait visiblement de deux membres de Therion, venus faire une petite blaguounette assez annonciatrice du show à venir.
The Vision Bleak achève son set définitivement trop tôt à mon goût (vu la taille du set à suivre, une demi-heure c’est définitivement très peu), ayant tout de même réussi à jouer des morceaux de chaque album, Carpathia pour l’album éponyme, The Grand Devilry (d’ailleurs bien plus efficace en live que sur disque) pour The Deathship Has A New Capitain, The demon Of The Mire et By Our Brotherhood With Set pour le petit dernier.

Petite pause le temps de virer le rideau qui dissimulait le décor de Therion et de faire les branchements nécessaires, et les suédois entament leur set. Deux silhouettes habillées en moines satanistes sortent des fumigènes en tirant derrière eux deux jeunes femmes affublées des masques païens qu’ils enchaînent chacune à un bout de la scène, puis les musiciens s’installent. Outre le quatuor logique Johnsson, les deux Niemann et Karlsson, on trouve au chant Snowy Shaw, ayant officié sur Gothic Kabbalah, Thomas Wikström qui a remplacé Mats Leven pour les tournées 2007, et Lori Lewis, elle aussi recrutée en dernière minute avant le Wacken. Le groupe ouvre le spectacle avec The Rise Of Sodom And Gomorrha ou, pour commencer en beauté (c’est le cas de le dire), Therion nous offre une charmante danseuse du ventre, qui nous gratifie d’une danse des voiles magnifique, danseuse que l’on reverra sur Wines Of Aluqah un peu plus tard dans le show.

La première partie du show va présenter des morceaux issus de presque tous les albums (non death) du groupe: Gothic Kabbalah (Wisdom And The Cage), Lemuria (Typhon, An Arrow From The Sun, Lemuria), Sirius B (Son Of The Sun, Kali Yuga), Deggial (Via Nocturna), Secrets Of The Runes (Ginnungagap, Midgard, Asgard) et Vovin (The Rise Of Sodom And Gomorrha, Wine Of Aluqah). Après une petite pause, le groupe jouera Theli d’un bout à l’autre, avant d’achever son set par une nombre de morceaux bonus assez impressionant (Adulruna redivia apparemment, ne l’ayant jamais entendue avant je n’en jurerai pas, Summer Night City, une reprise du Black Funeral de Mercyful Fate et Blood Of Kingu pour achever définitivement le spectateur).

De nombreux guests sont intervenus pendant la représentation. Messiah Marcolin est venu faire le pitre et pousser son organe vocal sur Kali Yuga à mon grand dam (je n’apprécie pas beaucoup le personnage). On a pu aussi revoir avec plaisir Piotr Wawrzenuik, ancien batteur et chanteur du groupe, ainsi que Mats Leven, venu entre autres chanter sur Blood Of Kingu (il avait un peu l’air bourré, d’ailleurs, mais comme il chante bien, on lui pardonnera).

Le son était plutôt bon, particulièrement pour les chanteurs qui ont pu s’en donner à coeur joie. On pourra regretter un côté très légèrement brouillon dans le son de la guitare rythmique ou une sonorisation un peu basse des solos du sieur Niemanns, mais il y avait tout à fait de quoi en prendre plein les oreilles.

Et plein les mirettes, aussi. Car Therion n’y est pas allé de main morte. Ce fut un beau spectacle grandiloquent-kitsch bourré de huitième degré (au moins), mené à grand train par le furieux et inépuisable Snowy Shaw et ses deux comparses. Que dire de ces moments de délire ou Shaw se fait emprisonner dans un pilori par les deux filles à tête animale, puis libérer par Thomas Wikström qui fait fuir les deux demoiselles à coups de cravache sur la croupe (pour Wisdom And The Cage) ? Ou encore la présentation des accessoiristes (les gentils messieurs déguisés en moines sataniste), ou lesdits individus commençent à faire joyeusement la chenille en traversant la scène, avant que Snowy Shaw se saissie du dernier et mime une sodomie aussi violente que courte ? Ou l’arrivée des chanteurs avec un maillot de l’équipe de France de foot et un beret sur la caboche ? De Mats Leven se balladant sur la scène avec une démarche de mec complètement bourré et donnant clairement l’impression qu’il allait se vautrer en arrière? De l’art de faire les cons en permanence, d’oublier complètement de se prendre au sérieux et de ne pas perdre pour autant un instant en qualité de jeu/chant. Et pourtant, deux heures trente de show avec une bête pause de dix minutes, franchement, il faut savoir assurer. Ils n’avaient même pas l’air épuisés à la fin, et pourtant on peut dire que les chanteurs ont couru partout, aucun doute là dessus.

Non, décidément, Therion nous en aura foutu plein la vue, pour le coup. Allons, soyons mesquins et trouvons deux ou trois défauts à ce live: les deux filles en idoles païennes n’avaient visiblement pas les mêmes connaissances en matière de danse, l’une des deux pouvant passer pour très empotée comparée à l’autre. La danseuse orientale aurait gagné à être vue plus souvent. Jouer deux heures aurait sans doute suffi. Mais bon, voilà, c’est pas des choses particulièrement dramatiques, et pèsent bien peu dans la balance. Respect pour une performance pareille, et félicitations toutes particulières à Lori Lewis pour sa maîtrise incroyable du registre lyrique de Therion, et à Snowy Shaw pour son énergie et son panel de chants très variés (du hurlement heavy aux grunts supra-sombres de Typhon en passant par tout ce qui peut se faire en matière de chant lyrique).

Setlist:

The Vision Bleak:
-A Shadow Arose
-The Demon Of The Mire
-Carpathia
-The Grand Devilry
-Kutulu!
-By Our Brotherhood With Set

Therion:
-The Rise Of Sodom And Gomorrha
-Son Of The Sun
-Midgard
-Asgard
-Wine Of Aluqah
-Wisdom And The Cage
-Kali Yuga Part 1, 2 et 3
-Lemuria
-Via Nocturna part 1 et 2
-An Arrow From The Sun
-Typhon
-Ginnungagap
-Preludium
-To Mega Therion
-Cult Of The Shadows
-In The Desert Of Set
-Interludium
-Nightside Of Heaven
-Opus Eclipse
-Invocation Of Naamah
-The Siren Of The Woods
-Grand Finale/Postludium
-Adulruna Rediviva (pas sûr mais presque)
-Un morceau que je n’ai pas reconnu, honte à moi
-Summernight City
-Black Funeral (Mercyful Fate)
-The Blood Of Kingu