January 12th, 2008

Chthonian : Of Beatings and the Silence in BetweenDans le petit tas de disques à chroniquer que j’ai reçus tout récemment, voilà le disque qui m’a sauté aux yeux et qui a gagné de passer le premier dans ma platine. Un artwork sobre et épuré, des effets de branches noires stylisées sur du papier brun très visiblement recyclé, c’est plutôt classieux et original. Bon, l’artwork, c’est bien joli, mais qu’est-ce que ça cache ?

Chthonian est le groupe du nouveau chanteur de Finntroll. Eh, ho, là, au fond, revenez tout de suite. C’est pas parce que vous n’aimez pas le dernier Finntroll qu’il faut courir comme ça voyons, ça n’a pas grand chose à voir. Le groupe de Mathias LillmÃ¥ns officie dans un black teinté d’une certaine furie death et d’éléments indus, surtout dans le jeu des grattes, ainsi que quelques petits sample séparant les morceaux de temps à autres. Pour faire simple, on va dire un nom, comme ça, on aura à peu près fini : Satyricon. Oui, voilà, ça fleure très bon le Satyricon actuel tout ça. Rien qu’à voir Thirteen, on s’y croirait. Bon, en fait non, on voit pas mal de similitudes, mais Chthonian n’est pas un clone de la bande à Satyr pour autant. Mais tout ça sent bon le black à tendance death norvégien quand même (Zyklon peut-être ? ).

Of Beatings and the Silence in Between ne fait que trente petites minutes, on pourrait dire que c’est bien peu. Cependant, je crois que le groupe a eu une idée très fine en s’arrêtant là. Les titres se suivent et se ressemblent, sont bien rentre dans le lard, efficaces, mais perdraient beaucoup à être plus nombreux. Car Chthonian manque quand même un brin d’originalité. Des références évidentes bien sûr, mais aussi une certaine tendance à la redondance dans les riffs, et des morceaux pas forcément très distinguables les uns des autres à cause d’un rythme furieux très constant, ne laissant que de temps en temps place à un mid tempo ou une accalmie, sans jamais sortir vraiment des sentiers battus. Malgré tout ça, le disque reste tout à fait efficace, la sauce étant d’une efficacité directe indéniable, on se laisse prendre dès la première écoute. Tant qu’ils ne s’éternisent pas, ce qu’ils ne font pas, fort heureusement, les petits gars de Chtonian assurent plutôt bien.

A noter tout de même une ou deux particularités, le chant de Mathias LillmÃ¥ns qui se situe à la jonction même des styles black et death, pas formaté, et qui est plutôt une bonne surprise même si on aurait peut-être bien voulu un peu plus de variations, là encore. Et la basse, assez grésillante par ailleurs, qui a un mixage la mettant plutôt en avant, initiative assez plaisante, et qui permet de prendre son pied en l’écoutant, sur That’ll Teach You par exemple.

Que retenir d’un tel disque ? Certainement pas l’album du siècle, mais un disque qui mérite qu’on s’y intéresse. Malgré tout ce que j’ai pu dire, il semble évident que Chthonian tient la route, grâce à un dosage assez juste et une bonne capacité à produire des riffs pas forcément originaux mais tout à fait prenants. Des titres comme Ill ou Larvae, Nymph, Decay ou encore Thirteen valent vraiment le détour. Chthonian pourrait bien être une formation à surveiller dans les années à venir, parce que le potentiel est là. Un bon disque pour se nettoyer les oreilles sans avoir à se prendre la tête de temps à autres.

August 17th, 2007

Vesania (PL) : God the LuxVesania. Groupe polonais, qui n’est ni Vader, ni Behemtoh. Ooooh, c’est rare, ça, mais… Ah, oui, d’accord. Le batteur est celui de Vader. Et le chanteur/guitariste est le bassiste de Behemoth, ce bon vieux Orion. Oui, bon, Vesania est un renouveau du métal polonais, mais encore une fois, ce sont les mêmes aux commandes. On peut s’en attrister, mais ce serait oublier que ces petits gars là ne sont pas des pieds, loin de là, et que, finalement, Vader comme Behemoth sont loin, très loin de la production un peu décalée de cette formation.

Bon, précisément, Vesania a quoi dans le ventre? Prenez un black/death (oui, bon, j’ai pas dit Behemoth non plus) assez mid-tempo, très axé rythmique, avec une gratte sombre, une batterie très mécanique et inhumaine, froide comme tout. Rajoutez y des bruits électroniques et industriels en petites doses, et des claviers symphoniques travaillant une sorte de pompe aérienne et sourde qui achève d’obscurcir les compos en rajoutant un petit quelque chose d’épique dans ce qui serait autrement un disque industriel et froid (ce qui ne serait d’ailleurs pas forcément un mal, ce serait juste différent). Rajoutez des plans plutôt originaux et une personnalité bien affirmée, qui prend comme je le disais plus haut ses distances avec les poids lourds du métal polonais qui l’ont enfanté.

Le groupe ne donne pas dans le débauche technique, mais se permet tout de même de raffiner la construction de ses morceaux, profitant bien de ses mid-tempo martiaux pour se permettre des breaks et des changements de rythme réguliers et bienvenus. On est très loin d’un martelage musical systématique et, même si on aurait pu quand même attendre une ou deux accélérations plus conséquentes comme le laissent présager quelques fragments de morceaux (mais cette critique est un peu faite pour la forme, parce que la maîtrise des tempos est bien là). L’absence de solos véritables est un choix tout à fait appréciable dans l’optique de froideur martiale qui règne sur ce disque.

Le disque est assez homogène au niveau des compositions, aucune ne pêchant particulièrement. Rest In Pain tire tout de même particulièrement bien son épingle du jeu, en proposant un titre d’ouverture résumant bien le propos du disque, un peu comme un film annonce particulièrement ficelé et qui accroche très bien l’auditeur. Petit blague de construction, le groupe nous sert d’ailleurs une piste de 24 minutes de blanc et quelques paires de secondes d’instrumentale, morceau qui à mon humble avais n’avait pas lieu d’être (ou alors travaillé autrement). Mais c’est la seule erreur formelle véritable du disque, on leur pardonnera donc.

God the Lux est donc un petit album plein d’une belle volonté de personnalité, de vitalité et de talents. Certes, on n’a pas affaire à une bombe monstrueuse, mais le disque est tout de même des plus réjouissants, sa musique simple et recherchée tout à la fois se montrant très efficace. Une alternative convaincante et plaisantes aux géants de la scène polonaise extrême, qui se paye le luxe de ne pas les imiter. A découvrir.

June 12th, 2007

Hacride : AmoebaOui, je suis éclectique, pour ceux qui n’auraient pas remarqué. Voici venir Hacride, probable nouveau fleuron de la scène death française.

Bon, sérieusement, qu’est-ce qu’il y a là-dedans? Du death moderne si j’ose dire, teinté de hardcore et somme toute assez progressif. Le groupe a bouffé du Gojira au déjeuner, et du Messhugah au dessert (voir le début de Vision Of Hate qui, s’il n’est pas un copié-collé du groupe sus-cité, sent bon les riffs des suédois). Ca s’entend, bien évidemment, mais les petits d’Hacride fait aussi preuve d’une originalité bien à eux. Quelques incursions accoustiques, des envolées de chant mi-claires un peu planantes, une alternance de rythmes syncopés et d’autres plus liés, et surtout une belle volonté progressive dans l’album.

Parce que les morceaux ne se ressemblent pas, et cela pourrait être l’un des principaux atouts du disque. Après des débuts très syncopés, et trois premières chansons qui font penser que l’album part vers une continuité peut-être lassante à la longue, le groupe nous livre Zambra, un morceau étrange et complètement en décalage avec les précédents, en réalité une reprise du groupe Ojos de Brujo, ce qui montre clairement que le groupe n’est pas limité à ses mentors et s’ouvre avec plaisir à d’autres perspectives musicales. L’objet est étonnant et franchement réussi. Suit Liquid, qui s’avère être une petite orchestrale ambiante, qui à nouveau surprend l’auditeur par une ligne mélodique acoustique à la recherche d’une expression élémentaire (l’eau, pour ceux qui n’auraient pas compris), étonnante de justesse (pour un peu on imaginerait bien une flying whale sur cette mélodie, comme quoi Gojira est toujours dans le coin… Bon, pardon, c’était pathétique, je sais, je sais, la porte est derrière, je sors, je sors). Quand à Cycle, c’est un retour aux premiers titres… Mais seulement en apparence. Le morceau se veut plus progressif (d’ailleurs, Opeth s’est sans doute un peu glissé dans leurs influences), pioche plus allègrement dans l’ambiant, et se construit avec pas mal de science le long de ses sept minutes.

Quant à Deprived of Soul, c’est un peu un titre multiple, qui repioche dans tous les courants des titres précédents et en fait une synthèse judicieuse.

Le reste de l’album oscille constamment entre passages ambiants et gros métal, pour finalement s’achever sur un riff presque sériel et entêtant, sur la fin d’On the Threshold Of Death.

Bon. Vous l’aurez compris, le contenu de ce disque est bon. Pas basique pour un sou, sous influences mais pas emprisonné par elles, Hacride montre un sacré potentiel. Mais. Oui, forcément, il y a un mais, sinon j’aurais mis plus de 15. C’est que si chaque titre est très bon pris à part… Eh bien, à force de rechercher l’originalité, Hacride s’est un peu emmêlé les pinceaux sur la construction de l’album. Son organisation se révèle parfois un peu maladroite, et les titres ne s’enchainent pas franchement bien entre eux. Je prendrai pour cela l’exemple le plus flagrant, j’ai nommé Zambra. Le morceau en lui-même, je l’ai déjà dit, est excellent. Seulement voilà, avec tous les autres morceaux du disque, il fait un peu tache, dénote, jure, bref, il n’est pas dans l’ambiance générale, même s’il s’en approche. Le concept en lui-même aurait mérité d’être développé sur un disque entier, je pense, mais ici, cela fait un peu pensée embryonnaire, morceau qui nuit à la cohésion de l’ensemble malgré son intérêt certain. C’est la le principal problème d’Amoeba: au final, il manque de cohésion.

Si cela parvient à être gommé sur leurs prochains albums, je pense sincèrement qu’on aura affaire à quelques petits chefs-d’oeuvre. En attendant, on a un cd plaisant et intéressant même s’il n’est pas transcendant. A suivre.

June 19th, 2006

Aabsinthe : The Loss of IllusionsTiens? du death français… Ca doit pas être terrible, comme d’habitude avec le death français… Erreur. Aabsinthe est passé totalement inapperçu, et ne mérite franchement pas le peu d’intérêt que le groupe à suscité. Certes, c’est un album autoproduit, donc pas simple à trouver dans les bacs (quoi qu’ils viennent actuellement de trouver un label, on peut donc espérer une meilleure distribution), mais franchement Aabsinthe est à mon humble avis l’un des groupes de death les plus intéressants du moment. Une vraie révélation.

Le combo produit un death mélodique, très atmosphérique (mais c’est du death quand même, pas de doutes à dessus), qui semble choisir le meilleur de tous les groupes en vue dans le même mouvement, pour en faire un produit personnel et racé, particulièrement réussi. C’est la première fois de ma vie que j’écoute un album de death aussi long (67 minutes!) sans m’ennuyer un seul instant (Opeth mis à part). C’est inventif tout en reposant sur les bases particulièrement solides inhérentes au genre, Ca pulse d’émotions tout au long des onze titres dont beaucoup approchent ou dépassent les six minutes. La structure des morceaux est souvent sophistiquée, parfois proche du génie musical. Le chant death est mélancolique et puissant tout à la fois, bref le talent est là, même si la production n’est pas très bonne (pas à la hauteur du contenu, en tout cas, c’est pas du studio style true black dans une cave non plus). Aabsinthe est certainement un groupe à supporter, en espérant qu’ils puissent un jour nous sortir une deuxième galette de cette qualité. Peut-être pas l’album de l’année 2005, mais il fait incontestablement partie de mon top 5 pour l’année.

A découvrir si ce n’est déjà fait.

April 25th, 2006

Hantaoma : MalombraHantaoma est le projet métal des membres de stille folk, développé à l’occasion d’une année sabbatique dudit groupe. En effet, les musiciens avaient envie de refaire du métal, et c’est réussi.

Malombra reprend donc les éléments qui ont fait le succès (relatif) de Stille folk, et y rajoutent des grattes, une batterie, et des chants death et gutturaux, voir un peu black par moments. Le résultat est une musique saturée (les riffs de guitare sont bien gros, emplissent tout l’espace sonore, se succèdent à toute vitesse, la batterie elle aussi n’est pas en reste) peuplée d’instruments traditionnels (bombardes, binious…). Le grand succès de cet album est d’avoir réussi à ne pas noyer les instruments traditionnels dans le son gras des guitares, tout en ne s’appuyant pas de trop sur eux. On a donc à faire à une bon métal bien corsé, peuplé de sonorités ancestrales savamment distillées. Le chant en occitan, oscillant entre voix graves et death et chant clairs, ajoute au ton un peu décalé de l’album un aspect un peu surréaliste assez agréable.

Bon, si vous n’avez pas envie de faire la fête où d’écouter de la musique joyeuse, fuyez cet album comme la peste, parce que c’est tout sauf triste, et ce dû à l’aspect un peu fête de village des compos, pas désagréable mais un peu déroutant pour un amateur de métal dépréssif.

Par contre, le gros défaut de l’album est d’être parfois un peu trop lourd dans ses références aux maîtres, si je peux dire. En effet, rien à faire, on sent que Maiden est passé par là, et que le groupe à un peu de mal à se défaire de leur influence lorsqu’il compose ses parties de grattes. Bon, ça reste un maiden qui a bouffé des amphés , mais c’est un peu dérangeant à la longue. C’est le seul vrai défaut de l’album, après, on aime ou on déteste selon ses goûts. Pour moi, c’est de la bonne musique, agréable à écouter une fois de temps en temps, quand on a l’esprit à ça. titre à écouter absolument: vent follet.