January 12th, 2008

Deinonychus : Warfare Machines

Hein? Quoi? Ah, je dois chroniquer un disque, là? Pardon, désolé, j’avais l’esprit ailleurs.

Bon, j’avoue, je dormais en fait.

Voilà, ça, c’est fait. Je commence sérieusement la chronique. Deinonychus est une sorte de one-man band de dark doom avec plein de musiciens qui tournent aux divers postes sous l’égide du sieur Marco Kehren, monsieur qui n’est pas tout à fait le premier venu puisqu’il a officié dans pas mal de groupes don Bethléhem et Dark Sanctuary, quand même. Une carrière d’à peu près 15 ans de carrière et un grand groupe de dark atmosphérique au palmarès, j’avoue que j’ai été assez peu agréablement déçu par le disque en question. Non pas que j’attendais un chef d’oeuvre ou quelque chose du genre mais…

Bref. Warfare Machines a un gros, un énorme défaut: sa facilité intrinsèque. Il est vrai que j’ai assez peu d’amour pour le doom de toutes manières, genre dont la tare principale à mes yeux est cette habitude de donner régulièrement dans la facilité (je ne généralise pas pour autant, je sais pertinemment que le genre ne se limite pas à ça, pour être amateur de groupes comme Void Of Silence ou Dolorian). Ici, le travers clair. Les riffs sont simples et tournent en boucle. La structure des morceaux est classique au possible. Le son est plutôt mou, les guitares n’étant pas franchement percutantes. Le chant est linéaire malgré deux ou trois tentatives de chants/choeurs clairs et de choeurs assez bienvenues quoique pas toujours très maîtrisées. La batterie a un jeu simple mais étrangement assez chaud, plutôt plaisant et bien intégré. Tout ça n’est pas tout à fait dénué d’intérêt, mais force est de constater que je m’ennuie ferme en écoutant ce disque.

Pourtant, il commençait bien. Une intro de trois minutes basée sur une structure cyclique, un riff pas excellent soit dit en passant, mais portant bien le morceau, sur lequel se rajoutent un monologue et des larsens bien placés. Le Corwin s’est retrouvé titillé. Carpet Bombing, après une petite entrée à la batterie, laisse venir les premiers riffs du disques. Affreusement plats et amorphes. Et pourtant, le morceau a ses moments de gloire: deux accélérations qui gagnent une profondeur de son efficace, prenante, ou les hurlements uber graves de Marco Kehren prennent leur envol. Malgré un démarrage étrangement mauvais, le morceau se trouve être intéressant, assez accrocheur au final.

Mais après, c’est la chute. Manoeuvre East et NaPolA marquent l’avènement des riffs faciles et entendus cent fois, des morceaux linéaires sans envolée ni émotion. Seul un petit choeur sauve NaPolA du désintérêt total. Arrive la grosse erreur du disque, MG-34, un titre black et d’une frénésie très maladroite, qui n’emporte l’auditeur que par surprise, au début du morceau, à cause du changement de tempo. Une nouvelle forme d’agressivité dans la voix de Kehren semble relancer l’intérêt, mais la redondance du riff et la linéarité définitive du morceau achèvent de le couler.

False Flag relance un peu le disque, et permet d’entamer la partie la moins mauvais du CD. Le rythme syncopé de ce morceau est un peu plus original, et il se trouve être plus varié, le jeu des guitares enfin vraiment sombre, des leads agréables, bref, le morceau sauve l’honneur. Nerve Agent ne déparera pas trop après ce redémarrage beaucoup trop tardif, se permettant lui aussi des structures de grattes moins primaires que certains des premiers morceaux, un peu distordues, des alternances plutôt bien faites de murmures, de choeurs narratifs clairs et de voix black, pour une ambiance finalement pas si pourrie que ça. Même vraiment chouette.

Morphium achève le disque sans être un morceau d’un intérêt particulier, mais reste un morceau doom correct avec une ambiance sépulcrale lourde à souhait.

Donc quoi? Trois bons morceaux dont une sorte d’introduction, un morceau décent, un morceau à moitié bon et à moitié catastrophique et trois bouses inutiles, tout ça sur un disque après tout relativement court. Je suis peut-être un peu sévère, mais voir des titres comme False Flag côtoyer des MG-34 et des Manoeuvre East a la très nette tendance de m’énerver. Allez, oui, d’accord, quelques morceaux sauvent l’honneur et méritent d’être écoutés, mais franchement, mettez plutôt des sous dans un Dolorian ou un Unholy que dans ce Warfare Machines bien en dessous de ce qu’on pourrait en attendre.

Moi, je retourne dormir.

October 28th, 2007

Dolorian : VoidwardsAttention chef-d’Å“uvre !

Le doom est très loin d’être mon terrain de prédilection. Généralement je trouve ça lourd, poussif, chiant. Quelques disques de ce genre cependant semblent capables de me toucher au cÅ“ur. Ce Voidwards fait, indéniablement, partie de ceux-ci. Sans doute parce qu’il n’a rien d’un album de doom classique, d’ailleurs.

Dolorian nous sert ici une musique véritablement unique. Supposez que Shining (période The Eerie Cold/Halmstadt) se mette à composer d’une manière proche de The Gault (oui, je sais, personne ne connaît The Gault, et c’est bien dommage d’ailleurs), en se laissant traîner vers le doom bien plus que vers le black, en cherchant à composer son album comme un seul et unique morceau avec des phases différentes mais homogènes et presque indissociables sur le long terme. Avec un côté un peu coldwave en prime (je n’ai pas cité The Gault pour rien). Avec moins de petites expérimentations contestables que Shining. De manière plus légère d’un point de vue sonore, mais tout aussi plombant, même plus, beaucoup plus.

La guitare lourde, saturée est présente, oui. Mais elle se fait rare, diffuse, laissant une trame épurée, claire, chargée d’arpèges tordus et de lignes limite électro-accoustiques, beaucoup plus mélodiques. La musique est soutenue par une batterie simple et lente parfois limite jazzy (certains plans rappellent un peu ce que Shining laissait entendre dans les parties aériennes de The Eerie Cold), doom mais pas lourdissime, au tempo bas mais pas neurasthénique (non, non ce n’est pas du funeral doom). La voix chuchote, susurre, et par moments monte, entre de plein pied dans les registres black/death pour des montées chromatiques superbement maîtrisées, doublées de ces guitares doom que j’évoquais un peu plus haut.

L’Å“uvre qui ressort de ce tout ça est une sorte de grand morceau interminable, au tempo pratiquement dénué de variations tout le long de l’album, fait de montées en puissance magmatiques et de passages ambiants omniprésents, de sonorités décalées, et d’une âme noire et désespérée bien plus efficace qu’un doom classique. Malgré sa structure éthérée, Voidwards prend à la gorge et ses 66 minutes sont une épreuve bénie pour l’amateur de sensations étouffantes sombres au possible. D’ailleurs, malgré sa simplicité apparente, on est très loin d’une Å“uvre basique : les agencements sont peaufinés à l’extrême, tous les sons s’imbriquent les uns dans les autres avec une justesse impressionnante. La production est vraiment excellente, mettant tous les éléments à leur place et liant le tout avec brio.

Non, Voidwards ne plaira pas à tout le monde, loin de là. Sa linéarité apparente en rebutera plus d’un. Son aspect hors normes fera fuir certains amateurs de doom. Son calme relatif pourra être considéré comme “chiant” par d’autres. Mais ce serait bien dommage, car on tient vraiment une pépite du genre, un disque à se passer pour voyager dans de tristes contrées désolées, le spleen au creux de l’âme et le moral au fond des bottes. On décernera une mention spéciale à Ivory Artery, morceau ou l’explosion de puissance est à son paroxysme.

Au cas ou il y aurait des amateurs à prêcher, je profite pour faire éhontément de la publicité à The Gault (mais personne ne m’a vu) dont le Even As All Before Us n’est pas sans rapport avec cet OVNI qu’est Voidwards (sans être véritablement comparable, mais Dolorian laisse bien peu de points de rapprochement il est vrai) et se trouve être pour moi une autre référence du doom-qui-ressemble-à-rien-de-connu, et provoque chez moi la même sensation de transe étouffante. Qu’on se le dise.

October 27th, 2007

The Second Ring of PowerEt un disque anormal pour la deux, un !

La première chose que j’ai faite en posant l’oreille sur ce The Second Ring of Power, premier méfait du groupe à arriver entre mes mains, ce fut de revérifier la datation de l’objet. Mais non, le carbone 14 n’a pas menti, il s’agit bien d’une sortie nous venant du fin fond de l’année 1994. Qu’y a-t-il donc d’étonnant à cela me direz-vous ?

Eh bien, Unholy fait du doom. Mais pas n’importe lequel, non, un doom largement arrosé d’ambiances black (en particulier dans les vocaux mâles), et surtout, surtout, chargé d’un esprit expérimental et (forcément) barré. Unholy compose avec une volonté de décalage, de prises de risques par rapport aux genres pratiqués, chose qui ne surprendrait pas forcément outre mesure pour un disque de ce siècle ou même de la fin des années 90, mais qui a tendance à prendre l’auditeur au dépourvu lorsque l’on parle d’un disque sorti si tôt, alors que les genres pratiqués sont encore bien jeunes. Donc, c’est dit, ce The Second Ring of Power mérite déjà donc qu’on pose l’oreille dessus rien que pour cela.

Mais bon. Être barré, c’est bien, mais il ne faut pas faire n’importe quoi non plus. Qu’a donc ce disque dans les tripes ? Prenez un genre bien lent et pesant (donc doom black pour ceux qui ne suivent pas) qui se permet cependant une ou deux accélérations (voir le titre éponyme ou encore Dreamside) qui se trouvent être d’autant plus efficaces que le tempo habituel oscille entre 30 et 60 bmp (c’est du doom quoi). Puis de bonnes vieilles guitares à la production grésillante et crade, qui posent un mur de son lourd (mais pas particulièrement envahissant), se permettant quelques mélodies tordues et même un ou deux semblants de soli (très vite avortés, rien que pour prendre l’auditeur à contre-pied). Ensuite, une batterie lente au possible (je pense que n’importe quelle personne peut maîtriser ces parties dans leur grande majorité, une ou deux accélérations exceptées, sans se donner trop de mal à condition de ne pas avoir deux pieds gauches à la place de la chaque main) posant des rythmiques hallucinogènes, ses frappes très lourdes et résonnantes. Et un clavier, qui sert des nappes cosmiques, approchant des sons d’orgue ou de ch?urs grégoriens, mélodies planantes qui n’allègent absolument pas la musique du groupe, tout en lui apportant un côté “beau” des plus plaisants. Présents mais pas envahissants. Rajoutez à cela une basse très présente, jouant une espèce de partition funk hallucinée et lente (évidemment), indescriptible et franchement efficace. Ah, et puis deux voix. Evidemment, vous vous doutez que cela ne ressemble pas à grand chose, vu ce que j’ai pu raconter jusque-là. Le monsieur nous sert principalement des vocaux black bien gras, tout en n’hésitant pas à lâcher des plaintes claires de temps à autres, parcourus de chuchotements… Ses vocaux ont la particularité d’être assez imprévisibles, même s’ils changent relativement lentement, rythme oblige : on ne sait jamais ce qui nous attend une minute ou un titre plus tard. Un chant parfois terrifiant et parfois complètement décalé, bouffon. Quant aux incursions féminines… La Demoiselle ne se racle pas la gorge, non, mais chante faux exprès, ou vient rajouter des mélodies qu’on n’attend pas dans un morceau, doublant parfois son camarade de manière incongrue. Bref, un duo étrange et décalé, fou, à l’image de l’entièreté de ce disque, d’ailleurs.

The Second Ring of Power n’est donc pas un disque facile d’accès. La première écoute surprend et remue. Une fois qu’on a bien assimilé que ces gars étaient complètement tarés et que la musique qui va avec est logiquement… Tarée, bravo, vous suivez, c’est bien… On peut commencer à apprécier ce disque à sa juste valeur. Et se rendre compte que l’on tient une ?uvre pas parfaite, mais tout de même pleine de bonnes choses et contenant même quelques traits de génie indéniables (Lady Babylon, Covetous Glance et l’expérimental fou furieux Serious Personality Disturbance And Deep Anxiety méritent tous trois des honneurs). Et puis, rappelez-vous, c’est un disque de 1994. Aucune notoriété, groupe inconnu à son époque et pas franchement redécouvert par la suite, Unholy mérite quand même qu’on fasse un petit retour en arrière pour découvrir leur musique unique et déjà bien évoluée pour son époque. Si vous aimez les choses expérimentales, décalées, ce disque est pour vous. Même si vous n’aimez pas le doom de manière générale, il y a de quoi.

September 12th, 2007

Green Carnation : Journey to the End of the NightGreen Carnation est un groupe dont l’un des maîtres à penser est un certain Tchort, connu pour ses prestations sur Carpathian Forest et avoir participé à -en vrac- Emperor, Satyricon et Blood Red Throne. Pas franchement un premier venu, donc. Le groupe, d’après ce que j’ai cru comprendre, existait déjà dix ans avant cet opus et jouait du death. Une page complètement tournée vu ce qu’on trouve dans ce disque.

Pour ce premier album, Green Carnation joue dans un registre doom/rock progressif des plus étonnants lorsqu’on sait qu’un des types aux commandes est un musicien de black métal à l’origine. On y trouve des orchestrations symphoniques, un chant opéra féminin aérien… Nul doute que les influences des frères Botteri y sont pour beaucoup. A vrai dire, même quand on ne connaît pas le musicien en question, Journey to the End of the Night surprend. Le disque est composé d’une vague introduction et de quatre morceaux (le dernier décomposé en 4 plages) qui dépassent tous les 13 minutes, morceaux tous lents, aux rythmes et mélodies changeantes, fluctuantes et un peu désordonnées… On sent une volonté de ne pas faire comme tout le monde et de se confronter à la dure tâche de la construction sur longs morceaux, mais la maîtrise nécessaire , si elle se profile, est encore loin d’être au sommet. Pour faire simple, ce Journey to the End of the Night est intéressant, mais trop long et trop inégal pour faire un album véritablement bon.

Oui, parce que le disque fait tout de même 70 minutes, et que réussir à passionner par des rythmes lents et planants sur une telle durée n’est pas donné à tout le monde. Pourtant, Green Carnation s’en tirait plutôt bien par moments. On trouve en effet des passages excellents et prenants, comme le morceau My Dark Reflections of Life and Death en entier, ou divers fragments des autres morceaux où une belle trace d’âme musicale surgit et prend aux tripes. Seulement, d’autres morceaux et passages ne provoquent pas grand chose, juste une sorte d’amorphie, d’attente du morceau suivant (le titre éponyme est franchement plat), et le côté parfois trop répétitif voir récurrent de certaines sections rythmiques d’un intérêt limité ont tendance à gâcher le plaisir. Au final, l’intérêt baisse, et le final très sec (shattered s’arrête presque sans crier gare et on se retrouve avec un blanc sonore inattendu et inapproprié) n’arrange pas les choses.

Journey to the End of the Night laisse le goût d’une oeuvre encore en gestation, et posée trop vite sur disque, alors qu’un petit temps de maturation supplémentaire aurait pu en faire un album vraiment transcendant comme les moments de génie le laissent à penser (My Dark Reflections of Life and Death montre bien que le groupe est capable de composer sur le long terme -18 minutes tout de même- avec pourtant des rythmiques simples et répétées, la montée dramatique en milieu de morceau n’en prenant que plus d’ampleur). La production ne fait pas honneur malheureusement, les guitares sonnent un peu mou du genou et les arrangements auraient mérité un son plus puissant. Les recherches dans la succession de mélodies, souvent un peu maladroites, sont pour beaucoup dans le semi échec de ce disque, donnant des morceaux manquant parfois de cohérence sur le long terme.

Green Carnation présente ici un début d’éveil et une tentative louable de créer une ambiance qui lui est propre dans un style assez unique. Hélas, la perfection est encore loin et le disque, pourtant loin d’être inintéressant et conservant tout de même de très bonnes choses dans ses entrailles, finit par lasser. Dommage.

July 6th, 2007

The Gault : Even As All Before UsGroupe maudit, splitté après avoir produit un album, disque oublié et redecévouert quelques années plus tard, c’est écrit dessus, c’est culte, et bla, et bla, et bla. Pour tout vous dire, je flairais le non-évènement à plein nez, quelque chose dans le goût d’un projet avorté et sans intérêt qu’un label avait décidé de sortir avec tout le bel emballage vendeur.

Bon, autant pour moi. Pour une fois, c’est marqué culte dessus et c’est très, très loin d’être faux. The Gault nous sert un album hybride, sorte de rock psychédélique aux influences coldwave, doom, goth, stoner. Je crois que j’ai fait le tour. On a donc affaire à un “black rock” lent, puissant et aérien parcouru de sons gras et de larsen, au travers duquel on sent fortement l’influence d’un certain Neurosis, et tout particulièrement de leur A Sun That Never Sets (ce qui n’est pas la référence de bouse, vous en conviendrez).

Le chanteur est une véritable révélation. Il alterne avec brio chants désespérés et cris… Heu, désespérés aussi en fait. Sa palette de nuances dans les sentiments tristes et noirs est impressionnante, on sent qu’Ed Kunakemakorn vit son chant, en osmose totale. J’ai rarement entendu d’aussi bonnes prestations en matière de goth plaintif (je dis goth car c’est dans ce chant que se retrouvent les principales influences de ce genre, mais on pourrait parler de tous les chants désespérés en général, ce monsieur a beaucoup à apprendre à la horde de grogneurs sans sentiments des funeral doom dépourvus de génie). Il est aussi accompagné de temps à autre par une voix féminine qui s’insère parfaitement dans les compos.

Les guitares hésitent entre un son strident et des sonorités plus rondes, de celles qui touchent au coeur sans avoir à chercher la chaleur. Ce sont des riffs tristes, des stridulations malades, et pourtant c’est beau, c’est poignant sans être minant. La batterie simple et martiale vient compléter l’ambiance sans rien gâcher, sachant se faire d’une discrétion exemplaire sans disparaît totalement, instaurant un squelette de structure à ces morceaux kilométriques et cycliques. Et pourtant, loin de s’y limiter, The Gault nous livrent même quelques envolées post-rock énervées, coups de fouet bienfaiteurs qui cassent le rythme sans briser la justesse du morceau, rajoutant des instants de bravoure passionnants.

Je vais, pour conclure, prendre l’exemple d’un disque classique de funeral doom. A ces disques là, je peux les écouter d’une traite certes, mais mon attention retombera toujours à un moment ou un autre du disque, et surtout, je n’aurais aucune envie de le remettre d’office dans la platine, même si je le ressortirai plus tard, une fois de temps en temps. Ici, c’est différent, tout en restant assez proche sur le fond. Lorsque ces 73 minutes de tristesse et de désespoir, la première chose qu’on a envie de faire, c’est de recommencer le voyage. On appuie sur Replay… Et 73 minutes après, on est toujours enchanté. Cet album est magique, tout simplement.

On notera tout particulièrement les envolées d’obliscence ou encore d’outer dark qui sortent un peu du lot, mais franchement, pas une minute n’est à jeter ici (à part peut-être l’intro un peu folk et pas franchement utile). Un objet qui cultive un sens tordu de la beauté planante absolument fascinant, et qui s’en va rejoindre le Feedbacker de Boris dans mon panthéon des meilleures oeuvres monolithiques à écouter en boucle. Notons pour terminer que The Gault réussit en plus le tour de force d’être (très relativement, c’est du doom cauchemardesque quand même) accessible, même si les larsen en rebuteront quelques uns.