October 29th, 2007

Tat : Le Sperme de Tous les MétauxIl y a des groupes qui se permettent de ne ressembler à rien de connu. De s’ouvrir à des concepts musicaux casse-gueule. Et de s’en tirer avec une certaine classe. Tat fait partie de ceux-ci.

Le Sperme de Tous les Métaux est une suite logique au Quinta Essentia paru l’année précédente, dont il reprend la majorité des éléments. La musique du faux one man band (beaucoup d’intervenants cités comme guests) est très difficilement descriptible : la structure se veut néofolk, jouant avec des guitares acoustiques pour poser le squelette des morceaux. Des éléments industriels relativement nombreux viennent se greffer en divers endroits, et on peut même noter une légère touche électro. La totalité de l’?uvre montre une volonté de composition assez inspirée par le néoclassique. Résumé: ça n’est pas franchement descriptible de manière globale, tant le disque est varié.

Un titre par titre s’impose donc. On ouvre sur une introduction, un chant rauque et résonnant déclamant du Baudelaire. Ce morceau est très contestable, la distorsion sur la voix étant assez maladroite et se révélant presque désagréable, enlevant en tout cas la portée poétique du morceau en question. Entrée en matière naze, donc.

Suit Unicornis, un morceau inspiré de Schubert, alliant une guitare néofolk avec des percussions sombres et sourdes, très telluriques. La voix masculine reste dans le même registre que le premier morceau, choix que je me vois obligé de contester là encore même si c’est moins flagrant. Rapidement cependant, c’est la voix d’Esclarmonde (qui chante sur à peu près la moitié des titres de Tat) qui prend le relais. Etrangement là encore, on se trouve face à une prestation un peu bancale, non pas par le chant lui-même, mais plutôt par le texte chanté, dont le rythme s’associe plutôt mal avec celui de la musique sur lequel il est collé. Le morceau reste intéressant, même si très loin d’être parfait. On notera d’ailleurs l’effet assez plaisant que donne la guitare folk lâchant des petites pluies de notes visiblement composées pour un clavecin.

Solution et Dissolution enchaîne, un grondement industriel emplit l’espace et laisse peu à peu surgir des sonorités d’orgue fantomatiques, puis le fond sonore disparaît au profit de quelques grognements possédés. C’est là que la sauce commence vraiment à prendre : le morceau est un digne petit rejeton du dark ambiant à tendances industrielles.

La guitare folk reprend du poil de la bête avec Putréfaction, accompagnée cette fois d’une pulsation électrique, d’un chant beau et nostalgique, et de quelques bidouillages sonores. Ce morceau est mon préféré du disque : à la fois nostalgique et flottant, il se permet un petit écart malsain ou une petite “improvisation” très libre, ce qui en fait un titre posé et jouant avec sa simplicité apparente pour cacher quelques richesses passionnantes en son sein.

O TAT repart dans le délire des voix rauques et résonnantes, mais cela passe un peu mieux que dans l’introduction, certainement parce qu’on est enfin pris dans l’ambiance du groupe. Quant aux apparitions vocales très noires et résonnantes de la seconde partie, elles amènent un côté sombre qui alourdit le morceau avec justesse. Il ne s’agit cependant pas du meilleur morceau du disque, loin de là.

Purification continue dans sa veine néofolk très posée, et la voix se fait narrative, parfois un peu grandiloquente, doublée de nouveaux vocaux rauques (parfaits ceux-ci).

L’interlude laisse place quant à lui à un petit délire noise discordant, qui secoue bien l’auditeur au cas ou il aurait pensé à s’endormir (ce qui aurait tout de même été dommage).

Vient ensuite Subtiliation, qui se permet quelques incursions d’un rythme plus entraînant sur son habituelle structure néofolk à la guitare acoustique nostalgique, quelques sonorités de cuivres et une insertion électro très plaisante sur la fin du morceau.

Tat conclut son disque par deux reprises de Thalidomide, un morceau de son premier disque. La première est excellente (si on excepte l’introduction à la voix rauque, ici encore un peu contestable, les vocaux au c?ur du morceau étant plus justes à mon humble avis) et achève bien l’écoute du disque. La seconde, un remix façon darkwave, laisse un peu plus perplexe, sans être désagréable pour autant.

Tat nous livre donc un petit disque de néofolk chargé d’influences néoclassiques et d’expérimentations indus/noise/électro (rien que ça), sombre, nostalgique. Le tout est assez disparate mais passe plutôt bien, et une sorte de cohérence (pour laquelle la guitare acoustique fait beaucoup d’ailleurs, liant les morceaux entre eux) émerge assez rapidement du chaos apparent.

Le Sperme de Tous les Métaux est meilleur que Quinta Essentia. Il est cependant loin d’être parfait : un peu court, gardant en son c?ur quelques éléments un peu moyens (principalement dans les vocaux rauques, vous l’aurez compris) qui ont tendance à rendre un peu plus dure la rentrée dans l’?uvre qu’elle ne devrait l’être.

On ne peut cependant que saluer cette volonté de jouer une musique très personnelle et de se dire qu’un tel disque est très prometteur. L’évolution positive entre les deux premiers opus est assez nette (même si elle comporte quelques aspérités, l’ambiance est prenante au final), et il est fort probable que le lyonnais nous sorte un chef-d’?uvre dans les années à venir. A suivre.

October 4th, 2007

Dornenreich : Her Von Welken NächtenIl y a des disques qui vous mettent de bonne humeur pour la journée, pour peu qu’on oublie de vous lâcher un piano sur les pieds ou d’écraser votre chat-chien-canari-mouche de compagnie. A mes yeux de Her Von Welken Nächten en fait partie.

Pour ceux qui auraient lu (ou seraient pris d’une subite envie irrésistible de rattraper cet oubli des plus impardonnables avant de continuer plus avant celle-ci) ma chronique de Durch Den Traum, vous savez déjà que ce disque fait partie du premier mouvement du groupe. On n’est pas encore arrivé aux longues pistes calmes d’Hexenwind, encore moins aux abstractions sophistiquées et planantes de Durch Den Traum. Ici, on a encore affaire à un black folk des plus… Ah non. Pas classique. Désolé, autant pour moi.

Au vu de ce disque, on peut dire sans trop risquer de se planter que Dornenreich a toujours fait partie des hurluberlus qui s’amusent à ne pas faire le même black métal que le voisin. Même si ce disque ne peut pas franchement être qualifié de post-black comme ses successeurs, puisqu’il est encore bien campé sur des riffs ancrés dans le genre et sur des vocaux typ… ah non, pas typiques, désolé, mais qui rentrent quand même dans le cadre des vocaux black. Cependant, ça ne ressemble à rien de connu. Explications.

Prenez du black. D’un genre assez léger. Utilisez des incursions folk (piano, violon, guitare volk et autres ambiances au synthétiseur). Rajoutez une bonne volonté progressive (aaaah, fuis, pauvre true blackeux fanatique!). Rajoutez des voix claires et surtout, surtout, un chant black TRES kitsch.

Oui, voilà, le mot est tombé. Kitsch. Ce disque l’est assurément, et c’est par le chanteur que tout se fait. Jochen Stock nous sert un chant black aigu pas franchement hurlé, qui alterne des sonorités décalées plus ou moins choquantes (en dehors des vocaux pouvant convenir à un groupe de black classique, on trouve des chuchotements tournant parfois au ridicule, des grognements parfois porcins, des couinements aigus et des vocalises genre “gamin en cours de mue s’essayant au raclement de gorge”). Tout l’intérêt de ceci est que ce côté kitsch n’a rien d’une contre-performance (les travaux suivants de Dornenreich montreront bien que Jochen sait utiliser son organe vocal sans tomber dans ces travers, et d’ailleurs de nombreux passages plus “classiques” de Her Von Wälken Nächten sont eux aussi solides et efficaces), il s’agit d’une kitscherie parfaitement assumée. Même si on pourrait en douter au début, la certitude se fait assez rapidement, surtout lorsqu’on entend les murmures enfantins d’Innerwille ist mein Docht. Forcément, ce chant va en faire sursauter plus d’un, surtout parmi les puristes. Mais pas que. Moi-même, j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans ce disque dans un premier temps, à cause de ça. Le temps que j’accepte de considérer ce disque comme drôle, en fait.

Pas moyen de prendre ce disque entièrement sérieusement, non. Il y a toujours un petit sourire en coin qui jaillit à un moment ou un autre. Mais après tout, pourquoi ne pourrait-on pas se marrer en écoutant un groupe de black ? Enfin, je veux dire, trouver de l’amusement à écouter le chanteur s’éclater de manière fort cocasse plutôt que de devoir rire d’un niveau de musiciens déplorable ? Oui, parce que là, on n’a pas franchement affaire à des pieds, d’un point de vue musical. Comme je le disais plus haut, le tout est assez progressif, comme le montrent les premiers morceaux, qui sautent d’un riff à l’autre sans grand souci, ou le disque lui-même qui saute des titres biens rentre dedans du début à des plages ambiantes (Innerwille… et Ihr Wehlt Ein Moment) avant de revenir au rentre dedans moins tordu qu’aux commençements (Schwarz schaut tiefsten Lichterglanz, Trauerbrandung) et d’achever le disque sur un morceau de nouveau ambiant. Le tout sans risquer d’affaiblir sa structure (même si le passage du quatrième au cinquième titre manque peut-être un peu de liant). La technique des musiciens est bonne et leur sens de la composition très visible.

Bon. Je suis parti un peu dans tous les sens (c’est ma nature, je ne peux pas m’empêcher), alors synthétisons. Her Von Welken Nächten est un disque plutôt bon dans l’ensemble, bien que parfois un peu maladroit et ne montrant pas encore la maîtrise parfaite d’un Durch Den Traum. Il pourrait être un disque prenant un moment puis oubliable. Sauf que voilà, ses vocaux et son côté kitsch assumés, vous savez, ces choses qui rebutent au premier abord, qui font fuir les puristes, qui tuent les canaris et les mouches de compagnie, bah… Au final, cela lui donne un grosse part de charme, quand on a appris à les accepter. Cela évite clairement au disque de sombrer dans l’oubli après quelques écoutes, et amène à le ressortir régulièrement, par curiosité à peu près autant que par plaisir.

September 24th, 2007

Alcest : Souvenirs D'un Autre MondeLe dernier Alcest est sorti, youpi tralala, voyons voir ce que vaut le petit dernier de Prophecy Productions.

Bon, je préviens tout de suite, tout ça n’a strictement rien de black. Bon, peut-être que les guitares ont une production qui pourrait se rapprocher d’un son un peu roots (Alcest utilise un fond sonore saturé de manière presque constante, choix qui apporte une certaine profondeur de son), mais c’est vraiment tout. On pourrait à la rigueur parler de métal atmosphérique. Ça ne se classe pas avec aisance, voilà qui ne fait aucun doute. Pour faire simple, ce petit disque d’à peine quarante minutes est fait de six pistes de quelques six minutes, pleines de riffs planants, servis par une batterie très posée et ne quittant jamais son mid tempo, le tout doublé de lignes claires de guitare et d’un chant aérien, qui vient de la gorge et pas du torse, caresse et fait des ronds (oui, c’est pas très compréhensible, et alors?). Alcest utilise une rythmique constante entrecoupée de breaks ambiants, beaucoup de guitare accoustico-électrique. Pas ou peu de noirceur, plutôt un travail sonore sur la nature printanière (voir le premier morceau). Le résultat sonne un peu comme un Agalloch qui aurait troqué ses sonorités hivernales pour des tonalités chaudes et délaissé les chants rauques. Bon, dire ça est loin d’être d’une justesse phénoménale, mais c’est la première comparaison à peu près valable qui me vienne à l’esprit.

Bon. Ca, c’est fait. Maintenant, ça vaut quoi tout ça ? Heu… Bah, à priori, ça a l’air bien, ça promet, un groupe qui sort du black pour faire de l’ambiant planant, je suis toujours partant, moi. Bon, il semblerait tout de même que pour Neige, bah c’était pas une si bonne idée que cela. Voilà voilà. Souvenirs D’un Autre Monde est assez plat, quelque peu ennuyeux. Les morceaux se suivent et se ressemblent, l’unique type de tempo utilisé lasse au bout d’un ou deux titres, les riffs ambiants de même, quant à la voix, ses incursions sont des plus contestables (à vrai dire, le chant “aérien” m’est carrément désagréable par moments). Alcest fait une musique qui se veut émotive, et qui fait un peu soupe au final. Trop linéaire (les breaks ambiants n’ont pas franchement l’effet casse-morceaux), le disque ne provoque pas l’émotion comme on pouvait s’y attendre. Tout est trop lisse, et c’est pas le grain des guitares qui arrivera à changer cela. Seul Tir An Og semble sortir du lot avec ses percussions tribales au tout début, avant de retomber dans le même genre que les morceaux précédents. Ciel Errant possède une tentative louable de faire des entrées de guitares plus percutantes, mais ça ne suffit pas non plus.

Bref. Concluons. Le projet est intéressant. Le résultat pas à la hauteur. Il manque à ce disque de quoi faire entrer en transe, seul état dans lequel on pourrait pleinement apprécier Souvenir d’un Autre Monde. Sinon, oui, c’est bien fait, c’est bien joué, c’est pas mal composé. N’empêche que l’ennui ne me quitte pas de l’écoute. Bien peu de choses viennent sérieusement éveiller mon intérêt. Résultat, un disque qui va très probablement ne pas être réécouté souvent. Si vous parvenez à entrer dedans (essayez quand même, peut-être que ça vous plaira à vous, les avis sont incroyablement mitigés sur ce disque, il n’y a qu’à regarder les notes des SoMiens), tant mieux pour vous, mais moi c’est non. J’attends tout de voir ce que le groupe nous servira pour son prochain disque, parce qu’il y a quand même du potentiel.

September 16th, 2007

Gae Bolg : Aucassin Et NicoletteGae Bolg est un projet personnel d’Eric Roger, un petit méconnu de la scène musicale qui se trouve être un ancien trompettiste de Sol Invictus (dont je parlerais dans une chronique future) ayant décidé de voler de ses propres ailes. Accompagné de son chanteur/musicien et de quelques autres musiciens et choeurs, pas toujours les mêmes selon les albums, il crée d’abord Gae Bolg et The Church Of Fand, qui renaît en 2005 sous le nom de Gae Bolg (tout court) et prend un gros coup de noirceur au passage.

Gae Bolg est un groupe assez inclassable. Folklorique, expérimental, parfois industriel, mais avant tout médiéval, Eric Roger a conçu une musique assez unique, décalée, franchement pas commerciale pour un sou. Imaginez: des instruments pour certains venus du fin fond de notre passé musical (flûtiau, flûte à bec, cornet, orgue, tambourins, trompette, cor, timbales et violons sont à l’honneur), un chant grandiloquent, chargé d’un mélange de macabre et de grotesque, capable d’aller sur des registres de ballades médiévales ou des expérimentations sauvages et des bidouillages industriels qui ne peuvent probablement pas sortir d’une caboche parfaitement saine d’esprit, des choeurs ronflants venant soutenir les compositions, et vous aurez à peu près ce qu’est Gae Bolg. Un projet grandiloquent, noir, bouffon et médiéval en diable.

Cet “Aucassin Et Nicolette” mérite un titre par titre, tant les morceaux diffèrent.

Un prélude ouvre le disque, joué à la guitare folklorique, et agrémenté de nappes de cordes jouées au clavier, d’un flûtiau et de percussions cristallines, une voix féminine et des choeurs mâles venant vocaliser par dessus. Un morceau ambiant qui pose une atmosphère rêveuse et planante assez trompeuse, et qui ne prépare pas franchement à la suite.

“Invocation I” se lance sur des percussions distordues et intronise le chanteur, accompagné encore une fois de choeurs mâles. L’orchestration est extrêmement minimaliste, laissant les percussions lentes parler, parfois accompagnées de quelque chose qui ressemble à un hautbois (pas sûr) et d’une cloche (oui oui). Rythmique répétitive, entêtante, qui lance une montée en puissance débouchant sur “Le Diable Parle”.

Le schéma reste le même, pas d’explosions comme on pouvait s’y attendre, mais une rythmique répétitive, une narration morbide et grotesque doublée de choeurs féminins travaillés électroniquement pour donner des voix fantomatiques presque mécaniques. Le morceau est lui aussi entêtant. Jusqu’ici, même si les morceaux s’enchaînent parfois un peu étrangement, c’est du tout bon, efficace, rien à dire.

Les choses se gâtent avec “La Maladie d’Aucassin”. Sur quelques petites notes aériennes, monsieur Gae Bolg, chanteur en titre, s’amuse avec sa voix et la distorsion électronique. C’est très laid. Quelques passages montant dans les aigus piaillants sont particulièrement douloureux. Mauvais morceau, indubitablement, la volonté d’expérimenter n’est pas toujours une bonne chose et “La Maladie d’Aucassin” en est la preuve.

Suit “Chanson”, petit morceau purement folklorique au flûtiau, agréable sans être passionnant.

Nouveau petit morceau folklorique, “Sur Les Bords de l’Ille” est par contre un morceau vraiment fascinant, à la fois simple et plus compliqué qu’il n’y paraît, mené par des couches de voix multiples pendant le refrain, un rythme à la guitare sèche et au tambourin avec un bon goût de ballade médiévale. Très bon morceau.

“Dans la Loge” continue dans l’excellent, reprenant un peu le principe de “Le Diable Parle”, pour s’achever dans une tourmente de rythmes martiaux de cloches et de ricanements, un morceau d’une noirceur impressionnante.

“Les visions de Théophile” joue avec des cordes stridentes et délirantes, morceau qui s’apprécie bien le soir lorsqu’on est complètement épuisé ou qu’on a un bon coup dans le nez, manquant un peu de portée, sinon.

“Invocation II”… Bah, reprend une minute d’Invocation I. Bis servant d’interlude, rien de plus.

“Danse” est un nouveau petit morceau purement médiéval, à la mélodie entêtante, bien foutu, joli et tout et tout. Simple, efficace.

“Le Cygne Noir” reprend le principe du morceau lent, répétitif et entêtant, ici mené par les violons saccadés et plaintifs, maladifs. Le morceau dégage une ambiance morbide plaisante, mais aurait peut-être mérité une plus grande variété dans les interventions du violon “gratouillé”, limité à un rythme, et qui aurait pu donner plus d’ampleur au morceau s’il avait été plus utilisé.

“Ballade” mélange beaucoup de choses, violon, trompette, flûtiau, bidouillage électroniques, mais n’est pas franchement excellent. Son principal problème est en fait d’être le premier morceau à approcher les 5 minutes, alors que son traitement appelait le même format que la plupart des morceaux précédents, c’est à dire à peu près trois minutes de pistes. Se rallongeant, le morceau surprend l’auditeur et l’amène à attendre le morceau suivant, ce qui n’est pas vraiment bon signe. Gae Bolg fait des morceaux qui tournent en boucle et gagnent à êtres courts pour êtres efficaces.

Suit “Passaraille”, deuxième morceau de cinq minutes, qui mélange des sonorités d’orgue plus ou moins synthétiques pour une piste planante et noire, ambiance mortuaire, qui elle ne souffre pas du syndrome de la boucle, et tient sur ses cinq minutes sans ennuyer. Morceau plaisant à défaut d’être un vrai grand frisson (il manque ici un peu de cette grandiloquence bouffonne qui anime le chanteur, et qui passerait très bien avec les orgues, mais le morceau reste bon tout de même).

“Le Retour d’Aucassin” est aussi le retour des bidouillages vocaux nazes du chanteur, les lignes de guitare sèche et les sonorités abyssales en fond de toile n’arrivant pas à sauver le morceau de la catastrophe. La musique est meilleur que sur “La Maladie d’Aucassin” mais le chant est encore plus raté, pas émotif pour un sou, désagréable, mal foutu, bref… à oublier au plus vite.

Aucassin Et Nicolette” reprend ligne pour ligne le prélude en y rajoutant du chant. La redondance est un peu contre-productive, le groupe n’ayant strictement rien changé au morceau en question. Des divergences musicales auraient été les bienvenues, pour rééxploiter le morceau et achever la boucle.

Bref, cet “Aucassin Et Nicolette” pourrait être un bon disque d’ambiant atmosphérique à influences médiévales. Quelques morceaux s’avèrent excellents, d’autres franchement agréables. Seulement voilà. Le choix des expérimentations vocales gâche beaucoup l’impact de cet album, et la fin du disque tombant dans le moyen et le mauvais (sur les quatre derniers titres, seul “Passaraille” tire son épingle du jeu sans arriver à être un des morceaux excellents), on garde finalement un goût un peu désagréable en bouche à la fin du disque, alors que tout avait bien commencé. Si on rajoute encore là dessus le fait que le genre est déjà assez difficile à aborder, que le principe de redondance cyclique sur lequel est basé chaque morceau peut finir par lasser, on se trouve avec un disque qui n’a rien d’inintéressant, et qu’on remet dans son lecteur par curiosité ou pour les titres qui nous plaisent, mais qui ne nous livrera jamais une audition pleinement satisfaisante.

Une sorte d’échec intrigant, comme souvent lorsqu’on se trouve face à un bon matériel de base, et des choix d’orientation musicale nettement plus contestables au cours de l’écoute. Pour les amateurs de médiéval, jeter une oreille dessus peut tout de même être une expérience intéressante, et amener à s’intéresser à d’autres productions du groupe, moins difficilement abordables.

July 18th, 2007

Antichrisis : A Legacy of Love - Mark IIIl y a des disques étranges, tout de même. J’ai toujours du mal à comprendre comment, dans un même disque, on peut osciller entre le carrément génial, le moyen et l’insipide ou encore le carrément médiocre. Parfois même au cÅ“ur d’un même morceau. Je sais, je mets la charrue avant les bÅ“ufs, mais je ne vois pas comment aborder ce disque autrement : il aurait pu être monstrueusement génial, il n’est que très moyennement convaincant.

Antichrisis, c’est une entité étrange. Folk, médiéval, gothique… Un peu pop par moments, même. Jouant entre la musique ambiances et des crises plus métal. Le cocktail peut être détonnant. Ou pas.

Le disque part sur les chapeaux de roues, et j’ai senti venir le chef d’Å“uvre au long des premiers titres. How can I Live On The Top Of The Mountain (vive le titre) est une une intro folk des plus réussies. Nightswan surprend un peu après une telle entrée en matière, avec sa rythmique très enlevée -on y sent les quelques relents pop dont j’ai parlé quelques lignes plus haut) mais une fois qu’on s’y est fait c’est un morceau très prenant. Quant à Our Last Show… Un refrain d’une efficacité incontestable, des orchestrations de couplets originales peuplés de sons électroniques, de guitare électrique et de percussions, ce morceau est un enchantement, et on se prend rapidement à guetter le refrain avec avidité. Vient enfin la tuerie du disque, ce Forever I Ride entraînant ou apparaît une voix rocailleuse au refrain et ou les parties métal font un bien fou sans se prendre la tête, coupé d’un break atmosphérique d’une beauté incontestable. Il faut en effet saluer le talent de la sieuresse Lisa, dont la voix parfaitement maîtrisée transcende beaucoup de morceaux de ce disque. Là, au sortir de ces quatre premiers morceaux, on se dit : chef d’Å“uvre. Simple, beau, efficace, entraînant.

Mais voilà, les ennuis pointent leur nez avec Dancing In The Midnight Sun. C’est vraiment à partir de ce morceau qu’on commençe sérieusement à se poser des questions sur le bien fondé de la présence du chant masculin sur ce A Legacy of Love Part II. Le chant sur ce morceau est désespérant. L’homme qui chante nous sert une belle mélasse presque chevrotante, désagréable au possible, Une sorte de chant émo-gothique sans talent, qui pourrit tout le morceau. Et un morceau de sept minutes plombé, on peut dire que ça fait mal. Maintenant que je connais le disque, quand je le passe, je zappe simplement le morceau, il casse toute l’écoute.

Suit en effet Baleias Bailando, lui aussi mené pour moitié au chant masculin, mais étrangement, cette fois, ça passe très bien. Sans doute le côté beaucoup plus rythmé du morceau, qui ne laisse pas le temps au vocaliste de pleurnicher (même s’il chevrote un peu sur les fins de notes). Morceau qui ne vient pas se caller au niveau d’un Forever I Ride, mais fait tout de même plaisir après le mauvais demi-quart d’heure qu’on vient de passer. On se dit que ce chanteur n’est finalement pas perdu.

Et effectivement, il n’est pas totalement perdu. Seulement à moitié. Parce que le prochain morceau est une nouvelle épreuve qu’il nous inflige. En lui-même, le morceau est déjà d’un niveau un peu décevant par rapport à ce qui a pu précéder dans le disque, mais la voix masculine n’aide en rien, sa première partie manquant franchement de charisme, et le refrain voyant la chanteuse doublée d’une ligne de chant masculine qui détruit totalement sa voix tellement elle est amorphe. Deuxième accroc. End Of December va-t-il rattraper le coup ? Eeeet non. End Of December est le premier endroit ou on ressent vraiment que le groupe aime trop les refrains. Sur Our Last Show, c’était un plaisir de les retrouver à intervalles réguliers, mais sur ce nouveau morceau, cela devient un fléau. Trop de fois, il revient, et comme il est sans grand intérêt, on s’ennuie ferme, sauf si on écoute avec beaucoup d’attention les diverses variations instrumentales.

Trois morceaux, déjà. Cela fait près de 20 minutes qui se trouvent être sans intérêt, voir franchement insipides, fades, chiantes. Bref, on commence nettement à déchanter. La première écoute du disque s’arrête souvent là, tant on peut être dépité et avoir envie de se repasser les premiers morceaux pour se consoler. Mais il serait dommage de se passer d’écouter The Sea. Quelques influences de Within Temptation peut-être dans ce morceau, mais enfin, une longue piste progressive construite avec justesse, chargée de crises puissantes, qui donnent un bon coup de fouet à l’auditeur qui commençait à s’endormir un peu trop. Et on est reparti pour un tour, on est de nouveau content.

Seulement voilà, le sommeil rattrape rapidement l’auditeur. Trying Not To Breathe et The Farewell sont des morceaux très moyens, peu inspirés, manquant du souffle qu’ont certaines compositions du disque. Et la galette s’arrête là, après 71 minutes d’une musique en dents de scie.

Bilan. On tient là un groupe intéressant et pas mal de bonnes chansons. On pourrait tenir un objet phénoménal. On n’a qu’une tentative moyennement convaincante. Causes ? Un chanteur certes capable de travailler dans de nombreux domaines, mais dont le chant de prédilection est assurément le plus mauvais. Une durée sensiblement trop longue puisque l’inspiration n’a pas suivi. Un trop grand amour des refrains qui pèse un peu sur un disque longue durée. Et cette baisse de régime particulièrement sensible sur la fin que The Sea parvient tout juste à faire avaler, qui laisse un sale goût en bouche lorsqu’on écoute tout d’une traite. Si vous enlevez Dancing In The Midnight Sun, Planet Kyra, End Of December, Trying Not To Breathe et The Farewell, vous obtenez quelque chose d’énorme. Soit 38 minutes de musique excellente et 33 de musique fade, voire carrément mauvaise pour certains passages. Peut, que dis-je, doit mieux faire.

June 26th, 2007

Negura Bunget : OMQue dit-on lorsque l’on tOMbe pour la première fois devant ce disque? Un nOM de groupe qui fleure bon les pays de l’est(en l’occurence, le roumain archaïque, vous connaissez beaucoup de groupes qui utilisent le roumain archaïque?). Un artwork étrange et mystérieux, presque aussi abstrait que son nOM: OM. L’auditeur pressent peut-être un peu ce qu’il va y trouver, mais sans aucune certitude.

Que cela cache-t-il? Du true bien hargneux ou du black folk? Eh bien… La musique de Negura Bunget est assez indéfinissable mais ce très beau magma sonore pourrait être appelé black pagan atmosphérique aux ambiances folkloriques sOMbres et aériennes discrètes, supportée par des claviers éthérés et quelques rares orchestrations (TrOMpe et clochettes sur Primul OM ou percussions bizarres genre xylophone en os ou que sais-je ainsi qu’une flûte sur Cunoas Terea Tacuta) moins métal. Le chant black dOMine sur tout l’album, mais negura Bunget se permet quelques envolées de chant clair masculin, avec un mélange de chant rêveur et de hurlements furieux et graves sans être frénétiques.

Les guitares jouent sur deux tableaux, un son gras et magmatique principalement, mais absolument pas brouillon, qui sert de corps à une grande partie des cOMpos, mais aussi beaucoup plus clair, sachant se faire parfaitement audible. on retrouve ainsi des lignes de guitares assez psychédéliques qui viennent égayer de temps à autres les cOMpositions de leur son clair et rêveur. ce qui m’amène forcément à une chose: encenser, vénérer la production de ce disque. Le son est tout simplement énorme, monstrueux, titanesque, gigantesque, j’en passe et des meilleurs, rendant au mieux les instrus atmosphérique (claviers et autres petits ajouts folk) et les guitares légères par un son d’une clareté absolue et envoûtante, tout en sachant graisser franchement lorsque l’occasion se présente (on notera d’ailleurs que le groupe n’hésite pas à mélanger les deux sons avec succès, se permettant entre autres d’accOMpagner une guitare craspec par de la basse conservant presque systématiquement son son clean sans se retrouver noyée dans la déferlante sonore). Quand à la batterie, elle est true et garde ce son résonnant si typique que la qualité de la production aurait très bien pu éviter mais que le génie des musiciens a eu la fameuse idée de conserver, et se marie très bien avec l’ensemble.

Alors voilà. Avoir un son énorme et de bons musiciens ne sert à rien si on ne sait pas cOMposer quelque chose de correct. Est-ce le cas de Negura Bunget? Non. Non, non, non, mille fois non, le talent de ces gars là est on ne peut plus clair. L’emballage n’est pas seulement beau, il est aussi bien rempli. On se retrouve face à des morceaux ambiants/remuants cOMplexes, aux structutres recherchées et finement travaillées, trouvant cOMment imbriquer les passages atmoshpériques, les instrus folk et le clavier dans avec leurs éléments black alternant furie et tempos plus posés. Le résultat se trouve être une des meilleures choses que j’ai pu entendre dans le genre. Si pas la meilleure tout court. Très certainement, en fait, d’ailleurs.

Cet album est une grosse claque, qui vaut absolument le détour. Un voyage de 57 minutes qui oublie d’être ennuyeux et nous en met plein les oreilles. On notera quelques titres particulièrement excellents, cOMme l’orchestrale percussioniste Norilor, et le kilOMétrique et terrassant Terasul de Lumini (sans mauvais jeu de mot).

Fascinant et exemplaire.

May 2nd, 2007

Paris SpleenDes groupes de dark ambiant folk italiens qui décident de faire une rétrospective de l’art d’une troupe de cabaret du siècle passé ayant hanté le cabaret parisien “L’Enfer” en plongeant allégrement dans le Spleen de Paris de Baudelaire pour les paroles, vous en connaissez beaucoup? Non? Bizarrement, ça ne m’étonne pas trop.

Le concept est jeté. Alors non, ce n’est pas du métal. Ca n’est pas non plus du folk. En fait, je ne sais pas trop ce que c’est. Un… Truc, oui, le mot est assez abstrait pour être approprié. Une oeuvre à valeur de témoignage historique, une oeuvre grandiloquente et bouffone, horrifico-grandguignolesque, complètement décalée.

Ambiances de foire et de crieurs publics, de comptines macabres ou délirantes, histoires de chiens, de saltimbanques, de galerie des monstres, de clochards rêveurs. Orgue de barbarie, bandonéon, accordéon musette, tambour et tambourin, trombone à coulisse, guitare folk, flûtes composent un orchestre indescriptible.

L’album n’évite pas quelques petites erreurs formelles et se montre parfois un peu inégal, mais au final remplit parfaitement son but et sait recréer une ambiance unique en son genre.

Une curiosité qui ne laissera personne indifférent: on adore ou on déteste. Je serais bien incapable de dire qui va aimer, c’est trop atypique pour ça. Pour ma part, j’aime. On notera quelques titres particulièrement bons: le génial Tango Des-astres, l’introduction horrifico-kitsch Bienvenue à l’Enfer, la petit chanson lycanthrope et A Votre Guise.

May 1st, 2007

Soulgrind : PakanaEt une belle bouse, une!

Je découvre Soulgrind avec cet album. Ca fait un peu l’effet d’une belle pâtisserie qui de dehors à l’air plutôt appétissante, et qui se révèle infestée de charençons quand on la retourne. Bon, je pousse, mais c’est une belle déception à n’en pas douter. Je ne m’attendais pas à quelque chose de très recherché, mais je pensais quand même récupérer quelque chose de bien défoulant. Erreur, erreur, erreur.

Parce que sur le papier, ça faisait bien, quand même. Black gothique, oui, bien. Pagan? Oui, bien. Avec une “chanteuse talentueuse qui soutient toute la musique du groupe”? Ah oui, bien, ça. Avec le monsieur de Gloomy Grim dedans? Oui, ça peut être sympathique.

Et puis le mp3 de promo sonnait bien quand même. Pakana, à défaut d’être génialissime, c’est un bien bon morceau. En plus en finlandais, mais que demande le peuple?

Heu… Un album à la hauteur du mp3 de promo, peut-être? Oui, il y a de ça. Bon. C’est le moment de descendre en flammes, les amis.

1-alors, oui, une chanteuse, c’est bien. Mais faudrait peut-être qu’elle ait plus d’une manière de chanter. Parce qu’en fait, à part sa prestation sur Pakana, toutes ses incursions ont la même valeur ou presque. Et puis le type de chant saoulant assez vite… En plus, elle n’est même pas belle, ça m’évite d’être influencé (hein? Aaaah, zut non, ça, ça n’a rien à faire dans ma chronique, bouh, méchant Corwin… Je me cherche une punition. Tiens, me repasser l’album, ça c’est une punition adaptée et mortifiante).

2-nos amies les guitares sont pas franchement terribles, loin de là. Ca cherche dans les riffs simplistes, on les répète tout au long de la chanson, enfin, sauf sur Pakana, et puis une ou deux autres chansons avec un bout de jeu clair dedans, j’ai la flemme d’aller chercher lesquelles. Ca manque souvent beaucoup d’inspiration. On a même des riffs carréments pitoyables (voir Path of Screams). Le truc bizarre, c’est que le gratteux est capable de pondre un beau solo (voir Against the Grain et Northbound Reverend). Je cherche à comprendre pourquoi le reste est aussi basique.

3-Structure de morceau duplicable, refrains répétitifs et simplistes.

4-Mettre toutes ses tripes dans le morceau de promo, soit dit en passant le seul à utiliser cette langue magnifique qu’est le finlandais, c’est un peu de l’aguichage sur l’emballage, je dis.

Bon, les synthés sont plutôt bons,heureusement. Vu que la déception fait que je suis un peu de mauvaise foi, je vais combler ça par un petit tour plus objectif: il y a un morceau très bon: Pakana. Deux bons: Against the Grain et Northbound Reverend. Quelques morceaux tout pourris: The Soul of The Battle, The Path of Screams (disons qu’en fait les couplets valent le détour, mais que le refrain et le riff de tête plombent complètement le titre), wheel (riff primaire magistralement primaire de primitivité embryonnaire), et tout le reste est commun et immédiatement oubliable.

Le genre de disque qui tourne trois fois: une première fois (stade de l’incompréhension), une seconde fois (phase du dépit) et une ultime fois (phase de la chronique incendiaire). Après, je ne dis pas, certains trouveront certainement de quoi se satisfaire avec ça, mais pour moi c’est niet, je passe mon chemin.

May 1st, 2007

Dornenreich : Durch Den TraumA l’origine, Dornenreich est un groupe de black fortement inspiré folk, composé d’un guitariste/chanteur/bassiste et d’un violoniste. Durch Den Traum est la deuxième étape du lifting complet entamé avec Hexenwind. Après cet album plus calme et constant, Dornenreich vire à l’absraction (voir les morceaux nommés avec une sobriété rare) avec ce Durch Den Traum, galette belle et étrange s’il en est.

Les influences black se diluent de plus en plus, pour ne plus ressurgir que dans les quelques hurlements et dans quelques ambiances. Pas de frénésie, ou si peu. On se retrouve face à un folk métal légèrement teinté de black, très nostalgique, frôlant parfois la limite du doom. Le chant est séparé entre quelques hurlements, beaucoup de voix claires, mais surtout des chuchotements. Car c’est le texte murmuré qui fait le corps de la musique.

Plus grand chose à voir avec un Her Von Welken Nächten, si ce n’est peut-être dans les pistes ambiantes de ce dernier. Il est d’ailleurs à noter que le chanteur a pris énormément de maturité depuis l’album sus-cité. Si les vocaux black parfois un peu ridicules de Her Von Welken Nächten pouvaient rebuter certains auditeurs, tout cela est loin: Jochen maîtrise parfaitement ses cordes vocales et c’est un vrai délice de l’écouter.

La guitare folk est tout particulièrement présente, et a une part aussi importante, si pas plus, que la guitare électrique. Ambiances planantes et rêveuses au rendez-vous.

Niveau structure, c’est le chaos organisé. Pas de structure suivant une montée puis une descente chromatique à la manière de Her Von Welken Nächten, pas de longs morceaux intègres entrecoupés d’orchestrales comme sur Hexenwind, mais une succession de changements de rythme et de tons, des morceaux allant de 13 minutes à 1 en passant par 3 et 7, une nette volonté de créer une oeuvre complète dans laquelle le découpage en chapitres n’est qu’une pure formalité.

Sans doute leur pièce la plus étrange et la plus aboutie à ce jour. La comparer à quelque album existant me semble difficile. La meilleure comparaison possible, c’est que c’est assez proche de ce que donnerait Tenhi avec une guitare électrique.

A découvrir pour ceux qu’un peu de douceur ne rebute pas.

December 26th, 2006

Fjällstorm : MidnattssolenDeuxième album pour Fjällstorm, enregistré cette fois-ci en solo. Etrangement, d’après son propre aveu, Nathe Yah n’était pas content du résultat. pour moi, à ce jour, c’est sa meilleure production.

Ici, plus question de black. Fjällstorm donne dans le folk atmosphérique. On ressent bien évidemment l’influence d’Ulver, que ce soit Kveldssanger ou encore Bergstatt (les bruits d’ambiances disséminés un peu partout, entre autres dans le second titre, ne sont pas sans rappeler Graablick Blev Hun Vaer dans son traitement des bruits forestiers, et les chants clairs ont nettement été influencés par ceux de Garm), et je ne pense pas me tromper en nommant Tenhi dans les influences. Loin d’être un handicap, ce référencement pose juste les bases du style, et laisse libre court à l’inventivité du musicien. Car, ce dont on peut être certain, c’est de l’efficacité de ces compositions. Rêveuses et planantes, elles transportent l’auditeur sans effort dans une contrée ou le soleil refuse de se coucher, ou la neige recouvre les sommets et ou les sapins se répandent en un grand tapis de verdure sur les pentes sauvages).Le chant se fait plus rare, n’apparaissant que pour ajouter encore un peu à l’aspect contemplatif de l’oeuvre. on se laisse transporter sans effort par cette oeuvre simple et belle, pleine de sentiments. C’est pas compliqué, on m’aurait présenté ce CD en me le donnant comme norvégien, je n’aurais aucunement tiqué, il a le goût de la Norvège, l’odeur de la Norvège, le son de la Norvège, l’inspiration de la norvège, et ce sans plagier les modèles.

Une production des plus convaincantes, qui pêche juste en deux petits points: le premier, ce sont les choeurs clairs qui ne comptent en fait qu’une seule voix, et semblent un petit peu lisses (mais c’est vraiment un détail mineur) et le deuxième c’est… Que cela aurait mérité deux ou trois titres de plus. C’est un peu court et l’immersion se coupe trop tôt (mais à vrai dire, j’ai le même reproche envers le Bergstatt d’Ulver, aussi…). Défaut qui n’en est donc pas vraiment un, puisque si l’on n’a pas quantité, on a assurément une galette de qualité.

Personnellement, je dis bravo, c’est un bien bel objet que je suis content de posséder.