September 26th, 2007

Naked City : AbsintheNaked City fait partie de ces groupes qui ne font jamais deux fois le même disque et qui prennent des tournants qu’on n’attend pas. Absinthe ne déroge pas à la règle, bien évidemment. C’est donc un disque de dark ambiant, accompagné de quelques interventions industrielles, que nous livrent cette fois John Zorn et ses acolytes. Reste à savoir si le genre abordé, forcément calme, peut avoir convenu à la bande de tarés qui compose Naked City. A l’écoute, la question se trouve être finalement assez épineuse.

Le groupe aborde donc une phase ambiante de son travail, et créé une musique très calme, mais bien évidemment chargée du grain de folie qui ne quitte jamais Naked City. Yamatsuka Eye a disparu du line-up pour ce disque (à moins que Naked City n’ait sorti cet album car s’était trouvé diminué de son hurleur, je ne sais précisément). Plus de brutalité directe comme sur les morceaux grind de Torture Garden/Grand Guignol, plus de rouleau compresseur à la Leng tch’e, mais les ambiances sont pourries, viciées et hallucinées.

Le disque s’ouvre sur Val de Travers, un morceau ou des notes dissonances pleuvent comme au hasard, irrégulièrement, sur un fond sonore mécanique, le genre de musique qui convient très bien à des déambulations nocturnes au cÅ“ur d’un hôpital psychiatrique désaffecté en penchant la tête pour voir le monde de traviole. une Correspondance reprend le fond sonore du morceau précédent, lui donne plus de profondeur, et laisse les sonorités industrielles s’exprimer, crissements, martellements, bruits de chaînes, sons de cloche obscurs et résonnants. Le morceau en question est une suite logique au Val de Travers, les deux morceaux évoquant la même ambiance presque clinique et noire au possible. Une ouverture talentueuse, donc.

Suit le très, très étrange Artemisia Absinthium, qui continue dans sa veine industrielle, rajoutant un bruit de moustique par dessus (le résultat est un peu contestable, le morceau s’en serait bien passé à mon avis). Ce morceau, ses crissements et ses grésillements, clôt correctement la partie la plus industrielle du disque, malgré la maladresse étrange du bruit d’insecte, qui se trouve être un peu trop trivial pour coller avec l’ambiance de l’album.

Suit un trio de titres de dark ambiant en nappes, le dispensable La Fée Verte, petit pont entre les deux genres sans grand intérêt, Fleurs du Mal un morceau constitué d’une unique nappe infrabasse et ondulante qui manque un peu de relief, et Notre Dame de l’Oubli, titre basé sur une pulsation très sourde, presque cardiaque, et des nappes d’une lenteur posée digne d’un banc de brume de campagne anglaise se déplaçant avec paresse sur la lande (je fais de belles comparaisons tordues si je veux d’abord). Ce dernier morceau sauve un peu le mouvement, qui manque tout de même de portée.

Arrive Verlaine première partie, un morceau complètement fou qui revient aux premiers morceaux (les pouic pouic de Val de Travers font leur réapparition après une entrée en matière rappelant Une Correspondance) et y rajoute piano et un chant féminin, enfin, des vocalises sombres et flottantes à peine doublées d’une partie narrative de la taille d’un confetti et proférée avec un petit côté burlesque décalé. Le titre change brusquement d’orientation en son milieu, mélangeant des percussions répétitives à une ou deux nappes, elles mêmes rejointes des pouic pouic issus de Val de Travers. Une sorte de synthèse des morceaux précédents, et qui en tire vraiment le meilleur sans donner dans la redondance, un morceau qui vaut vraiment le détour et qui est sans doute le plus “Zornien” du lot.

Verlaine part 2 est une simple nappe transition. Quand à …Rend Fou, il s’agit de la mise en musique de bidouillages sonores genre papier froissé et parasites dans la Radio, titre mal foutu s’il en est, et qui gâche la fin du disque.

Bref, le résultat est mitigé. De très bonnes choses se cachent dans ce disque (l’ambiance particulièrement noire des deux premiers titres ou le côté complètement jeté et malsain de Verlaine part 1), mais aussi de nettement moins bonnes, qui cassent un peu la cohésion de l’ensemble. Ce sont les titres les moins fous qui sont responsables de cette noyade, …Rend Fou étant trop répétitif pour faire effet, La fée Verte et Fleurs du Mal manquant de relief. De quoi tout de même se faire plaisir pour un amateur d’ambiant et d’industriel, mais pas un chef d’Å“uvre non plus. Pas le disque le plus réussi de Naked City.

May 2nd, 2007

Pimentola : MisantropolisAttention, OVNI. La musique de Pimentola est unique en son genre, mélange d’ambiant industriel, de néoclassique avec quelques touches d’électro et de nombreuses ambiances mystiques et tribales, chargé de noirceur, voilà le résumé le plus concis qu’on puisse faire de ce disque, et ce n’est pas peu dire.

Imaginez un peu In Slaughter Natives rencontrant Ulver, avec une traçe de MZ.412, et un nuage de

April 2nd, 2007

Attilaconnection : Miss Dolores Misses the PainVoilà un petit objet très étonnant. Miss Dolores Misses the Pain est un projet solo d’un parfait inconnu, qui est le chanteur d’un groupe international (TesseracT, dont le premier album devrait sortir bientôt, puisqu’ils sont en studio actuellement), sans existence physique puisqu’il est simplement téléchargeable en entier sur son site web. Un album complet est en cours de préparation.

Attilaconnection, c’est une sorte de hardcore indus teinté de touches électro. Ce sont quelques titres épars dont le seul lien direct est l’esprit avec lequel ils sont composés. Et c’est aussi une très bonne surprise pour moi, qui me croyait imperméable à tout ce qui touchait de près ou de loin le hardcore. Explications.

On commençe par une intro qui donne déjà le ton, avec son début ambiant un peu malsain sur lequel s’enchaîne un hurlement guttural déchaîné et… Délirant. On a l’impression que le chanteur rit, d’une certaine manière. Ce sont les deux faces du projet: un côté de barbarie et un côté beaucoup plus doux et sombre, le tout lié par un esprit plutôt débridé.

S’enchaîne un titre hardcore frénétique (dead flesh happy face) bien rentre dedans et parsemé de touches industrielles. Mais le mieux est après.

On arrive à look (h)at(e) me, qui non content d’avoir un titre très bien trouvé, s’avère être une petite perle. Ce titre n’est pas franchement violent et le refrain est carrément planant, avec un petit côté rock prononcé. Un titre qu’on attendait déjà pas en entendant le premier morceau.

Puis, THE morceau de l’album. Le plus court aussi, malheureusement. L’entrée en matière fait croire au retour de la frénésie hardcore, mais un chant clair nazillard vient contredire cette impression, avant que de nouveau le titre s’énerve, avec une alternance de chant clair (qui lui même alterne entre douceur malsaine et chant scandé) et voix hardcore. Le titre est coupé par deux fois par des samples industriels complètement délirants et par des voix bidouillées du même acabit. 2′57 très surprenantes, complètement déjantées et franchement géniales.

Et encore une surprise, le morceau Taste It, qui s’avère être un titre électro ambiant doublé de quelques lignes de basse et de guitare, le tout très calme mais avec une belle dose de noirceur.

Le titre suivant baisse un peu de standing, malheureusement, du moins à mes yeux. Plus classiques, ils n’en gardent pas moins quelques expérimentations sympathique, que ce soit au niveaux vocaux clairs ou pauses ambiantes.

Puis, on remonte une nouvelle fois le niveau avec Under My Skin, de nouveau un titre très varié et tapant dans des rythmes originaux.

La démo “officielle” se clôt finalement avec Feelings, qui utilise encore une fois un mélange de passages ambiants et de passages plus rentre dedans.

Le premier des titres bonus est assez plaisant sans être franchement génial.

You are Mine clôt le tout, mais est un morceau un peu raté, surtout en comparaison des quelques perles que le sieur Julien nous a servi juste avant, puisqu’ils repose sur des ficelles rappelant beaucoup Remember. Pas déplaisant mais très loin de finir en beauté, et c’est un peu dommage.

Cete démo est donc une très bonne surprise, qui se joue pas mal des poncifs de son genre et montre une imagination débridée de la part du sieur Julien. Ca n’a beau pas être mon style de prédilection (loin de là), j’ai bien accroché, et ça vaut le détour.

January 4th, 2007

In Slaughter Natives : Sacrosancts BleedCet album me tient beaucoup à coeur. ce n’est peut-être (sans doute) pas le meilleur d’In Slaughter Natives. Mais c’est mon meilleur, à moi. Malgré ses petits défauts, c’est celui qui se trouve avoir le plus de charme à mes yeux.

Plaçons la bête (puisqu’il s’agit bien d’un monstre dont à accouché l’esprit tordu de Jouni Havukainen) dans son contexte. Il s’agit de la pièce la plus décalée d’In Slaughter Natives. Moins ambiante que ses comparses, moins axée sur les percussions répétitives et les nappes nauséabondes (genre ou Purgate My Stain fait office de chef d’oeuvre absolu), Sacrosancts Bleed se veut chaotique dans sa construction comme dans son son, plus grandiloquent, plus surprenant. Force est de constater que cela part dans tous les sens, au grand dam des plus puristes. On trouve des guitares au son pas propre qui s’éveillent dans quelques titres (chaos beeding et Koprofagi Christi), les choeurs sont rentre dedans, moins éthérés que dans les autres productions du groupe (voire les martellements auditifs que procurent Mortified Flesh), s’approchent plus de l’opéra, se font salves auditives (Invocation), Jouni Havukainen ose des saturations auditives et des poussées aïgues qui éclaircissent quelque peu les ambiances plombées pour les rendre plus agressives (le véritable brulôt auditif Taste Of Human et ses violons massacrés).

Chaos et brutalité, voilà ce qu’exprime avant tout cet album. Alors, oui, ça part dans tous les sens. Les sonorités se suivent et ne se ressemblent pas (qui aurait cru que l’on peut commençer un album d’industriel ambiant sur Chaos Breeding pour atteindre des titres à tendances opéra épique comme Intercession?). Alors, oui, c’est inégal, parfois quelques titres faibles (chaos breeding un peu spécial, fifth skin pas excellent et scum facilement oubliable), mais l’objet n’en perd que très peu d’aura. Si vous rentrez dans le trip, acceptez de dépasser la vision d’un Purgate My Stain, par ailleurs excellent, d’accepter ces changements brusques, vous tenez là une bombe d’expérimentations industrielles, à la construction à la fois rigoureuse et surprenante à chaque tournant de chanson, et se bonnifie largement au fil de l’album. Car une fois n’est pas coutume, dans cet album, le meilleur est à la fin, avec un second souffle béni (heu, pardon, maudit) apporté par Intercession, et qui ne disparaitra plus du reste de l’album.

Un objet rare et imprévisible, dont les quelques imperfections n’altèrent aucunement le… Heu… Charme? Oui, on peut dire ça, si on considère que l’industriel ambiant et le chaos peuvent avoir un charme. Fascination, plutôt. Enfin, l’album d’In Slaughter Natives qui trône sur mon petit autel personnel.