Est-il réellement nécessaire de consacrer une chronique entière à ce qui n’est rien d’autre qu’une compilation de deux ?uvres déjà paru ? Car c’est bien de cela dont il s’agit, du rassemblement de deux albums sans pratiquement aucun ajout, sans quasiment aucune modification, et je dirais même, presque sans aucun intérêt. Presque mais pas tout à fait car ce disque offre tout de même l’avantage de nous proposer deux albums qui avec le temps sont devenus très difficiles à trouver en dehors des chemins sombres, dans l’obscurité de ces nuits ou d’intrigants étrangers vous le livrent sous le manteau dans des conditions frisant parfois l’escroquerie pure et simple. Enfin lorsque je parle de deux albums, il n’est pas tout à fait exact de les considérer ainsi puisque en réalité il s’agit plutôt de deux EP.
Le premier étant celui sortis sous le simple titre de Pretty Maids en 1983, comprenant six titres dont cinq figurait déjà sur la première demo du groupe paru également en 1983. Si on peut déjà y ressentir les prémices du style de Pretty Maids dans la fougue de morceau tel que City Light ou Nowhere To Run, on peut cependant s’étonner de l’absence de synthé sur la plupart de ces titres. En effet exception faites de l’intro très typique de l’époque qui nous emmène dans les contrés de la forêt amazonienne à la recherche de l’or des Azteques dans une atmosphère très semblable à celles développé par Vangelis, avant que n’explose la furie d’un titre racontant les épopées de mauvais garçons dans un titre justement intitulé Bad Boys, a contrario bien moins dépaysante que ne le laissait entrapercevoir l’intro, et dans le très Rock, Fantasy, saupoudré parfois dans des sonorités d’orgue très influencé par Deep Purple et à d’autre moments dans des intonations déjà proche de l’ultérieur Future World ; l’instrument à touche est étrangement muet sur ces six premiers morceaux. Il faut noter aussi que le chant de Ronnie Atkins n’est pas encore tout à fait celui dont il saura jouer avec talent dans des nuances alternant rugissement et voix claire. Il en fait de timide expérience en ébauchant des tentatives sur City Light, Shelly The Maid ou encore Bad Boys mais l’assurance et la puissance desservis par une certaine immaturité vocale ne sont encore qu’une esquisse de ce chant si particulier qu’il développera bientôt.
Le second datant de 1990, sortis sous le titre de In Santa’s Claws contient quant à lui cinq titres. Longtemps considéré, du fait de sa rareté, comme le Saint-Graal des collectionneurs, cet opus est de la même production de ce son lissé et poli sur Jump the Gun. Autant dire que ces sonorités aseptisés faites pour séduire essentiellement les oreilles plus délicates de nos amis américains ne sauraient être du gout de tous le monde. D’autant que le choix des morceaux inédits, à savoir un premier titre In Santa’s Claws très mélodique et un deuxième A Merry Jingle, reprise Metal d’un classique de Noël amusante mais pas vraiment essentielle, en font un objet dont l’aspect collector a été largement surestimés. Les trois derniers titres de cet opus étant trois morceaux live enregistrés au Danemark durant le Roskilde Festival de 1990. Présentant une jolie version de la ballade In The Eyes Of The Storm extraite de l’album Future World, une intéressante interprétation de Red, Hot and Heavy et de son riff légendaire tiré de l’opus du même nom, et un enthousiasmant Rock The House aux claviers très « pourpre profond » que l’on peut retrouver sur le disque Jump the Gun ; cette trilogie forte aux allures incontournables constitue le seul intérêt de cet EP.
Agrémentés d’un inédit, d’une ballade douçâtre et fatigante, Far Far Away, ce First Cuts?and Then Some se clôt sur une note loin d’être réjouissante.
Quasiment sans intérêt pour ceux qui possèdent déjà ces deux EP qui aujourd’hui sont devenus quasiment introuvables, cet album a l’avantage de proposer pour les autres, à nouveau, certains titres oubliés de Pretty Maids réparant ainsi, en partie, leurs étranges absences du récent Best Of?Back To Back.