Les Chroniques de DEFNAEL ::

Les Chroniques de DEFNAEL

AYREON - 01011001 (2008) 19/20

June 9th, 2008

Les chroniques de cet album majeur sont légion sur internet. Je vais donc essayer d’être le plus explicite possible et de synthétiser les informations que j’ai pu glâner ça et là sur le sujet.

 

Pour ceux qui ne connaissent pas Ayreon, il est utile de préciser que ce groupe n’en est pas un. En effet, le créateur de ce concept est Arjen Lucassen qui propose régulièrement des opéras rock composés chez lui et dont il joue la plupart des parties. Ensuite, il réuni autour de lui la crème des musiciens et chanteurs pour les faire enregistrer dans son studio personnel et il enfante des albums pour l’instant toujours réussi.

 

Dans 01011001 nous retrouvons pléthore de musiciens (cités plus bas) qu’Arjen Lucassen utilise à merveille et parfois à contre-emploi. Le grand créateur sait doser les efforts de ses sujets et certains passages sont carrément jouissifs. Enfin, signalons qu’Arjen se sort doucement de graves problèmes de santé et a réalisé cet album en a peine un an. Si on n’approuve pas le résultat on est tout de même obligé de saluer le travail de titan que cet opus a dû demander.

 

Depuis ma découverte d’Ayreon je vais de surprise en surprise. Je passe rapidement sur “Into The Electric Castle” qui est un disque incontournable pour tout amateur de rock progressif, tout comme “The Dream Sequencer” d’ailleurs et j’en arrive à “The Human Equation“, l’album précédent, qui m’avait fait une forte impression. Mais le thème de cet opéra rock ne me touchait pas énormément.

 

Pour 01011001 c’est une toute autre histoire. Pour résumer le synopsis :

 

- Une race d’extraterrestre (les Forevers), esclaves de leur technologie, décident de retrouver leurs sentiments perdus en étudiant la race humaine.

 

Aujourd’hui, beaucoup de gens se posent des questions sur nos origines et on voit certaines thèses révisionnistes sur l’évolution de notre espèce ou des théories assez barrées circuler sur internet. Arjen a su utiliser ces informations pour créer une histoire de science-fiction qui réuni presque tout les anciens disques d’Ayreon. On retrouve en effet des situations, des personnages, les Forevers dans les autres opus du “groupe”.

 

Pour finir avec l’introduction, dans cet univers très riche, il faut savoir que chaque chanteur joue en général un rôle défini dans les scénarios imaginés par Lucassen. Chacun intervient donc à plusieurs reprises durant les albums et ici, ils sont séparés en 2 catégories : Les Humains et les extraterrestres (Forever). On imagine donc assez facilement le casse tête que l’enregistrement à dû être. Réunir tout ces intervenants en même temps est évidement quasiment impossible. Chacun leur tour, ils ont donc défilé chez Arjen pour enregistrer leurs parties respectives. La batterie est au final le seul instrument qui fut enregistré à l’extérieur du studio personnel de Lucassen. Tout ça pour en venir au son incroyable de cet album. Non content d’être un musicien talentueux, un compositeur inspiré (il est à l’origine de plusieurs autres projets dont Stream Of Passion ou Star One), un arrangeur ingénieux, Arjen est un producteur remarquable.

 

Bon, on pourrait disserter pendant des pages sur le pourquoi du comment, sur le choix de tel chanteur plutôt que tel autre ou sur les sons de synthés très industriels. Mais au final ça risquerait de rebuter le néophyte à qui s’adresse en priorité cette chronique. Le but premier étant de ne pas passer bêtement à côté d’un chef-d’oeuvre ou du moins, d’un disque de grande classe, un disque de première catégorie, un disque exceptionnel.

 

Venons-en au fait ! 3 solutions s’offre à toi petit scarabée : Une version normal, une édition limitée et une édition spéciale avec un DVD en bonus. Personnellement j’ai opté pour la troisième solution. Le DVD contient certains titres joués par Arjen Lucassen seul, un clip de Beneath The Wave en image de synthèse mais surtout une sorte de making of de 3/4 d’heure très intéressant. On y retrouve Arjen présentant chaque intervenant puis on voit des scènes d’enregistrement, de déconnade, d’accueil à l’aéroport pour terminer sur les musiciens et chanteurs eux-même qui commentent leur expérience sur ce projet. S’ajoute à ça un petit film de 15 minutes sur le travail de Ed Warby (Batteur) que l’on suit en studio. Passionnant également. Sa directive principale étant de jouer entre John Bonham (Led Zeppelin) et Neil Peart (Rush)… Bon courage à lui.

 

Dernières petites précisions : Le code 01011001 (le titre de l’album) veut dire : Y. Le premier disque de cet opéra rock s’intitule Y (le nom de la planète des extraterrestres (les Forever)) et le deuxième Earth (la terre).

 

Une fois que tu as fait ton choix, tu rentres chez toi et tu te prépare à prendre une grosse claque dans ta face mais tu ne le sais pas encore (sauf si tu as lu ma chronique avant… Ce qui laisse entendre que tu es particulièrement malin). Enfin tu insères le CD dans ton lecteur et tu pars pour un grand voyage.

 

L’album s’ouvre sur “Age Of Shadows” (première claque en perspective). On entend des bruits de machines qui se mettent en marche et un gros riff de guitare vient appuyer le rythme sur une batterie carrée. La puissance se déchaîne sur une suite de breaks avant que les chanteurs n’interviennent. Les extraterrestres racontent qu’ils ont perdu leurs racines, qu’ils ne ressentent plus d’émotions, qu’ils n’ont plus d’espoir. Des choeurs genre opéra s’envolent pour le premier passage du disque époustouflant. Arrive alors Jonas P. Renkse, royal, qui nous entraîne dans une lente mélopée gothique magnifique. Je ne citerais pas tout les noms des intervenants. Pour cela, reportez-vous soit au feuillet du CD soit à ma traduction en français que vous pouvez télécharger en bas de page. Le point d’orgue à mon avis se situe quand les voix s’entremêlent sur le texte yes no yes no no / 0 1 0 11 0 / off on off on on… Une super idée pour faire référence au numérique et aux codes binaires.

 

“Comatose” ou Jorn Lande est utilisé à contre-emploi (puisqu’il a une partie très douce) et fait des merveilles. Ce titre très calme accompagné juste par du synthétiseur minimaliste est sublime. C’est une sorte d’ode à la somnolence. La mélodie envoûtante trotte en tête pendant plusieurs jours. Il est très courageux de la part d’Arjen, de mettre en deuxième position un titre si décalé alors qu’on l’attend dans un univers plus metal. Ca surprend et c’est ce qu’on attend d’un grand disque.

 

“Liquid Eternity” est un de mes titres préférés (tout en sachant que pour moi, il n’y a pas vraiment de faiblesse sur cet album), gros riff, mélodie superbe et chanteurs à couper le souffle (spécialement Magalie Luyten qui illumine l’album de sa voix incroyable et Tom Englund qui torpille le refrain de son puissant organe). Mais lorsqu’on croit avoir tout entendu la tension retombe et un thème mélancolique repris au violon soutenu par un son d’orgue (style Hammond) commence une lente monté progressive splendide. Je préfère ne pas tout dévoiler et me taire sur la fin. Les extraterrestres racontent ici leur désespoir.

 

“Connect the Dot.” se passe sur terre. On verra ainsi durant l’album que l’on voyage d’une planète à l’autre suivant le morceau. Ici Ty Tabor nous raconte son quotidien d’accroc à internet dans une chanson simple au refrain accrocheur. Ce récit terre à terre, annonce “Beneath The Waves”, la claque suivante. Nous retournons sur Y (la planète des E.T. pour ceux qui ne suivent pas) ou nous avons droit à une description de l’environnement aquatique des Forevers. Un texte limpide et contemplatif qui traite de la mémoire et des souvenirs des extraterrestres, quand leur planète était agréable et belle. La musique est planante, aérienne… Un monté progressive nous entraîne vers une prise de conscience des E.T. qui décident d’agir pour survivre.

 

“Newborn Race” un titre très folk, inspiré sans doute par Led Zeppelin nous explique comment les Forever choisissent de partir explorer l’espace en quête d’une solution à leurs problèmes. Ils imaginent envoyer leur ADN sur une comète puis la détourner de sa trajectoire pour qu’elle s’écrase sur terre et donne naissance à une nouvelle espèce (nous, les humains !).

 

C’est sur “Ride The Comete” que les extraterrestres mettent leur projet à exécution. Enorme titre ou Magalie Luyten déchire tout. Le refrain est simplement divin. Les choeurs insidieux et spatiaux donnent vie aux extrémophiles dont on parle dans la chanson. Un titre court mais ultra efficace et bien rock’n roll (même metal).

 

“Web Of Lies”, l’intermède acoustique à consonance irlandaise (avec flûte et violon s’il vous plaît), est un duo amoureux sur internet (donc à nouveau sur terre), entre Simone Simons et Phideaux Xavier. Très joli (le titre pas Phideaux Xavier… Je lui préfère nettement Simone Simons… Mais bon, passons…).

 

“The Fifth Extinction” décris l’arrivée de la comète sur terre est la disparition des dinosaures, vue par les Forevers qui retrouve enfin un espoir. Titre très représentatif d’Ayreon, de l’excellent Metal Progressif, à la fois puissant, mélodieux et aérien. Le thème folk/metal/irlandais est particulièrement bien trouvé. Dans le même esprit que “Loser” sur “The Human Equation” mais en beaucoup plus court. On retiendra surtout le travail incroyable sur les voix qui s’entrecroisent durant une bonne partie du morceau.

 

“Walking Dream” semble tout droit sorti d’un disque d’Alan Parson Project. Très calme, on retrouve pourtant rapidement la touche d’Arjen quand Anneke van Giersbergen intervient. L’ADN se propage et la conscience humaine s’éveille peu à peu. Cette chanson a quelquechose de magique. Le solo de clavier de Thomas Bodin est superbe. Et on enchaîne rapidement avec “The Truth Is In Here” ou Arjen est interné dans un hopital psychiatrique et délire, alors que Liselotte Hegt, son infirmière, le pousse a prendre ses médicaments. Il faut signaler que ce titre est particulièrement drôle quand on sait qu’Arjen sort d’une dépression. Cette pratique d’auto-dérision apporte encore une touche de second degrés vraiment géniale. Surtout que la musique est un peu joyeuse, folk et le texte est carrément barré.

 

Unnatural Selection” est peut-être le maillon faible de l’album. Pourtant le texte est primordial. En effet, les Forevers se rendent compte que les humains prennent la même direction évolutive qu’eux. Il comprennent que leur création est inutile, que nous ne sommes efficace que dans la guerre, la pollution et la destruction. La musique est très théâtrale et heureusement qu’il y a un gros riff salvateur qui vient un peu rythmer le tout.

 

“River Of Time” est une bonne occasion pour reprendre une petite claque. Un petit morceau prog. rock super bien foutu, avec une mélodie sympa, un thème irlandais entraînant et 2 chorus (violon et flûte) incisifs. On ne s’ennuie pas une seconde (qui a dit qu’il s’ennuyait à l’écoute de se disque ?). Les Forevers décident d’intervenir sur notre évolution.

 

“E=MC2″ Les E.T. nous envoient des images par télépathie… On comprend pourquoi Arjen avait l’impression d’être surveillé et de voir des choses dans “The Truth Is In Here”. J’adore particulièrement le passage chanté par Marjan Welman qui donne une certaine respiration dans ce titre morceau tragique. Le chorus de Michael Romeo est superbe !

 

Pour ne rien vous cacher, la dernière claque est magistrale. “The Sixth Extinction” qui clôt l’album est peut-être le meilleur de cet opéra rock. Les Forevers décident de nous sauver de notre malheur, de notre propre auto-destruction en nous supprimant. Rien à dire de plus sauf que la fin est sublime. Un des meilleurs titres de Metal progressif que je connaisse.

 

Pour conclure je dirais que 01011001 d’Ayreon mérite une place dans toutes les discothèques d’amateur de Rock Progressif et de Metal. Ce sera sans doute mon coup de coeur de l’année car je ne vois pas quel disque pourrait venir le détrôner. Mais si c’est le cas tant mieux, j’adore prendre des bonne claques comme ça. Allez, je vous laisse vous ruer sur les derniers exemplaires avant que cet album devienne culte. A 41 ans j’ai écouté pas mal de disques et très peu m’ont fait un tel effet. Quand on entend ça on est content de vivre ! Merci Arjen.

 

TRADUCTION DES TEXTES :

 

J’ai réalisé une traduction intégrale en .pdf de l’album en français téléchargeable à cette adresse :
http://www.lafrenchradio.com/Ayreon-01011001-French.pdf

 

LES FOREVER :
• Hansi Kürsch (Blind Guardian, Demons & Wizards) (Celtic cross)
• Daniel Gildenlöw (Pain of Salvation)
• Tom S. Englund (Evergrey) (Lightning bolt)
• Jonas Renkse (Katatonia) (Pentacle)
• Jørn Lande (ex-Masterplan, ARK) (Crow)
• Anneke van Giersbergen (Agua de Annique, ex-The Gathering)
• Steve Lee (Gotthard)
Bob Catley (Magnum) (Pinwheel)
• Floor Jansen (After Forever, Star One)
• Magali Luyten (Beautiful Sin, Virus IV) (Crescent)

 

LES HUMAINS :
• Simone Simons (Epica)
• Phideaux Xavier
• Wudstik.
• Marjan Welman (Elister)
• Arjen Anthony Lucassen
• Liselotte Hegt (Dial)
• Ty Tabor (King’s X)

 

LES MUSICIENS :
• Arjen Anthony Lucassen - Guitare, Claviers, Synthétiseurs, Basse, Programmation
• Ed Warby (Gorefest) - Batterie et Percussions
• Lori Linstruth (ex-Stream of Passion) - Guitare solo sur “Newborn Race”
Michael Romeo (Symphony X) - Guitare solo sur “E=MC²”
Derek Sherinian (Planet X, Yngwie Malmsteen, ex-Dream Theater) - Solo de Clavier sur “The Fifth Extinction
• Tomas Bodin (The Flower Kings) - Solo de Clavier sur “Waking Dreams”
• Joost van den Broek (After Forever) - Piano et solo de Clavier sur “The Sixth Extinction
• Jeroen Goossens (Flairck) - Flutes
• Ben Mathot (Dis) - Violons
• David Faber - Violoncelle

RUSH - A Farewell To Kings (1977) - 19/20

June 9th, 2008

La tournée triomphale de “2112” qui permettra à Rush de sortir le live “All The World’s A Stage”, clôturera la première partie de la grande saga du groupe. C’est donc avec “A Farewell to Kings“, que les choses sérieuses vont commencer.

 

Pour la première fois, le trio s’installe à temps plein dans un studio hors de son pays, le Rockfield in Wales en Angleterre. C’est une expérience très enrichissante pour eux et ça se ressent quand on écoute ce chef d’oeuvre. Les parties acoustiques sont enregistrées dans la nature (Ah… La fraîcheur des campagnes anglaises…) pour capter la résonance extérieur. En tendant l’oreille, on peut entendre à plusieurs reprises le chant des oiseaux.

 

L’autre nouveauté intéressante réside dans l’utilisation de guitares à double manche. Pour la petite histoire, Alex Lifeson était à l’époque un grand fan de Jimmy Page (Led Zeppelin) et avait vue que le bonhomme utilisait une double manche avec 6 et 12 cordes. Du coup, il s’en ai fait faire une et Geddy Lee sûrement un peu jaloux, à fait de même. On peut donc les voir parader avec leurs instruments respectifs sur 80% des photos de l’époque. Il faut préciser que la Rickenbacker double manche de Geddy Lee est la première de l’histoire est a été conçu spécialement pour lui à Los Angeles. Un manche de basse couplé avec un manche de guitare à 6 cordes qui lui permettait de jouer la rythmique pendant une partie du titre Xanadu sur lequel je reviendrais plus tard.

 

Bon, voilà donc nos amis en Studio, prêt à en découdre ! A la production, nous retrouvons toujours le magicien Terry Brown qui réalise une fois de plus un travail remarquable. Il arrive à donner au groupe une couleur, un son, un univers qui flirt entre Led Zeppelin et Yes. Le son est impeccable, très équilibré et assez acoustique. Tout les titres sont composés sur des guitares sèches et cet instrument est omniprésent durant tout l’album.

 

Le titre d’ouverture “A Farewell to Kings” commence d’ailleurs par une intro à la guitare classique qui bien vite s’étoffe de synthétiseurs et de percussions. Quand soudain tout le groupe met la sauce (s’électrise) on s’aperçoit que depuis “2112” un long chemin a été parcouru. Le son de Rush est né ! La maturité dans la composition et l’aisance d’éxecution dans les parties complexes font mouche. Le passage instrumental est un cas d’école avec une “tournerie” basse/batterie sur laquelle vient se greffer la guitare. Ce schéma sera réutilisé bien des fois par la suite et on le retrouve par exemple sur “Cinderella Man” ou plus récemment dans “Freewill” (”Permanent Waves“) par exemple. “A Farewell to Kings” est un bon titre assez représentatif de l’ensemble de l’album mais loin d’être le meilleurs.

 

“Xanadu” qui prend la deuxième place dans la playlist est un des meilleurs titre du groupe. Une intro planante avec des cow bells (sorte de percussions en forme de cloche en bois) et des Tubular Bells, du synthé aérien et une guitare toute en finesses qui joue constamment sur le volume. L’arrivée réelle des instruments est magnifique, c’est une démonstration de breaks, de descentes de batterie et de percussions ou chaque instrument a sa place. Mais ce n’est pas juste de la démonstration technique, il y a une finesse et un feeling ahurissant. La “Rush touch”. Chaque musicien à un jeu très personnel. Geddy Lee et sa Rickenbacker au son particulier sort des plans virevoltant, Neil Peart joue avec les rythmes, surprend, réinvente la batterie et Alex Lifeson plaque des accords étranges et décallés sortis de la quatrième dimension. Pour tout dire, l’introduction dure 5 minutes et c’est un vrai bonheur. Le texte fait référence au Poème Kubla Khan du poète Samuel Taylor Coleridge. Pour faire court, je dirais juste que la partie chantée est aussi bonne que l’introduction, avec une très belle mélodie et une structure qui reste complexe. Du grand art !

 

Le tube de l’album est évidemment “Closer To The Heart” qui fut 36ème dans les charts anglais en 1978. Cette ballade très bien écrite et très accessible, a la particularité de monter en intensité du début à la fin.

 

Cinderella Man”, titre mésestimé de l’album est vraiment superbe. Le refrain accrocheur très réussi et le passage instrumental (dont j’ai parlé plus haut) rendent cette chanson incontournable. Je ne me lasse pas de la ligne de basse sur le chorus de guitare. Geddy Lee y démarre tranquillement puis ajoute de plus en plus de notes pour terminer sur un groove à la Jaco Pastorius. j’adore !

 

Comme sur chaque album, Rush nous offre sa petite chanson nostalgique et reposante. C’est donc le superbe “Madrigal”, touchant et mélodieux qui nous bercera cette fois-ci. Mais le dernier gros morceau arrive : “Cygnus X-1 : Book 1″. Certains se demanderont : “Pourquoi Book 1 ?” et je leur répondrais simplement : “Parcequ’il y a une suite !”. A l’instar de Dream Theater qui s’inspirèrent de leur titre “Metropolis” pour créer un concept album “Metropolis Part II : Scenes From A Memory”, Rush écrivit “Cygnus X-1 : Book 1″ qui sert d’introduction à l’album suivant “Hemispheres” (1978). Bon, autant le dire tout de suite, ce morceau est une tuerie absolue ! Pas de couplet ni de refrain ici mais un véritable voyage dans l’espace. Les amateurs d’Ayreon peuvent être sûr que le géant Arjen Lucassen a dû écouter ça un paquet de fois (confirmé dans un échange de mail que j’ai eu avec lui). Je fais içi référence à plusieurs groupes actuels car l’influence de Rush et notamment de titres comme “Cygnus X-1″ est évidente. En 1977, aucun groupe de rock n’avait écris un truc pareil. Je vais donc détailler :

 

Après une petite introduction avec des ambiances de synthés et percussions, ou une voix spaciale explique l’histoire, une basse surgit de l’autre bout de la galaxie et s’approche progressivement. Le son de Geddy Lee est agressif et cristallin et quand il est sur nous, Neil Peart vient se superposer alors qu’Alex lifeson en rajoute encore un couche. Tout ça donne une espèce de rythmique jazz-rock progressive qui évolue vers une suite de breaks et de descentes de batterie incroyable. Une sorte de puissance tragique et violente jaillit de ce maelstrom. Et c’est là que je me rend compte que c’est difficile de décrire de la musique. Ce titre n’ayant pas une structure habituelle, il s’écoute d’une traite. Le texte raconte l’histoire d’un homme qui, à bord de son vaisseau spatial “Rosinante” se fait aspirer par un trou noir. Sur “Hemispheres” (1978) qui fait office de suite, le titre traitera de la dualité qui existe entre les deux hémisphères de notre cerveaux.

 

Je n’ai pas mis 20/20 à cet album car rien n’est parfait en ce bas monde, mais il est vraiment impressionnant pour peu que l’on soit ouvert et sensible à la créativité. Ne pas oublier non plus en écoutant que nous avons à faire à un trio.

 

Avec ce disque, Rush nous offrent un bijou de modernisme et d’exploration musicale. Ils signent un disque de caractère, inspiré et novateur.

 

Tout amateur de rock devrait écouter au minimum “Xanadu” ou “Cygnus X-1 : Book 1″. Quand aux musiciens, je pense que cette écoute devrait être obligatoire !

 

A Farewell to Kings” est tout simplement un album… ROYAL !

Ecoutez l’album

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RUSH - 2112 (1976) 17/20

June 9th, 2008

Après un album peu vendeur, Rush va s’offrir le luxe de jouer sa carrière sur un quitte ou double. En effet , pour 2112, le groupe part en studio avec une énorme pression de la maison de disque qui souhaite que nos amis rentrent dans le droit chemin et écrivent un disque de Hard Rock comme ils savaient si bien le faire 2 ans auparavent… C’est sans compter sur la perspicacité et l’acharnement du trio qui lui, a évolué et écoute désormais beaucoup de Rock Progressif comme Yes ou ELP.

 

Sur « Caress of Steel », la longue suite « Fountain Of Lamneth » n’a pas fait l’unanimité mais pour « 2112 », Rush va mettre les bouchées doubles. La première face conceptuelle raconte l’histoire d’un homme qui trouve une guitare (relique d’une époque révolue) dans un monde ou toute forme d’art est bannie. Cette société totalitaire dirigée par des prêtres survivra-t-elle à cette découverte ?

 

Neil Peart le parolier est à l’époque fortement influencé par la philosophe Ayn Rand. Le titre « 2112 » est donc le premier d’une longue série de fables politico philosophique qui prône la lutte pour la liberté de l’individu. De cet album sera tiré le fameux logo du groupe (Un homme de dos semble repousser une étoile). Sur ce symbole, l’étoile représente le poids écrasant de la société qui castre l’individu et l’empêche de s’élever intellectuellement et artistiquement.

 

Voilà pour le concept car « 2112 » est un album à part à bien des égards. Le travail sur le son est incroyable. Neil Peart trouve enfin ses marques grâce à un jeu de batterie fantastique et surtout un son clair et sec. Les guitares d’Alex Lifeson sont tantôt incisives, tantôt aériennes, passant d’une rythmique folk (« Overture ») à un riff ultra violent (« The Temple Of Syrinx »).

 

Musicalement, le titre « 2112 » marque par sa mise en scène. Le texte colle à la musique. C’est un réel travail de composition avec une production exemplaire, due à Terry Brown qui suivra le groupe durant de longues années. La suite « Overture / The Temple Of Syrinx » est un régal de Hard progressif, genre encore inconnu à l’époque. J’apprécie également beaucoup la fin avec un chorus de guitare superbe sur « Soliloquy » et le délire final de « Grand Final ».

 

« A Passage To Bangkok », un voyage à travers l’Asie, est un des classiques de Rush. Un bon morceau de Rock/Hard ou la qualité des musiciens est plus discrète mais ou la mélodie prime.

 

« The Twilight Zone » et « Lessons » sont deux ballades assez sympathiques, quand à « Tears » c’est le passage calme de l’album. Ce titre sera d’ailleurs repris plus tard par Dream Theater.

 

L’album se termine sur « Something For Nothing », une très bonne chanson de Rock/Hard.

 

« 2112 » est le disque avec lequel Rush prend son envole. C’est une énorme réussite commerciale grâce à laquelle le groupe trouve son indépendance artistique. Enfin, c’est le premier album d’une série de 5 disques qui font de ce trio un de mes groupes préféré.

 

A écouter en priorité : « Overture/The Temple Of Syrinx ».

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Discover Rush!

RUSH - Caress Of Steel (1975) 16/20

June 9th, 2008

En 1975, Rush tourne avec pas mal de groupes dont Kiss avec lesquels naîtra une amitié profonde. Pourtant, “Fly By Night” Tour ne leur ouvre pas encore les portes de la gloire. Bien vite, ils rentrent à nouveau en studio pour enregistrer “Caress of Steel” leur troisième opus.

 

La pochette de toute beauté, (et très chargée, voir kitsh mais on aimait ça à l’époque) laisse présager du meilleur. Sur le vinyl, elle s’ouvrait et contenait les textes comme gravés dans la pierre. Cet album est le premier du groupe à contenir une face conceptuelle. Une longue suite fortement inspirée du Seigneur des Anneaux de Tolkien.

 

Mais revenons au début, à l’ouverture sur une pièce assez décalée pour l’époque car elle parle de la révolution française. “Bastille Day” nous renvoit à notre passé sur un riff Hard syncopé et parsemé de breaks. Titre sympathique mais pas exceptionnel si l’on excepte le thème final à la guitare qui a tout d’un hymne.

 

“I Think I’m Going Bald” (”Je pense que je deviens chauve”) ne retient pas vraiment l’attention et c’est, pour moi, le maillon faible de l’album. Heureusement, “Lakeside Park”, un titre nostalgique ou Neil Peart raconte une période de son adolescence prouve que Rush sait écrire de belles chansons, originales et techniques tout en sachant privilégier une belle mélodie. Ce titre avec “Bastille Day” sera joué régulièrement en concert par la suite.

 

“The Necromancer“, une longue suite de plus de 12 minutes tout droit sortie d’un récit d’Heroic Fantasy est une véritable pièce de Hard Rock Progressif. Alex Lifeson y est omniprésent avec ses chorus trépidants et ses riffs survitaminés. La section rythmique n’est pas en reste et nous assène une véritable démonstration technique. Mais j’en terminerais avec ce titre en signalant l’apothéose de la fin et son solo de guitare magnifique.

 

La longue suite épique “The Fountain Of Lamneth” qui couvrait à l’époque toute la deuxième face de l’album (20 minutes) peut paraître archaïque aujourd’hui. Même le groupe reconnaît qu’elle contient des longueurs. Pour ma part, je trouve que Geddy Lee chante magnifiquement sur l’introduction guitare/voix. L’autre partie interessante est un solo de batterie de Neil Peart qui n’utilise quasiment que les toms (laissant les cymbales juste pour appuyer les pêches). On note la rapidité du bonhomme. La suite est assez anecdotique sauf pour les fans qui en veulent toujours plus (comme moi).

 

Caress of Steel” est le digne succésseur de “Fly By Night” et même si on a l’impression que parfois Rush se perd un peu dans des compositions trop compliquées, on va se rendre compte rapidement que la maîtrise arrive toujours à force de travail.

 

“Bastille Day”, “Lakeside Park” et “The Necromancer” sont les trois titres à écouter pour l’homme pressé que nous sommes tous un peu devenu aujourd’hui.

 

Ce disque sera le moins vendu de toute la carrière du groupe.

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Discover Rush!

RUSH - Fly By Night (1975) 15/20

June 9th, 2008

 

 

 

“Fly By Night”, le deuxième album de Rush marque plusieurs changements majeurs dans la carrière du groupe. Tout d’abord le départ de John Rutsey pour cause d’irrégularité et de problème de diabète, pousse nos amis a recruter un nouveau batteur. Ce sera Neil Peart l’heureux élu. Grand amateur de John Bonham et Keith Moon et lecteur assidu, c’est lui qui prendra en main l’écriture de la plupart des textes de “Fly By Night” à aujourd’hui. Véritable magicien de la batterie, il apportera aussi son sérieux et poussera Rush à complexifier sa musique.

 

 

 

Autre bouleversement d’importance, la pochette. Autant le premier album offrait un design particulièrement laid, autant celui-ci à la classe. Cette énorme chouette qui semble nous hypnotiser de son regard jaune attire immédiatement l’oeil. Par la suite on verra que le groupe attachera une grande importance aux pochettes toujours originales et un peu décalées, à l’image de leur musique.

 

 

 

Bon, venons-en au vif du sujet : La Musique !

 

 

 

Le titre d’ouverture, même si il ne brille pas par son originalité, nous permet de découvrir en douceur Neil Peart, et de constater que le trio exploite au maximum ses capacités. Un riff hargneux, des breaks et une ligne de basse magnifique sur le couplet et le solo. Rush est prêt pour son ascension. Avec “Beneath, Beetween and Behind” et “Best I Can”, “Anthem” sera le titre le plus Hard du disque.

 

 

 

Mais arrive “By-Tor And The Snow Dog”, énorme morceau de plus de 8 minutes, tout en break et descentes de batterie. Alex Lifeson enchaine les riffs et les effets de guitare avec brio, Neil Peart nous montre enfin de quoi il est capable et Geddy Lee sert de ciment entre les deux. On notera le chorus de guitare très lyrique sa monté crescendo qui annonce les prémices de ce que sera plus tard le Metal Progressif.

 

 

 

Le tube potentiel de l’album étant “Fly By Night”, je passe rapidement dessus en signalant juste que c’est un titre calibré pour les radios de l’époque. Une sorte de ballade rock très agréable que le groupe reprend encore aujourd’hui régulièrement en concert. “Making Memory” est du même tonneau mais on y retrouve Alex qui fait un chorus de guitare au bottleneck, et c’est d’ailleurs le seul moment ou on l’entendra jouer de la slide sur toute sa carrière (du moins à ma connaissance).

 

 

 

Rivendell” la plage de repos (guitare voix), annonce “In The End” qui clôture l’album sur une espèce de Hard Rock bien péchu mais assez banal.

 

 

 

La production exemplaire pour l’époque, met bien en valeur tout les musiciens et on note au final que le groupe a mis la barre un peu plus haut et prend peu à peu son indépendance par rapport à son Hard Rock d’origine. Cette liberté créatrice va peu à peu orienter sa musique vers des contrées encore inexplorées.

On peut conclure en disant que “Fly By Night” est un très bon album de rock teinté de Hard et de Progressif. On sent déjà une aisance technique remarquable dans l’exécution et une certaine originalité dans le mélange et l’assimilation des styles. Pour les curieux pressés, le titre à écouter pour se faire une idée est sans hésiter “By-Tor And The Snow Dog” qui est le plus représentatif de la direction musicale que le groupe va prendre.

Ecoutez l’album

Discover Rush!

RUSH - 1er Album (1974) 15/20

June 9th, 2008

En 1974 Rush enregistre son premier album sous son propre Label, Moon Records. Le line-up d’origine comprend Geddy Lee (Basse et Chant), Alex Lifeson (Guitares) et John Rutsey (Batterie), qui sera remplacé dés l’album suivant par Neil Peart (”Fly By Night”).

 

Le trio propose un Hard Rock fortement influencé par Led Zeppelin. On y trouve déjà la voix haut perchée de Geddy Lee et quelques titres resteront des classiques du groupe. Finding My Way, In The Mood, Need Some Love et Working Man seront joués régulièrement en concert. Working Man permettra à Rush de se faire une petite renommé grâce à des passages radio.

 

Le grand parolier qu’est Neil Peart ne faisant pas encore parti du groupe, les textes sont assez classiques. “Rush” reste un excellent album de Hard Rock du milieu des 70’s. Les compositions accrocheuses et le style du groupe déjà reconnaissable donnent à ce disque une saveur toute particulière.

 

La guitare de Lifeson est très présente, assénant des gros riffs (Working Man) et la voix de Geddy Lee semble tout droit sortie d’une cession d’enregistrement de Led Zeppelin (Finding My Way).

 

Le son énorme pour l’époque grâce à une très bonne production (la version remasterisée est impeccable) est un plus non négligeable. Geddy lee et sa Rickenbacker maitrise déjà son sujet, quand à Alex Lifeson il réalise un travail remarquable, sachant que les groupes de Hard Rock jouant en trio ne sont pas légion. Il leur faut en effet une assise rythmique exemplaire et John Rutsey s’en sort avec tout les honneurs.

 

Les titres moins connus comme “Need Some Love” et sa ligne de basse entraînant, “Before And After” et son riff très 70’s ou le slow “Here Again” où Geddy Lee fait des merveilles valent largement les “tubes” du disque.

 

Pourtant il y a des points faibles. L’originalité n’est pas encore totalement au rendez-vous. Rush n’a pas encore atteint sa maturité et quand on écoute la différence avec le line-up comprenant Neil Peart, il y a un sacré décallage. Bien que l’on sente que le groupe est déjà rôdé, il manque cette petite étincelle qui fait de Rush un groupe vraiment à part.

 

Mais le disque s’écoute avec beaucoup de plaisir et pour les amateurs de bon Hard Rock vintage, “Rush” est à écouter sans hésitation.

 

Le groupe sera rapidement signé chez Mercury Records qui rééditera ce disque la même année.

ROYAL HUNT - Moving Target (1995) 19/20

June 9th, 2008

Découvert avec l’album Lies puis Paradox, et le live 1996, Royal Hunt m’avait scotché sur certains titres grâce à ses mélodies fantastiques. Après moultes péripéties j’ai enfin réussi à me procurer Moving Target dont j’avais lu beaucoup de bien. La bande d’Andre Andersen en mal de reconnaissance avait opté pour l’occasion, pour un chanteur américain assez réputé : D.C. Cooper. Je dois dire que sa voix chaude et ses aigues parfait (absolument pas nasillards) laissait présager du meilleurs. J’avoue que ma quête de l’album ultime de Royal Hunt fut récompensée. Ce disque est un concentré de tubes.

 

Petite précision, Royal Hunt est plus un groupe de Hard Mélodique que Metal Progressif comme c’est souvent indiqué sur l’emballage. Last Goodbye annonce tout de suite la couleurs avec sa batterie carrée, ses guitares précises et son synthé omniprésent. Le chant parfait soutenu par des choeurs bien placés sur une mélodie entraînante laisse songeur sur la suite. Si tout l’album est de ce niveau, ça va faire mal… Et ça fait vraiment mal ! Le splendide Far Away, est une tuerie absolue. Véritable démonstration mélodique et vocale ou D.C. Cooper atteint des sommets. Le titres suivant, Step By Step, joyeux et rythmé avec ce léger swing omniprésent et son refrain de tueur est encore un incontournable du groupe. Même l’instrumental Autograph passe comme une lettre à la poste. Cet album est bon de bout en bout pour peu qu’on soit sensible au travail bien fait, aux mélodies accrocheuses et à la musique qui caresse les tympans.

 

Certes, par la suite, Royal Hunt a fait des titres exceptionnels comme la trilogie Lies, Follow Me et Voices sur l’excellent album Lies, ou l’imparable Long Way Home sur Paradox. Mais Moving Target est à mon avis le disque le plus équilibré du groupe. Pas de réelle faiblesse et un vrai plaisir d’écoute pendant 42 minutes c’est tellement rare. Sa Majesté sera toujours la bienvenue chez moi. Royal c’est le mot qui défini le mieux cet opus et ce groupe méconnu.

HEIR APPARENT - Graceful Inheritance (1986) 12/20

June 9th, 2008

Aaaahhh ! Que de souvenirs sur cet album ! Heir Apparent est un groupe de Seattle (USA) formé en 1984. 2 ans plus tard, Graceful Inheritance arrive dans les bacs. A l’époque, en France, Enfer Magazine et Hard Force (si ma mémoire est bonne), sont mes principales lectures. Amateur de Rush, seul groupe à proposer une musique alliant le Hard et le rock Progressif, je cherche désespérement d’autres formations évoluant dans le même registre. Je dépouille la presse spécialisée pour tomber sur la pépite, et je lis donc une chronique de Heir Apparent ou il est fait référence à ce combo que je vénère. Le jeune label Black Dragon commence à sortir des groupes sympa et je me dis que c’est l’occasion de m’ouvrir à des jeunes formations pleines d’espoir et d’insouciance. Je pars donc en quête de cet album très prometteur.

 

Après avoir passé une bonne heure à contempler la pochette durant mon trajet en métro, je lance le vinyl sur la platine. Le son franchement Metal me refroidit un peu mais la qualité des musiciens me séduit. Entrance suivit d’Another Candle et son riff bien lourd annonce un disque vraiment original. Rares sont les formations qui possèdent une section rythmique aussi impressionnante. Les titres s’enchaînent et je prend vraiment un plaisir incroyable quand arrive Tear Down The Walls, très agressif et à la mise en place incroyable. Hands Of Destiny et son refrain accrocheur est très plaisant à écouter. En 1986 rien de tel n’existe mais aujourd’hui, on peut dire que cet album annonce les groupes de Metal Progressif très techniques tel que Dream Theater. Malheureusement Heir Apparent n’a pas eu le succés d’Helloween ou de Queensryche mais il reflète bien l’état d’esprit de l’époque assez proche de ces deux groupes.

 

Le son a un peu vieillit, il manque de puissance, surtout dans les guitares. Pour ceux qui veulent revenir aux sources c’est assez amusant d’écouter ce qu’on a pu à l’époque trouver génial (Au point d’aller les voir en concert pour ma part). Pour les jeunes archéologues du Metal je conseille une petite écoute des titres cités plus haut. Un bon petit disque qui a marqué certainement quelques personnes à l’époque.

THIN LIZZY - Black Rose (1979) 18/20

June 9th, 2008

Après un live de référence, Thin Lizzy propose certainement son meilleur album. Beaucoup se demandent ce qu’est un bon disque de Hard Rock en proposant des candidats pas toujours de très bon goût. Heureusement, la bande de Phil Lynott est là pour l’expliquer. D’abord l’essentiel est de savoir écrire de bonnes chansons et le bassiste noir, en fin songwriter, maîtrise le sujet. Il a déjà à son actif plusieurs pièces de choix comme “Jailbreak”, “Sarah”, “Rosalie”, “The Boys Are Back In Town”, “Cowboy Song” et j’en passe… Ensuite il est impératif de savoir s’entourer pour avoir le son. La encore, avec Gary Moore comme guitariste (Brian Robertson s’en est allé), on a peu de chance de se tromper. Il ne reste plus qu’à mettre un paquet de feeling dans la boite et le tour est joué. “Black Rose” en est l’exemple parfait.

 

Ouverture majestueuse sur “Toughest In Town” bien entraînant pour se chauffer les tympans. Phyl Lynott expressif avec sa voix chaude et rocailleuse a la flamme. “Got To Give It Up” et ses guitares en tierces (spécialité du groupe) marque par son couplet et sa rythmique précise. Lynott y parle de sa dépendance à l’alcool. La reprise de “Sarah” très réussi est certainement la meilleur version de cette fabuleuse ballade pleine de tendresse.

 

On attaque enfin le titre épique “Robin Duh (Black Rose)” aux inspirations irlandaises. Le long chorus de guitare m’a scotché à l’époque. En entendant ça on ne peut s’empêcher de penser que des groupes comme Iron Maiden ont su exploiter le filon. Si tu aimes chevaucher les landes froides des pays nordiques sur ton fier destrier, enfourche ta monture et parcours ces vastes plaines. La conquête du royaume est à porté de main. Un des titres incontournable du groupe.

 

Enfin “Waiting For Alibi” (mon préféré) est une chansons parfaite au couplet entraînant et au refrain accrocheur. Il résume très bien mon état d’esprit de l’époque et l’enchaînement avec l’anarchisant “Do Anything You Want To” est une réussite.

 

Les autres titres sont tout autant réussi, entre le funky “S & M” et le joyeux “Get Out Of Here” on ne s’ennuie pas une seconde. La tournée qui suivra annoncera la décadence du groupe et on verra que le meilleurs est passé. Mais avec cet album, Thin Lizzy signe une oeuvre majeur dans le petit monde du hard Rock.

 

Album sans prétention, “Black Rose” restera un des disques de référence du genre. L’ambiance intimiste, les textes personnels fait d’offrandes et de partage ouvrent l’esprit de l’auditeur sur la vision du monde de Phil Lynott. Un monde humain avec ses qualités et ses défauts construit autour d’un rêve d’intégrité et de tendresse. Le genre d’univers que l’on n’oublie pas. Phyl Lynott restera dans nos coeurs.

Ecoutez l’album

Discover Thin Lizzy!

RUSH - Hemispheres (1978) 19/20

June 9th, 2008

Après l’incontournable “A Farewell To Kings”, Rush s’attaque à la lourde tache d’écrire une suite à la hauteur des espérances de ses fans. Composé intégralement en studio en Angleterre, le groupe doit s’initier au nouveau matériel (exclusivement des synthétiseurs) afin d’expérimenter encore et toujours. Durant les sessions de studio, Rush décident d’enregistrer tout les titres en prise direct afin de pouvoir les reproduire à l’identique en concert. Cette formule sera répétée jusqu’à l’arrivée en 1985 de Peter Collins, leur futur producteur. Pour l’heure, c’est Terry Brown qui est aux commandes et le son reste unique à ma connaissance. A ce propos, beaucoup de musiciens se demandent comment avoir la classe. La réponse est dans cet album. On reproche souvent à Rush d’être prétentieux, de faire une musique compliquée et hermétique mais en réalité personne ne décide de son intelligence ni de sa créativité. “Hemispheres” est un disque à part, décalé autant dans son concept que dans la musique elle-même. C’est une oeuvre artistique au sens propre du terme. C’est ça avoir la classe.

 

“Cygnus X-1 Book II” et une suite conceptuelle qui faisait la totalité de la première face à l’époque du vinyl. Elle raconte la fin de l’histoire commencée sur l’album précédent “A Farewell To Kings” ou nous suivions un personnage propulsé à l’intérieur d’un trou noir. Ici, Neil Peart (batteur et parolier) décris les conflits qui existent entre les deux Hémisphères du cerveau humain. Il s’inspire de la mythologie grec pour créer un parallèle entre l’évolution des religions et la dualité universel du bien et du mal. Toujours très influencé par la philosophe Ayne Rand, cette fable philosophique trouvera son équivanlent social dans “The Trees”, un titre de référence de Rush. Dans celui-ci, c’est la lutte fratricide qui sévit entre les chênes et les érables qui sera le sujet central. Les uns cachant la lumière des autres, personnifiera la lutte des classes dans les sociétés humaines. Mais la conclusion viendra du bûcheron qui abattra tout ces arbres dans une justice divinement concrète. Egalité pour tous !

 

Venons-en à la musique. Toujours au top, le trio se surpasse ici. Chacun apporte un équilibre indispensable à la cohésion du son. La guitare tantôt en arpèges tantôt en accords et aussi aérienne que puissante. La batterie est incroyable. Les contretemps sont légions et la finesse des rythmes fera bien des émules, Mike Portnoy (Dream Theater) en est un exemple. La basse est d’une précision parfaite. A ce stade, Rush n’a plus d’autre alternative que d’écrire un titre instrumental MONUMENTAL : “La Villa Strangiato”. Prévu originellement pour durer 40 minutes, celui-ci sera raccourcit sous les pressions de la maison de disque. Ca n’empêche que ce morceau est INCONTOURNABLE pour tout amateur de rock. On comprend grâce à lui toute l’évolution d’un pan du Metal prog et technique. En 1978, Rush était déjà capable de rivaliser avec ce qui se fait de mieux 30 ans plus tard. Alors ? C’est quoi avoir la classe ?

 

C’est sur la tournée “Hemispheres Tour” que Rush annoncera son premier passage en France. Malheureusement la date sera annulée suite à l’incendie de la salle. Etonné ? Non pas vraiment car encore aujourd’hui de nombreux groupes passent partout en Europe sauf dans notre beau pays qui est tout sauf Rock & roll. Le trio jouera notamment avec Toto, Saxon, Pat Travers, UFO, Blackfoot… Pendant la tournée Alex Lifeson (guitare) étudiera des manuels de pilotage d’avion et il obtiendra sa licence. L’album sera certifié disque de platine (1 million d’albums vendus).

 

“Hemispheres” est un OVNI dans le petit monde du rock, tout comme Rush à cette période de sa carrière. Ils nous offrent ici un disque si personnel qu’on ne peut citer aucune référence musicale proche de cette production à part eux-même. On ne dit pas “Rush ressemble à tel groupe” mais : “Tel groupe ressemble à Rush”. Aucun doute qu’avec un album pareil, le trio parvient à se hisser au rang d’artiste. Tout le monde ne peut pas en dire autant. C’est la grande classe quoi !

Ecoutez l’album

Discover Rush!

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