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Iron WillIl y a des albums (nombreux, il faut bien le dire) dont on se dit en les écoutant pour la première fois : « ouais? Bof? Déjà entendu? » et il y en a d’autres (beaucoup plus rares) dont on a le sentiment qu’on les connaît déjà.

Non pas qu’ils sonnent comme des poncifs, mais comme des classiques !

Iron Will, quatrième opus de Grand Magus, est de cette veine-là.

Dès l’intro, nous sommes terrassés par un déluge de métal en fusion. Et ça ne s’arrête qu’avec la fin de l’album ! Pas un temps mort, pas un morceau de remplissage ! Il est vrai que l’ensemble ne dure que 40 minutes, mais il vaut mieux qu’elles soient d’une rare intensité que passer une heure à bailler et regarder sa montre, non ?

Les morceaux se suivent et ne se ressemblent pas.

Leur seul point commun étant leur qualité.

Contrairement au titre du morceau « Silver into Steel » (De l’argent en acier), le groupe transforme tout ce qu’il interprète en or massif ! Que le tempo soit enlevé (« Like the Oar Strikes the Water » qui ouvre magistralement l’album, « The Shadow Knows ») ou plus lourd (« Iron Will », « Beyond Good and Evil »), tous les morceaux excellent par des riffs qui vous vrillent la cervelle, des chorus qui vous donnent une envie frénétique de vous mettre à la guitare et des mélodies vocales infernales (écoutez « Fear is the Key ») !

Mention spéciale à JB qui éclabousse vraiment l’album d’un talent insolent, comme guitariste mais aussi (et surtout ?) comme chanteur. Assurément une des plus belles voix du métal.

Je ne vais pas vous en tartiner des pages. On tient simplement là le “Heaven & Hell” du début de ce siècle. Pas moins.

On en parlera encore dans vingt ans, vous voulez parier ?


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Décidément, ça vaut le coup d’aller régulièrement sur le site de Bland Hand Records, le label de John Brenner, leader de Against Nature. Car non content de nous offrir tous les albums de son groupe en téléchargement gratuit, John exhume également de ses archives des live de Revelation, groupe culte du doom américain dont il fit partie, des démos de Iron Hearse, excellent groupe de heavy doom anglais, le premier album de Tortured Spirit, groupe de classique doom allemand au savoir-faire indéniable et bien d’autres encore ! Une seule adresse : www.againstnature.us.

Bien sûr, tout est gratuit, mais vous pouvez quand même envoyer ce que vous voulez par paypal… L’initiative mérite bien quelques euros, non ?


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Dawnrider (POR) : Alpha ChapterC’est une petite bombe qui vient de tomber en provenance du Portugal. Car ce premier album de DAWNRIDER est une véritable déflagration que l’on se prend en pleine tête.

Le groupe se revendique de la scène hard-rock psyché des années 70, du hard des années 80, du doom et même du punk ! Si ce mélange peut paraître étonnant à priori, il se révèle détonnant à l’écoute ! Car on retrouve effectivement au gré des 9 perles qui composent cet opus ces différentes influences, non pas les unes derrière les autres, mais parfaitement assimilées pour composer un cocktail ravageur du nom de DAWNRIDER. “Alpha Chapter” me rappelle de ce point de vue un Motörhead qui, au meilleur de sa forme, transcende les clivages et les clichés pour nous offrir ce que le Heavy Rock a de meilleur.

Aucun morceau n’est fondamentalement doom ou heavy ou speed. Qu’il soit plus ou moins rapide ou lent, ils débordent tous d’énergie et ne sont jamais linéaires. Prenez “Shattered Love”, par exemple, qui démarre comme un classique du doom pour s’offrir une accélération dantesque et des duels de guitare à se faire se pâmer tout amateur de la NWHOBHM. Ecoutez “Altamont Nation”, instrumental doom rock mâtiné de sudiste (si, c’est possible !). Ajoutez encore “Shylock“, la reprise de BUFFALO, qui arrache absolument tout. Buffalo, groupe de hard rock australien des annéees 70. Australie, terre du rock… Ceci explique sans doute cela…

Bref, un album réjouissant qui s’adresse à tous les amateurs de hard, heavy, doom qui se soucient moins des étiquettes que de l’énergie que dégage une galette.

Ecoutez cet album. Vous ne serez pas déçus.


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And Hell Followed With HimWall of Sleep est de retour avec un troisième opus qui confirme tout le bien que l’on pensait de ce groupe hongrois. Il est vrai que ces deux fondateurs Gabor Holdampf (chant) et Sandor Füleki (guitare) ne sont pas des novices puisqu’ils avaient tout de même enregistré auparavant quatre albums avec Mood, le groupe pionnier du doom hongrois. On peut même dire qu’ils incarnent Wall of Sleep dans la mesure où ils signent ensemble 7 des 8 compos que renferme cet album (« Crusade » est l’exception puisque co-écrite avec le second guitariste Balazs Kemencei).

Le plus indéniable de « … And Hell Followed With Him » par rapport à ses prédécesseurs réside dans une production absolument énorme, signée Fido et Tamas Schmiedl avec un enregistrement aux studios Sound Bridge et MD à Sopron (bref, en Hongrie, quoi !). Non pas que « Slow But Not Dead » et « Sun Faced Apostles» aient eu un son infâme, mais là, franchement, le groupe s’est surpassé. Le son de guitare est lourd, massif, comme gravé dans le granit avec des silex taillés ! La batterie est dantesque, chaque coup de grosse caisse vous cueille à l’estomac. La basse, bien distincte, c’est à souligner tant elle est souvent noyé dans les disques de doom, est pesante et vous claque aux oreilles de façon magistrale. Comme quoi, il n’est pas nécessaire d’enregistrer dans des studios réputés avec des producteurs encore plus réputés pour obtenir un excellent résultat…

D’autant plus que la musique est à la hauteur de la production ! Nous avons incontestablement affaire à des orfèvres du doom mélodique. Alternant intelligemment mid tempos et tempos lents (mais jamais écrasants, comme dans le doom funéraire et minimaliste) et, évitant ainsi toute monotonie, Wall of Sleep nous délivre des compos finement ciselées, solidement charpentées, aux arrangements de guitare toujours élaborés, rendant chaque morceau facilement distinct, ce qui n’est pas un mince exploit dans un genre aussi codifié que le « classic doom ». Soulignons aussi l’excellente prestation de Gabor Holdampf au chant, dont le timbre de voix contribue indiscutablement à forger l’identité du groupe, tant il est reconnaissable. Ni clone d’Ozzy (tare fréquemment rencontrée dans le genre), ni exagérément aigu ou lyrique, il sait trouver des lignes mélodiques collant parfaitement aux morceaux.

De plus, le groupe a su éviter un autre écueil rencontré souvent dans le doom, à savoir des morceaux étirés jusqu’à l’excès, et parfois, jusqu’à l’ennui. Là, les morceaux oscillent entre 4,29 minutes et 5,19 minutes, ce qui renforce encore la cohésion d’un album de 39 minutes sans aucun temps mort.

Bref, de l’enlevé « Buried 1000 Times » qui ouvre les réjouissances au plus sombre « Stabat Water » qui conclut l’album en passant par le mélancolique « November », voilà 8 titres à consommer sans modération et qui s’adressent à tous les fans de doom mélodique, mais aussi aux acharnés de heavy « à l’ancienne » (remember Black Sabbath).


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Die HealingDie Healing est un album éVènementiel pour deux raisons essentielles : le retour au bercail de Scott Reagers, chanteur originel de la formation, après huit années d’absence et, pour la première fois dans la carrière du groupe, une production correcte. Car jusque là, il faut bien reconnaître que les albums de Saint Vitus sonnaient de façon médiocre, aVec une production confuse.

Or, pour Die Healing, le combo fait appel à un producteur confirmé, Harris Johns, qui a déjà tenu les manettes pour Pestilence, Coroner, Sodom et autre Tankard ! Pas mal le CV ! Restait juste à Voir (où plutôt à entendre) comment un spécialiste du trash allait pouVoir faire sonner un maître du doom…

Et le résultat est à la hauteur des espérances ! Jamais Saint Vitus n’a sonné aussi bien. Justice est enfin rendu à Armando Acosta, dont le traVail à la batterie est bien rendu au mixage, et dont les roulements tonnent comme des uppercuts en plein foie et non plus comme des coups portés à des barils de lessiVe (d’accord, j’exagère… mais pas tant que ça). Le son de Chandler, loin d’être dénaturé, ressort au contraire reVigoré par le traitement de choc du bon docteur Johns, gardant toute son originalité en distorsion et réVerb’ tout en étant beaucoup plus clair et puissant.

Scott Reagers fait également un retour gagnant, liVrant, à mon humble aVis, sa meilleure prestation au sein du groupe. Moins chanteur qu’acteur, il Varie les intonations au gré des morceaux, les habitant Véritablement, les nourrissant de sentiments Variés (peur, fureur, désespoir) tout en ayant épuré son style des Vocalises qui encombraient un peu trop les premiers essais du combo.

Et la musique, dans tout ça ? Ben, c’est du Saint Vitus… Des morceaux construits autour d’un riff de base décliné à l’infini, une cassure psychédélique aux 2/3 des morceaux ou DaVid Chandler se liVre à des solos à la wah-wah toujours aussi hallucinés (et hallucinants !), des tempos qui oscille entre le heaVy (”One Mind”), le lent (”Dark World”, “Zombie Return”), le lourd (”Let the End Begin”), ou le franchement oppressant (”The Sloth“). Bref, le groupe reste fidèle à un style assis depuis le cultissime Born Too Late.

Une exception toutefois, le morceau “Just Another Notch”, sorte d’OVNI qui conclut la galette sur un tempo rapide (si ! si ! je Vous assure) et chanté par DaVid Chandler (c’est d’ailleurs là que l’on comprend qu’il ait toujours préféré recruter des chanteurs…).

Pour le reste, c’est sans surprise, certes, mais parfaitement maîtrisé et exécuté.

De plus, la brillante performance de Scott Reagers et le son bien carré aux entournures contrebalancent aisément le sentiment de déjà entendu qui aurait pu surVenir.

Un album qui achèVe de brillante façon la carrière d’un maître incontesté du genre…

A recommander chaudement à tous ceux qui Voudraient s’initier aux délices du doom et à ranger précieusement à côté de Born Too Late dans Votre CDthèque.


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20 Year Anniversary PartyContrairement à ce qu’avait laissé entendre Leif Edling, le show célébrant les 20 ans de Candlemass fait l’objet d’une sortie DVD. On ne peut que s’en réjouir tant ce concert du 31 mars 2007 est un évènement. Songez que pour l’occasion, pas moins de 7 chanteurs se sont succédés sur la scène exigue de Kolingsborg ! D’aucuns s’étonneront de l’absence de Messiah Marcollin, qui a incontestablement été une pièce maîtresse dans la reconnaissance dont a bénéficié le groupe. Cependant, vu les conditions houleuses dans lesquels il a quitté Candlemass, sa présence paraissait difficilement envisageable. Et puis, rappelons qu’il existe deux autres DVD des maîtres du doom suédois sur lesquels il figure.

Outre les nombreux invités, l’intérêt de ce concert est de nous proposer une set-list originale.

Ainsi, les hostilités sont ouvertes avec Thomas Vikström (actuel chanteur de Therion) au chant pour 4 morceaux, occasion de (re)récouvrir trois extraits du méconnu Chapter VI (sur lequel il chantait) , “The Dying Illusion”, “Where the Runes Still Speak” et “Ebony Throne”, qui ne déparent en rien parmi les classiques du groupe. Comme le souligne Mappe Bjorkman, si Messiah était resté dans le groupe, ces morceaux seraient restés aux oubliettes. Outre qu’il n’a rien perdu de ces capacités vocales, Vikström se montre très à l’aise sur scène, bougeant sans cesse (presque trop vu l’exiguité de la scène), haranguant le public, visiblement très heureux d’être de la fête.

Lui succède JB de Grand Magus pour un “Well of Souls” toujours aussi puissant, puis Mats Leven (à l’époque dans Therion) pour “Black Dwarf“. Chaque interprétation est précédée d’une courte interview (sous-titrée en anglais) du chanteur à suivre , ce qui apporte un éclairage supplémentaire au morceau. Ainsi, Mats Leven se pose quelques questions techniques (tonalité du morceau), révélant le caractère assez spontané de cette fête. Même chose pour Michael Akerfeldt (de Opeth) qui se demande comment il va se sortir d’un registre lyrique qui n’est pas le sien. Effectivement, son “At The Gallows End” avec alternance de vocaux death et vocaux mélodiques est une première !

Puis Robert Löwe est intronisé officiellement chanteur de Candlemass et montre le temps de 3 morceaux (dont “Demonia 6″ encore inédit au moment du concert) qu’il est à la hauteur du poste, même s’il apparaît encore hésitant, notamment durant “Mirror Mirror”, ce qui n’est pas franchement étonnant dans la mesure où il avait répété pour la première fois avec le groupe la veille !!

Un moment fort chasse l’autre puisque nous assistons ensuite à un moment historique : Johan Langquist, chanteur sur le premier et cultissime album Epicus Doomicus Metallicus monte pour la première fois sur scène afin d’interpréter pas moins de 4 morceaux de cet opus !! Encore un peu timide durant “Crystal Ball“, Johan se détend progressivement et livre de fort belles interprétations de “Demons Gate”, “Under the Oak” et “A Sorcerers Pledge”. Rien que pour ça, l’achat de ce DVD se justifie, d’autant qu’après les plus anecdotiques “Witches” avec Tony Martin et le festif “Bullfest” avec le toujours aussi extraverti Tomas Vikström, nous avons droit pour le final à un “Solitude” à trois voix, interprété par Tomas, Johan Langquist et Robert Löwe.

Vous l’avez compris, ce concert est véritablement unique et se doit de figurer dans la DVDthèque de tout fan de Candlemass.


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Live From RussiaUdo Dirkschneider est un monstre sacré du heavy metal allemand. Songez que le bonhomme à la voix passée au papier de verre est dans le circuit depuis la fin des années 1960 ! Outre sa longévité, on peut aussi saluer son intégrité : il avait préféré quitter le navire ACCEPT alors au sommet de son succès à la fin des années 80 plutôt que de voguer vers des eaux plus commerciales comme le souhaitait le reste du groupe (ce qui donnera l’album “Eat the Heat” avec David Reece au chant qui fut un naufrage commercial…).

Même s’il n’a jamais retrouvé en solo le succès d’ACCEPT, Udo est toujours resté fidèle à un heavy bien carré aux entournures tout en sachant rester mélodique.

Ce double live, enregistré comme son nom l’indique en Russie durant la tournée de l’album “Holy” est une franche réussite. Chaque CD est bourré jusqu’à la gueule (plus de 2 heures de musique au total !). Le son est très puissant, le public bien présent, répondant chaleureusement à toutes les sollicitations du groupe, contribuant à restituer une ambiance chaude, chaude, chaude ! Il est vrai que le heavy du groupe est taillé pour le live, avec ses refrains en forme d’hymnes (”Holy” ou l’énooooooorme “Shout It Out” !!).

De plus, Udo n’a pas joué la facilité, ce qu’il aurait pu faire en enfilant tous les classiques d’Accept. Exit donc les “Balls to the Wall”, “Restless & Wild” ou “Princess of the Dawn” dont de nombreuses versions live sont disponibles. Loin de surfer sur son glorieux passé et son brillant héritage (n’est-ce pas Ozzy dont la set-list ne bouge que très très peu depuis 20 ans !), Udo s’emploie à imposer son répertoire solo et, pour ce qui est d’Accept, à réhabiliter l’album Russian Roulette (3 morceaux) ainsi que les albums issus de la reformation des années 1990 Objection Overruled et Death Row (un morceau chacun).

Pour ce qui est de U.D.O. (le groupe), aucun album n’est laissé de côté. C’est l’occasion de (re)découvrir des brûlots de la première partie de carrière solo de Udo (le chanteur) comme “Break the Rules” (extrait de Mean Machine) ou “Living on a Frontline” et “Heart Of Gold” du plus controversé Faceless World, qui passent très bien le cap de la scène.

Le groupe alterne intelligemment les morceaux au tempo médium “”Holy“, “Independence Day“, “No Limits” ou “Shout it Out”) avec les plus énervés (”Raiders of Beyond“, “Metal Eater”, “T.V. War”). La machine est constamment relancée, le public sollicité (”Living on a Frontline” rallongé est une franche réussite). Pas de temps mort ! On assiste à une brillante démonstration de heavy metal classique au possible, mais parfaitement maîtrisé et interprété. Tout cela se conclut en beauté avec l’antédiluvien “I’m a Rebel” et le hit de l’album Animal HouseThey Want War“.

Voilà donc un double live aux allures de Best Of qui s’adresse tout autant aux fans d’Udo qu’à ceux désireux de se frotter au heavy metal allemand dans toute sa splendeur.

Pour la petite histoire, signalons que cette set-list que je trouve personnellement très intéressante car sortant des sentiers défoncés par le panzer allemand fut critiqué précisément pour son manque de classiques. Le groupe sortira alors en 2003 un nouveau live intitulé (ironiquement ?) The Missing Tracks sur lequel on retrouve la 7 450 545ème version des maîtres titres d’Accept.

A mon humble avis, il serait bien dommage que U.D.O. , échaudé par l’accueil réservé à ce Live From Russia se contente désormais de dérouler ce genre de set-list prévisible…


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Motörhead : Another Perfect DayEnregistré en 1983, “Another Perfect Day” fut pendant plus de 20 ans l’album maudit de Motörhead, rejeté par une grosse partie des fans, de la presse métal et pendant un temps, par le groupe lui-même. Enfin, lors de la tournée 2006, il fut ressorti du placard, deux morceaux “Dancing on Your Grave” et “I Got Mine” étant insérés dans la set-list. Et ce n’est que justice tant cet album ne méritait pas un tel ostracisme.

Le défaut de “Another Perfect Day” est de sortir des sentiers labourés jusqu’alors par le groupe. Il faut dire que Brian Robertson, choisi pour succéder à Fast Eddie Clarke (qui a claqué la porte en 1982) au poste de guitariste, n’a pas du tout le même jeu que son illustre prédécesseur (rappelons que Motörhead est à l’apogée de sa notoriété au moment du départ du guitariste). Connu pour ses coups de gueule et surtout pour sa participation à quelques-unes parmi les plus notables réalisations de Thin Lizzy, le teigneux écossais apparaît comme un choix surprenant pour Motörhead. Lui même ne se prive d’ailleurs pas de dire tout le mal qu’il pensait du groupe avant de l’intégrer, lui reprochant de n’être alors qu’ “un putain de bruit”. De fait, Robertson appose sa marque sur “Another Perfect Day“, transfigurant le son du groupe et la structuration des compositions, désorientant ainsi le public. Néanmoins, Motörhead, reste Motörhead, la voix de Lemmy, son jeu de basse tout comme le jeu de batterie de Phil “The Animal” Taylor assurant l’identité du groupe. Seulement, la musique est moins compacte, chaque instrument se détache distinctement, et ce que le groupe perd en énergie brute, il le gagne en clarté.

Moins brutal, certainement, mais toujours aussi puissant ! Les morceaux s’enchaînent sans coup férir, et si le tempo n’est pas toujours dans le rouge incandescent, il n’en est jamais très éloigné ! “Back at the Funny Farm” ouvre les hostilités avec une ligne de basse typique de Lemmy et tout de suite, ce qui frappe, c’est le boulot de titan accompli par Brian Robertson, qui ne s’est pas contenté de poser sa rythmique mais qui a rajouté des chorus, enrichissant d’autant le morceau. A peine remis de sa surprise, vlan ! Un solo ! Oui, un solo dans Motörhead, mélodique et tout ! N’empêche que le titre est imparable et que ses passages instrumentaux ne nuisent en rien à son efficacité, la rythmique en béton armé nous rappelant toujours à qui l’on a affaire. On enchaîne avec “Shine“, qui speede encore un peu plus avant que le groupe ne ralentisse avec le monumental “Dancing on Your Grave”. Plus lent, peut-être mais tout aussi imparable ! La rythmique est infernale et les chorus de guitare à hurler ! “Rock It” fait un peu baisser la tension avant que “One Track Mind” n’écrase tout sur son passage.

La suite est à l’avenant, alternant mid-tempo et morceaux aux rythmes un peu plus soutenus (mention spéciale à “Tales of Glory” et son break au riff irrésistible) jusqu’au malsain “Die You Bastard” qui clôt en beauté un album magistral. Brian Robertson éclabousse tous les morceaux de son talent, les gorgeant de solos inspirés.

Au lieu de recevoir une énorme déflagration en pleine face, comme sur les précédents albums, on reçoit dix décharges alternées. Le côté moins compact, la plus grande place laissée à la mélodie de guitare ont entraîné le rejet et l’échec de “Another Perect Day”. Le public n’était pas prêt à une telle évolution de Motörhead et c’est bien dommage.

Robertson parti, Lemmy, échaudé, renouera avec la formule qui avait fait le succès de son groupe, surprenant uniquement en recrutant deux guitaristes (Würzel et Phil Campbell) pour succéder au rouquin talentueux. La page fut rapidement tournée et “Another Perfect Day” mis au placard pendant plus de 20 ans.

Album différent, assurément, mais album excellent que le groupe s’emploie (enfin !) à réhabiliter. Il n’est que temps.


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The Last Ride of DoomanoidsLe voici enfin, ce DVD de MOOD ! Initialement annoncé pour la fin de l’année 2006, c’est finalement depuis juillet 2007 qu’il est disponible. Disons le d’emblée : le résultat est à la hauteur de l’attente. Très complet, ce DVD contient en effet un concert, une interview, deux video-clips et en guise de bonus, énormément d’extraits de concerts capturés à différentes époques de la vie du groupe par des fans et exhumés des archives spécialement pour l’occasion.

Commençons par le gros morceau : le concert. Moment historique puisqu’il s’agit de la dernière prestation live du groupe pionnier de la scène Doom hongroise, enregistrée et filmée le 14 décembre 2001 au Wigwam Club de Budapest. Bien sûr, ce n’est pas le Parc des Princes : la scène est exigüe, les jeux de lumières succincts. De même, l’équipe technique ne comprend pas des dizaines de caméras mais la réalisation très classique dans la forme (alternance de plans généraux et gros plans sur Gabor Holdampf durant les parties chantées et Sandor Fuleski ou Kolos Hegui pour les solos) est adaptée aux conditions et retranscrit parfaitement l’ambiance d’un club.

Quant au concert proprement dit, alors là, c’est du bonheur ! D’une durée de 1h20 pour 14 morceaux plus une assez longue intro (la même que sur la VHS ?Never Say Die? de Black Sabbath), il propose une set-list qui puise dans les 4 albums du groupe et prend véritablement des allures de best-of. Le show démarre en fanfare avec le mid-tempo “The Fourth Ride of the Doomanoids”, titre ayant donné son nom au dernier album du groupe. MOOD alterne ensuite avec bonheur les morceaux doom “Ice Monkey”, reprise plombée de Saint Vitus, “Spiral Tomb”, l’énervé “Feed to Rise“, “Burning Slow” et son riff dantesque avec les plus heavy “The Engine is Burning”, “The Shell” ou “Glow, Burn, Scream”.

L’émotion est palpable sur scène et dans la salle. L’ambiance monte en intensité tout au long du concert, Gabor Holdampf ne ratant pas une occasion de confier le micro aux die-hards fans qui squattent les premiers rangs, renforçant encore la symbiose entre le groupe et son public. La scène est ainsi littéralement envahie durant “Glow, Burn, Scream” qui se déroulent dans une atmosphère survoltée de choeurs fiévreux et de stage-divers frénétiques. Un grand moment ! Le set s’achève en apothéose sur une reprise du classique de Black Sabbath “Children of the Grave”.

Ajoutons que la prise de son est impeccable de puissance et de clarté et l’interprétation sans faille. On peut même dire que les morceaux prennent une dimension supérieure aux versions studios, tant le groupe est transcendé par l’évènement.

Bref, un achat indispensable pour les fans de MOOD et une occasion en or pour ceux qui ne connaissaient pas encore ce groupe et amateurs de heavy metal plombé à la Black Sabbath de le découvrir au meilleur de sa forme.

Pour le reste, les deux clips sont de facture classique et permettent de voir l’évolution des coupes de cheveux des musiciens à travers les ans. L’interview des deux guitaristes (la dernière interview, là aussi !), sous-titrés en anglais, explicite les raisons du split.

Quant aux bonus, ils s’adressent aux plus acharnés des fans du groupe dans la mesure où les images présentées ici sont de qualité médiocre et les prises de son souvent rudimentaires (mais toujours audibles, quand même). Néanmoins, ce sont de précieux témoignages de l’évolution de ce groupe majeur de la scène hongroise.

De toute façon, rien que pour le concert, l’achat de ce DVD s’impose.

P.S. l’aventure continue ces prochains jours avec la sortie du troisième album de Wall of Sleep, le combo monté par Sandor Holdampf et Kolos Hegui après le split de Mood !


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Enregistré en 1983, “Another Perfect Day” fut pendant plus de 20 ans l’album maudit de Motörhead,  rejeté par une grosse partie des fans, de la presse métal et pendant un temps, par le groupe lui-même. Enfin, lors de la tournée 2006, il fut ressorti du placard, deux morceaux “Dancing on Your Grave” et “I Got Mine” étant insérés dans la set-list. Et ce n’est que justice tant cet album ne méritait pas un tel ostracisme.  Le défaut de “Another Perfect Day” est de sortir des sentiers labourés jusqu’alors par le groupe. Il faut dire que Brian Robertson, choisi pour succéder à Fast Eddie Clarke (qui a claqué la porte en 1982) au poste de guitariste, n’a pas du tout le même jeu que son illustre prédecesseur (rappelons que Motörhead est à l’apogée de sa notoriété au moment du départ du guitariste). Connu pour ses coups de gueule et surtout pour sa participation à quelques une parmi les plus notables réalisations de Thin Lizzy, le teigneux écossais apparaît comme un choix surprenant pour Motörhead. Lui même ne se prive d’ailleurs pas de dire tout le mal qu’il pensait du groupe avant de l’intégrer, lui reprochant de n’être alors qu’ “un putain de bruit”. De fait, Robertson appose sa marque sur “Another Perfect Day”, transfigurant le son du groupe et la structuration des compositions, désorientant ainsi le public. Néanmoins, Motörhead, reste Motörhead, la voix de Lemmy, son jeu de basse tout comme le jeu de batterie de Phil “The Animal” Taylor assurant l’identité du groupe. Seulement, la musique est moins compacte, chaque instrument se détache distinctement, et ce que le groupe perd en énergie brute, il le gagne en clarté.  Moins brutal, certainement, mais toujours aussi puissant ! Les morceaux s’enchaînent sans coup férir, et si le tempo n’est pas toujours dans le rouge incandescent, il n’en est jamais très éloigné ! “Back at the Funny Farm” ouvre les hostilité avec une ligne de basse typique de Lemmy et tout de suite, ce qui frappe, c’est le boulot de titan accompli par Brian Robertson, qui ne s’est pas contenté de poser sa rythmique mais qui a rajouté des chorus, enrichissant d’autant le morceau. A peine remis de sa surprise, vlan ! un solo ! Oui, un solo dans Motörhead, mélodique et tout ! N’empêche que le titre est imparable et que ses passages instrumentaux ne nuisent en rien à son efficacité, la rythmique en béton armé nous rappelant toujours à qui l’on a affaire. On enchaine avec “Shine”, qui speede encore un peu plus avant que le groupe ne ralentisse avec le monumental “Dancing on Your Grave”. Plus lent, peut-être mais tout aussi imparable ! La rythmique est infernale et les chorus de guitare à hurler ! “Rock It” fait un peu baisser la tension avant que “One Track Mind” n’écrase tout sur son passage. La suite est à l’avenant, alternant mid-tempo et morceaux aux rythmes un peu plus soutenus (mention spéciale à “Tales of Glory” et son break au riff irrésistible) jusqu’au malsain “Die You Bastard” qui clôt en beauté un album magistral. Brian Robertson éclabousse tous les morceaux de son talent, les gorgeant de solos inspirés.  Au lieu de recevoir une énorme déflagration en pleine face, comme sur les précédents albums, on reçoit dix décharges alternées. Le côté moins compact, la plus grande place laissé à la mélodie de guitare ont entraîné le rejet et l’échec de “Another Perect Day”. Le public n’était pas prêt à une telle évolution de Motörhead et c’est bien dommage. Robertson parti, Lemmy, échaudé, renouera avec la formule qui avait fait le succès de son groupe, surprenant uniquement en recrutant deux guitaristes (Würzel et Phil Campbell) pour succéder au rouquin talentueux. La page fut rapidement tournée et “Another Perfect Day” mis au placard pendant plus de 20 ans.  Album différent, assurément, mais album excellent que le groupe s’emploie (enfin!) à réhabiliter. Il n’est que temps.