Archive for the ‘Doom Metal’ Category

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Wall Of Sleep : And Hell Followed With HimWall of Sleep est de retour avec un troisième opus qui confirme tout le bien que l’on pensait de ce groupe hongrois. Il est vrai que ces deux fondateurs Gabor Holdampf (chant) et Sandor Füleki (guitare) ne sont pas des novices puisqu’ils avaient tout de même enregistré auparavant quatre albums avec Mood, le groupe pionnier du doom hongrois. On peut même dire qu’ils incarnent Wall of Sleep dans la mesure où ils signent ensemble 7 des 8 compos que renferme cet album (« Crusade » est l’exception puisque co-écrite avec le second guitariste Balazs Kemencei).

Le plus indéniable de « … And Hell Followed With Him » par rapport à ses prédécesseurs réside dans une production absolument énorme, signée Fido et Tamas Schmiedl avec un enregistrement aux studios Sound Bridge et MD à Sopron (bref, en Hongrie, quoi !). Non pas que « Slow But Not Dead » et « Sun Faced Apostles» aient eu un son infâme, mais là, franchement, le groupe s’est surpassé. Le son de guitare est lourd, massif, comme gravé dans le granit avec des silex taillés ! La batterie est dantesque, chaque coup de grosse caisse vous cueille à l’estomac. La basse, bien distincte, c’est à souligner tant elle est souvent noyé dans les disques de doom, est pesante et vous claque aux oreilles de façon magistrale. Comme quoi, il n’est pas nécessaire d’enregistrer dans des studios réputés avec des producteurs encore plus réputés pour obtenir un excellent résultat…

D’autant plus que la musique est à la hauteur de la production ! Nous avons incontestablement affaire à des orfèvres du doom mélodique. Alternant intelligemment mid tempos et tempos lents (mais jamais écrasants, comme dans le doom funéraire et minimaliste) et, évitant ainsi toute monotonie, Wall of Sleep nous délivre des compos finement ciselées, solidement charpentées, aux arrangements de guitare toujours élaborés, rendant chaque morceau facilement distinct, ce qui n’est pas un mince exploit dans un genre aussi codifié que le « classic doom ». Soulignons aussi l’excellente prestation de Gabor Holdampf au chant, dont le timbre de voix contribue indiscutablement à forger l’identité du groupe, tant il est reconnaissable. Ni clone d’Ozzy (tare fréquemment rencontrée dans le genre), ni exagérément aigu ou lyrique, il sait trouver des lignes mélodiques collant parfaitement aux morceaux.

De plus, le groupe a su éviter un autre écueil rencontré souvent dans le doom, à savoir des morceaux étirés jusqu’à l’excès, et parfois, jusqu’à l’ennui. Là, les morceaux oscillent entre 4,29 minutes et 5,19 minutes, ce qui renforce encore la cohésion d’un album de 39 minutes sans aucun temps mort.

Bref, de l’enlevé « Buried 1000 Times » qui ouvre les réjouissances au plus sombre « Stabat Water » qui conclut l’album en passant par le mélancolique « November », voilà 8 titres à consommer sans modération et qui s’adressent à tous les fans de doom mélodique, mais aussi aux acharnés de heavy « à l’ancienne » (remember Black Sabbath).


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Candlemass : 20 Year Anniversary PartyContrairement à ce qu’avait laissé entendre Leif Edling, le show célébrant les 20 ans de Candlemass fait l’objet d’une sortie DVD. On ne peut que s’en réjouir tant ce concert du 31 mars 2007 est un évènement. Songez que pour l’occasion, pas moins de 7 chanteurs se sont succédés sur la scène exigue de Kolingsborg ! D’aucuns s’étonneront de l’absence de Messiah Marcollin, qui a incontestablement été une pièce maîtresse dans la reconnaissance dont a bénéficié le groupe. Cependant, vu les conditions houleuses dans lesquels il a quitté Candlemass, sa présence paraissait difficilement envisageable. Et puis, rappelons qu’il existe deux autres DVD des maîtres du doom suédois sur lesquels il figure.

Outre les nombreux invités, l’intérêt de ce concert est de nous proposer une set-list originale.

Ainsi, les hostilités sont ouvertes avec Thomas Vikström (actuel chanteur de Therion) au chant pour 4 morceaux, occasion de (re)récouvrir trois extraits du méconnu Chapter VI (sur lequel il chantait) , “The Dying Illusion“, “Where the Runes Still Speak” et “Ebony Throne”, qui ne déparent en rien parmi les classiques du groupe. Comme le souligne Mappe Bjorkman, si Messiah était resté dans le groupe, ces morceaux seraient restés aux oubliettes. Outre qu’il n’a rien perdu de ces capacités vocales, Vikström se montre très à l’aise sur scène, bougeant sans cesse (presque trop vu l’exiguité de la scène), haranguant le public, visiblement très heureux d’être de la fête.

Lui succède JB de Grand Magus pour un “Well of Souls” toujours aussi puissant, puis Mats Leven (à l’époque dans Therion) pour “Black Dwarf“. Chaque interprétation est précédée d’une courte interview (sous-titrée en anglais) du chanteur à suivre , ce qui apporte un éclairage supplémentaire au morceau. Ainsi, Mats Leven se pose quelques questions techniques (tonalité du morceau), révélant le caractère assez spontané de cette fête. Même chose pour Michael Akerfeldt (de Opeth) qui se demande comment il va se sortir d’un registre lyrique qui n’est pas le sien. Effectivement, son “At The Gallows End” avec alternance de vocaux death et vocaux mélodiques est une première !

Puis Robert Löwe est intronisé officiellement chanteur de Candlemass et montre le temps de 3 morceaux (dont “Demonia 6″ encore inédit au moment du concert) qu’il est à la hauteur du poste, même s’il apparaît encore hésitant, notamment durant “Mirror Mirror”, ce qui n’est pas franchement étonnant dans la mesure où il avait répété pour la première fois avec le groupe la veille !!

Un moment fort chasse l’autre puisque nous assistons ensuite à un moment historique : Johan Langquist, chanteur sur le premier et cultissime album Epicus Doomicus Metallicus monte pour la première fois sur scène afin d’interpréter pas moins de 4 morceaux de cet opus !! Encore un peu timide durant “Crystal Ball“, Johan se détend progressivement et livre de fort belles interprétations de “Demons Gate“, “Under the Oak” et “A Sorcerers Pledge”. Rien que pour ça, l’achat de ce DVD se justifie, d’autant qu’après les plus anecdotiques “Witches” avec Tony Martin et le festif “Bullfest” avec le toujours aussi extraverti Tomas Vikström, nous avons droit pour le final à un “Solitude” à trois voix, interprété par Tomas, Johan Langquist et Robert Löwe.

Vous l’avez compris, ce concert est véritablement unique et se doit de figurer dans la DVDthèque de tout fan de Candlemass.


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Saint Vitus : Die HealingDie Healing est un album éVènementiel pour deux raisons essentielles : le retour au bercail de Scott Reagers, chanteur originel de la formation, après huit années d’absence et, pour la première fois dans la carrière du groupe, une production correcte. Car jusque là, il faut bien reconnaître que les albums de Saint Vitus sonnaient de façon médiocre, aVec une production confuse.

Or, pour Die Healing, le combo fait appel à un producteur confirmé, Harris Johns, qui a déjà tenu les manettes pour Pestilence, Coroner, Sodom et autre Tankard ! Pas mal le CV ! Restait juste à Voir (où plutôt à entendre) comment un spécialiste du trash allait pouVoir faire sonner un maître du doom…

Et le résultat est à la hauteur des espérances ! Jamais Saint Vitus n’a sonné aussi bien. Justice est enfin rendu à Armando Acosta, dont le traVail à la batterie est bien rendu au mixage, et dont les roulements tonnent comme des uppercuts en plein foie et non plus comme des coups portés à des barils de lessiVe (d’accord, j’exagère… mais pas tant que ça). Le son de Chandler, loin d’être dénaturé, ressort au contraire reVigoré par le traitement de choc du bon docteur Johns, gardant toute son originalité en distorsion et réVerb’ tout en étant beaucoup plus clair et puissant.

Scott Reagers fait également un retour gagnant, liVrant, à mon humble aVis, sa meilleure prestation au sein du groupe. Moins chanteur qu’acteur, il Varie les intonations au gré des morceaux, les habitant Véritablement, les nourrissant de sentiments Variés (peur, fureur, désespoir) tout en ayant épuré son style des Vocalises qui encombraient un peu trop les premiers essais du combo.

Et la musique, dans tout ça ? Ben, c’est du Saint Vitus… Des morceaux construits autour d’un riff de base décliné à l’infini, une cassure psychédélique aux 2/3 des morceaux ou DaVid Chandler se liVre à des solos à la wah-wah toujours aussi hallucinés (et hallucinants !), des tempos qui oscille entre le heaVy (”One Mind”), le lent (”Dark World”, “Zombie Return”), le lourd (”Let the End Begin”), ou le franchement oppressant (”The Sloth“). Bref, le groupe reste fidèle à un style assis depuis le cultissime Born Too Late.

Une exception toutefois, le morceau “Just Another Notch”, sorte d’OVNI qui conclut la galette sur un tempo rapide (si ! si ! je Vous assure) et chanté par DaVid Chandler (c’est d’ailleurs là que l’on comprend qu’il ait toujours préféré recruter des chanteurs…).

Pour le reste, c’est sans surprise, certes, mais parfaitement maîtrisé et exécuté.

De plus, la brillante performance de Scott Reagers et le son bien carré aux entournures contrebalancent aisément le sentiment de déjà entendu qui aurait pu surVenir.

Un album qui achèVe de brillante façon la carrière d’un maître incontesté du genre…

A recommander chaudement à tous ceux qui Voudraient s’initier aux délices du doom et à ranger précieusement à côté de Born Too Late dans Votre CDthèque.


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Mood : The Last Ride of DoomanoidsLe voici enfin, ce DVD de MOOD ! Initialement annoncé pour la fin de l’année 2006, c’est finalement depuis juillet 2007 qu’il est disponible. Disons le d’emblée : le résultat est à la hauteur de l’attente. Très complet, ce DVD contient en effet un concert, une interview, deux video-clips et en guise de bonus, énormément d’extraits de concerts capturés à différentes époques de la vie du groupe par des fans et exhumés des archives spécialement pour l’occasion.

Commençons par le gros morceau : le concert. Moment historique puisqu’il s’agit de la dernière prestation live du groupe pionnier de la scène Doom hongroise, enregistrée et filmée le 14 décembre 2001 au Wigwam Club de Budapest. Bien sûr, ce n’est pas le Parc des Princes : la scène est exigüe, les jeux de lumières succincts. De même, l’équipe technique ne comprend pas des dizaines de caméras mais la réalisation très classique dans la forme (alternance de plans généraux et gros plans sur Gabor Holdampf durant les parties chantées et Sandor Fuleski ou Kolos Hegui pour les solos) est adaptée aux conditions et retranscrit parfaitement l’ambiance d’un club.

Quant au concert proprement dit, alors là, c’est du bonheur ! D’une durée de 1h20 pour 14 morceaux plus une assez longue intro (la même que sur la VHS ?Never Say Die? de Black Sabbath), il propose une set-list qui puise dans les 4 albums du groupe et prend véritablement des allures de best-of. Le show démarre en fanfare avec le mid-tempo “The Fourth Ride of the Doomanoids”, titre ayant donné son nom au dernier album du groupe. MOOD alterne ensuite avec bonheur les morceaux doom “Ice Monkey”, reprise plombée de Saint Vitus, “Spiral Tomb”, l’énervé “Feed to Rise“, “Burning Slow” et son riff dantesque avec les plus heavy “The Engine is Burning”, “The Shell” ou “Glow, Burn, Scream”.

L’émotion est palpable sur scène et dans la salle. L’ambiance monte en intensité tout au long du concert, Gabor Holdampf ne ratant pas une occasion de confier le micro aux die-hards fans qui squattent les premiers rangs, renforçant encore la symbiose entre le groupe et son public. La scène est ainsi littéralement envahie durant “Glow, Burn, Scream” qui se déroulent dans une atmosphère survoltée de choeurs fiévreux et de stage-divers frénétiques. Un grand moment ! Le set s’achève en apothéose sur une reprise du classique de Black Sabbath “Children of the Grave”.

Ajoutons que la prise de son est impeccable de puissance et de clarté et l’interprétation sans faille. On peut même dire que les morceaux prennent une dimension supérieure aux versions studios, tant le groupe est transcendé par l’évènement.

Bref, un achat indispensable pour les fans de MOOD et une occasion en or pour ceux qui ne connaissaient pas encore ce groupe et amateurs de heavy metal plombé à la Black Sabbath de le découvrir au meilleur de sa forme.

Pour le reste, les deux clips sont de facture classique et permettent de voir l’évolution des coupes de cheveux des musiciens à travers les ans. L’interview des deux guitaristes (la dernière interview, là aussi !), sous-titrés en anglais, explicite les raisons du split.

Quant aux bonus, ils s’adressent aux plus acharnés des fans du groupe dans la mesure où les images présentées ici sont de qualité médiocre et les prises de son souvent rudimentaires (mais toujours audibles, quand même). Néanmoins, ce sont de précieux témoignages de l’évolution de ce groupe majeur de la scène hongroise.

De toute façon, rien que pour le concert, l’achat de ce DVD s’impose.

P.S. l’aventure continue ces prochains jours avec la sortie du troisième album de Wall of Sleep, le combo monté par Sandor Holdampf et Kolos Hegui après le split de Mood !


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Après deux MCD, « All Your Kin », premier véritable album de Leather Nun, est sorti en ce début d’année 2007. Pourtant, l’année de réalisation n’a que peu d’importance tant ce groupe est imperméable aux modes, tendances et évolutions musicales. Le nom qui vient immédiatement à l’esprit à l’écoute de la musique de LEATHER NUN est en effet SPIRIT CARAVAN, groupe de doom heavy américain ayant sorti deux albums et un MCD. Rappelons que ce combo comprenait à la guitare et au chant Scott « Wino » WEINRICH, une des grandes figures de la scène américaine, qui a notamment officié dans SAINT VITUS et THE OBSESSED. Ce n’est pas faire injure à John SARNIE, le chanteur guitariste de LEATHER NUN, que de dire qu’il a été influencé par SPIRIT CARAVAN tant les similitudes sont nombreuses : même son, même style de composition, même approche de la guitare tant en rythmique qu’en solo…

Néanmoins, nous n ‘avons pas ici affaire à un vulgaire plagiat pour deux raisons essentielles. Tout d’abord, les morceaux s’inscrivent certes dans une filiation mais ne sont en aucun cas des copies. On ne se dit pas « tiens ça ressemble à tel morceau » mais plutôt « ça aurait pu être enregistré par SPIRIT CARAVAN ». De plus, LEATHER NUN n’a pas conservé de son influence majeure la facette la plus lourde, pesante. Il s’ensuit que « All Your Kin », avec sa prédominance de morceaux mid-tempo, s’adresse finalement à un public plus large que la scène Doom.

Pour ceux à qui une référence à SPIRIT CARAVAN ne parle pas, précisons que cet album s’inscrit dans la tradition du heavy metal ancrée dans les 70’s, tant au niveau du son que des compos.

Si vous êtes amateurs de morceaux aux solos échevelés et distordus, aux effets de wahwah, à la basse ronflante, alors n’hésitez pas à jeter une oreille (voire les deux !) sur cet opus sans prétention ni originalité, mais à la sincérité indéniable et à l’énergie communicative.

Si vous étiez fan de SPIRIT CARAVAN et que vous vous sentiez orphelin depuis le split du groupe, n’hésitez pas non plus à donner sa chance à LEATHER NUN.

LEATHER NUN AMERICA “All Your Kin” (Psychedoomelic Records – 2007)


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Iron Man : Generation VoidA votre avis, le nom Iron Man est un hommage à qui ? Au comics Marvel ? Effectivement, sur le deuxième album du groupe “The Passage” figurait un instrumental intitulé “Tony Stark”, nom de l’alter ego du super-héros.

Pourtant, à l’écoute de la musique du groupe, on peut penser que son nom a été choisi en référence à Black Sabbath. Prenez le guitariste Alfred Morris II (un des rares musiciens noirs à jouer du doom metal à ma connaissance). Il ne s’est manifestement jamais remis de l’écoute des premiers albums du Sabbath Noir et ça s’entend. Le son de guitare est ainsi particulièrement “roots”. Et le reste est à l’avenant.

Les compositions s’inscrivent dans une veine Black Sabbath période osbournienne. L’ensemble s’avère varié, une majorité de titres étant mid-tempo (”Survivor“, “Generation Void“) et alternant avec des chansons plus rapides (”On the Mountain” est de ce point de vue le pendant de “Symptom of the Universe“) ou pesantes (”Shadow of Darkness“) et le petit instrumental de rigueur (”Ironica Blue”).

Dan Michalak, dans un registre clair semi-lyrique, se révèle un chanteur compétent à défaut d’être, tout comme les compositions d’ailleurs, d’une grande originalité. Le manque de variété dans les vocaux accentue à mon avis la difficulté pour les morceaux de décoller.

La surprise vient du dernier morceau “Juggernaut” qui est constitué pour l’essentiel d’un solo de batterie ! Pour l’anecdote, les baguettes étaient tenues sur cet album par Vic Tomaselli qui officie depuis dans Place of Skulls.

A signaler qu’après un split de quelques années, Alfred Morris II a remonté dernièrement Iron Man avec de nouveaux acolytes.

Pour conclure, un album correct qui s’adresse avant tout aux fans de heavy tendance Black Sabbath à qui le manque d’originalité et une production délibérément datée ne font pas peur.


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Wretched (USA) : Center of the UniverseCenter of the Universe” est le troisième album (et le dernier à ce jour même si le groupe a repris du service depuis) de Wretched. Paru en 1995 sur le mythique label allemand Hellound (comme les deux autres d’ailleurs), ce Cd s’avère également être le meilleur du groupe.

Tout y est en effet plus abouti. La production d’abord. Le son est puissant et clair (ce qui n’est pas toujours le cas dans le doom). Les compositions ensuite. Bien que l’influence Black Sabbath soit perceptible, le groupe a su la dépasser. Le guitariste Jeff Parson a une vraie “patte” et trouve des arrangements qui permettent à des compos de structure classique de s’extraire de la masse. Difficile d’extraire un titre de l’ensemble tant les 9 morceaux tiennent parfaitement la route. Citons “Loosing World” qui démarre l’album sur un rythme soutenu, le riff lancinant de “Center of the Universe“, le refrain plus mélancolique de “Day in Day Out” et le plus énervé “Snakebite” qui clôt l’album.

Signalons aussi la qualité des vocaux de David Sherman. Variant les mélodies et les intonations, passant d’un registre “osbournien” à des accents plus agressifs, tour à tour enjôleur ou halluciné, il donne une dimension supplémentaire aux morceaux qu’il “habite”.

Rappelons que David Sherman n’a jamais lâché l’affaire et qu’après la mise en sommeil de Wretched, il a été tenir la basse et chanter quelques morceaux au sein de Spirit Caravan avant de reprendre le micro dans Earthride. Cependant, il délivre à mon avis sur cet album sa meilleure performance. Sa voix est en effet moins marquée, moins “rauque” que maintenant. Il est vrai que depuis 12 ans, des hectolitres de bourbon et des tonnes de clopes ont dû lui passer sur les cordes vocales…

Les deux personnalités marquantes de Wretched (Jeff Parson et David Sherman) ayant réanimé le groupe, il ne reste plus qu’à espérer la réalisation d’un nouvel album.

Vous pouvez toujours patienter en faisant tourner “Center of the Universe” sur votre platine.


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Candlemass : King of the Grey IslandsAprès le départ (l’éviction ?) de son imposant (à tous les sens du terme) chanteur Messiah Marcollin, beaucoup ne donnaient pas cher de la peau de Candlemass. C’était oublier que l’âme du groupe n’était pas le charismatique vocaliste mais le discret Leif Eidling, fondateur et compositeur de la quasi-intégralité des titres de la féconde discographie du combo suédois. D’ailleurs, rappelons que Messiah ne figure pas sur le culte “Epicus Doomicus Metallicus“, album pionnier du genre, même s’il sut s’approprier les titres en Live.

Bref, le devenir du groupe reposait finalement sur les frêles épaules de son bassiste. Et comme Leif s’est surpassé sur ce “King of the Grey Islands“, nous pouvons annoncer haut et fort qu’il y a bien une vie après Messiah.

D’abord, musicalement, jamais Candlemass n’a maîtrisé aussi parfaitement son sujet. Les compos, fort bien structurées, ne se révèlent jamais ennuyeuses, bien qu’elles dépassent toutes les 4:30′ (jusqu’à plus de 8:00′ pour le monumental “Embracing The Styx“). Leur variété est aussi un atout, de l’oppressant “Demonia 6″ au plus aéré “Of Stars And Light” en passant par le “rapide” (on parle de Candlemass quand même !) “Clearsight”, digne successeur de “Born In A Tank” et autre “The Bell Of Acheron“.

Et le chant, me direz-vous ? No problem ! Le père Eidling a sorti un atout maître de sa manche en recrutant l’expérimenté Robert Löwe, vocaliste en titre de Solitude Aeturnus. Et s’il est moins lyrique que Messiah, Robert Löwe délivre néanmoins une superbe performance, son timbre un poil plus agressif se révélant également très expressif (pour ceux qui pouvaient trouver les vocalises de Messiah parfois un peu monotones). Son adaptation à des compositions qui n’avaient pas été écrites en pensant à lui est de ce point de vue proprement bluffante.

Preuve s’il en était encore besoin de la qualité de cet opus, on retrouve l’identité du groupe dès la première écoute, malgré le changement de voix.

Un grand album pour un grand groupe qui a été bien inspiré de persévérer en dépit des frasques de son ex-moine chanteur…


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Born Too Late1986… Après deux albums, Scott Reagers jette l’éponge et quitte Saint Vitus. Pour le remplacer, DaVid Chandler fait appel à une figure de la scène locale, Scott « Wino » Weirich, guitariste / chanteur qui a déjà enregistré un 3 titres aVec son groupe, « The Obsessed ».

Enregistré en quelques jours, comme ses prédécesseurs, « Born Too Late » marque Véritablement l’aVènement de Saint Vitus et est la pièce maîtresse qui fera de ce combo un groupe culte et référentiel.

L’album est plus homogène que les opus précédents : point ici de morceaux plus rapides comme « War is my Destiny » ou « White Stallions »; du doom, encore du doom, toujours du doom, tout au long des 6 morceaux. DaVid Chandler maîtrise de main de maître la pédale wah wah et nous assène des solos tour à tour lancinants et hallucinés. L’apport de Wino se réVèle déterminant, tant son timbre de Voix, moins lyrique et plus malsain que celui de Reagers, colle parfaitement aux compos moites et plombées de Chandler (« Dying Inside «, « The Lost Feeling »).

Saint Vitus liVrait là ce qui allait deVenir un classique du doom. A (re)découVrir de toute urgence.


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Shepherd : The Coldest DayDeuxième album pour ce groupe allemand qui splittera malheureusement ensuite, “The Coldest Day” développe sur ses huit morceaux un concept original. Chaque titre porte en effet le nom d’un jour de la semaine (monday, tuesday…). Et le huitième, me direz vous ? (car il n’y a que sept jours dans une semaine, petit rappel au cas où…) Mais enfin, c’est évident ! Le huitième jour, c’est Doomsday !!

Musicalement, l’album se décompose en deux parties bien distinctes. La première, constituée de la semaine “normale” (les sept premiers titres, donc) nous offre durant un peu plus de 30 minutes un heavy doom qui bastonne sec, avec basse ronflante et claquante, chant hargneux et breaks plombés. Ajoutez y la présence de Scott Weinrich (ex- Saint Vitus, The Obsessed, Place Of Skulls, Spirit Caravan et actuel The Hidden Hand) qui place quelques solos de guitare dont il a le secret sur deux titres et chante sur un, ainsi qu’une production de son compère de Hidden Hand Bruce Falkinburg et vous aurez une idée du sérieux de l’entreprise.

Mais ce n’est pas tout… Car il reste “Doomsday“, un morceau de 15 minutes, lourd, oppressant, à la pesanteur apocalyptique, que ne renierait pas Sunno))) et qui conclut de façon particulièrement forte cet album contrasté et éminemment recommandable.