Les Forges Obscures

L’antre d’eulmatt

  • Home
  • About

Categories

  • Black Metal
  • Chroniques
  • Death Metal
  • Gothic Metal
  • Grind Metal
  • Hardcore
  • Metalcore
  • Speed metal
  • Thrash Metal
  • Viking Metal

Archives

  • July 2008
  • May 2008
  • March 2008
  • February 2008
  • January 2008
  • December 2007
  • November 2007
  • October 2007
  • September 2007
  • August 2007
  • July 2007

Pages

  • About

Blogroll

  • Spirit of Metal Webzine

About

My name is NULL and this is my blog. Thank you for visiting my site and you can login or register here to join our community

Search

Search something from site:

Recent Entries

  • Hirax : The New Age Of Terror
  • Anthrax : Stomp 442
  • Nile : In Their Darkened Shrines
  • Suffocation : Despise the Sun
  • Suffocation (USA) : Despise the sun
  • Dislocation (FRA) : Soulgrinders From The Stars
  • Testament : The Formation of Damnation
  • Dissection (SWE) : The Somberlain
  • Opeth : Morningrise
  • Opeth : Orchid
  • The Ocean : Precambrian
  • Children Of Bodom : Blooddrunk
  • Rotting Christ : Triarchy of the Lost Lovers
  • Bathory : Under The Sign Of The Black Mark
  • Exodus : Pleasures of the Flesh
  • Death Angel : Act III
  • Enslaved (NOR) : Frost
  • Paradise Lost : Shades of God
  • Hate Eternal : Fury and Flames
  • Depressive Age : Lying In Wait

Recent Comments

  • Keine Kommentare vorhanden.

Meta

  • Metal Blogs
  • Blogs' list
  • Create your blog
  • Login
  • Main Entries Rss
  • Comments Rss
  • Valid XHTML
  • XFN Network
  • Wordpress
November 2008
M T W T F S S
« Jul    
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930

Opeth : Orchid

admin
27 Mar 2008  
>> Chroniques, Death Metal

OrchidLa légende naquit ainsi, dès les premières notes de In Mist She Was Standing. Ces jeunes Suédois du nom d’Opeth, menés par un leader déjà charismatique et tellement doué du haut de ses vingt ans, avait déjà conquis et enthousiasmé l’underground scandinave. Une chance leur était donc offerte, et les premières minutes d’Orchid n’ont sans doute jamais laissé entrevoir le moindre doute quant au potentiel incroyable de ce jeune groupe.

A croire que le génie peut avoir des origines un tant soit peu surnaturelles, voire divines. In Mist She Was Standing, quatorze minutes d’une incroyable démonstration artistique issue de nulle part. L’enchevêtrement de ces deux guitares jouant en plusieurs dimensions des mélopées d’une harmonie à pleurer, l’émotion brute sortant à chaque instant, balayant la colère, la tristesse, la beauté, la haine, la mort, la vie?

Dès à présent, on comprend la difficulté des observateurs de l’époque pour décrire cette révolution musicale. Dans quelle case ranger Opeth ? Les growls très caverneux de Mikael Akerfeldt et la puissance rythmique d’Opeth, basée sur une basse solide et une batterie s’appuyant sur un usage répété de la double pédale, ne laissent pas de doute quant à l’appartenance au death metal. Seulement voilà, comment appréhender ces parties soyeuses et ciselées de guitare, d’un lyrisme et d’une harmonie ne trouvant des équivalents que dans les plus beaux passages du heavy metal, voire dans la musique classique?et d’où vient donc cette drôle de propension à rallonger les morceaux, pour en faire de véritables pièces en plusieurs actes, agrémentées de pauses acoustiques renvoyant aux grandes heures du rock progressif ? Enfin à quelle ascendance doit renvoyer la beauté hors d’âge de ces soli amples et généreux, sinon à une forme intemporelle que ne renieraient pas les plus grands des seventies ?

Et quand bien même on voudrait déceler dans le premier morceau une forme de surenchère stylistique qui voudrait en mettre plein la vue, la suite rend cette hypothèse ridicule et irrecevable, tant la constance de son niveau et sa cohérence apparaissent évidents tout au long du disque.

Prenons donc cette longue séquence acoustique, lente et onirique, un brin angoissante, que l’on ne retrouverait que dans le meilleur de Pink Floyd, au milieu de Under The Weeping Moon, qui s’enchaîne de manière jouissive avec cette arrivée de la batterie et d’une guitare lancinante venant hanter un chant écorché? qui lui-même s’efface pour un épilogue en chant clair d’une beauté sans équivalente, le feeling des guitaristes faisant mouche à chaque note, aussi bien dans le jeu acoustique qu’en son saturé, qui vient s’élever doucement pour conclure dix minutes de rêve.

Et ces premiers instants de Forest Of October, ce son de guitare si chaleureux et si solennel, qui rend une nouvelle fois le jeu complémentaire des deux guitaristes, tout en relief et en toucher, si prenant. Parcourons le plus en détail, ce fameux morceau, tant il est symptomatique de l’univers d’Opeth. Outre son introduction flamboyante, on retrouve par la suite cette alternance équilibrée de passages virulents et compacts, balancés entre la lourdeur d’un death/doom puissant - et d’un côté glacial et cinglant qui n’est pas sans conférer au black metal - et de ces innombrables breaks acoustiques, opérant tels des respirations bienvenues, tout en renforçant la puissance sombre et angoissée de l’atmosphère. Puis vient soudain cette guitare plaintive, jouant langoureusement un solo lent et angoissé sorti tout droit du hard rock de vingt ans en arrière, qui amène avec brio l’enchaînement vers le second thème du morceau. Nouvel accès de colère noire, toujours rehaussée par des touches mélodiques lui conférant une beauté glaciale. Le travail de la basse y est d’ailleurs à souligner, venant judicieusement jouer un double rôle de rythmique et de lead mélodique lorsque les guitares s’évadent dans leurs effluves baroques. Et enfin, l’épilogue acoustique tout en toucher et en finesse, histoire de finir au fond du trou?

The Twilight Is My Tobe reprend la même recette, sauf que sur le fond le morceau est moins nuancé et joue plus la carte de la colère que du désespoir. On y retrouve ainsi à la fois les parties les plus massives et les plus violentes du disque, mais aussi les breaks les plus rock, bref une approche progressive poussée encore plus loin, mais toujours avec le même bonheur. A noter ici les embryons de chant clair du plus bel effet sur la fin du morceau, lui conférant à la fois un côté mystique et laissant auguré un potentiel qu’Opeth exploitera plus tard avec plus de gourmandise.

Cinquième et dernière pièce finale, The Apostle in Triumph est peut-être le morceau le plus esthétique, le plus lourdement chargé en émotion. Et pour ce faire, on a droit à une démonstration époustouflante du savoir-faire des musiciens, ceux-ci parvenant à donner un corps et un relief incroyable à leur musique, les trois instruments à corde jouant par moment simultanément des lignes mélodiques complexes qui viennent s’imbriquer les unes dans les autres pour former un résultat d’une richesse incroyable, le tout étant épaulé par un jeu de batterie à la fois massif et très fin. C’est en fait ce qui deviendra la marque de fabrique des Suédois, ce qui explique aussi les vaines tentatives de catalogage de la musique d’Opeth. Death, Doom, Heavy, Black, Rock, Prog, Néo-classique, Jazz, tout y passera, et pourtant cette longue litanie n’est jamais parvenue à décrire ne serait-ce qu’un dixième de la richesse de la musique d’Opeth.

La légende est née grâce à cela. Comme sortis de nulle part, paraissant affranchis de toute influence trop marquée, les jeunes Suédois semblent être parvenu à créer un univers musical unique, caractérisé par l’utilisation de divers inspirations et courants musicaux, aidé par une technique individuelle bluffante. Et bien loin de tomber dans les travers que ses détracteurs stigmatisent par ignorance musicale ou par jalousie, Orchid n’est ni prétentieux, ni pompeux, ni désordonné.

La démonstration du génie d’Opeth prend corps immédiatemment dans son premier album. Ambitieux comme aucun autre disque à l’époque, Opeth sait où il veut aller, avec conviction. Et les écoutes successives n’en sont que plus révélatrices : au-delà d’une forme sophistiquée, complexe et jamais vue, le fond de l’?uvre est bien plus riche et plus vaste encore, d’une richesse émotionnelle qui ne se laisse découvrir qu’avec le temps.

Ce premier chef d’?uvre fait déjà rentrer Opeth dans la légende. Pour peu qu’il récidive sur un second album, ce qui n’est jamais le plus simple, il deviendra culte?

No comment
add comment

Opeth : Morningrise

admin
27 Mar 2008  
>> Chroniques, Death Metal

MorningriseL’heure de la confirmation a déjà sonné. Grâce à Orchid, Opeth s’est ouvert les portes d’un univers artistique paraissant sans limites. Par la même occasion, il a généré une attente fiévreuse au sein d’un monde du metal interloqué par le phénomène.

N’ayant pas tout dit sur Orchid, Opeth décide de poursuivre allègrement dans cette même veine, sauf que la réussite de leur premier opus leur permet d’aller plus loin dans la démesure. Et c’est donc par le biais de compositions plus longues et copieusement progressives que les Suédois entament la création de Morningrise.

Au travers de cette voie résolument ambitieuse, Opeth se singularise un peu plus.

C’est ainsi qu’Advent, le premier morceau, crée résolument une fracture rédhibitoire entre la frange la plus passionnée des fans d’Opeth, et celle plus hermétique des amateurs d’un metal plus direct, qui ne se retrouvent plus dans cet univers pointu, ardu et trop complexe.

Faisant résolument parti de la première faction, je confirme combien il est regrettable de s’arrêter à une première écoute qui il est vrai peut apparaître presque pénible.

Toutefois, il est à noter que Morningrise est bâti sur une construction allant du plus complexe au plus épuré, ce qui peut encourager les plus sceptiques à ne pas décrocher. Au combien ils ne le regretteront pas.

Nous reviendrons sur le cas Advent à la fin de la chronique. Enchaînons plutôt sur l’incroyable The Night And The Silent Water?peut être dans l’esprit le morceau le plus doom de toute la discographie d’Opeth. Quasiment tout au long de ce titre, le tempo reste plombé, très lent. Autour de cette rythmique étonnamment nonchalante, mais jamais pesante, les instruments à cordes déploient toute leur richesse, alternant parties saturées essentiellement basées sur des lignes mélodiques très élégantes, et des pauses acoustiques plus légères, le tout gardant une forte empreinte mélancolique, qui fait la cohérence et le sens artistique du morceau. Puis vient enfin l’apothéose dans les deux dernières minutes, avec le retour du thème initial légèrement revu, amenant un surplus émotionnel absolument génial.

Nectar, plus varié et pluriel, puise davantage dans les passages plus intransigeants où le guttural d’Akerfeldt et la double pédale viennent renforcer l’aspect massif et monumental de la musique, qui pour le reste s’appuie toujours sur les constructions guitaristiques imbriquées et sur une basse décidément fondamentale, dans son rôle de liant mélodique indispensable à la cohérence du jeu complexe des guitares. Les breaks acoustiques se font ainsi plus abrupts et surprenants, et l’on sent qu’à aucun moment Opeth ne veut perdre la maîtrise du tempo et de l’atmosphère, multipliant les enchaînements et les ruptures. Il en résulte une désorientation qui perturbe de prime abord, mais qui devient appréciable au fil des écoutes, révélant une richesse faite de détails et d’univers en plusieurs dimensions.

Comme je l’annonçais précédemment, le disque montant crescendo, le Black Rose Immortal qui suit est un monument. Ses vingt long minutes époustouflantes pourraient résumer à elles seules le sommet artistique qu’atteint Opeth sur Morningrise. Durant la première moitié du morceau, on a le droit au côté le plus sombre d’Opeth, résolument tourné vers un metal intransigeant et massif, qui souffre peut-être à ce niveau des limites d’une production peu tournée vers la puissance pure, mais qu’importe. Les growls descendent un peu plus bas, la rythmique y compris au niveau des guitares retrouve de l’impact et du groove, sans jamais rompre avec une finition mélodique jamais galvaudée. Véritable colère glacée, cette première partie n’en demeure pas d’une richesse époustouflante, ponctuée ça et là de courtes pauses judicieuses et enchaînant en permanence sur de nouveaux thèmes tous plus accrocheurs les uns que les autres. Puis soudain, la tempête s’apaise, et un superbe chant clair vient introduire le second volet du morceau, d’une tristesse mélancolique sans fin, qui n’a d’équivalent que sa beauté. La remarquable partie acoustique chargée d’émotion s’enchaîne alors avec des riffs lyriques monumentaux, et l’intensité émotionnelle monte encore d’un cran pour atteindre des sommets enclins à donner la chair de poule au plus insensible d’entre nous. Une émotion savamment entretenue par le thème final qui clôt magistralement l’ouvrage, après un dernier accès de fièvre métallique. L’immersion est telle que les derniers repères spatio-temporels ont disparu pour de bon. Les sentiments affluent, diffus et exacerbés, baignant entre plénitude et désespoir.

Tous les sens étant désormais éveillés par une telle orgie musicale, le dessert n’en sera que plus goûteux. To Bid You Farewell, sa finesse incroyable, cette basse virevoltante et raffinée, ces touches acoustiques envoûtantes?c’est bien d’une langoureuse balade dont il s’agit, et les Suédois démontrent pour la première fois (ce ne sera pas la dernière) une nouvelle facette de leur expertise. Beau à en pleurer, ce titre dépasse toutes les frontières stylistiques et ne peut que faire frémir tout individu pourvu de la sensibilité musicale même la plus commune. Rompant avec les changements intempestifs de rythmes et de mélodies, Opeth découvre avec délice la terrible force d’immersion de ces longues effluves mélodiques, lancinantes et entêtantes, qui au fil des minutes font leur effet hypnotique?quand soudain, un riff glacé, épique et génial, vient éclater, pour parachever avec majesté les dernières minutes de ce moment de jouissance musicale. Une fois de plus, après plus d’une heure d’un voyage incroyable, cette formidable sensation d’avoir à nouveau toucher au divin.

Comme promis, je reviens à Advent?que forcément vous allez écouter d’une autre oreille. Comment ne pas apprécier ce savoir-faire, ne serait-ce que par ces premiers riffs à l’assise massive et la finition soignée, signe d’une évidente maturité technique ? Et les écoutes successives, révélant toujours plus de détails et de cohérence, ne feront que renforcer continuellement l’évidence que l’on est en face de quelque chose de grand, même si ce morceau reste peut être le plus hétérogène et le plus hermétique du disque.

La condition sine qua non étant remplie, Opeth devient par le biais de son second chef d’?uvre un groupe culte. Poussant une première fois son exploration jusqu’à une des limites de son vaste territoire artistique, la plus progressive et la plus chargée, les suédois signent là un premier joyau confirmant un potentiel vertigineux.

No comment
add comment

Children Of Bodom : Blooddrunk

admin
26 Mar 2008  
>> Chroniques, Death Metal

BlooddrunkAvertissement au lecteur :

Bien que j’avoue publiquement ne pas être un grand fan des Finlandais, je vous prierais de bien vouloir croire en l’impartialité et l’honnêteté de cette chronique.

Les fans de CoB se sentant froissés par les propos à venir voudront bien m’excuser, je n’ai bien évidemment rien contre eux.

Je peux y aller ?

Des mois que les blonds finlandais font la une de la presse un tant soit peu spécialisée. Après Dimmu Borgir l’an dernier, le buzz d’avant Blooddrunk fut particulièrement dérangeant, bien trop encombrant pour être honnête. Pourtant, bien loin de cracher dans la soupe finnoise qui ne m’a jamais dérangé outre mesure, ni jamais soulevé d’enthousiasme d’ailleurs, j’ai voulu juger par moi-même. Voulant jouer le jeu jusqu’au bout, j’ai emprunté le phénomène le temps de quelques écoutes, histoire de jauger la galette en tentant autant que possible d’éviter les écueils d’une critique systématique et jouée d’avance, tout en conservant une forme de recul toujours sceptique sur le prétendu génie de Laiho et sa bande.

Ces garçons dans le vent, il faut en convenir, font une nouvelle fois la démonstration de leur évolution continuelle. CoB ne fait pas dans l’immobilisme, c’est un bon point.

Quelle est donc la nouvelle teneur de leur musique ? Des rythmiques thrash ultra entendues mais jamais désagréables, des refrains et des breaks lourdement chargés de nappes de claviers et de riffs mélodiques tordus, sans parler des soli tournant à la démonstration de vélocité aussi stérile que creuse. Laiho garde toujours son débit de chant écorché, histoire de faire illusion une dernière fois quant à une quelconque ascendance death metal, même mélodique.

Vous l’aurez compris, c’est une véritable démonstration de metalcore très thrashisant dans tout ce qu’il a de plus technique?et de plus creux, à laquelle se livre CoB.

Du parti pris ? Très franchement, je n’exagère pas. Je ne trouve honnêtement aucune faute de goût, aucun riff foireux, aucune construction bâclée. Voilà du bien bel ouvrage, bien fini, bien pensé, qui jamais ne heurte la cage à miel, même la plus sensible.

Le disque s’écoule donc, sans baisse de rythme, sans heurt, sans envolée non plus. Un joli son, ou plutôt fond sonore. Tiens un solo, beau comme tout. Tiens, du clavier un poil pompeux, voire franchement rococo. Ah, un bon vieux riff binaire avec ce son cristallin, bien gras, épaulé d’un jeu de batterie carré, propre comme tout à défaut d’être inspiré et innovant. On sent d’ailleurs que la rythmique n’a pas pour vocation première d’occuper trop le devant de la scène réservé à Monsieur Alex, tout juste se montre t-elle assez musclée pour survitaminer un metal davantage tourné vers la mélodie que la virulence.

Toujours est-il que je m’avoue incapable de vilipender un morceau plus médiocre que les autres, tout autant de mettre en avant un moment fort du disque. Dix bonnes secondes sont systématiquement gâchées par une surenchère technique qui ne s’impose pas, chaque riff bien foutu interrompu trop tôt par une circonvolution impromptue, chaque refrain accrocheur emballé dans une nappe trop pompeuse de clavier kitsch. Oh musicalement, il n’y a pas faute, les enchaînements s’articulent parfaitement, c’est juste cette impression que je ne pourrais pas m’immerger comme je l’entends dans une atmosphère que j’aurais souhaité plus sincère et plus marquée. Une atmosphère qui n’existe pas, en fait.

Au final, demeure l’impression d’un disque qui cherche à revendiquer son appartenance au metal brutal, mais dont le semblant de virulence et d’impact est soigneusement enrubanné dans un bel emballage fait de touches mélodiques, de claviers et de prouesses techniques d’abord destinés à flatter les tympans les plus fragiles et à rendre l’ensemble « joli » à écouter. Je n’ai pas trouvé de qualificatif mieux approprié.

C’est bien d’emballage dont il s’agit, car au-delà de l’esthétique et de la plastique de Blooddrunk, je cherche toujours sa cohérence profonde et une force suffisante pour me faire lever le cul de mon siège ne serait-ce qu’un instant.

Pour résumer, ce disque est quelque part du foutage de gueule. Ces jeunes garçons ont un talent fou, j’en suis convaincu. Sauf qu’à user de grosses ficelles pour plaire à son public plutôt que d’aller chercher au fond de ses tripes de l’authenticité, à se perdre en longues tournées et campagnes promotionnelles (recette largement éprouvée), les Finlandais auraient pu tout simplement faire reposer la machine plutôt que proposer?ça. Seule bonne nouvelle, personne ne pourra encore nous faire croire que CoB joue toujours du death metal.

Note au lecteur :

Ce disque étant intrinsèquement loin d’être mauvais, il mérite bien entendu la moyenne. Vous aurez compris que mon grief porte sur le fond, pas sur la forme qui une fois encore est irréprochable.

No comment
add comment

Hate Eternal : Fury and Flames

admin
22 Feb 2008  
>> Chroniques, Death Metal

Fury and FlamesLe voici, donc, ce nouveau rejeton d’une des terreurs de la scène brutal death moderne. La seule attente fiévreuse qu’a généré Fury & Flames prouve à elle seule la belle santé de cette scène. Et le line-up respectable qu’a réuni ce vieux loup d’Erik Rutan permettait en tout état de cause d’entrevoir de bien belles prouesses.

Le verdict au bout d’une poignée d’écoutes est sans appel. C’est bel et bien la grosse baffe attendue?et même plus que cela.

Fidèle à ses habitudes, Hate Eternal prend le soin d’imposer un feu ininterrompu, dont les salves de batterie de l’épatant Jade Simonetto constituent le plus gros de l’artillerie. On connaissait bien sûr Alex Webster et sa capacité à nourrir la rythmique de sa basse avec une dextérité et une vigueur peu communes. On obtient ainsi un matraquage parfaitement maîtrisé, très équilibré entre blasts dévastateurs, changements de rythme pertinents et breaks bien sentis, ô combien salvateurs.

Sur cette seule base, Fury & Flames pourrait déjà prétendre damner le pion à une bonne partie de la concurrence.

Mais la seule approche technique est profondément réductrice pour appréhender la richesse de ce disque. Malgré son déploiement intempestif d’artillerie lourde et d’agression sonore, la musique d’Hate Eternal atteint là une richesse émotionnelle étonnante, que pour ma part je discerne moins dans ses opus précédents. Pas d’angoisse à la lecture de cette phrase : il ne s’agit pas de mélancolie ou de je ne sais quel autre sentiment existentiel, mais de colère furieuse, de haine enragée, de noirceur oppressante.

Ce cataclysme de violence débute par un incroyable Hell Envenom, mitraillage de blasts, riffs monstrueux de puissance, avec le soupçon de lyrisme et de dissonance pour d’ores et déjà donner une magnifique esthétique à la déferlante métallique de Hate Eternal.

Le feu sacré est désormais allumé, rien ne peut éteindre l’incendie. Il se propage un peu plus avec Whom Gods May Destroy, un poil plus complexe et technique, suivi de Para Bellum, remarquable de par ses breaks d’une lourdeur écrasante, venant temporiser avec subtilité le déchaînement furieux et continu des compères de Rutan. A noter également le magnifique solo, sublime d’émotion et de finesse, sur fond de double pédale déchaînée. Baissant un poil de rythme ? entre des séries incroyables de blasts ? Bringer Of Storms s’affiche également comme un titre plus fin qu’il n’y paraît, et le travail de composition est remarquable, mettant diablement en relief les qualités artistiques des différents musiciens (Webster, quel bassiste?).

Grandiloquente et monstrueusement malsaine, la marche funéraire qui suit est délicieusement éprouvante, voire jouissive à l’écoute des quelques soli qui s’invitent à la fin d’un morceau d’une noirceur incroyable.

Plus chaloupé et groovy, Thus Salvation permet d’entrevoir un peu plus la remarquable production dont bénéficie Hate Eternal. Les tympans les plus fragiles pourront souffrir du parti pris de mettre très en avant la rythmique batterie/basse, qui tel un tir de barrage continu laboure le terrain très avant la cavalerie « légère »?

Des deux titres suivants, toujours dans la même veine musicale qui fait la raison d’être de l’album, on notera quelques riffs particulièrement judicieux, qui une fois encore donne un caractère très organique au death metal brutal de Hate Eternal , qui ne paraît jamais déshumanisé. Plutôt surhumain en fait, tant la démonstration de rage vomie ici semble sortir du fond des entrailles.

Et comment ne pas apprécier un petit morceau au titre français, qui certes ne dépareille pas avec le thème enjoué du disque, surtout quand ses deux dernières minutes sont aussi sublimes d’émotions, les guitaristes jouant à leur tour le premier rôle sur ce disque colossal.

Un petit Outro quelconque laissant les ouïes se reposer quelques instants, il ne fait cependant aucun doute que vous allez repartir pour un tour?

Bilan des courses ? Hate Eternal a accouché d’un monstre, et déjà là, à chaud, je ne crois pas me tromper en considérant ce disque comme l’un des plus essentiels de ces derniers années dans le petit monde du death metal. Ne soyons pas frileux, il s’agit même d’un bon pavé dans la mare des monstres sacrés qui avaient marqué de leur grosse patte l’année 2007, je pense principalement à Nile et Immolation. Décidemment, le death metal vit une nouvelle époque dorée, après celle du début des années 90. Et ce death metal moderne, à la fois ultra technique, brutal, et cependant remarquable de par ses atmosphères noires et quasi-mystiques, nous laisse présager encore de bien belles heures. Ah, quel pied !

No comment
add comment

At The Gates : Terminal Spirit Disease

admin
28 Jan 2008  
>> Chroniques, Death Metal

Terminal Spirit DiseaseTerminal Spirit Disease constitue assurément un tournant décisif dans l’approche musicale d’At The Gates. Ses deux albums précédents étant tout à la fois des preuves évidentes d’un immense potentiel et des concepts ardus, complexes et difficiles d’accès, le death metal des Suédois avait l’impérieuse nécessité de gagner en efficacité et en impact pour s’émanciper pleinement.

Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, et une fois n’est pas coutume, nous allons commencer par les choses qui fâchent. Terminal Spirit Disease est dans un sens une véritable arnaque. Comment présenter ce disque comme un album full length, sauf à tromper l’acheteur ? La seconde partie du skeud n’est rien d’autre qu’un live, certes de qualité et intéressant pour se remémorer les morceaux les plus marquants des deux premiers albums d’At The Gates, mais l’évolution stylistique et le contraste avec les premiers morceaux est tel que c’est une terrible faute de goût. Je ne suis pas fan des albums live, de toute façon. Et quand bien même on fait fi de cela, sur les 6 inédits restant, on doit compter avec une instrumentale acoustique, certes joliment composée et pleine de mélancolie (And The World Returned), et d’un morceau passable, lent et besogneux qui devient dispensable au bout de deux écoutes (The Fevered Circle).

Si vous comptez bien, la substantifique moelle de Terminal Spirit Disease se compose en fait de 4 morceaux, pour un quart d’heure de musique qui vaut le détour.

A ce stade, vous pourriez vous poser la question de la pertinence du 16/20, vu le tableau…

Oui mais voilà, ces 4 titres… comment le dire sans pondre une longue litanie de superlatifs… et bien si je devais proposer un top 10 des meilleurs morceaux de death mélodique, les 4 y figureraient. Quatre joyaux qui justifient sans l’ombre d’un doute l’achat les yeux fermés de TSD, quatre perles qui frisent la perfection.

De l’introduction poignante de The Swarm, violons et guitares vous filant la chair de poule, au refrain percutant et délicieusement riche en émotions de Terminal Spirit Disease, en passant par les riffs dévastateurs et pourtant si finement ciselés de Forever Blind ou de The Beautiful Wound, jamais le death mélodique à la sauce suédoise n’a connu un équilibre aussi parfait entre agressivité, vigueur, subtilité, élégance et richesse émotionnelle. Comme si le potentiel des premiers albums avait été soudainement synthétisé en un tout cohérent d’une fluidité désarmante, avec l’utilisation très complémentaire des deux guitares sur des riffs en plusieurs dimensions, conférant puissance et élégance, percussion et beauté sauvage. La simplification globale des tempos utilisés (le blast disparaît au profit d’un tempo typiquement thrash sur les parties rapides) n’empêche pas les constructions soignées, qui gagnent en compacité et en force de frappe.

Le génie est bien là, dans la capacité d’At The Gates à épurer sa musique sans en perdre l’extraordinaire richesse. Il en résulte dans ces quatre titres une atmosphère alternant avec beaucoup de justesse entre colère et mélancolie, d’une intensité à vous filer des frissons.

Doté en outre d’un son plus puissant et d’une exécution plus rigoureuse que ses prédécesseurs, le death d’At The Gates atteint sans doute ici son sommet artistique, surpassant toute la concurrence en cette année 94.

Imaginez un peu ce qu’aurait donné un vrai album, bâti sur la longueur avec la même qualité intrinsèque… les regrets ne sont cependant pas de mise, puisque c’est (presque) ce que réalisera At The Gates avec Slaughter of the Soul l’année suivante, chef d’?uvre qui n’est plus à présenter. Presque ? Compact et furieusement efficace, celui-ci n’a pas tout à fait la petite étincelle émotionnelle du meilleur de Terminal Spirit Disease. Dois-je sincèrement en rajouter ?

No comment
add comment

Soilwork : Steel Bath Suicide

admin
6 Jan 2008  
>> Chroniques, Death Metal

Steel Bath SuicideSoilwork n’est plus à présenter, étant depuis déjà quelques années un des leaders incontestés de cette nouvelle scène du death mélodique scandinave.

Nous savons tous ce qu’il est advenu du death metal suédois ces dernières années : un succès médiatique et commercial sans précédent, surpassant à ce niveau ses deux glorieuses générations précédentes. Musicalement, l’héritage des At The Gates ou Edge Of Sanity s’est largement fondu dans une mouvance metalcore, à la production clinique, la technique parfaite et la rigueur implacable des compos. Dark Tranquillity lui-même y est passé, In Flames quant à lui est allé jusqu’à flirter sans sourciller avec le néo-metal pour sa plus grande réussite commerciale. De nouveaux combos sont venus largement nourrir ce troisième mouvement de death suédois et plus largement le nouveau death mélodique, dont les plus fameux sont à ce jour Arch Enemy et notre fameux Soilwork (sans occulter les célèbres Finlandais de Children Of Bodom).

L’objet de cette chronique n’est certainement pas de dénigrer cette nouvelle scène, dont l’approche technique et musicale est irréprochable ; vous aurez juste compris que j’ai du mal à m’enflammer pour ces productions « parfaites » souvent trop impersonnelles et trop propres.

Il faut pourtant évoquer ce premier album de Soilwork, à une époque où les Suédois pouvaient encore légitimement bénéficier d’une fraîcheur et d’une imperfection qui font souvent le charme des débutants.

Le fait est que les membres de Soilwork ont toujours dû être de bons élèves, très appliqués. D’une technique instrumentale irréprochable, Steelbath Suicide propose un death mélodique très respectueux d’un héritage il est vrai extrêmement riche. Entre soli fouillés et impeccables, passages dynamiques et percutants, envolées mélodiques et chant agressif au timbre classique et au débit soutenu, Soilwork respecte à la lettre les règles de l’art en la matière.

En fait, les titres, courts au demeurant, s’égrènent rapidement avec fluidité, alternant entre vitesse et percussion (Sadistic Lullabye, Steelbath Suicide), atmosphère agressive et compacte (My Need, Demon In Veins) et approche plus heavy et mélodique (Wings Of Domain, Razorlives).

Ce respect très académique des standards du metal de Göteborg ne doit cependant pas occulter la personnalité propre de Soilwork, qui emploie par exemple avec parcimonie les claviers pour générer des passages assez mélancoliques, comme sur In A Close Encounter. Ce penchant, ajouté à la recherche flagrante d’un son profond et massif, pour le coup très proche de celui du In Flames moderne, préfigure l’évolution à venir de Soilwork (pas toujours pour le meilleur selon moi?).

C’est finalement cette profusion de riffs épurés et accrocheurs, alternés des démonstrations du guitariste soliste ou de passages plus aériens, qui offre cette jolie compacité et cette énergie qui fait la force de l’album. Aucune faute de goût n’y est à déplorer.

Cela fait-il de ce premier opus de Soilwork un chef d’?uvre ? Oh que non. Si vous croyez y retrouver le génie progressif de Crimson, les élans heavy et la versatilité d’Hypocrisy ou la colère abrasive de Slaughter Of The Soul (Edge Of Sanity, Hypocrisy, At The Gates), ces ?uvres au caractère bien trempé, c’est raté. C’est qu’en enchaînant les titres de trois minutes, propres et accessibles au possible, Steelbath Suicide se livre immédiatement et définitivement, se révélant trop vite creux et sans véritable relief.

C’est honnêtement le seul reproche que je peux faire à cet album, mais il est de taille.

Steelbath Suicide reste toutefois une bien belle entrée en matière pour Soilwork, qui lui assure immédiatement un rôle prépondérant dans cette évolution moderne du death scandinave, qui se veut désormais résolument accessible.

No comment
add comment

Edge Of Sanity : Infernal

admin
23 Nov 2007  
>> Chroniques, Death Metal

InfernalLe jamais rassasié Dan Swarnö, incapable d’arrêter de composer, enchaîne en cette année 1997 sur un nouvel album qui n’est ni plus ni moins que le sixième… en six ans. Ce n’est donc pas le fait d’avoir enfanté un album-concept tout à fait expérimental nommé Crimson, un an auparavant, qui le freine. Cependant, après un excellent Purgatory Afterglow, Edge Of Sanity a mis la barre très haute en obtenant une reconnaissance unanime pour la qualité de Crimson. Sur fond de conflit interne, Edge Of Sanity se voit donc devant un sacré défi, à savoir assumer son nouveau statut sur la base d’un album conventionnel.

La chute est d’autant plus lourde qu’Infernal, non content de ne pas se montrer à la hauteur de ses glorieux prédécesseurs, est pour l’essentiel sans relief et insipide. On connaît désormais l’histoire, dure à dissocier de la légende, précisant que Swarnö, en froid avec les autres membres et la maison de disque, n’aurait pas composé la moitié des titres. Sujet à débat sans enjeu de toute façon, car malheureusement, le résultat musical est là.

La musique d’Edge Of Sanity n’est pas dénaturée de manière outrancière, le son est sans doute un poil plus lisse que le légendaire grain de Purgatory, mais tout cela reste massif et respectable. L’Edge Of Sanity le plus incisif pointe le bout de son nez de temps à autre (Forever Together Forever, Helter Skelter) pour de bons moments de death Scandinave; on doit aussi citer le morceau introductif Hell Is Where The Heart Is, solide démonstration du talent intact d’Edge Of Sanity dans l’alternance des touches mélodiques et de la virulence de riffs incisifs sur un rythme mid-tempo Le Swarnö lyrique pousse ses envies heavy à fond sur quelques titres gratifiés d’un chant clair exclusif, s’appuyant sur des mélodies très accessibles et sur un format plutôt conformiste (Losing Myself) ou faisant carrément dans la ballade planante (The Last Song). Néanmoins, entre ces deux tendances que pas grand chose ne rapproche, on retrouve des morceaux souvent inspides. Des titres carrés, des riffs sans génie mais copieux, un growl particulièrement caverneux, certes. Ce qui pêche pour de bon, c’est que l’ennui n’est jamais très loin. Du bourrin Inferno qui n’a ni queue ni tête, au quelconque The Bleakness Is All, en passant par le poussif Damned (By The Damned), le contenu est souvent fade et indigne du standing des Suédois. Pas sûr que vous parveniez à retenir pléthore de riffs et de mélodies de cet heavy /death prévisible et ennuyeux.

En prenant l’album dans sa globalité, un vieux travers nommé hétérogénéité ressort du chapeau…et le comble, c’est qu’en plus Edge Of Sanity se tire carrément une balle de pied est éradiquant quasiment complètement les touches progressives qui faisaient son charme. Ce ne sont pas les quelques ?pauses? prog comme sur Burn The Sun ou le tortueux 15:36 qui changent la donne.

Les moins exigeants iront donc piocher par çi par là les morceaux qui les contenteront le plus, mais pour ma part, je regrette que l’immense potentiel d’Edge Of Sanity puisse accoucher d’un disque fourre-tout où les moments de contentement se dégustent avec parcimonie, noyés dans le moyen et le passable. Sur ce, je retourne écouter Purgatory.

No comment
add comment

Edge Of Sanity : The Spectral Sorrows

admin
2 Nov 2007  
>> Chroniques, Death Metal

The Spectral SorrowsL’heure du death mélodique Suédois a désormais sonné. Le terrible Dan Swanö et sa bande ayant clairement marqué son territoire avec Unorthodox, l’heure est venue d’enfoncer le clou.

Le leader d’Edge Of Sanity, insatiable compositeur, bat le fer tant qu’il est chaud et balance The Spectral Sorrows dès 1993. Il ne fallait certes pas attendre, tant ce cru 93 est celui de l’avènement du death mélodique non seulement en Scandinavie, mais aussi en Angleterre où le terrifiant Carcass accouche d’un monstre.

The Spectral Sorrows réussit convenablement à tenir son rang. On pût espérer le meilleur ?le sublime- en découvrant l’impressionnante introduction instrumentale, qui amène sur un plateau Dark Day, ce que l’on pourrait peut-être considérer comme le premier pur morceau de death mélodique à la sauce Göteborg : tous les ingrédients sont réunis?un son au grain marqué, des riffs énergiques et rapides alternant jeu grave et puissant et lignes plus mélodiques, un rythme enlevé. Ajoutez la patte personnelle Edge Of Sanity, avec ses tendances progressives, et vous obtenez un morceau franchement culte.

Livin’hell tient plutôt bien son rang, même si il est de facture plus conventionnel et ne rompt pas avec des références old school (quelques passages font planer l’ombre d’Entombed?).

Sans préjuger de rien, il faut bien admettre que le reste de l’album n’est pas franchement pourvu en autres brûlots issus du même moule stylistique. On citera le nerveux Jesus Cries, ou On The Other Side parfait exemple de transition maîtrisée entre les deux écoles du death Suédois.

A part cela, les pulsions progressives de Swanö ressurgissent fréquemment, de manière parfois radicale. Sur Lost ou Across The Fields Of Forever, il s’essaie avec un death lent, alternant passages musclés avec d’autres mélodiques et aériens. Sur le second cité, le résultat est assez remarquable d’ailleurs. Il va même jusqu’à employer un chant clair et lyrique sur le curieux Blood Of My Enemy, certes osé, mais pas convaincant. Pourtant l’audace de Swalnö n’a pas de limites, quand avec Sacrified il nous sert une sorte de pop-rock-goth-new-wave-metal franchement affligeant.

Troisième visage de The Spectral Sorrows, le bon vieux death old school des familles, flirtant entre le bon (The Masque) et le passable (Waiting To Die). La difficulté d’Edge Of Sanity pour rompre radicalement avec ces influences passées paraît claire tout au long de l’album. Ce référentiel n’est pas préjudiciable quand il est intégré à des morceaux plus mélodiques et progressifs, cela est nettement plus contrariant quand l’impression d’hétérogénéité et d’anachronisme vient casser le dynamisme du disque.

Il y a donc deux façons d’appréhender le troisième album d’Edge Of Sanity : soit mettre en avant les quelques morceaux phares de pur death mélodique, affichant une maturité et une maîtrise qu’aucun de ses concurrents n’avaient encore atteintes ; le son légendaire des guitares, donnant une profondeur terrible aux compos (dommage que la caisse claire de la batterie soit si désagréable); où encore le talent indiscutable et pluriel de Dan Swarnö. Soit considérer l’album dans sa globalité, et de fait regretter l’hétérogénéité artistique, voire l’incohérence de certains choix ; ou carrément le préjudice causé par certains titres dispensables qui ternissent l’album. A ce propos, je vois une similitude entre Swarnö et Tägtgren d’Hypocrisy : ces deux génies Suédois, au talent prolifique indiscutable, ont le même défaut. A fourmiller d’idées et à vouloir exprimer toutes leurs facettes créatives, leurs ?uvres souffrent au final de cohérence et laissent un goût d’inachevé.

A chacun de juger, pour ma part je persiste à mettre en avant le formidable impact de Dark Day, qui légitime à lui seul la place de pionnier d’Edge Of Sanity. Et je ne peux faire autrement que d’y associer l’éternelle frustration qu’une bonne partie du reste de l’album génère?

No comment
add comment

Edge Of Sanity : Purgatory Afterglow

admin
2 Nov 2007  
>> Chroniques, Death Metal

Purgatory AfterglowToujours aussi insatiable et productif, Edge Of Sanity poursuit son rythme d’enfer d’un album par an. A défaut d’avoir frappé un grand coup, The Spectral Sorrows a prouvé une certaine emprise sur le death mélodique Scandinave, ainsi que l’esprit pionnier et visionnaire de son leader Dan Swarnö. Mais ses lacunes et sa versatilité ont engendré une certaine frustration. La confirmation tant attendue du potentiel d’Edge Of Sanity devient plus que nécessaire.

Et comment ! D’entrée, le légendaire Twilight dissipe toutes les interrogations en quelques secondes. Introduction aérienne, chant clair et mélodieux, puis ces premiers riffs célèbres, d’une harmonie extrême, d’une finesse exquise, s’appuyant sur un son colossal, épais et abrasif, peut-être le plus abouti du death Suédois?Twilight ne s’emballe jamais, alternant avec délice ses mélodies et ses riffs tranchants sur un rythme mid-tempo, magnifiquement interrompu par un interlude où voix chuchotée et claviers administrent une dose supplémentaire d’émotion et de grandeur à ce bijou de presque huit minutes. Non moins légendaire, le redoutable Of Darksome Origin, merveille de death metal où les lignes mélodiques des guitares, élégantes et incisives, s’en donnent à c?ur joie au milieu de cette alternance de tempêtes véhémentes, où les blastbeats sont de sortie, et de passages plus lents tout aussi prenants. En deux morceaux, Edge Of Sanity a réussi à réunir toutes les facettes de sa musique, entre ses racines les plus brutales, son c?ur mélodique et ses aspirations progressives, dans un tout cohérent et artistiquement très abouti.

Et seconde bonne surprise, cette homogénéité est constante tout au long de l’album. Cette patte typique marquée par la puissance des guitares, donnant en permanence de l’épaisseur par leurs riffs roulants au son dévastateur, se fait toujours sentir, dans les titres les plus rapides et virulents (Silent, Elegy, Enter Chaos, autant de moments jouissifs de death scandinave) comme dans les morceaux plus nuancés, allant chercher des sources heavy ou progressives. Ainsi l’enthousiaste Black Tears, avec son riff sautillant très rock et son chant clair, prend néanmoins de l’ampleur grâce au soutien rythmique sans faille et au coffre des guitares.

Bien entendu, Dan Swarnö n’a pas pour autant bridé sa créativité débordante, et Purgatory Afterglow ne peut pas être taxé d’être trop linéaire. Si la teinte globale de l’album est clairement tournée vers un death mélodique rapide et technique, on a le droit à quelques moments magistraux où la musique d’Edge Of Sanity prend une tournure plus monumentale, comme avec le long et imposant Velvet Dreams, un très lourd The Sinner And The Sadness où le très déhanché Blood-Covered, morceau heavy-death direct et accrocheur, décalé mais imposant et respectable. Le disque finit même sur un morceau presque conventionnel, et plutôt réussi, Song Of Sirens, où Edge Of Sanity s’essaie au death-indus avec beaucoup de percutant?

Mission réussie donc pour Edge Of Sanity : en ayant ?enfin- assumé ses orientations stylistiques vers le death mélodique pur et dur, ce qui est pour le moins légitime pour quand on est l’un de ses créateurs, le groupe Suédois a réglé son problème de dispersion et d’hétérogénéité artistique. Bénéficiant en outre d’une production impressionnante et d’un son colossal, les compositions de Swarnö atteignent une maturité qui leur donne un volume et une consistance remarquables. On peut ainsi raisonnablement considérer Purgatory Afterglow comme l’une des plus grandes ?uvres du death mélodique Suédois.

No comment
add comment

Hypocrisy : Hypocrisy

admin
20 Oct 2007  
>> Chroniques, Death Metal

HypocrisyProlifique au possible, Hypocrisy ne pouvait raisonnablement pas terminer sa carrière sur The Final Chapter, véritable serment d’ivrogne?Le groupe remet donc le couvert avec un nouveau disque au doux nom d’Hypocrisy?

Cet album éponyme est incontestablement un bon point de repère dans la discographie fournie des Suédois. On peut le percevoir comme le disque de la maturité, frappé du sceau de la maîtrise et de l’épanouissement. Hypocrisy semble enfin sortir de sa versatilité pour assumer pleinement une personnalité atypique qu’il est juste de lui reconnaître.

Le superbe et grandiloquent Fractured Millenium plante le décor : un death mélodique, lent et majestueux, bien étayé de claviers à l’esthétique soignée. Du grand art.

Cette composante lyrique que l’on retrouve dans bon nombre de riffs et de leads mélodiques permet de donner une cohérence à l’ensemble et de dessiner plus clairement les contours de l’identité propre à Hypocrisy. Ainsi l’enchaînement du puissant et vindicatif Fusion Programmed Minds avec un Elastic Inverted Visions, aérien et joliment heavy se fait tout en fluidité, rompant avec le sentiment de joyeux bordel qui émaillait souvent les disques de la bande à Tägtgren.

L’orientation heavy est un autre élément majeur qui jalonne l’album. Non seulement le classicisme élégant des soli en témoigne, mais Hypocrisy se plaît à employer un chant plus clair et plus nuancé dans plusieurs morceaux. Ces vocaux mi-hurlés, mi-chantés, souvent avec lenteur, sont parfois soutenus avec discrétion par des claviers qui confèrent une légèreté et une élégance assez remarquables à l’ensemble (Reversed Reflections, Until The End). La démarche est encore plus poussée sur les morceaux Disconnected Magnetic Corrido et Paled Empty Sphere, planants au possible et renvoyant à des inspirations bien éloignées du metal brutal. Ces longues balades progressives et riches en émotions sont par ailleurs du meilleur goût et font étalage du talent pluriel incontestable d’Hypocrisy.

Cette orientation aérienne et lyrique assumée s’appuie tout de même le plus souvent, avec un bonheur certain, sur la puissance implacable d’une production épatante, et d’un son toujours reconnaissable. Des bons gros riffs massifs, bien appuyés par l’artillerie lourde de la rythmique en acier trempé, sont toujours en second rideau histoire de donner une structure imposante à l’ensemble, comme sur Paranormal Mysterio, parfait exemple de l’alternance de couplets agressifs et de refrains subtils et élégants.

Les vikings en auraient-ils donc définitivement terminé avec la brutalité ? C’est mal les connaître, et ces derniers font montre une nouvelle fois d’un trait de caractère que je leur reproche souvent : venant briser l’homogénéité du disque, deux titres sortis de nulle part viennent rompre avec la (relative) légèreté de l’ensemble. Mais comment leur en vouloir ? Hypocrisy, en bon suédois, n’oublie jamais de rappeler que dans cette contrée, le death metal sait se montrer colérique, direct et sacrément pêchu : c’est d’abord le redoutable Apocalyptic Hybrid, cinglant rappel de la brutalité sous-jacente qui faisait la gloire des Suédois dans la première moitié des années 90. Bien que franchement décalé par rapport à l’ambiance générale du disque, le reproche reste limité si l’on aime le death metal : ce titre est tellement jouissif ! Autre déchaînement colérique, le surprenant Time Warp, qui fait carrément dans le thrash brutal pur et dur, avec un chant clair déconcertant. Là le décalage est encore plus marqué. Incorrigible Tägtgren?

Hypocrisy (l’album) est donc une bien jolie conclusion d’une décennie prolifique où Hypocrisy (le groupe), talentueux mais versatile, éprouva une certaine difficulté à trouver sa voie artistique. C’est enfin chose faite avec cet album à l’esthétique remarquable, mature, excellemment exécuté et d’une grande finesse. Les Suédois semblent enfin assumer leur personnalité atypique en faisant fi des modes et courants, au plus grand bonheur de leurs fans. Les amoureux du death suédois de la première heure ne trouveront pas forcément leur compte dans ce virage artistique faisant la part belle à un heavy mélodique et aérien, très (trop ?) propre, peu en rapport avec la violence originelle. Le virage était cependant inexorable.

No comment
add comment
Next Page »

Blackvivi theme proudly sponsored by


600 High PR Links | Mac tips

Subsribes To Site Rss Feed


Valid Xhtml

||

Valid CSS


©2007-2008 Blackvivi theme powered by Wordpress Engine