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Anthrax : Persistence of Time

admin
17 Nov 2007  
>> Chroniques, Speed metal

Anthrax : Persistence of TimeDernier disque de la période thrash metal d’Anthrax, Persistence of Time renoue partiellement avec le standing du groupe, toujours considéré comme un des leaders du mouvement à l’aube des années 90. Le relâchement et le flottement transpirant du joyeux trublion State of Euphoria, bien que sans conséquence fâcheuse sur la cote de popularité des New-Yorkais, fait place à un retour aux choses sérieuses. La pochette du disque, moins déjantée et psychédélique, annonce la couleur du contenu, épuré de certains défauts inhérents au dit trublion. Un sérieux de mise qui malheureusement fait autant de mal que de bien.

Les bons points ? Tout d’abord la capacité d’Anthrax à conserver sa forte personnalité, avec le risque de se répéter de temps à autre. Persistence of Time sonne Anthrax, avec ses riffs basiques mais accrocheurs, sa rythmique énergique et vivante. D’autre part, la suppression de ces scories qui faisaient perdre son sérieux au groupe: les vocaux déjantés et baroques de Joey Belladonna (qui retrouve une certaine sobriété et une forme d’effacement derrière le lead des guitares), le tout sur un ton moins festif et plus grave.

La conjonction de ces facteurs donne une teinte nouvelle au thrash d’Anthrax, sans que celui-ci ne s’éloigne fondamentalement des deux albums précédents. Les joyeux lurons semblent s’être rachetés une conduite…

Cependant, la crédibilité est une chose, mais Anthrax ne marque pas de son empreinte le monde du thrash metal, il se contente de satisfaire son noyau de durs de fans.

Ses titres les plus rapides souffrent ainsi d’un manque de souffle et d’une trop grande linéarité: le long Time et son riff ennuyeux à mourir est plutôt mou du genou, Gridlock, incisif deux minutes, retombe comme un soufflé à cause d’un refrain squelettique, Got the Time, pas désagréable, n’est qu’un interlude punk-metal sautillant, on parvient un poil à headbanguer sur One Man Stands et sur Discharge…qui aurait pu être présent sur State of Euphoria ! Pas très enthousiasmant tout cela.

Heureusement, Anthrax nous ressort quelques bons coups de pattes et riffs dynamitants: mais une fois n’est pas coutume, ce sont les titres mid-tempo qui profitent de cette énergie, marque de fabrique des New-Yorkais. C’est d’abord le furieux et entraînant Blood qui met à contribution la puissance intacte du groupe, excellement produit par ailleurs, comme d’habitude. C’est ensuite Keep It In The Family, au riff d’intro en acier trempé, qui produit un effet des meilleurs avec ses accélérations progressives et son hymne de refrain. Du très bon Anthrax pour le coup. Qui deviendrait presque méchant sur Belly Of The Beast, titre heavy-thrash d’inspiration plutôt classique, mais bien ficelé et très efficace. C’est à peu près tout au niveau des satisfactions, les autres titres n’étant pas spécialement marquants.

A l’heure du bilan, le positif provient du fait qu’Anthrax pond sur cet album quelques uns de ces grands classiques, des hymnes comme Blood ou Keep It In The Family qui figurent en bonne place dans son best-of. Le sérieux général de l’album est aussi à noter, avec des riffs de qualité et une homogénéité globale de la section rythmique et du chant en progrès.

Au rang des déceptions, outre quelques titres franchement quelconques, on remarque un essoufflement net lorsqu’il s’agit de passer la vitesse supérieure au niveau de son thrash pur et énergique qui faisait la qualité d’Among the Living et dans une certaine mesure de State of Euphoria. Et malheureusement, ce n’est pas la moindre des choses.

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Anthrax : State of Euphoria

admin
4 Sep 2007  
>> Chroniques, Speed metal

Anthrax : State of EuphoriaSelon un vieil adage sportif, le plus dur n’est pas d’arriver au sommet, mais plutôt d’y rester. Et voilà qu’un an après l’excellent Among the Living, tandis que les autres monstres du thrash ont tous sorti un album référence en cette année 88, Anthrax rate le tournant, même si le disque eut un succès certain aux USA à l’époque de sa sortie.

Les premières notes de Be All, End All, mélodie basique mais entraînante et rythme soutenu, font oublier la mauvaise impression laissée par une pochette pas très encourageante. Oui mais voilà, on enchaîne avec un nouveau titre au riff minimaliste, Out of Sight, Out Of Mind. Bien sûr, les quelques mosh parts reboostent de temps à autre, un break qui sonne le déjà vu rompt la monotonie, mal épaulé par le solo de Dan Spitz (qui n’a jamais été très inspiré à ce niveau). Et on repart pour un tour. Bien, et la suite ? Une intro plutôt prometteuse, et on repart à grands coups de double pédale, et de rythmique très hardcore, avant que Joey Belladonna vienne nous sortir un refrain franchement hors de propos. La chanson a beau s’appeler Make me Laugh, on commence à rire jaune. La puissance et l’énergie des New-Yorkais fait illusion, mais est gâchée par ces compos mal ficelées et ce chant qui devient horripilant au fil des minutes, malgré des paroles (comme toujours) jamais dénuées d’intérêt. Il faut donc s’en remettre à l’excellente reprise d’Antisocial pour retrouver un sérieux et une rigueur plus en rapport avec ce que l’on attend d’un disque de métal. Pour le coup, la version de nos métalleux français prend un sacré coup de vieux…la puissance et le son d’Anthrax boostent ce titre mythique, pour en faire une reprise d’anthologie. Seul le chant…je ne vais pas en rajouter.

L’enchaînement sur l’intro plutôt sombre et pêchue de Who Cares Wins laisse espérer le meilleur. Accélération, temporisation, le riff redevient banal, Belladonna intervient, il commence sérieusement à m’agacer. La rythmique fait ce qu’elle peut, mais le jeu du batteur Charlie Benante tourne aussi en boucle, le tout est prévisible, malgré une évidente bonne volonté et une débauche d’énergie irréprochable. Now It’s Dark est carrément massacré par des vocaux hors de propos, alors que la composition n’est pas désagréable et les riffs bien foutus. Schism tourne carrément à la kermesse hardcore, Misery Loves Company surnage un poil, 13 ne sert à rien. Et puis il y a Finale, ses guitares aiguisées, sa batterie nerveuse, qui entre deux refrains lamentables, réussissent à nous faire headbanguer pour de bon. Parce qu’Anthrax reste quand même une sacrée référence quand il s’agit d’accélérer brutalement, et de lancer des invitations au pogo.

C’est tout le paradoxe de ce groupe. State of Euphoria est bien le frère d’Among the Living, les deux albums se ressemblent franchement, mais quand l’un était inventif, soigné, jouissif, l’autre est plus fade, répétitif, un poil lassant. Les New-Yorkais jouent la même musique, mais l’inspiration n’est plus la même, les riffs plus quelconques, les titres plus longs et plus monotones. Mais ce qui a consommé le divorce avec Anthrax, en ce qui me concerne, c’est le chant de Belladonna, bien moins discret que sur les albums précédents et franchement plus irritant. De quoi en tout cas faire perdre une bonne partie de la crédibilité d’Anthrax aux yeux de la scène du métal extrême – sans préjuger du noyau dur de fans -, les shorts à fleurs n’ayant rien arrangé.

Pour synthétiser de manière plus nuancée State of Euphoria, j’ai envie de le présenter comme un clone d’Among the Living, les morceaux cultes en moins (Caught In A Mosh, I Am the Law, Indians), et la bonne reprise d’Antisocial en plus. De là à en faire un indispensable…à chacun de voir.

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Anthrax : Sound of White Noise

admin
13 Aug 2007  
>> Chroniques, Speed metal

Anthrax : Sound of White NoiseEn cette année 1993, Anthrax est attendu au tournant. Outre le fait que le thrash metal semble chercher son second souffle, c’est particulièrement vrai pour les New-Yorkais. Anthrax a perdu de sa crédibilité, son image frisant parfois la caricature, et ses deux précédents albums étant tout sauf une confirmation de l’excellent Among the Living.

Bien décidés à repartir de l’avant et à être à nouveau pris au sérieux, Scott Ian et consorts se sont séparés du fantasque Joey Belladonna au micro, au bénéfice de l’excellent John Bush, tout droit venu d’Armored Saint.

Sérieux, voilà un adjectif qui sied parfaitement à Sound of White Noise.

Potters field introduit l’album sans aucune équivoque. Si les riffs ont toujours cette patte reconnaissable, simplistes mais entêtants, le son est imposant, l’intro plutôt sombre, le chant élégant et puissant donnant un corps franchement nouveau. Il tient d’ailleurs une place telle, à l’avant d’un métal plus rond et plus fluide, que l’on sort d’ores et déjà des standards du pur thrash auquel nous avaient habitués les Américains.

Confirmation immédiate sur le second titre, Only, plus heavy, qui fait d’ailleurs office de single dans son formatage plutôt conventionnel. Refrain chanté sur une rythmique fluide et tout à fait éloignée de ce qu’Anthrax nous avait donné l’habitude d’entendre. Agréable à entendre, mais pas transcendant. Room for One More rassure cependant l’auditeur grâce à son métal agressif, implacable et très énergique. Et chose surprenante, on commence à ressentir une certaine froideur à l’écoute, qui se confirme sur des titres comme Hy Pro Glo, Invisible ou 1000 points of Hate, puissants, compacts, efficaces et sans fioritures. La base rythmique thrash n’est jamais très loin, mais le son des guitares atypique et glacé et le rôle prépondérant du chant renforce l’idée d’une réelle transition artistique, qui s’éloigne des influences hardcore parfois festives et chaleureuses, pour plonger dans une trame beaucoup plus sombre. Froid mais pas sans saveur, le métal d’Anthrax impose à nouveau le respect. On est d’ailleurs agréablement surpris par la ballade Black Lodge (encore une première pour Anthrax), à l’atmosphère glauque, presque gothique (!), glaciale et diablement immersive. John Bush montre là encore l’étendue de son panel vocal.

Anthrax a t-il changé à ce point ? Il reste avant tout un formidable groupe quand il s’agit de transmettre de l’énergie brute. Le titre aux consonances chimiques C11 H17 N2 O2 S Na rappelle pour la forme que le hardcore fait encore partie du bagage des New-Yorkais, mais cette fois-ci dans une forme beaucoup plus groovy et presque rock’n roll, un titre percutant et explosif. S’en suit un morceau plutôt atypique, Burst, peut-être le plus violent de l’album. Reprenant les bonnes vieilles recettes basées sur des accélérations brutales et des riffs rapides, il confine cependant presque au punk dans son dépouillement. Sauf que le son est monstrueux, et que le sieur Bush énervé en impose. Encore une grosse baffe. La lancinante conclusion This not an Exit ne déroge pas au fil conducteur de l’album, implacable, monolithique et entraînante. Jusqu’au bout le son est épais, et le chant bien présent. Au final presque une heure (ce qui est remarquable) d’un métal du renouveau pour Anthrax, à la fois reconnaissable mais tellement plus mature, profond, voire parfois flippant.

Comme si Anthrax, cet enfant turbulent, quelque fois génial, souvent irritant, était soudain devenu un jeune adulte mûr, grave, respectable. Peut-être au détriment de sa créativité, certes…mais Sound of White Noise, en s’intégrant comme une étape intermédiaire de la profonde transition musicale opérée par la bande à Scott Ian, n’est franchement pas dénué d’intérêt. Une oeuvre atypique et d’une personnalité assez forte pour la considérer en bonne place dans la discographie d’Anthrax.

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Anthrax : Among the Living

admin
13 Aug 2007  
>> Chroniques, Speed metal

Anthrax : Among the LivingQuelques mois après Slayer et Metallica, c’est donc au tour des New-Yorkais d’Anthrax d’offrir leur monument de thrash metal à cette époque bénie des années 86-87. Sans atteindre la violence de Reign in Blood ni la majesté de Master of Puppets, Among the Living incarne l’avènement d’une autre forme de thrash, énergique, pêchue et entraînante, flirtant bon le hardcore dans sa furieuse tendance à enchaîner les mosh parts et les accélérations fulgurantes.

Ne nous méprenons pas cependant : les premiers riffs d’Among the Living, avec un son copieux et une puissance toute métallique, annoncent bien une déferlante de thrash metal… qui arrive plein pot. Ce premier titre suffit à comprendre qu’Anthrax a franchi un cap depuis Spreading the Disease. Outre la puissance de la production, les riffs accrocheurs en diable et les changements de rythme implacables sont une invitation immédiate à un joyeux headbanging. Et ce n’est pas fini, car le deuxième morceau n’est rien d’autre que le cultissime Caught in a Mosh, dont le titre est suffisamment évocateur. Véritable claque, ce morceau résume à lui seul la fusion du thrash furieux avec des relents jouissifs de hardcore qui signe la patte Anthrax. Puis survient à nouveau un classique, I Am the Law, groovy et mid-tempo pendant quelques minutes avant de s’emballer lui aussi. Les deux titres suivants préfigurent de l’avenir du thrash d’Anthrax, aux rythmiques simplistes et à l’ambiance globalement plus festive, s’éloignant de manière radicale de la frange obscure du metal extrême incarnée par Slayer & Co. C’est d’ailleurs le chant de Joey Belladonna qui est pour partie responsable, chant si souvent discuté, aux aigus sentant bon le heavy metal, fleurant souvent avec une jovialité que l’on pourra lui reprocher plus tard. Le sérieux reste toutefois de mise avec Indians, merveille de metal teintée d’émotion et de maîtrise, l’un des plus beaux titres de la discographie d’Anthrax, qui rappelle d’ailleurs que comme bon nombre de leurs compères est-américains, Anthrax est un groupe engagé politiquement (là encore la mouvance hardcore n’est jamais très loin). L’album se poursuit ainsi sur sa lancée, ne faiblissant pas et procurant une joie immense à tout aficionado du thrash metal, grâce à ses riffs percutants, son rythme endiablé et sa faculté à jouer avec les tempos. Il est également le tournant définitif qui écarte Anthrax de la mouvance la plus sombre du metal extrême d’alors, en en faisant néanmoins un leader de la scène New-Yorkaise, si atypique dans le paysage du métal américain par sa culture hardcore, qui a tant donné au thrash metal. Among the Living est donc indiscutablement une pièce culte de ce mouvement, la pièce culte de ce qui fût un des “Big Four” du thrash metal.

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