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Hirax : The New Age of Terror

admin
22 Jul 2008  
>> Chroniques

Hirax : The New Age of TerrorA force de nous bassiner avec le thrash revival, on en viendrait presque à se mélanger furieusement les pinceaux. Parce qu’entre les vieux groupes old-school de retour du diable vauvert en jouant du thrash finalement à l’approche plutôt moderne (Exodus ou Testament), les jeunes groupes d’ados encore pustuleux qui jouent du old school vintage de chez vintage, (les Merciless Death et autres Fueled By Fire), ceux qui en vingt ans n’ont pas pris une ride (Death Angel), on ne sait plus vraiment ce que old school signifie.

Ou plutôt si, parce que dans le tas, on trouve des mecs qui sans faire trop de bruit ont traversé presque trois décennies sans dénaturer leur approche musicale ; et ceux-là peuvent vêtir leur veste à patchs poussiéreuse avec une certaine légitimité. Hirax est de ceux là.

A la fois figure éternelle du thrash ricain, avec son charismatique vocaliste le sieur DePena, sans jamais réellement se hisser en première division parmi les gros bras, Hirax -comme ses collègues- marque une longue pause à l’orée des nineties, mais contrairement à nombre de ses petits copains, le groupe repart avec son bâton de pèlerin dès 1997. Et là où les américains se singularisent un peu plus, c’est qu’ils n’ont pas renié un instant leur vieux thrash un brin primitif. Précurseurs du revival ? Au moins personne ne peut les taxer d’opportunisme lorsque sort The New Age of Terror, le second full length de leur période « moderne ».

Et c’est une petite leçon de thrash à l’ancienne que l’on reçoit. Un son chaleureux pas pollué par une prod’ très vintage, avec ce qu’il faut de profondeur pour ne pas perdre d’impact… mais le rendu sort bien des années 80…

Et puis ce classicisme élégant des riffs très directs, qui permettent à tout instant de toucher du doigt l’héritage légitime du heavy metal, du punk et du hardcore. Accessible, direct, plein d’énergie, ce thrash n’a pas la flamboyance de certains groupes de la Bay-Area, ni la virulence de certains thrashers germains, bien que son côté guerrier s’en rapproche davantage.

Par contre, un groove étonnant, ce soupçon d’allant qui fait que sans démonstration technique (malgré de biens jolis soli), l’assise musicale est vraiment séduisante.

Et puis il y a la prestation de DePena, génial, occupant un espace gigantesque, apportant cette touche émotionnelle singulière, conjuguant un lyrisme hérité du heavy, une énergie étonnante et une agressivité toujours élégante. Assurément l’une des meilleures voix du thrash metal, qui livre la une prestation de haut vol, malgré un léger manque de variété.

De quoi passer de bien bonnes heures de plaisir, à fredonner le refrain du rugueux Hell On Earth, à sauter comme un fou sur un percutant Suffer (ah les accélérations dans les gencives !), sans oublier l’excellent tryptique Killswitch – Hostile Territory – The New Age of Terror qui marque d’entrée le territoire avec autorité (les trois premiers mots de l’album étant « Fight ! Fight ! Fight ! »).

A dire vrai on n’a pas à déplorer de morceau de qualité moindre, y compris dans des titres plus atypiques, comme quelques courtes instrumentales de très bon goût, ou le rafraîchissement du fameux El Diablo Negro (le morceau de la renaissance d’Hirax).

Un bon disque de thrash authentique, sans prétention, taillé pour la scène (il convient de le souligner), de ceux qui viennent éternellement renforcer les fondements du mouvement (de l’imagerie aux thématiques des textes, en passant par les bases musicales).

LE thrash old school, il est là. Et c’est sacrément bon.

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Anthrax : Stomp 442

admin
16 Jul 2008  
>> Chroniques

Anthrax : Stomp 442Les New-Yorkais pensaient avoir tout anticipé. La petite mort du thrash metal, déjà, en montrant par l’effort volontaire de 12012 qu’Anthrax pouvait évoluer vers un son nouveau. La nécessité de changer de braquet au niveau du label (de Island à Elektra) ainsi que d’image et de potentiel au niveau du frontman.

Et pourtant, malgré tout le talent de John Bush et la qualité –plutôt sous estimée- de 12012, Anthrax n’a pas réussi son pari, s’enlisant un peu plus dans la masse du tout venant, tout juste parvient-il à conserver un certain standing sur la base de son passé.

Pourtant, Scott Ian n’est pas en reste, et toujours enclin à pratiquer une démarche volontariste, il se persuade que Stomp 442, son nouvel opus lancé courant 1995, sera l’album du renouveau et du retour d’Anthrax parmi les groupes les plus influents.

Les intentions sont claires: rompre définitivement avec les racines thrash pour coller aux nouveaux canons du metal “moderne”, dont les prémices commencent à se faire sentir Outre-Atlantique, et profiter également du potentiel vocal de Bush pour donner du relief aux compositions.

En pratique, cela passe d’abord par une volonté aussi farouche qu’aveugle de mettre la priorité sur la production. Et à ce titre, Anthrax tombe dans les mêmes travers que bon nombre de groupes émergents (du metal alternatif en passant par le neo ou le post-thrash), oubliant que l’épaisseur du son ne compense jamais une composition hératique.

Comme un symbole prémonitoire, Dan Spitz quitte d’ailleurs le groupe peu avant la réalisation de l’album, ne partageant plus les orientations musicales du groupe. Et c’est le charismatique mais moins technique Scott Ian qui se retrouve seul (ou presque) en charge de la six cordes.

Expliquant l’accueil plutôt favorable des critiques de l’époque et d’un bon contingent de metalleux, il faut avouer que la première écoute de Stomp 442 laisse plutôt une impression flatteuse.

Les deux premiers morceaux, surtout le très compact Fueled et son riff musclé, font ainsi bonne figure, notamment en mettant en valeur un son d’une profondeur exemplaire. La puissance et l’énergie dégagées laissent augurer une suite alléchante.

Alors certes, l’impact sonore continue de faire son effet, mais hélas les titres s’égrennent sans vraiment marquer le coup. Bien sûr, on parvient facilement à accrocher quelques refrains grâce à la prestation convaincante et enthousiaste de John Bush, qui semble avoir encore pris un peu plus ses marques par rapport à l’opus précédent (comme sur American Pompeii par exemple).

Mais malgré des guest stars telles que Dimebag Darrell (au demeurant plutôt discret lors de ses interventions), une ballade plutôt fade (Bare), un final en faux Live (Tester), le contenu artistique se révèle extrêmement pauvre, mis à nu au fur et à mesure des écoutes.

S’appuyant désespérement sur une construction classique, tempo moyen, riffs certes agréables mais trop peu inspirés et alternance couplets/refrains sans allant instrumental, Anthrax tombe dans un metal plutôt conventionnel, trop basique pour prétendre à l’étiquette heavy, suffisamment puissant pour éviter le cataloguage metal alternatif, pas assez novateur pour être associé au néo. Et le thrash dans tout cela ? A l’opposé du post-thrash destructeur d’un Machine Head, Stomp 442 ne recèle aucun morceau rapide. Une vague accélération sur In A Zone (le seul passage susceptible d’être considérée comme une mosh part, avec un peu de bonne volonté), et la messe est dite. Même quelques refrains volontaires (comme Drop The Ball) ne sont jamais parvenus à me faire hocher la caboche.

Le naufrage artistique d’Anthrax se situe avant tout ici. A vouloir résolument tourner la page, le groupe se saborde. L’album révèle ainsi un Anthrax amputé de sa force et de son impact historiques. Et quand bien même John Bush déploie un talent évident, quand bien même la modernité et la puissance de la production font illusion quelques instants, quand bien même on peut relever bon nombre de passages accrocheurs et bien ficelés, Anthrax devient un groupe parmi d’autres, de ceux qui n’ont plus que le son et la puissance de leur label pour faire illusion.

Sauf que là où tant de nouveaux groupes sans réel talent ont réussi à connaître un certain succès commercial par cette voie, Anthrax se suicide en voulant rompre avec son glorieux passé. Et son relatif succès aux yeux d’un nouveau public ne fera illusion qu’un temps.

Décidemment, que ces années furent douloureuses pour les fans de thrash metal.

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Testament : The Formation of Damnation

admin
6 May 2008  
>> Chroniques

Testament : The Formation of DamnationSi tout se jouait au mérite, Testament serait assurément sacré roi du thrash metal actuel. S’accrochant avec vigueur tout au long des années 90, pour finir en apothéose avec l’incroyable The Gathering, Chuck Billy et Eric Petterson peuvent se targuer non seulement d’être le seul des monstres sacrés américains à avoir braver la tempête de la sorte, mais également d’avoir déclenché le signal du renouveau du thrash dans ses plus beaux atours dès 1999.

Les années ont passé, et désormais, même les vieux collègues historiques de la Bay Area (Exodus, Death Angel) sont réapparus au sommet de leur forme. Le successeur de The Gathering étant annoncé depuis bien (trop ?) longtemps, un strapontin au premier rang avait été toutefois soigneusement réservé pour Testament. On connaît la suite, les péripéties qui ont amené à ces presque dix ans stériles passés, puis enfin, The Formation of Damnation naquit.

Habitué des line-up mouvants sur les derniers albums, le duo s’est attaché cette fois-ci à reconstituer le noyau historique autour d’Alex Skolnick à la guitare et de Greg Christian à la basse. A la batterie, on trouve Paul Bostaph, l’un des trois plus fameux mercenaires batteurs de Californie avec Gene Hoglan et Dave Lombardo.

Premières impressions après tant d’attente fébrile ?

Pour commencer par le début, on dira que le disque met un certain temps à prendre sa vitesse de croisière. Après une jolie intro qui annonce le riff-thème principal de More Than Meets The Eye, on entre dans le vif du sujet. Chuck Billy a toujours ce timbre si appréciable, le tout ronronne gentiment sur un tempo plutôt moyen, mais sorti de la redondance volontariste de son riff, le morceau laisse une impression mitigée. Cela ne s’arrange pas vraiment avec The Evil Has Landed, toujours calé sur du mid-tempo. Bien carré, bien fini, soigné dans ses transitions, le heavy-thrash catchy de Testament se déguste facilement mais manque un poil d’allant. Bien loin d’apparaître comme une évolution logique de l’album précédent, ce début de disque paraît inspiré d’un héritage plus lointain. Sauf que le titre suivant, Formation Of Damnation, remet –enfin- les pendules à l’heure. On retrouve le chant plus guttural de Chuck, venant s’appuyer sur une compo bien plus virulente. Bostaph semble enfin se lâcher, et le premier headbanging est de la partie. Rien non plus de révolutionnaire, notamment dans la partie centrale du morceau où le matraquage plus lent ne fait pas dans l’original. Sauf que l’accélération finale vient juste à point pour conclure quand même un bon moment de plaisir. Gros morceau que ce titre.

La montée d’adrénaline se fait salement doucher par le morceau suivant, sans doute le plus insipide du disque. Là encore, pas de faute de goût particulière, mais ce thrash déjà entendu, assez poussif et au refrain pas accrocheur pour deux sous n’a pas le supplément d’âme que l’on espère, malgré de jolis soli et une rythmique volontaire.

Testament semble enfin trouver sa vitesse de croisière à partir de The Persecuted Won’t Forget, plus varié et incisif, que ce soit au niveau des guitares, du chant ou du tempo. Henchman, malgré sa rythmique « tagada-tagada » un peu éculée, recèle une belle énergie qui se révèle à mi-morceau. Même Killing Season, plus mou du genou, passe relativement bien grâce à des lignes guitaristiques pertinentes, donnant un côté rock n’roll très agréable. Après un Afterlife très quelconque et un poil soporifique, le très catchy F.E.A.R vient à point pour relancer la machine. Pas d’envolées supersoniques ici, mais son petit riff sautillant bien épaulé par de bonnes parties de double du père Bostaph, alternant avec un refrain bien accrocheur, donne un joli relief au morceau.

Le tout se finit par un morceau assez mélancolique et finalement plutôt sombre, Leave Me Forever, qui tranche assez nettement avec l’esprit global du disque.

Vous aurez compris à mes nombreux bémols que The Formation of Damnation ne m’a pas procuré les mêmes frissons que le dernier Exodus, par exemple. Etais-je trop naïf en croyant que Testament allait nous refaire le coup de The Gathering ?

Toujours est-il que Chuck Billy et sa bande sont rentrés dans le rang. Il s’agit premier rang, tout de même, et le fameux strapontin leur revient malgré tout. L’album est de qualité, proposant un thrash plutôt mid-tempo bien ficelé, accrocheur, à la production irréprochable (tout de même), qui ravira les fans du genre. Mais personnellement j’y vois une légère régression par rapport à The Gathering, The Formation of Damnation apparaissant moins moderne et peut-être plus poussif, allant chercher des inspirations dans la vieille discographie du groupe (et c’est une réussite à ce niveau),alors que son prédécesseur semblait définitivement tourné vers l’avenir.

Et sans réel grief envers Testament, je ne peux qu’exprimer une pointe de déception et d’amertume toute personnelle, qui reste quand même anecdotique à l’heure du bilan.

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