Pitiful Reign : Visual Violence
Pourtant synonyme de ringardise durant les années 90, la scène thrash metal retrouve désormais une seconde jeunesse depuis l’essor des nord américains de Municipal Waste ou Merciless Death. La Grande Bretagne emboite elle aussi le pas, à l’image de Gama Bomb, SSS, Evile ou Pitiful Reign. Ce dernier se forme en 2003 autour de Josh Callis-Smith, et nomme simplement son style du british thrash metal, désireux de s’inscrire dans la grande tradition des formations anglaises des eighties, comme Xentrix ou Re-Animator.
Un album auto-produit et deux EP plus tard, fort d’un contrat avec l’écurie italienne Punishment 18, et fin prêt pour les sessions de son nouvel album, le groupe décroche le jackpot, s’entourant non seulement de Juan Urteaga (ex-Vile) et du non moins célèbre Steve Digiorgio (Sadus) derrière les consoles d’enregistrement, mais obtenant parallèlement une superbe illustration du maître Ed Repka, symbolisant à lui seul une bonne partie des albums thrash cultes des eighties, d’Evildead à Megadeth.
Bénéficiant d’un enregistrement au poil, qui dote respectivement la batterie, la basse et les guitares d’un son claquant, rond et agressif, Visual Violence accroche dès son premier titre. Sur une rythmique carrée, Pitiful Reign possède en effet l’art du riffing percutant, renforcé par la voix dynamique de Callis-Smith, les breaks aux mosh parts entrainantes, les accélérations vicieuses, les batailles de soli fougueux, et les refrains accrocheurs, où le thrasher retrouve les fameux backing vocals, trop longtemps disparus. Human Coleslaw, Fatality ou l’excellent Push to Prime sont ainsi autant de titres montrant l’aisance et le plaisir à jouer des cinq acolytes, le tout dans un esprit particulièrement fun et une ambiance old school délicieuse.
En élève assidu, Pitiful Reign déroule ainsi brillamment les recettes à l’origine du succès de la scène thrash des années 80, britannique, new-yorkaise ou californienne. Cette force est aussi la faiblesse du combo, qui parfois trop appliqué, manque encore du brin de folie de Municipal Waste, ou encore de la force d’Hexen, maître californien actuel, pour véritablement s’imposer.
Malgré une personnalité restant à affirmer, le capital bonhomie de Pitiful Reign, ses titres percutants, mais aussi le grand soin apporté à son album, l’inscrivent parmi les formations revival thrash d’intérêt, aux côtés de Violator, Gama Bomb, Fueled By Fire ou Bonded By Blood. Visual Violence se recommande ainsi tous les jeunes thrashers, mais aussi à tous les amoureux des vieux loups comme Anthrax, Re-Animator, Exhorder & Evildead, ou plus simplement aux nostalgiques d’une époque emplie d’une insouciance certaine et d’un parfum particulièrement authentique.
Fabien.
Formé en 1990 autour de Ken Englund & Fredrik Norrman, connus respectivement pour leur investissement ultérieur au sein de Centinex & Katatonia, Uncanny s’inscrit dans la seconde vague death metal scandinave, ayant directement emboité le pas de leurs prestigieux aînés, tels Carnage ou Nihilist. Trois démos plus tard, le groupe décroche un contrat avec l’écurie grecque Unisound Recordings, enregistrant dans la foulée son premier album durant quatre journées d’octobre 1993, avec l’ingénieur du son Dan Swanö (Edge of Sanity), dont le studio porte coïncidement le même nom que le label de la formation.
Peu exposée, en dehors de quelques groupes comme Natron ou le redoutable Hour of Penance, l’Italie a toujours été en retrait des autres scènes death metal européennes. Elle compte pourtant depuis 1997 une autre formation de renom, baptisée Illogicist, formée à Aoste autour du guitariste chanteur & compositeur Luca Minieri. Fort d’un contrat discographique avec le label US Crash Music, le groupe enregistre son premier album
L’Autriche a toujours compté dans ses rangs des formations death sauvages ou barrées, depuis Pungent Stench, Disastrous Murmur ou Disharmonic Orchestra, jusqu’à la bande d’Helmut et ses boeufs, le célèbre Belphegor. Trois années avant la formation de ce dernier, la barbarie death métallique autrichienne possède pourtant déjà un nom, en l’entité destructrice Miasma. Le groupe se forme en effet à Vienne en 1990, et balance un death metal cru & bestial, à l’imagerie macabre & satanique. Une démo plus tard, le groupe enregistre son premier album
Si l’histoire retient particulièrement Morgoth, Atrocity & Protector parmi les précurseurs de la scène death metal germanique, elle oublie pourtant Pavor, groupe formé en 1987 à Bonn, autour du bassiste Rainer Landfermann. Mais, à l’inverse de ses compatriotes, la bande (au line up d’une stabilité exceptionnelle) n’a jamais recherché de contrat discographique, préférant prendre son temps pour l’enregistrement de ses démos, et s’occupant en totalité du financement et de la distribution de son premier album.
Alors que le black metal domine la Norvège en cette année 1994, de Darkthrone à Mayhem, en passant par Emperor, Immortal, Burzum, Enslaved ou Satyricon, le death metal semble quant à lui en léthargie dans le pays nordique, depuis les Soulside Journey & In Pains de Darkthrone & Cadaver, sortis quelques années auparavant. Quelques formations obscures persistent toutefois dans le style, à l’instar de Molested, Fester ou Suffering. Ce dernier se forme autour des guitaristes compositeurs Ivar Gundersen & Ole Morten Persen, et rentre rapidement en studio, durant deux journées d’août 1994, pour la mise en boite de
Formé en 2006 à Ankara, autour des guitaristes compositeurs Mert Kaya & Berkan Basoglu, Carnophage confirme l’émergence du brutal death turque, aux côtés de ses compatriotes Decaying Purity d’Istanbul. Officiant dans des sphères plus techniques, le groupe enregistre rapidement son premier album, en décembre 2007 dans un studio local, décrochant d’entrée un précieux contrat avec Unique Leader, spécialiste reconnu dans le milieu, grâce à ses nombreux protégés, tels Vile, Gorgasm ou Pyrexia. Soignant particulièrement ses dernières réalisations, le label californien ne faillit pas à la règle, gratifiant l’album d’un artwork très complet, ainsi que d’une superbe illustration de l’incontournable Par Olofsson.
Surfant sur la vague du succès inattendu de S.O.D. avec son Speak English Or Die sorti en 1985, Milano décide de prolonger l’aventure crossover deux ans plus tard avec trois nouveaux gais lurons. Exit la dream team Lilker-Benante-Ian, bien que ce dernier assure encore la guitare acoustique sur un titre et une partie des backing vocals en plus d’être co-producteur. Billy “Mosh” Milano s’entoure de Keith Davis à la batterie, de Tim McMurtrie pour la guitare, de Ken Ballone au poste de bassiste et forme Method Of Destruction.
USA for MOD est en effet une suite réjouissante d’un Speak English or Die, qui avait définitivement laissé son empreinte grâce à son mélange de thrash et de hardcore explosif, en cette année 1985. Billy Milano reprend ici brillamment les codes et les fameuses mosh parts propres à SOD, du percutant Hate Tank à l’entrainant Spandex Enormity, tout en laissant libre cours à ses idéaux parfois très corrosifs, donnant une personnalité incontestable à son album, pièce incontournable du thrash des eighties, avec son cadet Gross Misconduct. Merci d’avoir mis l’accent sur les paroles de Milano, brûlots indissociables de la musique de MOD, permettant de comprendre à quel point ce groupe était parfois detesté. Fabien.
Formé en 2003, Kataplexia est basé en Finlande, bien que le trio composant la formation soit originaire d’Amérique du sud. Enregistré en ces terres scandinaves en début d’année 2008,
Bon, après les Fueled By Fire, Bonded By Blood, Merciless Death et les autres que j’oublie, sans parler de la très prolifique scène brésilienne actuelle, quel groupe allait encore arriver sur une scène revival thrash sentant de plus en plus la saturation à pleine narine? On se croirait revenu dans les eighties alors que la première armada émergeait un peu partout dans le monde. A peine le temps d’écouter une galette que dix nouveaux combos sortent de terre vous scrutant avec leurs p’tits yeux rouges et vous soufflent sournoisement des “chronique moi, chronique moi, chronique moi”. Ce nouveau groupe s’appelle Hexen et nous vient tout droit de la mère patrie thrash, les USA.