Altars of Fab’ Death

Acheron (USA) : Rites Of The Black Mass

Acheron (USA) : Rites Of The Black MassFormé en 1988 en Floride autour de Vincent Crowley, rapidement rejoint par Peter Slate, Acheron est comparable à Deicide et Vital Remains durant ses premières années, tant au niveau musical que conceptuel. Adepte de l’église de Satan d’Anton LaVey, le leader éructe des paroles tournant chacune autour du satanisme, de ses codes, ses rites et ses pratiques.

Rites Of The Black Mass, premier album d’Acheron, débarque en 1992 chez le petit label Turbo Records, à qui l’on doit notamment la sortie de The Oath Of Black Blood de Beherit sorti peu de temps auparavant. A l’image de To Thee We Confess & Prayer Of Hell, ses compositions se rapprochent singulièrement des structures du premier album de Deicide, même si ses vocaux restent moins effrayants, ses rythmes plus simples, et ses guitares souvent poussives & sans grande technique. En outre, produit par Scott Burns aux Morrisound, l’album possède un son made in Tampa déjà très stéréotypé à cette époque.

L’ambiance satanique de Rites Of The Black Mass est par contre parfaitement fortement palpable, notamment lors des interludes sombres aux claviers reliant chaque morceaux, prononcés par Pete Gilmore en personne, prêtre & leader de l’église de Satan, qui répand ses discours & incantations semblant surgir tout droit de la bouche du Malin.

Album parfait pour les amateurs des premiers efforts de Deicide & Vital Remains, et de death metal satanique à la sauce Tampa d’une manière générale, Rites Of The Black Mass propose des titres aux structures simplistes et middle tempo, mais d’une qualité suffisante pour une écoute sans histoire. Ses atmosphères lucifériennes restent en outre fort bien retranscrites, notamment lors des interludes incantatoires, qui peuvent toutefois être écartées sans problème par le métalleux désirant une écoute du CD purement musicale.

Fabien.

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July 2, 2008

Merciless Death (USA) : Realm of Terror

Merciless Death (USA) : Realm of TerrorEn ce mois de mai 2008, fidèle à son label Heavy Artillery, Merciless Death revient battre les tympans des thrashers, déjà sous le joug d’Evil In The Night, son premier et précédent assaut. Les frères Torres et Dan Holder abandonnent cette fois les zombies d’Edouard Repka, pour une illustration tout aussi travaillée d’un autre maître, Andreas Marshall, mettant en scène un prêtre aspiré par les forces obscures.

Realm of Terror déboulonne d’entrée avec The Abyss, une intro percutante lançant parfaitement le thrash intraitable de Merciless Death. L’album bénéficie en outre d’un enregistrement puissant & équilibré, qui apporte un son incisif aux guitares, tout en respectant la rugosité propre à la formation californienne. Ainsi, la force de son thrash ajoutée à la qualité de la production forment un cocktail détonnant, où se succèdent rythmiques entrainantes, guitares assassines, breaks tranchants et chant teigneux, tel l’impitoyable The Gate et ses rafales de riffs renversants.

Conservant un thrash particulièrement hargneux, Merciless Death digère également mieux ses influences et soigne parallèlement ses ambiances, à l’image de l’interlude Fall To The Pentagram, lui permettant d’épaissir judicieusement son style. Possédant la vitesse de Strappado (Slaughter), embrassant l’aura sombre de None Shall Defy, Urm The Mad & Seven Churches (Infernal Majesty, Protector, Possessed), dégageant des accents Slayeriens délicieux sur les soli emballés de Dan Holder, Realm of Terror synthétise ainsi l’esprit thrash ‘evil’ des années 80 avec une justesse remarquable.

Aussi rugueux & percutant que son prédécesseur, aux colorations rétro tout aussi exquises, Realm of Terror balance 28 minutes de thrash dense & authentique, risquant d’emballer le rythme cardiaque de nombreux thrashers, béats devant son atmosphère endiablée et l’efficacité de ses riffs. S’imprégnant parfaitement de l’essence du thrash des eighties, tout en affirmant sa pleine personnalité, Merciless Death devient désormais aussi précis et meurtrier qu’une balle.

Fabien.

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June 23, 2008

Inherit Disease : Procreating An Apocalypse

Procreating An ApocalypseInherit Disease se forme en 2001 en Californie, dans le but de créer, selon les propres termes du groupe, le death le plus brutal, technique, original & dissonant possible, rejoignant ainsi la myriade de combos sévissant dans l’état ouest états-unien, à l’instar de Severed Savior, Odious Mortem ou Decrepit Birth, pour n’en citer que quelques uns. Deux démos suffisent à attirer l’attention du label Unique Leader, débouchant sur l’enregistrement de Procreating An Apocalypse aux Avalon Studios, et à sa sortie en juillet 2006, muni d’une superbe pochette de Par Olofsson.

Aussi lourd que Deeds Of Flesh et Disgorge (US) réunis, Inherit Disease dilue un brutal death parfaitement exécuté, riche en contre temps, doubles pédalages subtils et breaks vicieux, à l’image des bons Myiasis & Pleasures Of Lunacy. Le couple basse batterie d’Andy Kirk & Josh Welling matraque avec précision, servant les riffs techniques de Sean Kennedy, et le guttural très gras de Obie Flet, presque caricatural.

Privilégiant le pilonnage rythmique et les plans fouillés à toute forme de mélodie, Procreating An Apocalypse n’échappe toutefois pas à une certaine linéarité et à l’interchangeabilité de ses morceaux, manquant par ailleurs de quelques soli judicieux. L’ombre de ténors tels que Suffocation & Deeds Of Flesh reste en outre menaçante, privant Inherit Disease d’une véritable personnalité.

Technique & écrasant, bénéficiant en outre d’une production équilibrée, Procreating An Apocalypse ravira ainsi le fan de brutal death à la sauce Californienne & New Yorkaise, possédant une batterie de rythmiques calibrées et de riffs savoureux, à l’image de son titre éponyme et de son final obsédant. Inherit Disease peine en revanche à sortir des sentiers battus, s’ajoutant aux nombreuses formations de brutal death US certes talentueuses, mais devant encore travailler son originalité musicale et conceptuelle, pour s’affirmer définitivement.

Fabien.

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June 17, 2008

Unmerciful : Umercifully Beaten

Umercifully BeatenLa carrière d’Unmerciful reste intrinsèquement liée à celle d’Origin, ayant de nombreux échanges de membres avec son voisin, depuis sa création en 2001 jusqu’à son premier album Unmercifully Beaten. Le groupe se forme autour du batteur James King & du guitariste Clint Appelhanz, mais est rapidement mis entre parenthèse lors de l’intégration de ses deux fondateurs chez Origin, participant tous deux à l’enregistrement du troisième album du leader nord américain.

De retour chez Unmerciful, accompagnés du guitariste Jeremy Turner (lui aussi transfuge d’Origin), King & Appelhanz enchainent plusieurs démos, notamment Unmercifully Beaten en été 2005 avec le growleur Tony Reust, les deux guitaristes se chargeant conjointement des lignes de basse. Le groupe décroche alors un contrat avec le spécialiste Unique Leader, qui commercialise l’enregistrement sous forme d’album en août 2006, accompagné d’une superbe pochette de Par Olofsson.

A l’image de son titre sans équivoque, Unmercifully Beaten balance un death brutal et sans concession, dominé par la puissance des blast beats de King, qui soutiennent les riffs dévastateurs du duo Appelhanz / Turner, et le guttural pur de Reust. Le groupe s’offre parallèlement les services d’Alex Webster (Cannibal Corpse) sur Shotgun Sodomy, qui gratifie le titre de ses lignes basses sophistiquées.

Depuis Masochistic Rampage jusqu’à Seething Darkness, Unmerficul garde ainsi le pied au plancher durant la quasi intégralité de son album, conservant un niveau technique et une intensité considérables. La dévastation ne dure toutefois que 21 minutes, et les trois titres live ajoutés en fin d’album (dont Catatonia, reprise de Suffocation), rallongeant la durée de 10 minutes, ne suffisent pas à ôter ce sentiment fâcheux d’inachevé.

Déboitant avec une brutalité et une précision manifestes, Unimercifully Beaten impressionne ainsi par sa débauche d’énergie pure, mais aussi par la technique et la dextérité de ses interprètes, faisant oublier partiellement sa courte durée. En revanche, avec trois musiciens à cheval entre les deux formations, les rapprochements entre Origin & Unmerciful sont inévitables, privant ce dernier d’une pleine personnalité. Le potentiel du groupe est toutefois considérable, lui autorisant une sacrée marge de progression, qui lui permettra sans l’ombre d’un doute l’affranchissement de ses influences actuelles et la forge d’une parfaite identité.

Fabien.

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Posthumous Blasphemer : Crucified Humiliation

Crucified HumiliationHormis quelques groupes polonais de grande envergure, le death métal peine à s’exporter des pays de l’est depuis deux décennies, faute à des infrastructures adéquates. C’est le cas des Biélorusses de Posthumous Blasphemer, qui enchainent déjà leur troisième album dans la plus grande discrétion, au sein du petit label Relics Records. Enregistré à Minsk en 2005, Crucified Humiliation représente un pas de géant depuis son prédécesseur, qui bénéficiait d’un mixage pour le moins confus. Le line up reste articulé autour du bassiste Alexzonder et du guitariste Fiendharon, se partageant les parties de batterie, et s’adjoignant cette fois d’un nouveau growleur en la personne de Biven.

Posthumous Blasphemer balance un brutal death proche de Suffocation (reprenant d’ailleurs le titre Catatonia en hommage), s’affichant dès lors comme une énième réplique du dieu new-yorkais. Lors des premières écoutes, Crucified Humiliation laisse ainsi une impression mitigée, contenant de surcroît quelques plans ou soli maladroits, une production claire manquant toutefois d’un brin de profondeur, ou encore un guttural monocorde, qui lui confère un côté parfois poussif.

Pourtant, au-delà de ses imperfections, Crucified Humiliation prend corps au fil de ses écoutes, révélant alors une richesse et une profondeur insoupçonnées. Posthumous Blasphemer multiplie en effet les pointes techniques et les accords atypiques, lui apportant un surcroît de personnalité, mais soigne parallèlement ses ambiances, lui permettant de dégager une aura maléfique toute particulière. L’album monte également en puissance au fil de son avancée, pour atteindre son paroxysme sur les excellents Agony Of Vainglory & Chastise By Cross, équilibrés et parfaitement ficelés, avec leurs outros lancinantes ou baroques obsédantes, qui assombrissent considérablement son climat.

Crucified Humiliation dégage en outre une iconicité anti-chrétienne, une nouvelle fois synthétisée par le choix des illustrations moyen-âgeuses de Hyeronymus Bosch (1450-1516), peintre ayant imposé une vision très personnelle de l’enfer, baignant dans une forte atmosphère d’hérésie et de sacrilège, qui convient parfaitement au concept blasphématoire de Posthumous Blasphemer.

Sans constituer l’arme ultime face à la domination insolente des missiles largués par ténors du brutal death actuel, et malgré ses accents Suffocation encore évidents, Crucified Humiliation reste un album profond et racé, beaucoup plus subtil qu’en apparence. La richesse de son concept, le choix judicieux des peintures, son imagerie et ses ambiances soignées, sont autant d’éléments permettant à Posthumous Blasphemer de créer son propre univers, s’ajoutant à sa technique musicale, qui s’avère au final particulièrement redoutable.

Fabien.

June 10, 2008

Hour Of Penance : The Vile Conception

The Vile ConceptionTandis que la scène brutal death technique bombarde de toute part en ce premier semestre 2008, à l’image des redoutables missiles de Brain Drill, Origin, Hate Eternal, Decrepit Birth & Prostitute Disfigurement, l’Italie riposte avec Hour Of Penance, désormais au sein de l’incontournable l’écurie Unique Leader Records. Enregistré au 16th Cellar Studio sous la houlette de Stefano Morabito, The Vile Conception, troisième album de la formation, débarque en février, muni d’une superbe illustration du maître Par Olofsson.

Dès le premier titre, The Vile Conception impose une puissance de feu phénoménale, dominé par les blast beats et les roulements de Mauro Mercurio, soutenant les salves de riffs assassines de Giulio Moschini et le guttural pur de Franscesco Paoli. Depuis l’impitoyable Misconception jusqu’au terrible Hierarchy Of The Fools, Hour Of Penance assomme ainsi avec une brutalité manifeste, mais également avec une technique et une précision désarmantes.

Conservant majoritairement le pied au plancher durant ses 37 minutes, The Vile Conception n’a pourtant rien d’un album linéaire, possédant toujours l’atout lui permettant de rebondir, et de conserver ainsi une puissance et un équilibre étonnants. La multiplication des contretemps, le positionnement judicieux de breaks tranchants, l’alternance des soli de Francesco entre débauche de furie et intensité contrôlée, sont autant d’éléments contribuant à la richesse de l’album, au delà de sa brutalité excessive. Hour Of Penance agrémente parallèlement l’album de plusieurs outros, à l’instar de Drowned In The Abyss & From Hate To Suffering, épaississant considérablement les atmosphères de son album.

Débauche d’énergie pure, sombre et parfaitement maîtrisé, The Vile Conception s’impose parmi les grosses surprise de cette année 2008, confirmant l’excellence de la scène brutal death technique actuelle. Ainsi, malgré la présence de nombreux plans trahissant des influences Krisiun, Hate Eternal & Morbid Angel marquées, le privant d’une pleine personnalité, Hour Of Penance dégage une puissance et une précision étonnantes, lui permettant de frapper juste et fort.

Fabien.

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June 9, 2008

Acid Reign : The Fear

The FearAprès son mini LP Moshkinstein, d’une durée conséquente de 32 minutes, Acid Reign retourne envahir les studios Blue Strike en septembre 1988, pour les sessions de The Fear, son premier full lenght et nouvel effort sous les couleurs d’Under One Flag, qui distribue notamment sur le territoire européen les derniers missiles de Death, Bathory, Dark Angel, Possessed, Exodus ou Nuclear Assault. Le groupe de fun thrash britannique se sépare entre temps de Gary Jennings (Gaz), qui fondera étonnamment le groupe de doom métal Cathedral avec Lee Dorrian (ex-Napalm Death).

Farci de photos souvenirs amusantes à l’intérieur de sa pochette, et débutant sur 25 secondes délires, The Fear confirme l’humour intarissable d’Acid Reign, bien décidé à ne pas se prendre la tête une seule seconde, à l’instar de ses homonymes de Lawnmower Deth et Re-Animator. Le thrash métal de la formation reste toutefois à prendre au sérieux, proposant des titres qui, sans être un summum de technique, sont percutants et remarquablement ficelés. Le chant de H apporte en outre une forte personnalité au groupe, justement grâce à ses nombreuses imperfections qui le rendent au final unique et très séduisant.

Mais l’atout imparable d’Acid Reign demeure dans l’art de larguer des rafales de riffs entêtants et des breaks vicieux, se bousculant tout au long de l’album. Les mosh parts entrainantes de Reflections & Blind Aggression se succèdent ainsi aux accélérations d’Insane Ecstasy et aux riffs alambiqués de l’excellent Humanoïa, pour le plus grand plaisir du thrasher. Le ton devient parallèlement beaucoup plus lourd & sérieux sur All I See, Lost In Solitude et son titre éponyme, pour trouver son apogée sur l’inoubliable Life In Forms et ses ambiances épaisses, certainement le meilleur titre d’Acid Reign, mais aussi l’une des plus belles ogives du thrash métal, avec son intro acoustique, ses soli exquis, et sa cascade de riffs mémorables.

Muni d’une pochette sans prétention, et pêchant par son enregistrement et son mixage approximatifs, The Fear n’est certainement pas le disque le plus professionnel de l’année 1989, ne rivalisant pas avec le thrash des nord américains d’Anthrax & Exodus du moment. Acid Reign dégage en revanche une fraicheur et une bonhomie remarquables, et possède enfin cette aisance à trouver des riffs aussi excellents qu’entêtants, invitant à multiplier indéfiniment l’écoute de ses morceaux.

Fabien.

Comment : Un superbe album que j’ai découvert il y a peu justement. A croire que tu m’espionnes Fab’ héhé. Je m’attendais à du gros Mosh graisseux et bas du front, je me suis trouvé devant des petits missiles Thrash bien construits, à tiroirs, avec multiples riffs. Etant très exigeant là dessus, je me suis régalé. Merci Acid Reign ! Sargeist.

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June 6, 2008

Bloodbath (SWE) : Unblessing The Purity

Bloodbath (SWE) : Unblessing The PurityBien décidés à poursuivre l’aventure avec l’entité death métal Bloodbath, Jonas Renske & Anders Nyström (Katatonia) composent quatre nouveaux morceaux, puis rejoignent le studio Fascination Street en juillet 2007, accompagnés du batteur Martin Axenrot (Witchery) et du guitariste Per Eriksson, qui remplace désormais Dan Swanö. Le groupe retrouve cette fois le growleur Mikael Akerfeldt (Opeth), prêtant sa voix le temps des sessions d’enregistrement, en lieu et place de Peter Tägtgren (Hypocrisy). Unblessing The Purity sort ainsi en mars 2008 sous forme de mini CD, uniquement disponible sur le site internet de Peaceville Records, du moins pour le premier pressage (avis aux collectionneurs).

Entouré d’un concept sombre, tant au niveau de ses paroles que de la superbe illustration de Dusty Peterson, Unblessing The Purity durcit également le ton, débutant sur les blast beats très percutants d’Axenrot. Mais très vite, son atmosphère s’épaissit, avec l’arrivée de la guitare lancinante de Nyström, aux phrases musicales toujours aussi torturées et si particulières, qui confèrent cette forte coloration à chacun des morceaux. En outre, le retour de Mikael Akerfelt, avec son grain unique et son guttural d’une profondeur sans égal, permet au groupe de confirmer son incroyable personnalité, et de retrouver les ambiances chères au redoutable Resurrection Through Carnage.

Depuis la puissance des rythmiques de Virginborn jusqu’à l’excellence des harmonies de Empty Praise, en passant par les riffs intraitables de Sick Salvation et le climat glauque de l’impitoyable Weak Aside, Unblessing The Purity est ainsi un pur concentré de death métal, trouvant un équilibre remarquable durant ses quinze petites minutes. La production de David Castillo est enfin claire et puissante, dotant les guitares d’un grain pur et légèrement rugueux, qui renforce le côté old school qui se dégage des compositions.

Brutal, fin et délicieusement sombre, parfait croisement entre influences old school et death métal moderne, Unblessing The Purity frappe une nouvelle fois juste, allant droit à l’essentiel. Malgré sa courte durée, la qualité de ses titres et le soin apporté à son emballage justifient pleinement son achat, ravissant le death métalleux impatient de retrouver Bloodbath, l’un des groupes les plus racés de la scène death actuelle.

Fabien.

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June 5, 2008

Hail Of Bullets : …Of Frost And War

…Of Frost And WarNé fin 2006 autour de Martin Van Drunen, Stephan Gebédi & Ed Warby, officiant respectivement au sein d’Asphyx, Thanatos & Gorefest, Hail Of Bullets est la réunion de principaux acteurs des débuts de la scène death métal hollandaise, nostalgiques de cette époque particulièrement riche en souvenirs et en créativité. Une seule démo enregistrée en 2007 suffit à attirer l’attention du label Metal Blade, débouchant sur les sessions de …Of Frost And War aux excellents studios Excess & Unisound, puis sur sa sortie en mai 2008.

Album concept articulé autour des batailles sanglantes sur le front de l’est durant la seconde guerre mondiale, …Of Frost And War renvoie une imagerie très guerrière, rappelant immédiatement les sujets si chers à Bolt Thrower. Cette comparaison s’applique également à sa musique, véritable concentré de death métal de la première époque, possédant la lourdeur rythmique du combo britannique, mais aussi les riffs tranchants d’Asphyx et le groove de Gorefest (grâce au jeu très fluide d’Ed Warby), à l’image du redoutable titre Ordered Eastward, distillant parallèlement des pointes mélodiques dignes d’Edge Of Sanity, tels Carpathian Mountains & Berlin, qui clôturent l’album sur une pointe mélancolique & émotionnelle fort judicieuse.

Le point fort d’Hail Of Bullets réside bien sûr dans l’intégration de Martin Van Drunen, qui délivre son guttural arraché inimitable, invitant tous les vieux death métalleux à lâcher une larme de nostalgie lors des premières écoutes. En outre, la puissance de la production d’Hans Pieter et la clarté du mixage de Dan Swanö ne gâchent en rien l’ancrage de …Of Frost And War dans un death old school fortement marqué, restituant fidèlement le son de l’époque et le grain si particulier de ses guitares.

Loin de tout déballage technique, Hail Of Bullets valorise avant tout l’efficacité de ses rythmiques, la puissance de ses riffs et l’épaisseur de ses ambiances. Plusieurs structures ont toutefois tendance à se ressembler, se démarquant difficilement les unes des autres, faute à des riffs simples & directs souvent similaires. Ainsi, malgré ses alternances judicieuses entre passages lourds et rythmiques entrainantes, …Of Frost And War instaure parfois un sentiment de lassitude, qui se dissipe toutefois rapidement à l’écoute de pépites telles que The Lake Ladoga ou Red Wolves, ou encore dès l’approche de ses derniers morceaux, surprenant par leur intensité et la richesse de leurs atmosphères.

Sans prétention technique, …Of Frost And War délivre un death old school authentique, loin de nombreuses productions aseptisées du moment, restaurant ainsi minutieusement les codes du death métal des premières heures, comblant dès lors les nostalgiques de cette période atemporelle. Sans toutefois bénéficier d’une identité proprement marquée, Hail Of Bullets synthétise en effet l’essence des ténors du death européen des années 80/90, tels Bolt Thrower, Asphyx, Grave, Gorefest & Edge Of Sanity, avec une justesse et une sobriété remarquables.

Fabien.

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June 3, 2008

Prostitute Disfigurement : Descendants Of Depravity

Descendants Of DepravityPour son quatrième album, Prostitute Disfigurement rejoint les excellents studios Excess en avril 2007, avec un tout autre visage, enterrant définitivement son death métal suffocant à l’extrême et ses vocaux incompréhensibles. La violence très crue et parfois insoutenable de ses précédents méfaits laisse parallèlement place à une brutalité toujours présente, mais beaucoup plus subtile et suggérée. Muni d’une superbe illustration du maître Par Olofsson, Descendants Of Depravity sort en mai 2008 chez la brillante écurie Neurotic Records (Visceral Bleeding, Psycroptic), une longue année après son enregistrement.

A l’instar des derniers missiles d’Odious Mortem & Decrepit Birth, le gang hollandais aère considérablement ses structures, utilisant désormais la brutalité de ses blast beats avec plus de parcimonie, lui permettant d’accroître l’impact et le relief de ses morceaux, et de les rendre dès lors beaucoup plus digestes et percutants. Niels délaisse parallèlement ses diarrhées vomitives habituelles, pour délivrer maintenant un chant guttural pur & articulé, le superposant parfois à des vocaux rageurs, qui booste l’ensemble de manière fort judicieuse.

Sur le jeu de batterie complexe de Michiel, dosant son double pédalage et ses blast beats avec une aisance désarmante, Roel & Benny déballent des riffs techniques et entrainants, possédant des jeux complémentaires, souvent en décalage d’un demi ton, qui nuancent et enrichissent ainsi considérablement les morceaux. Depuis les riffs affutés de Killing For Company, jusqu’au middle tempo écrasant du redoutable Life Depraved, en passant par les soli endiablés de Carnal Rapture et les breaks vicieux de Sworn To Degeneracy, P.Disfigurement frappe juste, avec une violence manifeste et une finesse étonnante.

Parfaitement calibré par la production d’Andy Classen (Krisiun, Sinister), brutal et fin à la fois, Descendants Of Depravity surprend à chaque instant par son équilibre et la richesse de ses compositions, donnant l’une des plus grosses baffes de ce premier semestre 2008. En s’éloignant du style hermétique de Devourment, P.Disfigurement rejoint ainsi brillamment les sphères subtiles & techniques de Spawn Of Possession, s’imposant parmi les chefs de file du brutal death technique européen, l’un des genres les plus prolifiques et les plus intéressants du moment.

Fabien.

June 2, 2008