Anthrax : Fistful Of Metal
Anthrax se forme en 1981 à New York autour de Scott Ian et Dan Lilker, influencé dans ses toutes premières années par la NWOBHM de Maiden & Priest. Le groupe stabilise alors son line up en 1983 avec l’arrivée de Dan Spitz et de Charlie Benante, et décroche un contrat avec Jon Zazula de l’écurie Megaforce, débouchant sur l’enregistrement de Fistful Of Metal à la fin de l’année, et à sa commercialisation en janvier de l’année suivante.
Bien que ses influences heavy soit encore très perceptibles, Fistful Of Metal balance une musique incroyablement rapide et agressive pour l’époque, très vite cataloguée de speed metal, à l’instar du Kill‘ Em All de Metallica, sorti six mois auparavant sur le même label. Sur les rythmiques entraînantes de Benante / Lilker, Ian & Spitz placent en effet des riffs directs et terriblement incisifs, soutenant la voix furieuse de Neil Turbin, qui varie ses vocalises d’un chant heavy jusqu’à des cris particulièrement haineux.
Toute l’ambiguïté de Fistful Of Metal réside justement dans son métal encore flou, naviguant maladroitement entre deux genres. Tandis qu’Anthrax assomme l’auditeur avec la violence thrash de Deathrider et Metal Thrashing Mad, à coup de riffs tranchants et de vocaux teigneux, il revient alors à des colorations heavy, à l’image d’Howling Furies ou de la reprise I’m Eighteen d’Alice Cooper, sur lesquels le tempo ralentit, et le chant de Turbin devient beaucoup plus mélodique.
Surprenant par sa violence et sa vitesse d’exécution en cette fin 1983, Fistful Of Metal est un album clé dans la genèse du speed / thrash des années 80, au même titre que les incontournables Kill‘ Em All & Show No Mercy. En revanche Anthrax n’obtient pas de suite la même reconnaissance que les redoutables Metallica et Slayer de l’époque, faute à son identité encore mal définie. Il lui faut alors attendre l’arrivée de Joey Belladonna et l’enregistrement de Spreading The Disease, pour acquérir sa véritable personnalité et imposer définitivement son style.
Fabien.


