Altars of Fab’ Death

Assassin : The upcoming terror

Assassin (ALL) : The upcoming terrorSouvent citée, la scène allemande a été décisive dans l’histoire du thrash métal des années 80’s, grâce au célèbre triumvirat formé par Kreator, Sodom et Destruction. D’autre formations teutonnes, certes moins déterminantes, ont pourtant largement contribué au développement de ce mouvement, à l’image d’Assassin ou de Protector. Assassin se forme quant à lui en 1983 à Düsseldorf, autour de Lulle, Vinko et Robert, rapidement rejoints par Scholli & Psycho. Après deux démos relativement violentes, le groupe attire alors l’attention de l’écurie Steamhammer (Destruction, Sodom), qui envoie son nouveau protégé aux Karo Music Studios, sous la houlette de Kalle Trap, alors ingénieur du son de Destruction, débouchant sur la sortie de The upcoming terror en cette terrible année 1986.

Composé par la paire de guitaristes Scholli / Vinko, The upcoming terror balance un thrash teigneux, dominé par la vitesse des rythmiques de Psycho, à la limite des blasts, notamment sur le redoutable Bullets, et par ses rafales de riffs incroyablement teigneux, boostés par les vocaux terriblement rageurs de Robert Gonnella. Depuis l’incision de Forbidden Reality et Nemesis, jusqu’au terrible The Last Man, Assassin ne laisse au final que peu de répit à l’auditeur, trouvant alors comme seul sanctuaire le titre éponyme Assassin et ses structures middle tempo.

Outre la force de ses riffs et sa vitesse renversante, pratiquement inédite à l’époque, The upcoming terror ne représente pas non plus un modèle de précision, livrant parfois des plans encore approximatifs, mais dégageant un thrash d’une fraîcheur en tout point remarquable, brillamment mis en valeur par la production claire et agressive de Kalle Trap.

Dans l’ombre de ses leaders, Assassin livre ainsi un thrash certes imparfait, mais emprunt de cette insouciance naïve et de cette fougue incontrôlable, s’inscrivant parfaitement dans l’esprit rebelle et rugueux du thrash de son époque. The upcoming terror se conseille en premier lieu aux irréductibles thrasheurs, fans de la violence pure des premières ogives de Kreator, Sodom et Destruction.

Fabien.

> - Les chroniques -, Assassin — admin @ 2:45 am

January 26, 1986

Dark Angel : Darkness Descends

Darkness DescendsDark Angel, précurseur de la scène Thrash US, fait forte impression en 1984 lors de la sortie de We Have Arrived chez Axe Killer (un label français !), en présentant des rythmiques particulièrement violentes pour l’époque. Il suscite alors l’intérêt de Combat, jeune label new-yorkais, qui leur offre un contrat pour leur second album, le diabolique Darkness Descends.

Dès sa sortie, le disque est acclamé par la presse et les thrasheurs, faisant l’effet d’une véritable bombe. En effet, si le 1er album pose les bases de la musique de Dark Angel, Darkness Descends affirme carrément le style de la formation californienne, en balançant un thrash radical et agressif, d’une pureté exemplaire.

Darkness Descends commence sur une intro particulièrement lourde, puis enchaîne sur des rythmes d’une rapidité affolante, contenant des accélérations démentielles, à l’image de Hunger Of The Undead, et contrecarrés par des breaks parmi les plus meurtriers jamais entendus, notamment sur les terribles The Burning Of Sodom & Death Is Certain. En 35 minutes, la musique n’offre aucun moment de répit, délivrant une violence concentrée qui déboîte tout sur son passage, mais pourtant terriblement contrôlée.

Il faut dire que Gene Hoglan en personne squatte désormais derrière les fûts, apportant une puissance de feu et une précision dévastatrices. A l’époque, ce dernier est d’ailleurs considéré, à juste titre, comme la crème des batteurs thrash, avec son collègue Dave Lombardo. Ainsi, sur un tel martèlement rythmique, Jim Durkin et Eric Meyer assomment l’auditeur avec une tonne de riffs, tous aussi tranchants les uns que les autres, sans être ultra démonstratifs pour autant. Enfin, les cris haineux de Don Dot(.) libèrent une énergie phénoménale, apportant ainsi un surcroît de haine à l’ensemble des compositions.

Dans l’ombre de Peace sells, Master Of Puppets ou Reign In Blood, sortis chez des majors en cette même année 86, Darkness Descends ne connaît pas les mêmes ventes, la faute à son statut plus underground. Pourtant, cet album d’une qualité irréprochable rappelle à chacun ce que les mots violence & riff veulent dire. Sa contribution sur la scène thrash est énorme, et son statut culte largement mérité. A conseiller à tous les thrashers et deathsters qui ne le possèdent pas déjà.

Fabien.

Comment : J’avoue avec un peu de honte que je n’ai jamais écouté cet album… Vu ta chronique, et je te fais confiance, je le place en tête de mes futures acquisitions ! Tonio.

> - Les chroniques -, Dark Angel — admin @ 5:30 am

January 23, 1986

Megadeth : Peace Sells… But Who’s Buying?

Peace Sells... But Who's Buying?Après son éviction de Metallica, et un Killing Is My Business certes prometteur, mais à la production malheureusement assez moyenne, Dave Mustaine revient en cette année 1986 chez une major, avec un Megadeth à l’identité désormais très forte, et un Peace Sells, largement plus convaincant. Premier point fort, la pochette dévoilant un logo beaucoup plus métal, mais aussi une superbe illustration du maître Ed Repka, montrant la mascotte Rattlehead dans un décor apocalyptique aux tons bordeaux magnifiques. A l’image du design, la musique de Megadeth s’avère tout aussi affirmée.

D’entrée, Megadeth décide de tout faire péter, avec un Wake Up Dead d’anthologie, figurant parmi les plus grandes tueries thrash jamais entendues ; au fil du morceau, l’auditeur sent en effet l’intensité croître, avec des riffs de plus en plus acérés, des soli endiablés, pour finir en apothéose avec les vocaux de Dave Mustaine soutenus par des hordes de fans déchaînés.

A l’image de ce premier titre, ou encore des terribles The Conjuring ou Black Friday, Megadeth maîtrise parfaitement l’équilibre entre les passages apaisants et les moments de grande tension, apportant non seulement un relief et une force considérable à l’album, mais lui conférant aussi une ambiance unique, à la fois sombre et brutale. Le seul point faible réside, à mon humble avis, au niveau de la reprise I Ain’t Superstitious (W.Dixon), qui ne contient pas cette même intensité.

Peace Sells dévoile également une grande maîtrise technique, avec un couple basse batterie complexe, servant de moteur à des guitares rythmiques tranchantes, sur lesquelles s’ajoutent la voix de Mustaine, très écorchée à cette époque, et des soli époustouflants. Pour ne rien gâcher, la production de Randy Burns est limpide et puissante, dotant l’ensemble d’une grande profondeur.

Peace Sells propose sans conteste les compositions les plus thrash et les plus incisives de Dave Mustaine, et s’inscrit comme l’une des réalisations les plus marquantes de la longue carrière de Megadeth. Il compte non seulement parmi les albums thrash les plus remarquables parus en cette terrible année 1986, aux côtés des incontournables Reign in Blood, Master of Puppets, Pleasure to Kill ou Darkness Descends, mais figure plus généralement parmi les meilleurs disques métal de tous les temps, qu’on se le dise !

Fabien.

> - Les chroniques -, Megadeth — admin @ 4:15 am

January 14, 1986

Morbid Angel : Abominations of Desolation

Abominations of Desolation

Formé en 1983 autour de Trey Azagthoth, Morbid Angel cherche très tôt à redéfinir les bases de la brutalité, à l’instar de ses confrères de Death, Possessed ou Repulsion, étant ainsi à l’origine du deathmetal typiquement américain. Après la démo Bleed For The Devil sortie en mai 1986, le groupe se décide à enregistrer un album cassette en septembre de cette même année, le fameux Abominations Of Desolation, avec le batteur / hurleur M.Browning (futur Nocturnus), le bassiste S.VonScarborough, et bien sûr le guitariste / compositeur Trey Azagthoth.

Dépassant les limites instaurées par Celtic Frost ou Possessed, Morbid Angel lâche une musique incroyablement brutale pour l’époque, appuyée par les vocaux de Browning, entre timbre écorché et guttural, constituant ainsi l’une des premières productions rangées véritablement sous la bannière 100% death US. Mike Browning n’assène certes pas les blasts développés plus tard par l’impitoyable batteur Pete Sandoval, bien que ceux-ci restent relativement tapageurs sur les nombreuses parties rapides de l’album.

Malgré quelques longueurs et des rythmiques manquant encore d’une certaine précision, Morbid Angel est déjà en place, possédant ce potentiel énorme, à l’image du cultissime Chapel Of Ghouls, considéré à juste titre comme l’un des morceaux death les plus terribles jamais enregistrés. De plus, à l’instar des redoutables Morbid Tales ou Seven Churches, Abominations comporte une atmosphère malsaine, blasphématoire et satanique, qui renforce la brutalité des compositions, apportant un charisme indéniable à la formation, sur laquelle plane désormais une aura mystique.

De fait, même si Abominations Of Desolation ne se distribue à l’époque uniquement qu’en tape-trading (K7 échangées), l’album fait néanmoins très vite parler de lui. De nombreux deathsters le considère commme le premier véritable full lenght de Morbid Angel, bien que son géniteur Trey Azagthoth le renie en tant qu’album, insistant sur le fait que son groupe n’était pas encore prêt.

Aujourd’hui, à l’exception de Demon Seed, tous les morceaux d’Abominations ont été réenregistrés sur les réalisations suivantes de Morbid Angel (3 sur Altars, 3 sur Blessed, 1 sur Covenant & 1 sur Formulas), rebaptisant au passage les titres Welcome To Hell et Azagthoth par Evil Spell et The Ancients Ones. Ainsi, l’édition CD d’Earache de 1991 peut légitimement paraître dispensable pour nombre de deathsters, mais reste toutefois le témoignage unique de la genèse des dieux Morbid Angel, et plus largement du mouvement deathmetal tout entier.

Fabien.

> - Les chroniques -, Morbid Angel — admin @ 12:55 am

Nuclear Assault : Game Over

Game OverFigure du thrash new yorkais, Dan Lilker fonde Nuclear Assault en 1984 avec John Conelly, suite à son départ d’Anthrax, peu après les sessions de Fistful Of Metal. Fort d’un line up complété avec Anthony Bramante et Glenn Evans, le groupe enregistre alors plusieurs démos, puis rentre en studio sous la coupe d’Alex Perialas (Anthrax, S.O.D.) pour les sessions de son premier album. Game Over sort ainsi en mars 1986, pour le compte de l’écurie Combat Records, avec une illustration du célèbre Ed Repka (Megadeth) à la clé.

Rappelant un peu le speed thrash de Spreading The Disease, Game Over balance en revanche une musique beaucoup plus agressive, teintée d’une touche hardcore propre à D.R.I. ou S.O.D. Les rythmiques furieuses de Glenn, renforcées par la basse ronflante de Dan, servent ainsi les guitares de John et Anthony, assommant l’auditeur avec une succession de riffs percutants, délivrés avec une rapidité et une dextérité impressionnantes. Enfin, la voix de John, à la fois mélodique et hargneuse, donne un punch supplémentaire à l’ensemble.

Depuis les impétueux Sin, Cold Steel ou Nuclear War, jusqu’au superbe Brain Death, Game Over dégage dès lors une fraîcheur et une nervosité débordantes. La production d’Alex Perialas manque certes d’épaisseur, mais dote tout de même les guitares d’un son clair et incisif, apportant beaucoup de teigne à l’ensemble.

Confronté à la concurrence très rude des galettes cultes sorties en 1986 sur le territoire américain (Reign In Blood, Master Of Puppets, Among The Living, Peace Sells, Darkness Descends), Game Over ne parvient pas à s’imposer parmi les albums les plus marquants de cette terrible année. Il hisse néanmoins Nuclear Assault au rang des plus redoutables outsiders du thrash US, grâce à sa fougue et à sa vitesse d’exécution étonnantes.

Fabien.

> - Les chroniques -, Nuclear Assault — admin @ 12:30 am

January 13, 1986

Onslaught : The Force

The ForceUn an seulement après la sortie remarquée de Power From Hell, Onslaught revient sur le devant de la scène avec le redoutable The Force, annonçant plusieurs changements notoires. Nige Rockett et Steve Grice alignent en effet un nouveau line up, Paul Mahoney glissant au poste de bassiste et cédant sa place à Sy Keeler au micro, tandis que Jason Stallard renforce l’équipe en guitare rythmique, laissant le champs libre à Nige sur toutes les parties lead. Le groupe signe par ailleurs un contrat avec la célèbre écurie Music For Nations, couverte en Europe par le jeune label Under One Flag, qui accumule rapidement les distributions de nombreuses références sur le vieux continent, à l’image des missiles de Possessed, Dark Angel, Nuclear Assault, Exodus, Death, Bathory ou Forbidden.

Conservant son aura satanique et ses paroles sans évoque, Onslaught délaisse en revanche le côté underground et punk de ses débuts, sophistiquant son thrash métal originel grâce à une maîtrise technique désormais imparable, augmentant dès lors sa puissance et son agressivité. Le support de Jason Stallard permet en outre le développement de rythmiques plus tranchantes, soutenant la précision des nombreux soli de Nige Rockett, d’une intensité en tout point remarquable, à l’instar du superbe Metal Forces.

L’apport d’un véritable chanteur permet parallèlement au groupe de varier considérablement son thrash, Sy Keeler possédant en effet un panel impressionnant, passant allégrement d’un chant rugueux à des cris haut perchés fort bien exécutés, grâce à leur rage de chaque instant. Depuis l’ambiance sombre de Flame Of The Antichrist, jusqu’à l’incision des excellents Let There Be Death & Fight With The Beast, The Force ne laisse décidemment rien au hasard, alliant remarquablement la violence des riffs à ses ambiances sombres délicieuses.

Brillamment mis en valeur par l’enregistrement clair et agressif de Dave Fine aux Matrix Studios, The Force délivre des compositions intenses et abouties. Moins death dans l’esprit, bien que cette notion soit encore approximative à l’époque, l’album frappe ainsi avec son thrash d’une pureté exemplaire, s’inscrivant parmi les références britanniques du genre et comme l’oeuvre la plus marquante d’Onslaught, non loin des bombes de Kreator et de Dark Angel (Pleasure To Kill, Darkness Descends), qui imposent leur thrash rugueux et sans compromis à l’échelle mondiale, en cette terrible année 1986.

Fabien.

> - Les chroniques -, Onslaught — admin @ 1:45 am

January 12, 1986

Possessed : Beyond The Gates

Beyond The GatesSuite au diabolique Seven Churches, album clé hissant le thrash aux portes du death métal, et affichant une image ouvertement satanique, Possessed revient avec Beyond The Gates, son second effort, officiellement sorti chez Combat Records, le jour d’Halloween du 31 octobre 1986.

En un an, le thrash death des californiens s’étoffe considérablement, évoluant depuis les structures simples des débuts, vers des riffs et des constructions plus alambiqués, à l’image de l’excellent Phantasm, débutant par des riffs lourds, avant d’enchainer sur une folie thrash parfaitement maîtrisée, pour se clore sur un acoustique judicieux. A l’instar du précédent méfait, Beyond The Gates dégage une atmosphère démoniaque toute particulière, depuis son illustration d’Ed Repka dévoilant les portes de l’enfer, jusqu’aux paroles délibérément sataniques d’Heretic ou Seance, vociférées par le redoutable Jeff Beccera.

Malheureusement, la production de Carl Kennedy n’est pas à la hauteur, étouffant l’ensemble au lieu de lui donner la puissance nécessaire. La batterie de Mike Sus et les guitares de Lalonde / Torrao parviennent ainsi difficilement à s’exprimer et à retranscrire pleinement la violence des compositions.

Dans l’exacte lignée de Seven Chuches, Beyond The Gates est plus technique, mais hélas en demi teinte, faute à sa production perfectible. Son essence satanique est en revanche bel et bien présente, ne manquant dès lors que d’un détonateur pour s’enflammer littéralement. Possessed décroche heureusement cette folie dévastatrice lors de sa tournée mémorable avec Dark Angel aux states, et Voivod / Deathrow sur le vieux continent, où ses titres Beast Of The Apocalypse et March To Die retrouvent ainsi toute leur intensité.

Fabien.

> - Les chroniques -, Possessed — admin @ 5:15 am

January 11, 1986

Repulsion : Horrified

Repulsion (USA) : HorrifiedAlors que le thrash US & Allemand vit ses grands moments gloire en cette année 1986, Matt Olivo & Scott Carlson, du groupe Repulsion dans le Michigan, redéfinissent quant à eux les limites de la brutalité et de la rapidité, en sortant leur album K7 Slaughter Of The Innocent pour un budget 300$, distribué en tape-trading. Mais la musique, incroyablement brutale et trop en avance pour l’époque, où l’on commence à peine à parler de deathmetal et de grindcore, est assimilée à quelque chose d’incompréhensible, par un public qui n’est visiblement pas encore prêt.

Or, quelques année plus tard, lors de l’explosion du death et du grind grâce aux albums Scream Bloody Gore ou From Enslavement To Obliteration (Death, Napalm Death), on reparle fatalement de Repulsion, si bien qu’en 1990, Jeff Walker et Bill Steer de Carcass prennent le groupe sous leur aile, et sortent pour la 1ère fois l’album en CD, rebaptisé Horrified au passage, sur leur label Necrosis, avec une distribution internationale d’Earache à la clé.

Le monde découvre enfin l’album de Repulsion, groupe dejà culte dans l’underground.

Horrified est l’incarnation même du death crade et brutal, proposant 18 titres d’un concentré de blast beats quasi ininterrompus, dans une ambiance très destroy. La batterie de Dave Grave fuse à mille km/h, entrainant une basse et des guitares saturées à souhait, sans parler des vocaux de Scott Carlson hyper crasseux. Ici, pas de fioriture, Repulsion déboulonne tout sur son passage, puis d’un coup, au détour d’un break ou de son seul titre entièrement middle tempo, le terrassant Black Breath, il balance un rythme hyper entraînant à faire danser n’importe quel individu en déambulateur. Au final, écoute après écoute, après avoir enfin franchi le mur du son, chaque titre de l’album se détache, prend naturellement sa place et son identité, et chaque bon deathster comprend enfin qu’il possède un album culte entre les mains (depuis le temps qu’on vous le dit !).

Au même titre que Master, Death, Morbid Angel, Napalm Death & Terrorizer, Repulsion est considéré à juste titre comme le précurseur des scènes death & grind actuelle. Il a également donné naissance, à l’instar de D.R.I. ou Napalm Death, aux blast beats, si chers de nos jours à nombre de formations extrêmes. Malheureusement, hormis quelques brèves apparitions, le groupe n’est jamais vraiment revenu sur le devant de la scène.

Bref, Horrified est l’album à posséder d’urgence. Je conseille particulièrement la réédition remasterisée 2002 de Relapse ; le re-mastering (élargissement du spectre sonore) apporte en effet plus de profondeur à l’album, renforçant les basses, sans dénaturer l’essence même de ce dernier, toujours aussi crade et destroy.

Fabien.

> - Les chroniques -, Repulsion — admin @ 12:50 am

January 9, 1986

Slayer : Reign in Blood

Slayer : Reign in Blood

Sombre & diabolique, écoulé à plus de 80 000 exemplaires suivant les premiers mois de sa parution, Hell Awaits élève directement Slayer parmi les formations thrashmetal les plus influentes et les plus respectées. Concluant rapidement un contrat avec la major Def Jam et s’associant au producteur de renom Rick Rubin, le quatuor assemble en moins d’une année les bases de son troisième album, largement pensé par Jeff Hanneman, et bâti sur des titres lourds s’étendant sur 50 minutes totales.

Pourtant, lorsque Slayer rejoint l’ingénieur du son Andy Wallace à Los Angeles, il change complètement la donne sous l’impulsion de Dave Lombarbo. Sans préméditation, le batteur accélère démentiellement la cadence durant ses prises, entrainant Jeff Hanneman, Kerry King et Tom Araya dans un rythme incroyable. Le gang rebelle californien sort ainsi des studios avec une offrande baptisée Reign in Blood, véritable concentré de thrashmetal de moins d’une demi-heure au final.

Le résultat est sans appel dès les premiers accords. Slayer ouvre en effet les hostilités sur Angel of Death, titre tout droit sorti des enfers, à l’image de l’illustration démoniaque de l’album, signée Larry W.Carroll. Débutant sur un riffing assassin et sur les cris arrachés de Tom Araya, le morceau fracasse tout sur son passage, terrassant l’auditeur sur un riff central de folie et une accélération tout aussi imparable. En outre, loin d’une thématique satanique basique et moyenâgeuse, le groupe ose mettre en musique, à travers Josef Mengele, le quotidien des camps de concentration, l’une des périodes les plus sulfureuses de l’histoire, la matérialisation de la souffrance, l’industrialisation de la mort. Le ton est donné.

Sur les rythmes démentiels de Dave Lombardo, à la frappe parmi les plus précises et les plus puissantes du moment, Slayer garde le pied au plancher, enchainant des Piece by Piece ou Altar of Sacrifice de furie, où s’entremêlent les soli décharnés du couple infernal Hanneman / King. Vicieusement, le groupe ralentit la cadence aux endroits clés, à l’image du break implaccable de Necrophobic ou encore de l’intro tout en loudeur de Jesus Saves, offrant quelques courts instants de répit avant d’enfoncer le clou de plus belle. Ainsi s’achève une face A d’anthologie.

Le rythme de batterie de Criminally Insane, suivi d’un palm muting serré, introduit diaboliquement la seconde partie de l’oeuvre, où s’enchainent riffs, rythmiques et soli imparables, le temps d’un Reborn ou d’un Epidemic tout aussi foudroyants. La magie de Reign in Blood réside en outre dans la force de ses titres, emmenés par les duels de folie entre King & Hanneman, et la singularité de leurs jeux. Seules deux ou trois minutes par plage suffisent pour une pleine expression, où rien n’est décidement laissé au hasard, sans place au superflu.

Cerise sur le gateau, le middle tempo Postmortem aux riffs invincibles hante l’auditeur, avant de le terrasser sur une accélération impitoyable et un final de folie, l’incontournable Raining Blood, dominé par les rythmes puissants de Lombardo, les guitares meurtrières d’Hanneman & King, et les cris haineux d’Araya. Quatre dernières minutes durant lesquelles Slayer maîtrise ses ambiances à la perfection, l’enfer n’ayant jamais semblé aussi proche.

Aussitôt acclamé comme la plus belle pièce du metal extrême par une majorité du public, Reign in Blood consacre définitivement le thrashmetal au rang de style majeur, dominant d’une courte tête les invincibles Pleasure To Kill, Darkness Descends, Among the Living, Master of Puppets ou Peace Sells de ce terrible cru 1986. Les années passent sans que le succès, la rage, la décadence et la furie de Reign in Blood se démentent, hissant pour de bon Slayer parmi les dieux du genre, maintes fois imité, jamais égalé.

Fabien.

> - Les chroniques -, Slayer — fabien @ 9:11 am

January 8, 1986

Slaughter : Strappado

Slaughter (CAN) : StrappadoPionnier du death thrash canadien, Slaughter se forme en 1984 à Toronto, autour de Dave Hewson, Terry Sadler et Ron Sumners. Le trio enregistre plusieurs démos, jusqu’au tout début de l’année 1986, intégrant alors un second guitariste en la personne de Chuck Schuldiner (Death), bien décidé à quitter sa Floride natale pour trouver les bons musiciens. L’association ne dure hélas que quelques répétitions, Chuck retournant aux Etats-Unis juste avant l’entrée du groupe au Future Sound Studio en février, sous la houlette de Ted Kent, pour l’enregistrement de Strappado, son premier album.

Slaughter ressort ainsi avec 31 minutes de death thrash, découpées en treize morceaux, dont seulement neuf sont pressés sur l’édition LP de Fringe Records. Il faut attendre 1991 pour la première version CD chez la petite structure Headache, n’incluant toujours et désespérément pas les quatre titres sauvagement écartés. Nuclear Blast se réveille alors en 2001, et propose enfin l’enregistrement dans son intégralité, lui offrant en plus un re-mastering (élargissement du spectre sonore), qui lui apporte plus de profondeur, sans dénaturer la pureté de son essence.

D’entrée, Strappado surprend par la vitesse des rythmiques de Ron, imposant son double pédalage meurtrier sur The Curse & Tortured Souls, et ses blast-beats sur le redoutable One Foot In The Grave et l’éponyme Strappado. Dave envoie alors des rafales de riffs percutants & des soli furieux, soutenant sa voix particulièrement teigneuse.

Puis, lorsque Slaughter décide de ralentir le tempo, à l’image de Nocturnal Hell, FOD ou Tales Of The Macabre, les guitares deviennent terriblement lourdes, trahissant l’influence de l’incontournable Morbid Tales de Celtic Frost. Dave adopte parallèlement un chant beaucoup plus guttural dans ces moments là, lâchant une série de « ouh » comme pour relancer la machine, à l’instar de ceux utilisés par Tom G.Fischer (Celtic Frost).

Dégageant également des relents punk destroy propres à la scène canadienne, lui conférant ce côté spontané & désinvolte, Slaughter balance ainsi un thrash aussi nerveux, que brutal & écrasant. Grâce à son Strappado essentiel, le trio hisse ainsi le thrash aux frontières du death métal, encore mal définies en cette année 1986, rejoignant Repulsion, Death, Sepultura, Morbid Angel, Possessed, Master, Infernal Masjesty & Insanity, parmi les initiateurs de ce style si terrassant. Indispensable !

Fabien.

> - Les chroniques -, Slaughter — admin @ 1:15 am