Altars of Fab’ Death

Acid Reign : Moshkinstein

Sorti en 1988 chez la célèbre Under One Flag, qui multiplie les prod’ de thrash à cette époque, Moshkinstein s’inscrit dans la droite lignée de l’album The Fear (qui sortira l’année suivante), servi lui aussi par une production moyenne. Acid Reign, formation de fun thrash britannique, y possède déjà cette bonhomie, et l’art du riff percutant & des riffs entrainants, se recommandant aux fans d’Anthrax, Lawnmower Death & Re-animator. Considéré comme un mini LP, il compte pourtant 6 titres pour 32 minutes en version vinyl, amputé de l’instrumental Freedom of Speech sur la version CD, qui inclut l’album The Fear. Fabien.

> - Les commentaires -, Acid Reign — fabien @ 3:00 pm

January 26, 1988

Atrophy : Socialized Hate

Atrophy (USA) : Socialized HateAtrophy se forme en 1986 dans l’état d’Arizona, autour de Rick Skowron, Tim Kelly et James Gulotta, pratiquant dès ses débuts un thrash métal directement influencé par la scène Bay Area de Legacy, Exodus ou Dark Angel. Fort de deux démos, le groupe décroche rapidement un contrat avec l’écurie Roadrunner, puis rejoint le célèbre ingénieur Bill Metoyer (Sacred Reich, Flotsam And Jetsam) aux Music Grinder Studios (Vio-lence, Nuclear Assault), pour les sessions de Socialized Hate, son premier album commercialisé en cette année 1988.

Se situant entre le thrash accrocheur de The Legacy et la rugosité du métal de Pleasure Of The Flesh (Testament, Exodus), Socialized Hate délivre un thrash nerveux, dominé par les rythmiques rapides de Tim Kelly et les riffs agressifs du duo Skowron / Lykings, servant la voix teigneuse de Brian Zimmerman, à l’image du titre d’ouverture Chemical Dependency ou de l’entraînant Best Defense.

Parallèlement, Atrophy aère judicieusement son style, s’illustrant avec l’acoustique de l’éponyme Socialized Hate, les superbes harmonies du break de Preacher, ou encore les soli vertueux de Matter Of Attitude. L’ensemble reste toutefois calqué sur un modèle thrash californien évident, lui empruntant ainsi ses codes sans toutefois les transcender.

Manquant ainsi d’une certaine personnalité, Atrophy se noie fatalement dans la masse des formations thrash, qui saturent la scène en cette seconde moitié des années 80. Le gang de Tucson propose toutefois un premier album particulièrement soigné, percutant et technique, de surcroît brillamment mis en valeur par la production nette de Bill Metoyer, montrant dès lors tout son potentiel et comblant inévitablement les mordus du thrash US des eighties.

Fabien.

> - Les chroniques -, Atrophy — admin @ 4:15 am

Assassin : Interstellar Experience

Assassin (ALL) : Interstellar ExperienceDeux ans après le prometteur The upcoming terror, toutefois difficilement remarqué au milieu de la pléthore des références thrash sorties en cette glorieuse années 1986, Assassin revient avec son seconde missile, le redoutable Interstellar Experience. L’album annonce quelques remaniements de line up, depuis le retour de Michael Hoffman en remplacement du guitariste compositeur Jürgen Scholl, jusqu’à l’arrivée de Frank Nellen, reprenant la place de Danger Psycho derrière les fûts.

Quasiment aussi rapide qu’Upcomping Terror, Interstellar Experience conserve une agressivité étonnante, grâce aux riffs meurtriers de la paire Vekic / Hoffman, et aux vocaux incroyablement teigneux de Robert Gonnela. Mais parallèlement, Assassin maîtrise bien mieux son sujet, balançant désormais des titres parfaitement en place, et alignant les riffs techniques & monstrueux, à l’image du très bon Junk Food et de l’immémorial Baka.

Les “backing vocals” font par ailleurs leur apparition, renforçant brillamment les refrains, bien que cette technique paraisse aujourd’hui datée, tout en conférant paradoxalement le charme du thrash des années 80’s. Mais hélas, la leçon d’Assassin ne dure cette fois que 28 minutes, dont deux attribuées à l’instrumental Pipeline, certes intéressant, mais plutôt léger en regard des terribles Abstract War et Resolution 588.

D’une courte durée frisant l’insolence, Interstellar Experience balance en revanche un pur concentré de thrash haineux et percutant, rappelant l’esprit d’Agent Orange (Sodom), sorti l’année suivante. Malheureusement, Assassin disparaît bêtement et subitement en 1989, faute au vol complet de son matériel, mais aussi à l’intégration de Michael Hoffman dans les rangs de Sodom, en remplacement de Franck Blackfire, parti rejoindre quant à lui ses potes de Kreator (jeu des chaises musicales, quand tu nous tiens !).

Fabien.

> - Les chroniques -, Assassin — admin @ 4:15 am

Bathory : Blood Fire Death

Blood Fire Death1988. Une seule année et demie après l’incontournable Under the Sign of the Black Mark, manifeste de noirceur ayant servi de véritable étalon à une scène black metal encore en manque de définition, Bathory réinvestit les studios Heavenshore de Stockholm pour les sessions de son quatrième effort, Blood Fire Death. Rompant avec l’image du Malin symbolisé par la tête de bouc de ses précédents albums, son leader opte pour une peinture magistrale de Peter Nicolai Arbo, La Chasse Sauvage d’Odin. Quorthon délaisse en effet le satanisme puéril de ses premières d’oeuvres, pour se rapprocher désormais des thèmes propres à la mythologie nordique. Parallèlement, il se dévoile pour la première fois aux côtés de deux musiciens, un batteur et un bassiste répondant aux pseudonymes respectifs de Wornth et Kothaar, chacun en tenue guerrière, le torse nu, épée à la main.

Musicalement, si le titre Enter the Eternal Fire (Under the Sign) laissait entrevoir la future évolution de Bathory, celle-ci se confirme dès les premiers instants de Blood Fire Death. Débutant sur une longue introduction où se mêlent chants religieux, hennissements de chevaux et guitares acoustiques, l’album explose avec le superbe A Fine Day to Die, sur le couple rythmique lourd du duo Wornth / Kothaar, les guitares furieuses, épaisses et nuancées de Quorthon, et son chant d’un déchirement incroyable. Puis, l’ambiance s’adoucit le temps d’un break aux guitares acoustiques et claviers tout en retenue, pour éclater de plus belle sur un soli furieux et mélodique à la fois.

Blood Fire Death rompt ainsi avec les plans noirs et minimalistes de ses prédécesseurs, imposant un metal plus progressif, aux ambiances définitivement épiques. Le ton se radicalise toutefois sur Golden Walls of Heaven, Pace Till Death et Holocaust, dominés par une rythmique tapageuse et des riffs incisifs, quasiment thrash. L’album monte alors progressivement en puissance, pour atteindre un sommet d’intensité sur l’atemporel For All Those Who Died, terrassant par son middle tempo assassin, ses riffs obsédants, soutenant la voix décharnée de Quorthon. Sans faiblir, Bathory enchaine sur l’intraitable Dies Irae, d’une furie dévastatrice en son début, aux soli infernaux, calmant ensuite le jeu pour mieux exploser, grâce à la force d’un seul riff, particulièrement redoutable.

Puis, le climat se radoucit sur le fantastique titre final éponyme, où l’atmosphère devient de nouveau épique et les structures plus progressives. Les guitares deviennent plus mélodiques, acoustiques durant le break, les claviers réapparaissent pour jouer le rôle de véritables choeurs, en opposition au chant toujours aussi arraché de Quorthon. Tout en maintenant une charge émotionnelle peu commune, le titre impose des ambiances tantôt belliqueuses, tantôt reposantes, évoquant ainsi les longues conquêtes viking et le retour sur les terres scandinaves, laissant déjà filtrer le goût du futur album de Bathory.

Détonateur du viking metal pour certains, monument du black épique pour d’autres, Blood Fire Death se moque de toutes les étiquettes, surfant allégrement entre une incision thrash et un côté black encore affirmé. Exploitant parfaitement la fibre de la mythologie nordique, en visionnaire incontestable, Quorthon réussit ainsi brillamment à propulser Bathory vers de nouveaux sommets, délaissant les ambiances noires et caverneuses d’un Under the Sign of the Black Mark rapidement devenu culte, pour imposer un nouveau standard, alliant rage, intensité, douceur & charme épique à la perfection.

Fabien.

> - Les chroniques -, Bathory — admin @ 4:09 am

January 25, 1988

Bolt Thrower : In Battle There Is No Law

In Battle There Is No LawFormé en 1986, Bolt Thrower est un des pionniers de la scène grindcore britannique, aux côtés de Napalm Death, Carcass & Extreme Noise Terror. Mais parmi les groupes précités, Bolt Thrower est celui se rapprochant le plus des sphères death métal en ces années 1987-88. Après deux démos et des sessions mémorables chez l’incontournable John Peel, le groupe entre alors aux Loco Studios pour l’enregistrement de son premier album. Sortant pour le compte de l’écurie Vinyl Solution, In Battle There Is No Law est disponible en juin 1988 uniquement en formant 33 tours, son édition CD n’ayant lieu que quatre ans plus tard.

In Battle annonce les prémices du style écrasant de Bolt Thrower, tant au niveau visuel que musical. Son concept est déjà très guerrier, empreint aux jeux de rôle Warhammer, cartonnant à cette époque. La musique se situe dans des strates death métal, mais possède encore de forts accents grind, avec nombre de passages tapageurs typiquement british. Enfin, bien que sa puissance ne soit pas aussi impressionnante que par la suite, et malgré ses quelques maladresses, l’album balance néanmoins 30 minutes de death grind guerrier de bonne facture, à l’image des redoutables Attack In The Aftermath & Psychological Warfare.

L’ingénieur du son Andy Fryer dote de surcroît la batterie d’Andy Whale et les guitares de Barry & Gavin d’une puissance déjà notoire, renforcée par les growls de Karls Willets, certes moins profonds que par la suite, mais résonnant déjà dangereusement.

En 1988, Bolt Thrower commence ainsi à s’affirmer et à lancer son rouleau compresseur, qui deviendra rapidement ultra dévastateur. Rappelons également qu’en cette année, les groupes de death métal ayant véritablement sorti un album se comptaient encore sur les doigts d’une ou deux mains.

Fabien.

> - Les chroniques -, Bolt Thrower — admin @ 3:45 am

Carcass : Reek Of Putrefaction

Formé en 1985 par Bill Steer & Ken Owen, alors âgés de 15 ans, Carcass reste toutefois au stade embryonnaire durant ses premières années, faute à de trop rares répétitions, et sans style proprement défini. Les choses sérieuses commencent début 1987, lors de l’arrivée de Jeff Walker (fraichement viré d’Electro Hippies) dans le nouveau groupe de Bill, qui partage cette passion pour le son écrasant de Master et la brutalité excessive de Repulsion. Aussitôt, le duo fait le ménage dans son line up, reprenant le nom de Carcass et rappelant Ken Owen, qui possède désormais un kit de batterie. Dès l’été, le groupe enregistre alors la démo Flesh Ripping Sonic Torment avec Sanjiv au chant, qui ne fait toutefois qu’un aller retour au sein de la formation.

Sur la seule foi de l’enregistrement, mais aussi du poste de Bill chez Napalm Death (ND), Dig Pearson signe le trio encore inexpérimenté, aux côtés de ND & Unseen Terror sur son label Earache, qui ne souffle que sa première bougie. Succédant aux deux groupes, qui viennent fraichement d’enregistrer les LP Scum (face B) et Human Error, Carcass rejoint à son tour les studios Rich Bitch, sous la houlette de l’ingénieur Mark Ivory, quelque peu dépassé par la brutalité et l’avant-garde du combo. Reek of Putrefaction, résultat de la session chaotique expédiée en cette journée de décembre 1987, connaît en effet plusieurs mixages, avant sa sortie en juin 1988.

Plus loin que les simples histoires de zombies contées par Death & Repulsion, Carcass sophistique son concept, utilisant un langage pathologique outrancier, tout droit sorti du dictionnaire médical de Jeff, assemblant parallèlement la pochette de son album avec une série de découpages innommables de macchabées autopsiés. Musicalement, bien que l’inspiration grindcore de ND et death grind de Repulsion soit dominante, le trio balance un style sauvage & vomitif absolument unique, lui valant rapidement l’étiquette du premier groupe gore grind.

Concentré de rythmiques brutales & tapageuses, lâchant parallèlement moult accélérations et breaks vicieux, à l’image des impitoyables Pyosisified ou Psychopathologist, Reek of Putrefaction surprend en outre par son melting-pot vocal, depuis les éructations éraillées de Jeff jusqu’au dégorgement d’hémoglobine de Bill, renforçant l’odeur particulièrement putride qui se dégage.

Malgré la redondance des structures de ses 22 titres et son enregistrement brouillon, qui lui confère toutefois son côté délicieusement cradingue, Reek of Putrefaction rencontre immédiatement un succès notoire, renforcé par le soutien inconditionnel du célèbre John Peel, DJ très influent à la radio britannique BBC, connu pour ses mémorables Peel Sessions. Manquant pourtant d’expérience à cette époque, Carcass possède en effet déjà cette vision et cette personnalité hors norme (lui valant autant d’admirateurs que de détracteurs à l’époque), ne nécessitant encore que d’un brin de maturité pour l’affinement de son art et la canalisation de son incroyable sauvagerie.

Fabien.

> - Les chroniques -, Carcass — fabien @ 1:00 am

January 24, 1988

Death : Leprosy

LeprosyPeu après l’enregistrement de Scream Bloody Gore en Californie, Chuck Schuldiner prend de mal du pays, désireux de regagner sa Floride natale. Avant de partir, il propose le voyage à Chris Reifert qui, préférant rester sur ses terres, fonde dans la foulée Autopsy aux côtés d’Eric Cutler. De retour à Tampa, Chuck débauche la quasi intégralité des membres de Massacre, Rick Rozz, Bill Andrews & Terry Butler, laissant alors Kam Lee et son groupe sur la touche, pendant près de trois années.

Rompant avec son habitude de composer seul, le jeune leader signe alors cinq nouveaux titres avec Rick, ainsi que deux en solitaire, tandis que son acolyte apporte un tout dernier morceau. Fin prêt, le quatuor rejoint les Morrisound Studios en été 1988, sous la houlette de Dan Johnson, assisté du jeune Scott Burns, pour les sessions de son second album. Leprosy sort ainsi en novembre de la même année (en même temps que Blood Fire Death de Bathory), brillamment illustré par le maître Ed Repka, qui signe l’un de ses travaux les plus remarquables. En outre, le disque est impeccablement couvert par Combat Records, dont le passage sous la coupe de Relativity permet une distribution mondiale, notamment en Europe grâce au renouvellement précieux de l’association avec Under One Flag.

Les moyens mis en oeuvre valent largement la chandelle, Leprosy surpasse en effet son aîné en terme de puissance et de maturité, affichant des titres désormais plus longs et plus travaillés. L’album subjugue dès son premier titre, l’intemporel Leprosy, servi par les rythmiques de Bill, d’une lourdeur encore inédite, et par les lignes de basse fouillées de Chuck (en lieu et place de Terry), servant de véritable moteur à des rafales de riffs imparables. Le guttural effroyable de Chuck, encore plus imposant qu’auparavant, ainsi que les duels de soli entre Chuck et Rizz, aux jeux très différents, épaississent alors considérablement les compositions, décuplant littéralement leur puissance.

Ainsi, depuis les riffs redoutables de Pull the Plug & Choke On It, jusqu’aux tempos percutants de Born Dead & Forgotten Past, en passant par les soli somptueux de Left to Die et les rythmiques écrasantes d’Open Casket, Leprosy impressionne autant par sa brutalité pure et son côté gore, que par sa finesse et son étonnante variété. La production de Dan Johnson enfonce alors le clou, offrant une profondeur et une clarté incroyables pour l’époque. Rien ne vient décidément tenir ce joyau, exception faite de Primitive Ways, la seule composition 100% Rozz, certes quelques peu en retrait.

Plus mature et plus massif que son prédécesseur, culte à en mourir, Leprosy rencontre un succès retentissant, apportant au death métal toutes ses lettres de noblesse. Il confirme ainsi la force et l’avenir de ce style désormais incontournable, offrant une véritable alternative au thrash Bay Area maintes fois rabâché à cette époque. Grâce aux étonnants moyens déployés par son label, bénéficiant alors d’interview et de chroniques sur les grands magazines métal du moment, ainsi que d’une insertion remarquée sur la terrible compilation Speed Kills Vol.IV d’Under One Flag, aux côtés d’Exodus, Nuclear Assault, Possessed, Forbidden, Dark Angel ou Bathory, Death connaît dès lors une consécration planétaire, parfaitement justifiée.

Fabien.

> - Les chroniques -, Death — admin @ 8:15 am

January 23, 1988

Doom : War Crimes (Inhuman Beings)

Doom (UK) : War Crimes (Inhuman Beings)Doom se forme en Grande Bretagne autour du chanteur Jon Pickering et du guitariste Brian Talbot (Bri), louant rapidement les services de Mick Harris (Napalm Death, Extreme Noise Terror) derrière les fûts. Après le départ du batteur, seulement après un ou deux concerts, le duo complète sa formation dès 1987, grâce aux renforts de Pete Nash et Stick, délaissant parallèlement son crossover originel, pour une orientation dans la droite lignée de Discharge.

Après une apparition sur le tout premier vinyle de l’écurie Peaceville, la compilation A Vile Peace, Hammy, (boss du label) propose au groupe l’enregistrement de son premier album. Ceci se conclut alors par l’enregistrement de War Crimes en février 1988, aux studios Rich Bitch (Napalm Death, Carcass), et à sa sortie dans le courant de l’année.

Possédant la lourdeur du métal et les vocaux gras de la scène grind anglaise, Doom affiche en revanche une influence punk très marquée, ne développant ni une vitesse cataclysmique, ni des structures très compliquées. Les rythmes de batterie de Stick sont effectivement basiques, soutenant les riffs simples de Bri et les vocaux crasseux de Jon, rappelant ceux de son pote Dean Jones sur Extreme Noise Terror.

Les 21 titres de War Crimes sont ainsi construits sur un modèle standard, ne comportant souvent qu’un couplet et un refrain, sur lesquels se greffent les paroles doucement revendicatrices de Jon. Mais bien que l’album puisse paraître linéaire, il s’écoute toutefois d’un trait et reste bigrement percutant, lâchant ses rafales de riffs accrocheurs et facilement mémorisables, à l’image des terribles Same Mind, Exploitation, No Religion ou Multinationals. Doom développe également un son crasseux et affiche une attitude purement désinvolte, lui conférant ce côté rebelle et cette spontanéité appréciable en tout point.

Véritable pont entre les scènes punk et grindcore british, se rapprochant de l’esprit d’Extreme Noise Terror, les parties grind en moins, Doom trouve ainsi remarquablement son style, étant aujourd’hui considéré, à juste titre, comme l’une des premières véritables formations de crustcore, influençant alors des groupes du monde entier, depuis les anglais de Disgust jusqu’aux suédois de Disfear, en passant par les redoutables états-uniens de Disrupt. Pierre angulaire du mouvement crust, War Crimes ne se recommande donc guère aux metalheads avides de technique et de belles mélodies, mais reste en revanche l’album idéal pour les thrashers et keupons ayant l’envie de s’éclater tranquillement au sein des mêmes pogos.

Fabien.

> - Les chroniques -, Doom — admin @ 3:00 am

Exodus : Fabulous Disaster

Fabulous DisasterAprès un Pleasures of the Flesh en demi-teinte, bien poussif en regard du culte Bonded by Blood, Exodus est bien décidé à remettre les pendules à l’heure en cette année 1989. Fort d’un line up stable, la formation californienne revient ainsi avec son troisième effort, le bien nommé Fabulous Disaster.

D’entrée, le nouvel album annonce le retour d’un thrash plus nerveux, à commencer par ses deux premiers titres, les excellents Act Of Defiance et l’éponyme Fabulous Disaster, emmenés par les rythmiques entraînantes de Tom Hunting, les riffs accrocheurs de Gary Holt et Rick Hunolt, et la voix râpeuse de Steve Souza. Parallèlement, Exodus ralentit judicieusement la cadence et devient alors incroyablement heavy, le temps du superbe Like Father, d’une puissance étonnante, comptant parmi les meilleurs titres d’Exodus et justifiant à lui seul l’achat de l’album.

A l’image de sa pochette amusante, Fabulous Disaster dégage également un thrash emplit de bonhomie, notamment avec ses « backing vocals » caractéristiques, comme sur le très bon Toxic Waltz, ajoutant un relief et une décontraction évidente, et conférant aujourd’hui ces accents délicieusement rétros. Enfin, quelques colorations blues / rock apportent une identité et une originalité appréciables, depuis le fabuleux Cajun Hell et son intro à l’harmonica, jusqu’au sympathique Overdose, reprise d’AC/DC en bonus CD. Au final, seul Low Rider, reprise de War particulièrement mollassonne, s’avère purement dispensable.

Sous ses airs désinvoltes, Exodus revient ainsi avec un troisième album convaincant, réaffirmant du coup toute sa force et sa détermination, mais justifiant également sa place parmi les leaders de la scène thrash Bay Area de l’époque. Aujourd’hui encore, Fabulous Disaster s’inscrit indéniablement comme la réalisation la plus marquante de l’ère “Steve Souza” d’Exodus.

Fabien.

> - Les chroniques -, Exodus — admin @ 9:15 am

January 22, 1988

Hexx : Quest for Sanity

Quest for SanityAlors que la plupart des groupes s’assagissent avec le temps, Hexx prend le chemin inverse en cette année 1988, délaissant le heavy métal de ses deux premières réalisations, pour une orientation thrash death sans compromis. Précédant de peu ses potes d’Autopsy, le gang californien rejoint ainsi John Marshall au Starlight Sound Studio, pour les sessions de son mini LP Quest for Sanity, sortant pour le compte de Wild Rags / Under One Flag, avec une terrible illustration de Kent Matthieu (Possessed, Forbidden), et bénéficiant de surcroît d’une insertion sur la compilation culte Speed Kills Vol.IV, aux côtés d’Exodus, Nuclear Assault, Bathory, Death, Possessed, Forbidden et Dark Angel !

L’album s’ouvre sur Racial Slaughter et son court acoustique doucement ironique, annonçant la déflagration sonore imminente. L’intro s’enchaîne en effet sur une rafale de riffs diablement meurtriers, avant l’entrée des vocaux de Clint Bower, incroyablement haineux. Sardonicous confirme ainsi la violence thrash établie, balançant alors un break suivi d’une bataille de soli teigneux, entre Clint Bower & Dan Watson.

La face B enfonce le clou, avec ses tempos s’accélérant terriblement, atteignant son apogée sur l’implaccable Mirror Of The Past, dominé par le double pédalage de John Shafer et par des riffs à s’en déboiter la tête. Malheureusement, la leçon se termine au bout de 22 minutes, laissant le thrasheur sur un goût d’inachevé, lui qui en demandait pourtant encore et encore !

Version turbo de Kreator, teigneux et violent à souhait, le thrash death de Quest for Sanity surprend par la technique de ses compositions, sa rapidité d’éxécution, et la dextérité de ses interprètes. Uniquement disponible en format vinyl, le mini album finit alors injustement aux oubliettes, n’ayant pourtant rien à envier au redoutable Serpent Temptation d’Incubus, ou encore aux Swallowed In Black et Tortured Existence de Sadus et de Demolition Hammer, sortis quant à eux en fin d’année suivante.

Fabien.

> - Les chroniques -, Hexx — admin @ 3:30 pm

January 19, 1988