Altars of Fab’ Death

Acid Reign : Obnoxious

Obnoxious

Acid Reign, muni au compteur de deux productions antérieures Moshkinstein et The Fear, avait donné à la scène anglaise encore trop récemment secouée par la vague punk à l’époque, un de ses meilleurs protagonistes Thrash dans une scène qui tardait à décoller par rapport aux USA ou encore à l’Allemagne. On pourra bien entendu citer les excellents Onslaught ou les plus anecdotiques Virus ou encore les virulents Lawnmower Deth mais comparé aux déferlantes Bay Area, NYTM ou aux attaques germaniques, le Royaume Uni, comme une bonne partie du reste de l’Europe, faisait figure sinon de Petit Poucet de cette scène tout au moins d’outsider lointain.
 
Je ne m’étendrai que partiellement sur le reste de la discographie d’Acid Reign, car je ne peux que m’incliner devant le travail fourni par Fabien et vous y renvoyer pour référence.
 
Obnoxious, dernier album en date avant le split, reste à ce jour le meilleur disque sorti par les Anglais. Alors que les deux précédents opus évoluaient dans une sphère impersonnelle réadaptant avec plus ou moins de réussite les fondements d’un Thrash Metal sauce new-yorkaise avec quelques pointes de crossover ici et là, Obnoxious revêt des couleurs bien plus personnelles et permet à Acid Reign de trouver enfin mais éphémèrement son style. Un style volontairement introspectif et qui abandonne le côté un peu festif à la Anthrax précédemment développé pour aborder des thèmes aussi variés que les thèmes de société sur Codes Of Conformity ou bien même des problèmes personnels comme sur Thoughtful Sleep.
 
La musique suit le même parallèle que les textes et gagne en sérieux. Ce qui, d’un premier abord, a pu rebuter une grande partie des Thrashers de l’époque plus habitués à une musique qui les attirait pour le côté fun et/ou dévastateur. Plus facile de faire la fête ou d’headbanguer entre potes sur  Among The Living ou Endless Pain que sur Obnoxious qui demande pour l’apprécier plusieurs écoutes et un minimum d’attention. Cet aspect musical n’est d’ailleurs pas sans rappeler les « pre-requisites » propres au Doom et cela n’étonnera donc personne que le split d’Acid Reign ait finalement donné naissance à un des groupes (au groupe ?) qui incarne le mieux ce fameux Doom  : Cathedral. Pas moins de trois ex-membres d’Acid Reign, la paire de guitaristes et le batteur, rejoindront Dorrian et Griffiths pour fonder Cathedral et accoucher d’un Forest Of Equilibrium où l’on peut percevoir ce son de guitare déjà présent sur Obnoxious.
 
Néanmoins qu’on ne s’y trompe pas. Obnoxious, bien que moins facile d’accès, reste une galette de Thrash Metal et la virtuosité des musiciens, les plans audacieux, les multiples revirements, breaks, et autres accélérations le confirment pour ceux qui en auraient douté. Autre cerise sur le gâteau, le timbre particulier de ‘H’ qui colle tellement bien à cette musique. Sa voix évite les récifs et les écueils de l’époque, nommément ces chanteurs dont la voix stridente et aigue peut porter sur les nerfs ou justement ces chanteurs qui ne savent pas chanter et qui éructent sans aucune maitrise de leur organe. ‘H” lui propose une voix faite pour le Thrash Metal, soyeuse par moments, plus hargneuse par d’autres et qui rappellera d’ailleurs par moments les qualités d’un Osegueda (Death Angel) ou d’un Coons (Laaz Rockit).
 
La pochette rose fluo, pas très ‘Metal’ pour le coup, a du déplaire à l’époque aux plus ‘True’ des Thrashers et nul doute qu’elle ne contribua pas à élargir le public d’Acid Reign. Faute de marketing (c’est bien connu le rose c’est pour les filles ou les gays) ou volonté assumée de vouloir se démarquer ? Quoi qu’il en soit, elle sonna le glas pour le groupe et malgré tous ses atouts, Obnoxious restera comme l’ultime témoignage du groupe.
 
L’histoire ne dit pas si la pochette fut la dernière pierre ajoutée à l’édifice de leur démantèlement, si ‘H’ (qui ne réapparut jamais sur la scène) quittait la barque pour raisons personnelles, si Gaz, Lehan ou Wharton avaient déjà entériné leur départ pour créer Cathedral, si.. Vous connaissez l’expression : avec des si… Aujourd’hui, il semble que les vrais amateurs de Thrash aient (re)découvert les vertus de ce formidable disque si l’on considère les sommes indécentes qu’il peut atteindre sur un site d’enchères bien connu. Bien que cet argument ne soit pas un gage de qualité, je ne peux que vous inviter à tenter de découvrir cet ultime album des Anglais qui mérite mieux que ce qu’il récolta il y a 20 ans de cela. Assurément dans mon top 15 des meilleurs albums Thrash Metal, j’espère que cette chronique réparera donc une injustice imméritée.

GandhiEgo (www.spirit-of-metal.com).

L’entrainant Creative Restraint, le rapide Your Enemy, le mélancolique Throughtful Sleep, l’ambitieux Phantasm et ses arrangements classiques, l’intro de basse de My Open Mind, le délire jazz final de Code of Conformity, sont autant d’éléments qui font d’Obnoxious un bon album de thrash, mais aussi une oeuvre d’avant-garde, brillamment enregistrée par Stilly Harris. Les années écoulées m’ont permis de me réconcilier avec Obnoxious, sur lequel j’avais à l’époque de fâcheux à priori de jeune thrasher. Je reste toutefois un adepte de la période The Fear qui, bien que moins professionnelle, représentera toujours la bonhomie d’Acid Reign à mes yeux. Nostalgie, quand tu nous tiens… Fabien.

> - Les guests -, Acid Reign — fabien @ 12:01 pm

January 26, 1990

Agressor : Neverending Destiny

Agressor (FRA) : Neverending DestinyFormé en 1986, Agressor figure parmi les pionniers de la scène death / thrash hexagonale. Après plusieurs démos et le split CD culte avec ses confrères de Loudblast, le redoutable Licensed To Thrash, le trio d’Antibes signe avec l’écurie Noise/Black Mark, se concrétisant par l’enregistrement de Neverending Destiny à Stockholm en février/mars 1990, sortant en cette même année, à l’instar des incontournables Sensorial Treatment & Final Holocaust (Loudblast & Massacra) commercialisés quelques mois auparavant.

Neverending Destiny est entièrement composé par le mastermind et visionnaire Alex Colin-Tocquaine, guitariste gaucher faut-il préciser, dans un esprit death thrash indéniable. La pochette est quant à elle signée par Philippe Druillet, un grand nom de la bande dessinée francophone.

Neverending développe un death impressionnant en terme de rapidité et de technique, balançant des riffs exécutés avec une dextérité renversante par le grand Alex C-T. Les titres s’enchainent dès lors dans un tourbillon de précision et de puissance, à l’image du très entrainant Unknown Spell ou du terrible Dark Power, le seul titre véritablement mid tempo de l’album, assénant une puissance de feu particulièrement déconcertante.

Bénéficiant de surcroît d’une production claire et épaisse aux studios Montezuma à Stockholm, Neverending possède une intensité réellement impressionnante. L’album force d’autant le respect, lorsque l’on se souvient de la relative jeunesse de la scène death hexagonale de l’époque.

On peut vraiment regretter que, hormis sur le territoire français, Neverending n’ait connu qu’un succès relatif, d’autant plus que la signature avec le label Noise ne laissait présager que le meilleur. Mais, dans le début des années 90, la scène death metal lorgnait certainement mieux dans du côté evil ou gore, à la Morbid Angel ou Obituary, que du côté death thrash metal d’Agressor.

Assurément l’album le plus percutant de la formation d’Antibes, à ce jour.

Fabien.

> - Les chroniques -, Agressor — admin @ 6:15 am

Annihilator : Never Neverland

Never NeverlandSuite au très remarqué Alice In Hell, Annihilator se dirige aux Vancouver Studios en février 1990 sous la houlette de Glen Robinson, pour l’enregistrement de Never Neverland, son second album. Attendu comme le messie par de nombreux métalleux, le disque sort ainsi en septembre de la même année, de nouveau pour le compte de Roadrunner, représentant la sortie majeure du label en cette automne 90, aux côté du Cause Of Death d’Obituary, …Dans un tout autre registre.

Annihilator adoucit notablement son speed thrash sur ce nouvel album, développant désormais un côté heavy métal affirmé, faisant également la part belle aux guitares classiques, tout en conservant son assise rythmique speed métal caractéristique. Le groupe se dote alors d’un vrai chanteur heavy, en la personne de Coburn Pharr, à la voix délicieusement mélodique, mais attaquant brillamment sur les passages plus nerveux.

Depuis le délicat titre d’ouverture The Fun Palace, jusqu’au fabuleux Stonewall et ses acoustiques renversants, en passant par l’entraînant Kraf Dinner et ses soli endiablés, Never Neverland est divinement riche et varié, démontrant tout le talent de composition et d’interprétation de son guitariste Jeff Waters. L’apogée est alors atteinte sur l’envoutant éponyme Never Neverland, dégageant une couleur et une douceur formidables, rappelant l’aura des précieux Revelations et Still Life d’Iron Maiden.

Résolument moins thrash et agressif qu’Alice In Hell, le speed de Never Neverland déborde d’influences heavy, permettant à Jeff Waters d’imposer un jeu de guitare d’une virtuosité et d’un caractère incroyables. Ce bijou représente l’âge d’or de la formation canadienne, s’inscrivant sans conteste parmi ses plus belles réussites, et tenant une place toute particulière dans le coeur des Metalheads, fans de Maiden, Metallica ou Megadeth.

Fabien.

> - Les chroniques -, Annihilator — admin @ 6:00 am

Atrocity : Hallucinations

Atrocity (ALL) : TodessehnsuchtFormé en 1985 autour des jeunes Alex Krull et Matthias Röderer, Atrocity figure parmi les pionniers de la scène death germanique, aux côtés de Morgoth et Protector. Suite à son EP Blue Blood, sorti en octobre 1989 sous la bannière Nuclear Blast, Atrocity poursuit sa lancée avec l’écurie de Markus Staiger, fermement déterminée à se lancer dans l’aventure du death. Le boss du label envoie dès lors son poulain aux Morrisound Studios de Tampa en juin 1990 pour les sessions d’Hallucinations, commercialisé en octobre de cette même année, avec une illustration du célèbre H.R. Giger, et le fameux Blue Blood sur la version CD.

Hallucinations, un peu à la manière d’un Piece Of Time, aborde des textes loin des clichés gores ou sataniques, et balance un death particulièrement alambiqué, lui valant immédiatement l’appellation de death metal technique. Sur le jeu complexe de Michael Schwarz, Atrocity multiplie en effet les lignes de basses et riffs de guitares entremêlés, agrémentant ses morceaux de nombreux breaks renversants, à l’image des remarquables Defeated Intellect et Hold Out. Par ailleurs, le groupe injecte plusieurs rythmes pogotants, comme sur l’entraînant Fatal Step, donnant un côté énergique à l’ensemble, renforcé par la voix rocailleuse d’Alex Krull.

Malheureusement, malgré le voyage en Floride aux côtés des expérimentés Scott Burns et Tom Morris, Atrocity n’obtient pas un enregistrement d’une qualité formidable. La batterie dotée d’un son de caisse claire assez creux, manque ainsi d’épaisseur, et les guitares bien qu’agressives, manquent également de puissance.

Malgré un son et un mixage en demi-teinte, Hallucinations propose néanmoins des titres de bonne facture, et reçoit dès lors un accueil favorable dans le monde du métal, permettant au quinquet allemand de se faire rapidement un nom. Atrocity, sans se hisser à la hauteur des ténors de l’époque, possède en effet une technique et une originalité étonnantes.

Fabien.

> - Les chroniques -, Atrocity — admin @ 5:45 am

Asphyx : Embrace the Death

Asphyx : Embrace the DeathFormé en 1987 autour du batteur Bog Bagchus et du guitariste Tonny Brookhuis, Asphyx figure parmi les pionniers du deathmetal néerlandais, aux côtés de ses confrères Pestilence ou Thanatos. Le groupe stabilise son line-up en 1989 avec l’arrivée d’Eric Daniels à la guitare et Theo Loomans à la basse & au chant, tous deux intégrés peu avant le départ de Tonny. A partir de cette date, le groupe fonctionne alors en trio pour de longues années à venir.

Suite à la sortie de son EP Mutilating Process en 1989, pour le compte de Gore Records (Macabre, Incubus (FL)), le trio attire l’attention du label CMFT Productions, qui vient parallèlement de signer le groupe darkdeath Tiamat. Tandis que son homonyme suédois met en boite son premier album Sumerian Cry, Asphyx s’embarque également en studios en 1990 pour les sessions d’Embrace the Death, avec le soutien de sa nouvelle écurie britannique.

Mais, planté par CMFT en plein milieu de l’enregistrement, Asphyx est contraint d’annuler la fin des sessions, alors que la capture des instruments et des voix était pourtant terminée. La mort dans l’âme, le groupe repart avec une unique master-tape non mixée, sans contrat discographique à la clé. Ainsi devait s’arrêter l’histoire d’Embrace the Death, premier véritable album d’Asphyx. La signature du trio chez Century Media et le succès notoire de ses réalisations suivantes permettent pourtant la résurrection de l’album, enfin édité par le label allemand en 1996, six années après son enregistrement, dans sa version brute de décoffrage.

Toutefois, Asphyx a entre temps réenregistré la majorité des morceaux sur ses albums suivants, à raison de cinq sur The Rack, un sur le EP Crush the Cenotaph, un sur Last One on Earth, rebaptisant majoritairement les titres et revisitant les paroles. Embrace the Death ne contient ainsi que trois purs inédits, les bons Thoughts of an Atheist, Vault of the Vailing Souls et Eternity’s Dephts, sans compter son instrumental inquiétant aux claviers, ouvrant et clôturant l’oeuvre.

S’arrêter en revanche sur cette simple considération prive de l’écoute d’un album fondateur du death hollandais. Embrace the Death lâche en effet un deathmetal sans artifice, particulièrement rugueux et incisif. L’identité d’Asphyx transpire déjà de façon formidable, grâce au jeu de guitare si tranchant d’Eric Daniels, mais aussi à ce mélange imparable entre une puissance deathmetal sans concession et de nombreux passages doom, qui assombrissent terriblement l’atmosphère.

Le guttural à la fois hargneux et caverneux de Theo Loomans, certes en deçà du timbre de son redoutable successeur Martin Van Drunen, offre parallèlement un angle différent aux compositions de Bob Bagchus, renforçant leur rugosité, à l’image de la brutalité sombre de morceaux tels The Sickened Dwell ou To Succubus A Whore. En outre, l’absence de mixage ne traduit pas un son confus, mais au contraire un côté brut qui sied idéalement à l’authenticité et à la noirceur d’Embrace the Death.

Peut-être sans intérêt notable pour le commun des deathsters, dû à ses nombreux titres réenregistrés ou à sa sortie plus que tardive, Embrace the Death reste un témoignage sincère et sans artifice des premières années du deathmetal européen, s’imposant notamment pour tous les fans d’Asphyx, happés par les atmosphères sombres et les relents death doom de ses premières réalisations. Son côté perfectible dans son approche et son enregistrement lui donnent justement toute sa valeur.

Fabien.

> - Les chroniques -, Asphyx — admin @ 1:58 am

Benediction : Subconscious Terror

Subconscious TerrorFormé en 1988 à Birmingham autour des guitaristes Darren Brookes et Peter Rew, Benediction appartient à la génération 100% death anglaise aux côtés de Cancer, en parallèle de formations comme Napalm Death ou Bolt Thrower évoluant à leurs débuts dans des sphères grind beaucoup plus marquées. Bien décidé à franchir un cap supérieur après le succès de l’excellent Purity Dilution de Defecation, Markus du jeune label Nuclear Blast signe dès lors le groupe, débouchant sur la sortie de Subconscious Terror en mai 1990.

Subconscious Terror balance un death à dominante mid tempo, loin des blast beats à la Napalm Death, mais terriblement chargé en double grosse caisse, et assénant des riffs particulièrement lourds & brutaux, à l’image des très bons Portal To Your Phobias ou Spit Forth The Dead. La force de l’album réside également dans le guttural très profond et très gras du jeune Mark Greenway (Barney pour les intimes), qui apporte une violence accrue à l’ensemble des compositions.

Sans catapulter des brûlots incandescents, Subconscious Terror possède néanmoins des titres à l’intensité remarquable, dégageant de surcroît un côté sombre particulièrement réussi. Malheureusement, la production de Pete Gault aux Soundcheck Studios étouffe notoirement les morceaux, ne dotant pas les guitares de la puissance et de l’agressivité exigées.

Malgré son enregistrement et sa pochette en demi teinte, Subconscious Terror bénéficie toutefois d’un très bon soutient de son label, permettant au groupe de rencontrer un succès notoire. Profitant certes de la publicité entraînée par la recrue de Barney au sein de Napalm Death, Benediction délivre en effet un death métal brutal et sombre correspondant parfaitement à son époque, dominée par la violence inédite des Leprosy, Slowly We Rot ou Consuming Impulse, qui subjuguent en ces temps des hordes entières de métalleux.

Fabien.

> - Les chroniques -, Benediction — admin @ 2:15 am

January 25, 1990

Cadaver : Hallucinating Anxiety

Hallucinating AnxietyA la fin des eighties, Bill Steer & Jeff Walker de Carcass fondent le petit label Necrosis, distribué par Earache, destiné à promouvoir quelques groupes qui leur tiennent particulièrement à coeur. Les quatre seules formations signées sur ce label sont Electro Hippies (l’ancien groupe de Jeff Walker), Repulsion (pour la première édition LP/CD d’Horrified), Carnage (le groupe de leur pote Michael Amott) et Cadaver, le jeune groupe d’Anders Odden, impliqué par la suite dans de nombreuses formations norvégiennes.

Hallucinating Anxiety sort fin 90 en LP, et sous forme de split CD avec Carnage (la pochette de Cadaver se trouvant à l’intérieur). Ce disque présente la particularité d’être le premier album deathmetal issu de Norvège, bénéficiant d’une distribution internationale, ou du moins européenne.

La pochette immonde (une serviette remplie de mets dégoutants), ne rivalisant pas avec les superbes illustrations de Dan Seagrave de l’époque, ne donne déjà pas une bonne impression. Ce fâcheux sentiment se confirme dès l’écoute de l’intro au tuba, particulièrement disharmonique et insoutenable, suivie d’une déflagration death metallique à la production brouillon, qui étouffe relativement les morceaux d’Hallucinating Anxiety.

Bien que la poursuite de l’écoute devienne difficile dans ces conditions, le deathster averit découvre finalement des compositions plutôt techniques et bien ficelées. Sans posséder encore un style affirmé, Cadaver possède en effet déjà un potentiel certain, ayant la capacité d’écrire des titres variés et structurés, à l’image du bon Ignominious Eczema.

Disque pionnier du deathmetal norvégien, Hallucinating Anxiety ne constitue certes pas l’album indispensable de la bande d’Anders Odden (qui se métamorphosera dès l’année suivante) mais, malgré sa production étouffante, cache pourtant un deathmetal de bonne qualité, à défaut d’une pleine personnalité.

Fabien.

> - Les chroniques -, Cadaver — admin @ 9:00 am

January 24, 1990

Cancer : To The Gory End

To The Gory EndFormé en 1987, Cancer figure parmi les pionniers issus de l’école pur death britannique. Le groupe sort son premier méfait, le terrible To The Gory End, en mai 1990, en même temps que Subconscious Terror de Benediction. L’album ne sort par contre qu’en 33t chez Vinyl Solution, comme les premiers Bolt Thrower & Cerebral Fix, le label privilégiant le format LP à cette période. Il faut donc attendre 1992 avant de trouver la version en CD.

A l’arrivée de To The Gory End dans les bacs au printemps 1990, à la vue de la pochette gore, un dessin du batteur Carl Stokes lui-même, repris du célèbre film d’horreur Zombie de Romero, le jeune death métalleux en herbe de l’époque, certain d’avoir mis la main sur une nouvelle réalisation death gore, à l’image de ses album cultes Slowly We Rot, Severed Survival, Consuming Impulse & Leprosy (Obituary, Autopsy, Pestilence, Death), qui n’étaient pas encore légion dans sa discothèque.

Cancer balance effectivement un death gore aux riffs simples, usant de structures traditionnelles couplets refrains break. Mais attention, tout est diablement efficace, avec des refrains massacrants, à l’image des classiques Into The Acid ou Imminent Catastrophy, agrémentés quelques fois de passages acoustiques ou d’un clavier sombre, renforçant le côté gore de l’album.

Les vocaux de John Walker ne sont certes pas aussi impressionnants que ceux de John Tardy, qui pousse d’ailleurs quelques backing sur Die Die, mais l’ambiance restituée reste bien la même que le standard Slowly We Rot. Enfin, l’enregistrement de Scott Burns, bon mais assez léger, rappelle d’ailleurs beaucoup l’album d’Obituary.

Bien que Cancer ne jouisse pas d’un grand succès à la sortie de son premier album, faute aux moyens limités de son label, To The Gory End reste un pur classique du death metal du début des années 90. Aujourd’hui, datant certes un peu au niveau du son, le disque s’écoute néanmoins avec un plaisir non dissimulé, comblant dès lors tous les amateurs de death old school perctutant et bien balancé.

Fabien.

> - Les chroniques -, Cancer — admin @ 2:00 am

Cannibal Corpse : Eaten Back To Life

Eaten Back To LifeA la fin de l’été 1990, Metal Blade, label réputé en matière de thrash, décide à son tour de s’embarquer dans l’aventure death métal, en présentant son jeune protégé, le finement nommé Cannibal Corpse. Formé en 1988 à Buffalo au nord de l’état de New York, la bande d’Alex Webster vient fraîchement de débarquer en Floride, berceau de la scène death US. La formation rejoint alors les fameux Morrisound Studios pour les sessions de son premier album, le répugnant Eaten Back To Life. D’entrée, l’album provoque avec son illustration gore signée Vince Locke et ses paroles outrancières, émanant de l’imagination torturée de Chris Barnes. Le ton est donné, préparant déjà le métalleux à l’écoute d’une boucherie sonore disséquée en onze morceaux.

Eaten Back To Life balance des compositions déjà très structurées, exécutées sur les rythmiques de Paul Mazurkiewicz souvent tapageuses, mais remplies d’accélérations, de breaks et de contre temps étonnants, à l’image des redoutables Edible Autopsy et Mangled. Tandis que certains titres font rapidement figure de classique, à commencer par le court et entraînant Skull Of Maggots, repris à pratiquement tous les concerts, d’autres incroyablement rapides et techniques, forcent déjà l’admiration, tel Buried In The Graveyard, aux riffs de Jack Owen & Bob Rusay particulièrement dévastateurs en son début.

Eaten Back To Life ne frise toutefois pas la perfection, ne possédant encore ni une précision rythmique chirurgicale, ni une maîtrise vocale imparable. La production de Scott Burns manque parallèlement d’une certaine épaisseur, privant l’ensemble de la pleine puissance exigée.

Aidé par le soutien inconditionnel de son label, mais aussi par son concept et son langage résolument infâmes, Cannibal Corpse fait ainsi une entrée remarquée au sein la scène extrême, lui permettant de s’installer confortablement aux côtés des ténors du death floridien, mais manquant toutefois encore d’une pleine identité et donc d’une parfaite crédibilité. Sans se hisser parmi les standards death métal de l’année 1990, tels Deicide, The Key ou Left Hand Path, Eaten Back To Life lâche néanmoins des titres percutants et remarquablement ficelés, constituant une excellente mise en appétit, et démontrant déjà le formidable potentiel du gang Webster.

Fabien.

> - Les chroniques -, Cannibal Corpse — admin @ 1:30 am

Carnage : Dark Recollections

Carnage (SW) : Dark RecollectionsParmi les pionniers du death metal suédois, Carnage se forme en 1989 autour de Michael Amott (futur Carcass), qui débauche au passage les trois compères de Dismember, Fred Etsby, Matti Karki et David Blomqvist. Bien que le groupe évolue dans un registre grind à ses débuts, il évolue rapidement vers une orientation de pur death metal. Dès février 1990, fin prêt, Carnage rejoint alors Tomas Skogsberg aux Sunlight Studios, pour les sessions de son premier album, succédant ainsi à Entombed, qui termine tout juste l’enregistrement de Left Hand Path. Dark Recollections sort finalement en fin d’année 1990 chez Necrosis, sur le petit label de Bill Steer et de Jeff Walker (Carcass), distribué par l’écurie Earache.

D’entrée, Dark Recollections part ainsi avec un handicap, succédant au terrible Left Hand Path, bénéficiant du même ingénieur du son et du même illustrateur, et sortant également en split CD avec Cadaver, sous une couverture d’un label considéré comme une division d’Earache. Mais, malgré ces comparaisons inévitables, l’album est fort bien accueilli, sans connaître toutefois le statut culte de l’album de ses voisins d’Entombed.

Musicalement, chaque morceau est parfaitement en place, formant un ensemble d’une teinte incroyablement profonde, sombre, et glaciale. Cette atmosphère est largement renforcée par le son de guitares suédois très typique, mais aussi par le guttural de Matti Karki, d’un grave exceptionnel. Très cohérent et exécuté de main de maître, Dark Recollections séduit ainsi grâce à ses riffs tranchants et ses breaks percutants, apportant un plaisir d’écoute infini, à l’image des excellents Torn Apart & Infestation of Evil.

Malheureusement, peu de temps après la sortie de Dark Recollections, Michael Amott quitte la formation pour s’embarquer en Angleterre rejoindre ses potes de Carcass, lui proposant un poste de second guitariste, qu’il ne peut refuser. De leur côté, Etsby, Karki & Blomqvist reprennent alors les activités de Dismember, s’inscrivant dans la parfaite continuité de l’inoubliable Carnage.

Bien que Dark Recollections reste dans l’ombre de Left Hand Path, il s’inscrit pourtant parmi les albums cultes du death metal suédois, ayant largement contribué à la reconnaissance du style, s’imposant sans conteste dans chaque discothèque death des early 90’s.

Fabien.

> - Les chroniques -, Carnage — admin @ 1:15 am