Altars of Fab’ Death

Acheron : Rites Of The Black Mass

Acheron (USA) : Rites Of The Black MassFormé en 1988 en Floride autour de Vincent Crowley, rapidement rejoint par Peter Slate, Acheron est comparable à Deicide et Vital Remains durant ses premières années, tant au niveau musical que conceptuel. Adepte de l’église de Satan d’Anton LaVey, le leader éructe des paroles tournant chacune autour du satanisme, de ses codes, ses rites et ses pratiques.

Rites Of The Black Mass, premier album d’Acheron, débarque en 1992 chez le petit label Turbo Records, à qui l’on doit notamment la sortie de The Oath Of Black Blood de Beherit sorti peu de temps auparavant. A l’image de To Thee We Confess & Prayer Of Hell, ses compositions se rapprochent singulièrement des structures du premier album de Deicide, même si ses vocaux restent moins effrayants, ses rythmes plus simples, et ses guitares souvent poussives & sans grande technique. En outre, produit par Scott Burns aux Morrisound, l’album possède un son made in Tampa déjà très stéréotypé à cette époque.

L’ambiance satanique de Rites Of The Black Mass est par contre fortement palpable, notamment lors des interludes sombres aux claviers reliant chaque morceaux, prononcés par Pete Gilmore en personne, prêtre & leader de l’église de Satan, qui répand ses discours & incantations semblant surgir tout droit de la bouche du Malin.

Album parfait pour les amateurs des premiers efforts de Deicide & Vital Remains, et de death metal satanique à la sauce Tampa d’une manière générale, Rites Of The Black Mass propose des titres aux structures simplistes et middle tempo, mais d’une qualité suffisante pour une écoute sans histoire. Ses atmosphères lucifériennes restent en outre fort bien retranscrites, notamment lors des interludes incantatoires, qui peuvent toutefois être écartées sans problème par le métalleux désirant une écoute du CD purement musicale.

Fabien.

> - Les chroniques -, Acheron — admin @ 1:30 pm

January 26, 1992

Amorphis : The Karelian Isthmus

The Karelian Isthmus

Formé en 1990 en Finlande, Amorphis est l’un des tous premiers groupes ayant mixé le deathmetal avec des éléments mélodiques & atmosphériques, à la manière de l’album Lost Paradise sorti en 1989. Le groupe se fait alors vite remarquer et signer par l’écurie nord américaine Relapse, distribuée à l’époque par le label Nuclear Blast sur le territoire européen.

Enregistré dans les Sunlight Studios suédois de Tomas Skogsberg, son premier album The Karelian Isthmus paraît entre 1992 & 1993, provoquant l’un enthousiasme immédiat de la communauté métallique, de par sa grandeur et son originalité, à l’époque où le sens mélodique n’était encore guère associé au deathmetal. En effet si Amorphis oeuvre indéniablement dans les sphères death, à l’image du timbre très guttural Tomi Koivusaari et de la lourdeur écrasante des rythmiques, il fait en revanche la différence grâce à un style posé et middle tempo, aux multiples parties lead aériennes d’Esa Holopainen, qui apportent ce côté mélodique et doucement progressif. L’album évolue ainsi loin des rythmes tapageurs et des riffs assassins caractérisant le deathmetal des premières années.

Possédant suffisamment de personnalité pour éviter un enregistrement bateau aux studios Sunlight, Amorphis apporte de surcroît ce son typiquement finlandais, rempli de feeling et apportant une touche unique à l’ensemble, à l’image de Exile Of The Sons Of Uisliu, l’un de ses meilleurs morceaux. Le groupe évite parallèlement les clichés gores inhérents au deathmetal, exploitant des thèmes forts autour des traditions & légendes nordiques.

Soigné et de grande qualité, The Karelian Isthmus permet ainsi au quatuor finlandais d’acquérir rapidement une forte notoriété. Très tôt, à l’instar de ses homonymes Edge of Sanity, Sentenced, Dark Tranquillty ou Paradise Lost, Amorphis a su apporter une dimension mélodique au deathmetal, permettant au genre de poursuivre sa formidable extension grâce à un intérêt renouvelé.

Fabien.

> - Les chroniques -, Amorphis — admin @ 1:00 pm

Asphyx : Last One on Earth

Last One on Earth

Lâchant un deathmetal d’une identité fortement marquée, grâce à ses guitares d’un son corrosif si particulier, supporté par le chant arraché et unique du charismatique Martin Van Drunen, Asphyx s’est imposé directement parmi les outsiders de choix du deathmetal européen, à la sortie de son premier album The Rack. Fort d’un line up inchangé, la bande emmenée par Bob Bagchus & Eric Daniels réinvestit les Harrow Studios sous la houlette d’Harry Wijering, revenant dès le mois d’octobre 1992 avec Last One on Earth, sa seconde offrande sous l’égide de Century Media, label montant sur la scène deathmetal depuis la signature de Tiamat, Grave & Unleashed.

Si Last One on Earth pioche encore dans le repertoire des anciennes démos (Streams of the Ancient Wisdom), il propose toutefois des titres moins bruts et plus aérés que son remarquable prédécesseur. Le nouvel album possède en effet un côté très accrocheur, à l’image des excellents MS Bismarck et Serenade in Lead, aux structures solides servant de base à des riffs tranchants et particulièrement entrainants. En outre, Asphyx singularise judicieusement chacun de ses morceaux, comme le break écrasant d’Incarnation of Lust, le superbe solo de Streams of the Ancient Wisdom, les nappes subtiles de claviers de l’imparable titre éponyme, ou encore l’intro poignante de Forgotten War.

Délaissant quelque peu le côté brut et les ambiances sombres de The Rack, Asphyx apporte ainsi brillamment une coloration forte à ses morceaux, grâce à cet équilibre parfait entre agressivité et harmonie. Bénéficiant parallèlement d’une illustration d’Axel Hermann aussi réussie que provocante, et fort d’une production d’Harry Wijering claire et incisive, Last One on Earth lâche au final un deathmetal à la fois percutant et somptueux, où les growls de Martin van Drunen force une fois de plus le respect devant leur rage et leur authenticité.

Après un premier album racé, au climat particulièrement sombre & prenant, Asphyx confirme donc son statut de groupe désormais incontournable de la scène extrême de son époque, avec ce Last One on Earth intense, inspiré et abouti. Classique du deathmetal, le nouvel effort du trio batave représente certainement la réalisation la plus marquante de sa carrière, et clôt le dyptique culte autour du growler Martin Van Drunen de la plus belle manière.

Fabien.

> - Les chroniques -, Asphyx — admin @ 12:30 pm

Atrocity : Todessehnsucht

Séduite par le potentiel créatif d’Atrocity et par le succès d’Hallucinations, avec son death métal technique et alambiqué, l’écurie Roadrunner propose un contrat d’un album au jeune groupe allemand, débouchant sur la sortie de Todessehnsucht en septembre 1992. Jugeant par contre le terme germain un brin compliqué pour les états-uniens, le label commercialise le disque sous le nom Longing For Death outre atlantique.

Todessehnsucht s’illustre par sa technique imparable, avec ses fameux riffs développés qu’une seule fois, mais s’écarte parallèlement des sentiers du death métal traditionnel. Atrocity élargit effectivement son horizon, ajoutant plusieurs accents grandioses empreints au classicisme, à l’image de l’introduction éponyme Todessehnsucht et de ses violons imposants. Alex Krull modifie également son timbre de voix, toujours puissant, mais beaucoup moins rauque qu’auparavant.

Todessehnsucht bénéficie de surcroît d’une bonne production aux Mainstreet Studios, assurée par le groupe lui-même, dotant l’ensemble d’un son clair et ample, qui le sert idéalement. Toutefois, même si chacun des titres étonne par sa maturité et son épaisseur, à l’image des remarquables Defiance et Necropolis, Atrocity en fait parfois trop, avec une approche trop complexe par moment, délivrant dès lors un album un brin poussif et manquant de percutant.

Mieux produit et encore plus ambitieux que son prédécesseur, Todessehnsucht impressionne par sa force et son équilibre, se clôturant de plus par le mémorable Archangel (sur la version CD), reprise judicieuse du groupe Death. Toutefois, ses compositions certes techniques ne sont pas forcément accrocheuses, et limitent dès lors le succès d’Atrocity, qui se trouve rapidement évincé de son label, plus connu pour son opportunisme que pour sa passion métallique.

Fabien.

> - Les chroniques -, Atrocity — fabien @ 11:45 am

At The Gates : The Red In The Sky Is Ours

The Red In The Sky Is OursMalgré le mini-LP Incantation définitivement culte, Grotesque se sépare suite à des tensions internes entre ses jeunes interprètes. Restant dans la région de Göteborg, Kristian Wahlin fonde de son côté l’entité Liers In Wait, tandis que Tomas Lindberg et Alf Svensson rejoignent les frères Björler pour former Infestation, qui change rapidement son patronyme en At The Gates. Dès l’année suivante, le groupe enregistre sous son nouveau patronyme sa première démo, Gardens Of Grief, que Dolored Records s’empresse d’éditer sous forme de mini-LP.

Fan de Severed Survival et Soulside Journey (Autopsy, Darkthrone) édités chez Peaceville Records, Anders Bjöler contacte Hammy, boss de l’écurie, le convainquant d’ajouter le groupe à son catalogue. At The Gates rejoint ainsi la division Deaf Records du label, déjà éditrice de l’album Of Darkness… de son homonyme Therion. Toutefois, sans quasiment attendre son contrat, le groupe se rue aux ART studios en 1992, pour les sessions de son premier album The Red In The Sky Is Ours, boudant inexplicablement les studios Sunlight, destination précédente pour la mise boite de son mini album.

Musicalement, si ce nouvel effort d’At The Gates suit globalement le fil directeur de Gardens Of Grief, il n’en demeure pas moins différent, poussant la complexité et les mélodies des morceaux de quelques crans supplémentaires. Sur le couple basse batterie solide de Jonas Björler et Adrian Erlandsson, la paire Anders Björler / Alf Svensson lâche des riffs alambiqués, où les plans torturés s’imbriquent les uns aux autres. Le tout donne ce deathmetal à la fois rageur et mélodique, au mélange brillant entre riffing agressif et harmonies riches, parfois mélancoliques, à l’image des somptueux Kingdom Gone, Windows ou Neverwhere.

En outre, le chant plus guttural de Tomas Lindberg sur le précédent mini album se mue cette fois-ci en des vocaux hargneux, quasiment arrachés, qui deviennent dès cet instant la marque de fabrique d’At The Gates. Lors des sessions, le groupe inclut parallèlement le violoniste Jesper Jarold en tant que musicien à part entière, bien que ses interventions restent parcimonieuses. Ses lignes de violon, positionnées généralement en interlude ou quelquefois en support des guitares, dégagent un parfum mélancolique supplémentaire, contrastant judicieusement avec l’agressivité des rythmiques et la voix teigneuse de Tomas.

Mais, l’handicap majeur de The Red In The Sky Is Ours réside dans l’imperfection de sa production, le studio ne possédant ni le matériel adéquat, ni un ingénieur ayant une connaissance des groupes de deathmetal. Ceci se traduit principalement par le manque de mordant des guitares et de lourdeur de l’ensemble, sans grande comparaison avec le son agressif de Gardens Of Grief.

Majoritairement composé par Anders Björler, The Red In The Sky Is Ours lâche un deathmetal technique et acéré, mais possède parallèlement une approche mélodique d’une grande finesse, loin des riffs basiques & brutaux, lui conférant tout son caractère et son intérêt. Le potentiel créatif d’Anders et la cohésion avec ses collègues impressionnent, considérant de surcroît la pratique guitaristique du leader se résumant à deux petites années à cette époque. A l’origine du son mélodique typique de Göteborg, At The Gates devient alors rapidement le groupe le plus influent de la région. Son premier album se hisse en cette année 1992 parmi les détonateurs du deathmetal mélodique suédois, aux côtés d’Unorthodox de son confrère Edge Of Sanity.

Fabien.

> - Les chroniques -, At The Gates — admin @ 9:30 am

Autopsy : Acts of the Unspeakable

Acts of the UnspeakableComme le laissait entendre le EP Fiend for Blood, Acts of the Unspeakable montre Autopsy déterminé à devenir plus crade d’album en album, à l’inverse de la grande majorité des groupes, qui s’assagissent avec le temps. Tout d’abord, le groupe choisit une pochette dépliante particulièrement abjecte et censurée dans de nombreuses versions, avec un dessin dévoilant des scènes diverses de démembrements, tortures et sodomies diverses ! Les paroles sont également du domaine du n’importe quoi, dans un trip déviances et pourrissements divers, à l’image des titres Necrocannibalistic Vomitorium ou Orgy In Excrements.

Côté musique, Le metal death/doom du groupe est toujours de mise, avec un album alternant parties rapides et sauvages, et passages lents et prenants ; certains titres comme Meat ou Your Rotting Face, sont remarquablement construits, et possèdent un côté très percutant, tandis que d’autres, comme Funereality, répandent une atmosphère vraiment lugubre. Pourtant, la multiplication des titres (18 au total), plus courts et plus dépouillés, donnent à l’arrivée un album qui s’écoute d’une traite, mais qui ne parvient pas toujours à surprendre l’auditeur, rendant l’opus moins intense que Severed Survival et Mental Funeral.

Côté production, on ne baigne pas dans une précision exemplaire, avec un son volontairement cradingue ; difficile par exemple d’entendre le jeu de basse de Josh Barohn, ex-Suffocation et nouvelle recrue des californiens. Par contre, cette prod’ renforce incontestablement le climat glauque et malsain développé tout au long de l’album.

Acts of the Unspeakable est un bon disque dans la carrière du groupe, même s’il n’obtient pas le statut culte des deux premiers. En tout cas, il propose un death metal authentique qui, à l’inverse de beaucoup d’autres, dégage une véritable odeur. Tandis que certains diront « mais c’est album est une infection ! », les autres rétorquerons « oui, mais c’est pour ça qu’on l’aime ! »

Fabien.

> - Les chroniques -, Autopsy — admin @ 8:15 am

Agressor : Towards Beyond

Agressor (FRA) : Towards BeyondAuteur de l’intemporel Neverending Destiny, d’une rapidité et d’une technique n’ayant que peu d’équivalent sur la scène deathmetal en 1990, le talentueux Alex Colin-Tocquaine retourne à Stockholm deux années plus tard, aux Montezuma Studios, pour les sessions du deuxième album d’Agressor. Le guitariste accompli compose un tout nouveau line up, recrutant notamment le batteur Stéphane Gueguan de la formation thrash défunte Death Power, ou encore le bassiste Joel Guigon, qui l’accompagnera tout au long de sa carrière. Bénéficiant d’un contrat renouvelé chez Black Mark Production (sans licence Noise cette foi-ci), Towards Beyond sort en milieu de cette année 1992, dans un laps de temps relativement proche du fabuleux Abject Offerings de son homonyme mulhousien Mercyless.

Conservant le ton deathrash de son prédécesseur, Towards Beyond matraque à coups de Primeval Transubstantation ou The Antideluvian, aux rythmes toujours aussi rapides et aux rafales de riffs tout aussi précises. Sur un couple rythmique parfaitement en place, au bassiste s’illustrant notamment sur le bon The Crypt, Alex C-T impressionne ainsi une fois encore par la vitesse & la dextérité de son jeu, et l’agressivité de ses soli, bénéficiant cette fois-ci du support d’un second guitariste en la personne de Patrick Gibelin.

Si les quelques voix synthétiques de The Fortress apportent un côté un brin futuriste, Towards Beyond reste foncièrement dans la veine de son impitoyable prédécesseur, souffrant d’ailleurs d’une comparaison douloureuse et inévitable, tant certains morceaux tels Prince of Fire ou Dark Power avaient marqué les esprits deux courtes années auparavant. Agressor change toutefois la donne sur le middle tempo Eldest Things, à la longue introduction aux accents médiévaux (qui deviendront d’ailleurs une marque de fabrique du groupe d’Antibes) s’enchainant sur un deathmetal aux rythmiques et soli d’une intensité peu commune et parfaitement entretenue.

Bénéficiant d’une production claire et puissante de Rex Gisslen, Towards Beyond impressionne ainsi par son niveau technique et la maturité de ses interprètes. Oeuvre remarquable dans la discographie d’Agressor, elle reste pourtant injustement mésestimée, confinée dans l’ombre de l’invincible Neverending Destiny. Enfin, la reprise folle de la Marche Turque de Mozart en version speedmetal, clôturant l’album sur une note un peu plus légère, devrait convaincre les réfractaires inconscients, qui douteraient encore des qualités guitaristiques indéniables d’Alex Colin-Tocquaine.

Fabien.

> - Les chroniques -, Agressor — admin @ 12:00 am

Baphomet : The Dead Shall Inherit

Formé en 1987 à Buffalo dans l’état de New York, Baphomet est un nom bien connu de l’underground death metal de l’époque, évoluant dans un registre brutal death US entre Incantation et Morpheus Descends. L’écurie Peaceville s’intéresse alors au groupe, lui offrant rapidement un contrat, qui débouche sur l’enregistrement de Inheritors Of The Dead en 1990. Mais flanqué d’une production ratée, l’album n’est finalement pas commercialisé par le label britannique. Avec une play list largement remaniée, Baphomet retourne alors en studios début 1991 pour de nouvelles sessions, se concrétisant par la sortie très tardive de Dead Shall Inherit, en mai de l’année suivante !

The Dead Shall Inherit présente une pochette, des paroles gores, et une musique typiquement dans la tradition Death US, avec des titres aussi évocateurs que Leave The Flesh ou Boiled In Blood. Ainsi, les morceaux alternent traditionnellement passages tapageurs et mid tempo, développant des riffs particulièrement brutaux et sombres, sur la voix caverneuse de Tom Frost, à l’image des très bons Torn Soul et Streaks Of Blood.

Mais, sorti malheureusement avec trop de retard, et ne présentant dès lors plus rien de nouveau et d’exceptionnel, sur une production de surcroît plutôt datée, Dead Shall Inherit ne parvient logiquement pas à s’imposer, face à une concurrence désormais aiguisée, et à un marché death metal au bord de la saturation à cette époque.

Bien que bénéficiant d’une notoriété conséquente, mais sans appui de la part de Peaceville, Baphomet passe dès lors relativement inaperçu. Peu de temps après, pour couronner le tout, le groupe malchanceux est contraint à changer son patronyme en Banished, à cause du groupe allemand s’appelant déjà Baphomet, contribuant à l’enfoncer un peu plus dans l’anonymat, et ayant fatalement raison de lui après un second album.

Malgré tout, Baphomet laisse derrière lui ce précieux Dead Shall Inherit qui, sans révolutionner le genre, propose un death metal d’une pureté et d’une authenticité indéniables, plaisant à coup sûr aux fans de death US old school bien sombre et bien trempé.

Fabien.

> - Les chroniques -, Baphomet — admin @ 3:45 am

January 25, 1992

Bolt Thrower : The IVth Crusade

The IVth CrusadeA la rentrée 1992, alors que le death métal bat son plein avec l’arrivée de nouveaux groupes tout azimut, Bolt Thrower sort déjà son quatrième album. Le groupe anglais débarque cette fois-ci avec une pochette très sobre, puisqu’au lieu des traditionnels Warhammer, il choisit une superbe peinture de Christian Delacroix. Bolt Thrower aurait-il adouci son style ? Eh bien oui ! A l’image de Spiritual Healing (Death) ou Testimony Of The Ancients (Pestilence), il affiche désormais un death metal beaucoup plus posé.

Tout d’abord, exit les passages tapageurs que le groupe juge maintenant superflus, les guitares rythmiques sont résolument middle tempo, supportant les harmonies de Gavin ou Barry, qui apportent beaucoup de magnificence à l’ensemble. Mais attention, Bolt Thrower ne joue pas un death mélodique pour autant, il conserve son identité et son style 38 tonnes caractéristique, en développant une assise d’une lourdeur toujours aussi impressionnante, renforcé par le guttural très pur de Karl Willets.

Toutes les compositions de The IVth Crusade sont soignées, possédant nombre de riffs mémorables, à l’image des superbes Ember ou Dying Creed. Les 53 minutes de l’album s’écoutent alors d’un trait, formant un ensemble d’une cohérence exemplaire. Enfin, le maître Colin Richardson signe une nouvelle fois une production d’une qualité irréprochable, apportant une chaleur et une clarté qui servent idéalement les compositions. Pour l’anecdote, l’enregistrement à lieu cette fois aux Sawmills Studios, les célèbres Slaughterhouse ayant brûlé quelques semaines auparavant.

Mariant brillamment sa lourdeur avec une atmosphère très fine, The IVth Crusade représente l’album de la sagesse de Bolt Thrower, se plaçant incontestablement parmi les meilleures sorties de l’année 1992. Depuis le grind dévastateur de Realm of chaos et l’écrasant War Master, jusqu’à ce somptueux Fourth Crusade, le quinquet britannique signe ainsi une trilogie incontournable.

Fabien.

> - Les chroniques -, Bolt Thrower — admin @ 2:15 am

Brutal Truth : Extreme Conditions Demand Extreme Responses

Extreme Conditions Demand Extreme ResponsesFigure du metal à New York, connu pour son groupe Nuclear Assault et ses participations au sein d’Anthrax et S.O.D, Dan Lilker se désintéresse progressivement du thrash à la fin des années 80. Le bassiste manifeste son intérêt croissant vers l’extrémisme du mouvement grind, et s’affiche régulièrement avec les tee-shirt des jeunes Napalm Death. Après l’enregistrement de Purity Dilution (Defecation) pour ses potes Mick et Mitch Harris, Dan monte inévitablement son propre groupe de Grindcore avec Kevin Sharp, Scott Lewis & Brent McCarty, le redoutable Brutal Truth. A l’écoute de l’unique démo The Birth Of Ignorance, Dig Pearson d’Earache Records propose rapidement un contrat aux New Yorkais, se concluant par les sessions puis par la commercialisation du terrible Extreme Conditions en cette automne 1992.

Avec sa pochette et ses paroles contestataires, dans l’esprit de From Enslavement et World Downfall (Napalm Death, Terrorizer), Extreme Conditions annonce clairement son positionnement dans les sphères grind. Mais, bien que sa vitesse d’exécution démentielle, ses quelques titres courts et ses cris aiguës à la Napalm Death développent de fort accents grind, sa production lisse et ses titres très structurés possèdent en revanche une touche death indéniable.

Extreme Conditions impressionne par la puissance de la production de Colin Richarson, qui dote le couple basse batterie d’une profondeur sans égale et rend les guitares massives à souhait. Débordant d’énergie, les musiciens s’emballent dans des blasts parfaitement contrôlés, avant de rebondir sur des passages d’une lourdeur écrasante, à l’image des dévastateurs Birth Of Ignorance et Denial Of Existence. D’autre titres à coloration grind très marquée, comme Stench Of Profit et Walking Corpse sont exécutés dans un tourbillon de puissance et sur une vitesse effrénée, figurant parmi les brûlots les plus rapides jamais enregistrés.

Ainsi, Extreme Conditions éblouit par sa brutalité hors norme, générée par son rythme fulgurant et l’excellence de sa production, s’inscrivant directement parmi les références death grind les plus percutantes, et propulsant Brutal Truth sous le feu des projecteurs. Débarquant toutefois en 1992, après la tempête Napalm Death et Terrorizer, l’album présente dès lors des stéréotypes inévitables, lui interdisant le statut culte de Mentally Murdered et de World Downfall.

Fabien.

> - Les chroniques -, Brutal Truth — admin @ 1:00 am