Altars of Fab’ Death

Broken Hope : Loathing

LoathingAprès un Repulsive Conception en demi-teinte, passé relativement inaperçu, Broken Hope est bien décidé à faire péter la baraque en cet été 1996, durant ses nouvelles sessions d’enregistrements. L’effort débouche dès lors sur le terrassant Loathing, le quatrième méfait du groupe, sortant en début d’année suivante.

La paire de gratteux Griffin / Wagner compose en effet un Loathing beaucoup plus nerveux que son prédécesseur, servi par une technique poussée dans ses ultimes retranchements. Chaque morceau est à la fois massif et accrocheur, balançant des rythmiques d’une brutalité et d’une complexité impressionnantes, à l’image de l’excellent High On Formaldehyde, ou encore du redoutable Reunited et de son refrain diablement entraînant.

Inévitablement, Joe Ptacek place son guttural incompréhensible, à décoller n’importe quelle tapisserie d’un mur, sur les paroles insoutenables et irracontables de Jeremy Wagner, notamment sur les effrayants He Was Raped et Siamese Screams. Enfin, derrières les manettes, Brian Griffin capte toute l’énergie du groupe, dotant la batterie très carrée de Ryan Stanek d’un punch considérable, et les guitares d’un son à la fois épais et mordant.

Assorti d’une remarquable illustration de Wes Benscoter (Hypocrisy, Sinister) et soutenu enfin par Metal Blade, Loathing permet au gang de Chicago d’obtenir une reconnaissance méritée. A l’instar du très bon Bowels Of Repugnance, l’album ne révolutionne certes pas le genre, mais propose néanmoins des morceaux particulièrement inspirés, d’une technique réellement renversante. Sortant de surcroît en 1997, l’une des années les plus minces de l’histoire du death metal, l’album offre du coup une lueur d’espoir aux brutes musicales, déçues par le manque de qualité et de pétillant de la majorité des réalisations death du moment.

Fabien.

> - Les chroniques -, Broken Hope — admin @ 1:15 pm

January 25, 1997

Borknagar : The Olden Domain

The Olden DomainSuite à ses débuts remarqués sur Malicious Records, Borknagar décroche rapidement un contrat avec la puissante écurie Century Media. Entouré du line up imposant du premier album (Garm, Grim & Ivar Bjørnson d’Arcturus, Gorgoroth & Enslaved), complété par le talentueux Kai K.Lie à la basse, son leader Øystein G.Brun rejoint alors les célèbres Woodhouse Studios de Dortmund pour les sessions de The Olden Domain, commercialisé en août 1997.

Aux influences Frost et Eld d’Enslaved, The Olden Domain marque l’orientation de Borknagar vers un son viking black plus progressif, opposant brillamment guitares & vocaux black à moult mélodies épiques & passages au chant clair. Sur le couple rythmique riche de Grim et Kai K.Lie, Øystein G.Brun délivre des riffs agressifs soutenant les vocaux black de Garm, puis passe à un jeu aérien, renforcé par le chant de Garm devenu clair et les claviers atmosphériques d’Ivar Bjørnson, dégageant une dimension épique somptueuse.

Ainsi, la vigueur des passages black de The Eye Of Oden ou The Winterway cèdent rapidement la place aux nombreux refrains et breaks faits de mélodies subtiles, intégrant des parties acoustiques ou des choeurs viking dans la plus grande harmonie. Bien que ses deux interludes ne contiennent pas la même intensité émotionnelle, The Olden Domain garde néanmoins cette grande force au fil de son avancée, se concluant alors par le magnifique The Dawn Of The End, l’un des titres les plus précieux de Borknagar, avec son final parmi les plus beaux et les plus prenants de la longue histoire du métal norvégien.

Album décisif sur la scène black progressive nordique, grâce à son avant gardisme et à ses accents épiques délicieux, The Olden Domain ne hisse pourtant pas Borknagar parmi les maîtres du post black norvégien, mais l’installe en revanche parmi ses incontournables outsiders. Malgré ses quelques imperfections, comme le chant de Garm parfois discutable, l’album affirme ainsi un caractère entier, imposant toute sa richesse, sa profondeur et sa beauté.

Fabien.

> - Les chroniques -, Borknagar — admin @ 1:00 pm

Brutal Truth : Sounds Of The Animal Kingdom

Sounds Of The Animal KingdomSorti en septembre 1997, Sounds Of The Animal Kingdom marque la fin de l’association entre Brutal Truth et son label Earache, qui perd ses groupes death grind les uns après les autres, par manque d’intérêt à cette époque pour la scène extrême. Depuis leur précédent EP, Les grinders new yorkais évoluent désormais chez Relapse, spécialiste US du grindcore et des groupes à fortes personnalité, donc une écurie correspondant parfaitement au style extrême de la formation.

Sounds Of The Animal balance un grind brutal et spontané, montrant toute l’envie de Brutal Truth d’évoluer dans des sphères résolument underground. L’album ne possède donc pas la production claire et massive d’Extreme Conditions & Need To Control, mais développe au contraire un son très cru, donnant l’impression d’un enregistrement de garage, à l’image des photos live incluses dans le livret, où Dan Lilker et sa bande jouent dans un local pourri, où 20 personnes se bousculent.

Possédant une approche foncièrement grind et brutale, Sounds Of The Animal dégage parallèlement une attitude très hardcore (les origines du grind, ne l’oublions pas), notamment dans la voix de Kevin Sharp, loin du guttural effrayant de ses débuts. Mais, bien que quelques morceaux décollent encore la tapisserie, à l’image de Dementia et K.A.P, leur multiplicité et leur côté à la fois déstructuré & cradingue, voire brouillon, installe rapidement une certaine lassitude. Enfin, la présence de titres bruitistes, semblant être désormais une marque de fabrique de Brutal Truth, s’avère franchement inutile, à commencer par l’insipide Prey de 22 minutes, ne présentant que l’avantage d’être situé en fin d’album et d’être ainsi facilement zappé.

Loin de la qualité et de la puissance de ses deux premiers albums, Brutal Truth débarque toutefois avec un grind 100% personnel, à la brutalité toujours aussi manifeste, mais s’expliquant juste différemment. En fin de compte, inesthétique au possible, Sounds Of The Animal Kingdom ne se recommande qu’aux amateurs de Grind.

Fabien.

> - Les chroniques -, Brutal Truth — admin @ 6:30 am

Deicide : Serpents of the Light

Sorti en octobre 1997, Serpents of the Light est le 4ème méfait de la bande de Glen Benton, une nouvelle fois enregistré sous la coupe de Scott Burns aux Morrisound Studios. Condensé de 30 minutes de death carré à l’imagerie blasphématoire, dominé par la précision rythmique d’Asheim et la rapidité du riffing des frères Hoffman, l’album reste en revanche trop linéaire & expéditif, montrant Deicide vivant désormais sur ses acquis, semblant perdre l’inspiration & l’intensité qui l’animait à ses débuts. Bien qu’encore incisif à l’époque, le groupe perd progressivement des fans, traversant tant bien que mal les années creuses du death metal, et la relative désaffection de son label Roadrunner. Fabien.

> - Les commentaires -, Deicide — fabien @ 9:45 am

January 23, 1997

Deranged : High On Blood

Décidés à enfoncer le clou après leur premier album, et désormais abonnés au Berno Studio, Rikard Wermen & Johan Axelsson rejoignent l’ingénieur Berno Paulsson en juillet 1997, pour les sessions de l’impitoyable High on Blood. Commercialisé en tout début d’année suivante par l’écurie Regain Records, l’album marque l’arrivée du bassiste Dan Bengtsson, ainsi que du growleur Fredrick Sandberg, capable de passer d’un chant guttural gras & profond à des vocaux beaucoup plus rageurs.

Loin de tout assagissement avec le temps, Deranged accélère encore la cadence sur ce nouvel effort, gagnant parallèlement en technique et en précision. Razor Divine & Humanity Feeds plantent ainsi le décor, dominé par le martelage rythmique de Rikard & Dan, les riffs & soli hermétiques de Johan, et le guttural effroyable de Fredrick.

Assommant quasiment de bout en bout avec un plaisir manifeste, Deranged injecte cependant suffisamment d’espace entre ses martelages rythmiques pour éviter l’overdose auditive, à l’image de Robber Of Hell ou By Knife, qui calment judicieusement le jeu avec leurs breaks fracassants, sur un middle tempo parfaitement calé, terrain propice à une salve de riffs particulièrement acérés. A ce titre, Erotikill s’inscrit parmi les titres les plus puissants & percutants de la longue discographie des suédois, notamment sur son riff d’intro, frappant avec une précision redoutable.

Plus compact, puissant & millimétré que son prédécesseur, addiction pour le fan de brutal death, High on Blood est une véritable machine à tuer, se hissant parmi les missiles les plus meurtriers du combo suédois. En ce début d’année 1998, alors que le death métal sort à peine d’une crise identitaire, Deranged ne se pose quant à lui aucune question, dégommant tout sur son passage sans effectuer la moindre concession.

Fabien.

> - Les chroniques -, Deranged — fabien @ 8:45 am

Dismember : Death Metal

Death MetalAlors que le death métal connaît une crise identitaire en ce milieu des années 90, perdant progressivement de nombreux fans, certains groupes à l’image de Dismember s’accrochent quant à eux au style tant chéri au début de la décennie. De retour aux Sunlight Studios en décembre 2006, la formation suédoise confirme en effet clairement ses positions, nommant purement et simplement son nouvel album Death Metal, commercialisé en août de l’année suivante par sa fidèle écurie Nuclear Blast.

Pour son quatrième effort, Dismember délaisse en partie les accents mélodiques de Massive Killing Capacity, pour retourner vers un death aux consonances un peu plus crues. Dès le premier titre, le son et le style de la formation reste toutefois parfaitement identifiables, sur les rythmiques caractéristiques de Fred Estby, les riffs typiquement suédois de la paire Blomqvist / Senneback, et le guttural rageur de Matti Karki. Le groupe enchaîne ainsi les titres avec une intégrité exemplaire, à l’image des bons Of Fire & Silent Are The Watchers, où l’on retrouve parallèlement les leads si particulières de Blomqvist, trahissant encore un peu plus sa passion pour le heavy métal d’Iron Maiden.

La production de Skogsberg et d’Estby manque toutefois cruellement d’épaisseur, dotant l’ensemble d’un son assez plat et vieillot, soutenant difficilement la comparaison avec les enregistrements des redoutables High On Blood, Loathing et Black To The Blind (Deranged, Broken Hope, Vader) sortis cette même année. Parallèlement, le groupe reste figé dans le temps, ne montrant aucune progression depuis ses deux premiers albums désormais cultes.

Sans ce soucier des modes, Dismember continue ainsi petitement son chemin en cette année 1997, à l’instar de ses compatriotes de Grave & Unleashed, n’intéressant désormais qu’une poignée d’irréductibles death métalleux, principalement de la vieille école. Au-delà, sans friser la transcendance, Death Metal renferme des compositions convaincantes et inspirées, forçant l’admiration devant la conviction inébranlable du quinquet suédois, qui fièrement, annonce qu’il ne changera jamais son style, sauf abandon très improbable de son patronyme.

Fabien.

> - Les chroniques -, Dismember — admin @ 12:15 am

Enslaved : Eld

On peut dire sans jeu de mots qu’Enslaved souffle le chaud et le froid. Après Frost, qui était un hommage au froid nordique allié des vikings, Grutle Kjellson et Ivar Bjornson ont composé là un album en l’honneur du feu (Eld = le feu), celui sacré de la bataille sans aucun doute. D’ailleurs quoi de mieux sur une pochette que de s’afficher fièrement assis sur son trône de chêne quand on joue (et qu’on a contribué à créer) du Viking Metal ? C’est donc le sieur Grutle qui s’y colle, nous toisant tel un roi envers ses vassaux.

Tous les ingrédients semblent donc réunis pour que les adorateurs de Vikinglir’s Veldi et Frost se jètent sur Eld, d’autant plus qu’il a été mis en boîte au même endroit que son prédécesseur : au célèbre Grieghallen Studio.
En fait on ne retrouvera bien les éléments ayant fait le succès des deux premiers mais les norvégiens ont apporté sur Eld quelques touches progressives assez marquées.

Le pavé de 16 minutes qui ouvre l’album est la meilleure preuve de cette ouverture, 793 (Slaget Of Lindsfarne) conte les mésaventures de chrétiens ayant voulus se frotter aux fiers Vikings, je ne connais pas cette bataille historique mais apparemment les pauvres chrétiens ont pris une bonne dérouillée. L’introduction du titre va crescendo, lentement mais sûrement à l’image d’une armée marchant vers les troupes ennemies au soleil levant, et au plus fort de la bataille (8:22) on retrouve le Enslaved incisif et ses accélérations meurtrières, un titre tiroir étonnant allant encore plus loin que l’excellent Svarte Vidder de Frost.

Cependant les autres chansons de Eld ne sont pas toutes aussi expérimentales : Hordalendingen renoue avec des riffs agressifs dans la tradition de leur Viking Black Metal, Grutle y alterne d’ailleurs un chant criard très efficace avec ses fameuses incantations vikings.

Le génial Trym Torson a quitté le navire pour aller enregistrer Anthems To The Welkin At Dusk avec Emperor, c’est Harald Helgeson qui reprend les baguettes, et même si celui si fait un boulot tout à fait correct on regrette un peu les blast hallucinant de Trym. La batterie d’ailleurs sonne plus sèche et rentre dedans que sur Frost, tout comme la guitare d’ailleurs, plus tranchante.

Les norvégiens ont à la fois poussé l’exploration musicale et renforcé la brutalité de leur style, certains titres sont réellement apocalyptiques (Kvasirs Blod) tant grâce aux riffs débridés et acérées d’Ivar qu’avec cette production faisant claquer chaque note et chaque coup et les soli, limite stridents, amplifient cette impression de chaos. Enslaved n’est pas tombé dans le piège qui consistait à reprendre un à un les ingrédients qui ont fait le succès de Frost, ils ont su ainsi accoucher d’un disque singulier, mais toujours avec une patte reconnaissable.

Lorsque l’intro se fait presque folklorique (For Lengen Siden) c’est pour mieux placer une guitare Thrashy derrière et partir en blast sur un des linéaire Black, malgré donc la longueur importante des titres (entre 6 et 8 minutes, 793 étant hors catégorie) la lassitude ne se fait sentir que très rarement. Malgré tout une légère impression de déjà entendu commence à poindre à l’approche des derniers titres et des plans guitare se ressemblant un peu. Heureusement Ensalved n’est pas né de la dernière pluie et a gardé sous le coude deux bons titres pour la fin : -Glemt, ses linéaires très accrocheurs, sa furie orchestré par une voix écorchée et vindicative de Grutle aidé par le phrasé martial de sa langue maternelle. -Eld, aux ambiances guerrières et Viking, malgré son riff final déjà entendu 3 fois sur d’autres morceaux de l’album.

Enslaved a donc à la fois brutalisé ses morceaux et tenté une ouverture du côté du progressif, surtout sur le premier titre, on en est encore loin mais ceci préfigure sans doute de leurs sorties plus récentes (Below The Light, Isa,…).

Eld est donc un album réussi, même si certains riffs et titres sont peut-être de trop et que les 58 minutes sont un poil lourdes à digérer. Un petit cran en dessous de Frost donc, mais indispensable pour les amateurs de Viking / Black, dont ils ont contribué à populariser le style, qui a ma foi pas mal dérivé depuis… mais c’est un autre débat.

BG (www.spirit-of-metal.com).

Bien que moins marquant que l’eurent été Vikingligr et Frost à leur sortie, j’ai toujours accordé une grande part affective à Eld. Je lui trouve cette odeur de terroir, percevant ces virées viking en mer froide (793 et son ambiance brumeuse) et ce retour au village (For Lenge Siden et sa basse cour), lui conférant un côté très affectif. J’aime cette juxtaposition de moments calmes puis guerriers, à l’image du précieux Glemt. Enfin, bien qu’Harald Helgeson ne puisse être comparé à Trym, j’apprécie néanmoins son jeu de batterie, très sec et claquant, renforçant le côté organique de l’oeuvre. Eld dégage ainsi une chaleur toute particulière. Fabien.

> - Les guests -, Enslaved — fabien @ 8:24 pm

January 22, 1997

Eucharist : Mirrorworlds

MirrorworldsSi l’histoire retient particulièrement In Flames, At The Gates, Edge Of Sanity et Dark Tranquillity comme les précurseurs incontestés de la scène death mélodique suédoise, loin des productions plastiques actuelles, elle oublie pourtant des combos essentiels, également à l’origine du mouvement, tels que Desultory ou Eucharist. Ce dernier se forme en effet dès 1989, sous l’impulsion de son leader Markus Johansson, guitariste et chanteur, rapidement rejoint par le batteur Daniel Erlandsson, frère d’Adrian, et officiant actuellement au sein d’Arch Enemy, aux côtés de Michael Amott.

Après son EP Greeting Immortality en 1992, Eucharist sort son premier album dès l’année suivante, A Velvet Creation, constituant la première création du label Wrong Again Records (futur Regain). La production reste en revanche un vrai désastre, privant le disque de tout succès. Quatre ans plus tard, le groupe se dirige alors au Recordia Studio, réitérant le choix de Fredrik Larmeno comme ingénieur du son, mais posséde désormais une maîtrise considérable. Mirrorworlds voit ainsi le jour en été 1997, sur le même label Wrong Again, qui s’est taillé entre temps une solide réputation, en signant notamment In Flames ou Cryptopsy.

Eucharist bénéficie cette fois d’un enregistrement de qualité, clair et profond, permettant la véritable expression de son art. Le style reste brutal, rappelant l’agressivité admirablement retranscrite sur The Red In The Sky ou Slaughter Of The Soul d’At The Gates. Les rythmiques de Daniel impressionnent par leur précision, soutenant les riffs percutants et les vocaux arrachés de Markus, malheureusement trop similaires au timbre de Tomas Lindberg, vocaliste du groupe référence précité.

D’emblée, la machine Eucharist se met en marche, développant un death d’une rage formidable, épaississant son style avec l’apport de lignes mélodiques délicates, tout en évitant la facilité de l’utilisation de claviers pour créer ses ambiances. La technique reste indéniablement de mise, Markus rivalisant d’ingéniosité pour charger son death rageur en émotion, multipliant les harmonies et les soli vertueux, pour le plus grand bonheur du métalleux.

Les trois premiers titres de Mirrorworlds font ainsi référence, possédant un équilibre, une richesse et un niveau émotionnel formidables, à l’image du break édifiant de son titre éponyme, ou de l’outro du bassiste Martin Karlsson sur le superbe With The Sun. L’apogée est alors atteinte sur le quatrième morceau, l’instrumental The Eucharist et ses mélodies enchevêtrées. Le seconde partie de l’oeuvre reste toutefois moins marquante, à commencer par l’interlude In Nakedness, plus stressant que reposant pour le deathster endurci.

Album de grande qualité, Mirrorworlds s’insère sans problème dans toute discothèque deathmetal qui se respecte, créant un death d’une pureté mélodique incroyable. En revanche, l’éclat de ses quatre premiers titres, éclipsant quelque peu le reste de ses compositions, mais aussi son arrivée tardive sur le marché, alors que les cartes étaient déjà jouées, privent Eucharist d’une notoriété pourtant méritée, le split ultérieur du groupe renforçant hélas son confinement dans l’oubli. A redécouvrir.

Fabien.

> - Les chroniques -, Eucharist — admin @ 9:15 am

Extreme Noise Terror : Damage 381

Damage 381Branle bas de combat ! Pete Hurley, fondateur et compositeur d’Extreme Noise Terror quitte le groupe, heureusement encore représenté par les vocalistes Phil Vanes et Dean Jones, avec leurs vocaux alternés si particuliers. Par ailleurs la formation est complétée par un troisième hurleur, le célèbre Mark Greenway, s’étant à l’époque fait virer arbitrairement de Napalm Death. De nouveau sous la bannière Earache, la bande d’Ipswich sort ainsi Damage 381 en cette fin d’année 1997, soit son troisième full lenght en plus de douze ans de carrière.

Palliant à la défection d’Hurley, qui a composé deux uniques titres sur Damage 381, c’est le second gratteux Ali Firouzbahkt qui prend les commandes du combo, en signant huit nouveaux morceaux, soit un total de dix petits titres expédiés en 30 minutes. Même si les compositions de Firouz sont bien ficelées, à l’image du puissant Cold World, elles sont par contre d’une banalité déconcertante, face aux titres rebelles dont Hurley avait le secret. De plus, revendiquant encore l’étiquette grindcore, Extreme Noise Terror balance pourtant un death metal conventionnel, au lieu du hardcore grind teigneux et déjanté des nerveux A Holocaust In Your Head et Retro-bution, perdant dès lors une grande partie son identité.

De plus, Damage 381 bénéficie d’une production Colin Richardson certes hyper puissante, dotant les guitares d’une épaisseur rarement atteinte, mais beaucoup trop propre pour un groupe d’origine aussi rebelle. Mais diable, ou est passé la folie hardcore / grind d’antan ? Le trio de vocalistes est tout de même là pour apporter un brin de nervosité, mais pas assez pour donner un caractère suffisant à ces morceaux, costauds certes, mais bien fades en regard.

Damage 381 n’est pas un mauvais album en soi, et mérite certainement plus que la moyenne, montrant une formation encore solide malgré le départ de son leader. Néanmoins, Extreme Noise Terror est en 1998 un groupe sans âme, jouant un death/grind banal, laissant du coup au placard ses allures destroy et sa musique cradingue, qui le caractérisaient pourtant si bien.

Fabien.

> - Les chroniques -, Extreme Noise T. — admin @ 8:30 am

Incantation : The Forsaken Mourning Of Angelic Anguish

The forsaken mourning of angelic anguish est un mini CD sortie en 1997 histoire de faire patienter les fans avant la parution de Diabolical Conquest. Malgré le format court du produit, il est suffisamment intéressant pour que l’on s’y attarde un peu. Tout d’abord, une belle pochette blasphématoire du grand Joe Petagno orne ce CD dans la tradition Incantation même si celle-ci est moins chargée qu’à l’accoutumé.

Au niveau du principal, j’ai nommé la musique, le premier titre Shadows Of The Ancient Empire, est en quelque sorte le single car il apparaîtra également sur Diabolical Conquest, album complet à venir. Et ce superbe morceau sombre et brutal montre qu’Incantation n’a rien perdu de sa verve depuis The Mortal throne of nazarene (1994) malgré les trois années écoulées.

Lusting Congregation Of Perpetual Damnation est dans la même lignée de leur death sans concession : blasting efficace en alternance avec des parties lourdes ou mid-tempo. La chanson titre, The forsaken mourning of angelic anguish démarre sur un riff entêtant avec sonars à gogo et finit dans la furie la plus totale : jouissif !

Voici venu maintenant la surprise du chef, le grand plus de ce mini album, une reprise du Scream Bloody Gore de Death. La version d’Incantation est plutôt fidèle à l’originale, mais avec le son lourd et l’atmosphère sombre des américains, le rendu est très occulte, une impression renforcée par la voix de grizzly de Craig Pillard.
Allez ! Un dernier petit titre (1 min) pour la route : Twisted Sacrilegious Journey…, aux relents grind suivi d’une outro inquiétante et l’écoute est déjà terminée.

Incantation a réussi son but de nous mettre l’eau à la bouche avant l’album et n’a pas bâclé ce mini comme cela arrive trop souvent dans ce genre d’exercice, voici donc un 5 titres (+ outro) soigné, même si on soupçonne que les trois inédits soient des titres non utilisés sur Diabolical Conquest. Dans tous les cas la patte et l’inspiration d’Incantation sont présentes ici et c’est bien là l’essentiel. A découvrir ou redécouvrir donc.

BG (www.spirit-of-metal.com)

On peut se demander actuellement l’intérêt de ce MCD, puisqu’outre le titre Twisted de moins d’une minute et l’excellente reprise de Death, il n’offre finalement que deux inédits. Enfin, Forsaken permet tout de même à Incantation de se remettre sur les rails après trois années d’absence et de flottement ; il constitue aussi la dernière oeuvre enregistrée avec le chant de Craig Pillard, et rien que pour cette dernière raison, son achat s’impose ! J’aime aussi la pochette de Petagno, différente des illustrations fouillées de Miran Kim. Fabien.

> - Les guests -, Incantation — fabien @ 12:15 am

January 18, 1997