Altars of Fab’ Death

Angel Corpse : Exterminate

ExterminateAngel Corpse est un nom qui ne laisse personne indifférent sur la scène death metal, d’une part par son extrême brutalité, mais aussi pour sa contribution, avec Krisiun, Hate Eternal & Nile, au nouvel élan du death metal de la fin des années 90. (Je ne parle pas de renaissance car le death metal n’a jamais été enterré).

Si Hammer Of Gods pose les bases de la musique d’Angel Corpse, Exterminate enfonce carrément le clou et propulse le groupe au devant de la scène death, parmi les groupes les plus respectés. La pureté du concept rappelle indiscutablement Morbid Angel époque Covenant, mais ici, tout y est développé puissance 1000, que ce soit la vitesse supersonique et les solos déchainés de Gene Palubicki, ou bien le côté très malsain et evil de la voix de Pete Helmkamp. De plus, l’attitude du groupe, sans aucune concession ou forme de tolérance (musicale), renforce le côté très pur qui s’en dégage.

Dès le premier titre Christhammer, le groupe déballe toute sa haine et son agressivité, dans un tourbillon de puissance et de brutalité. Mais attention, même si la musique paraît chaotique au 1er abord, l’avalanche de riffs reste terriblement précise et contrôlée, pour mieux bousiller les neurones du death métalleux (du moins ceux qui fonctionnent encore) ; le tout est en effet d’une parfaite fluidité, et d’une technique, notamment rythmique, imparable.

Un mot également sur la production Morrisound par Jim & Tom Morris, qui s’avère nettement plus convaincante que celle des studios Chapman du premier album, et qui, en délivrant toute la puissance nécessaire, apporte à cette pièce de collection toutes ses lettres de noblesse.

Mon long discours se résume à la courte citation de Pete Helmkamp sur le livret du CD : « once we were the Hammer Of Gods, now we Exterminate ». Vous voilà prévenus !

Fabien.

> - Les chroniques -, Angelcorpse — admin @ 4:00 am

January 26, 1998

Bolt Thrower : Mercenary

MercenaryQuatre longues années séparent le puissant For Victory de ce nouvel album. Bolt Thrower doit en effet affronter entre temps plusieurs changements, à l’image de sa séparation avec son label Earache, mais aussi du départ d’Andy Whale & Karl Willets à la batterie & au chant. Le quinquet britannique intègre désormais l’écurie Metal Blade, laissant présager un nouveau départ, ou du moins quelques rebondissements

Mais, malgré ces bouleversements, le death metal de Bolt Thrower ne change pas d’un pouce, comme l’annonce d’ailleurs très clairement ses leaders Barry et Gavin dans leurs interviews. Le groupe balance immuablement le death massif et écrasant des deux précédents albums, couplé à quelques harmonies somptueuses, à l’image des imposants Zeroed et Powder Burns. Au delà de leur qualité intrinsèque indéniable, les titres de Mercenary semblent pourtant réchauffés et moins inspirés, laissant inévitablement le sentiment amer d’une réalisation mille fois entendue.

Par bonheur, Karl Willets effectue le chant durant les session d’enregistrement de l’album, malgré son départ du groupe. Sa voix pure et profonde représente en effet un pan incontournable de la personnalité de Bolt Thrower, renforçant brillamment la puissance rythmique de la formation.

Sans surprise, Bolt Thrower revient en ce mois de septembre 1998 avec un Mercenary prévisible, reprenant la recette éprouvé de The IVth Crusade et For Victory, satisfaisant la base d’irréductibles death métalleux acquis à sa cause. Au delà, l’album montre la facette d’un groupe désormais dépassé par la puissance de feu des réalisations death du moment, à commencer par les terribles Formulas Fatal, Apocalyptic Revelations et Exterminate (Morbid Angel, Krisiun, Angel Corpse), qui redéfinissent le paysage death métallique en cette année 1998.

Fabien.

> - Les chroniques -, Bolt Thrower — admin @ 7:30 am

January 25, 1998

Borknagar : The Archaic Course

The Archaic CourseSuite au superbe The Olden Domain, Oystein G.Brun et Borknagar retournent aux Woodhouse studios, opérant au préalable quelques remaniements de line up, depuis le recrutement du chanteur Simen Haestnes (Vortex) à la place de Kristoffer Rygg (Garm), jusqu’au renfort de Jens F.Ryland à la seconde guitare. The Archaic Course, troisième effort des norvégiens, sort ainsi en octobre 1998 pour le compte de Century Media.

The Archaic Course confirme l’orientation progressive du précédent album, s’écartant un peu plus des sentiers black originels de la formation. En effet, le groupe décide d’exploiter au mieux l’incroyable talent de son nouveau vocaliste, privilégiant cette fois le chant clair sur la quasi intégralité des compositions. Simen Haestnes apporte ainsi une dimension unique au métal épique de Borknagar, passant aisément de quelques vocaux black à des harmonies magnifiques, parfois même haut perchées.

L’album s’ouvre sur l’excellent Oceans Rise, qui délivre un côté black, avant de dévoiler ses guitares acoustiques, aériennes, sur le chant rayonnant de Simen, soutenu par des choeurs viking somptueux. Puis, à l’image du formidable Universal, Borknagar enchaîne sur des titres de grande beauté et intensité, restant dans la même veine, à l’exception d’Ad Noctum, qui juxtapose quant à lui un black métal entraînant à des claviers psychédéliques délicieux, mais s’intégrant bien à l’ensemble.

Mis en valeur par la production claire et puissante de Matthias Klinkmann, qui mixe parfaitement la basse de Kai K.Lie et ses lignes complexes, The Archaic Course confirme ainsi le formidable potentiel de Borknagar. D’une qualité équivalente à The Olden Domain, ce nouvel album est encore plus progressif et s’exprime donc différemment, démontrant toute la force et l’originalité de la formation, et imposant Simen Haestnes parmi les plus belles voix de la scène métallique du moment.

Fabien.

> - Les chroniques -, Borknagar — admin @ 6:45 am

Cannibal Corpse : Gallery Of Suicide

Gallery Of SuicideRetour en avril 1998, deux ans après Vile, pour le 6ème assaut des cadavres cannibales. Le groupe garde son dessinateur attitré, mais change par contre d’ingénieur du son, l’album étant enregistré sous la houlette de Jim Morris. Gallery Of Suicide marque également le départ du guitariste Rob Barrett, reparti chez Malevolent Creation, et remplacé au pied levé par Pat O’Brien, encore inconnu dans le circuit death metal.

Gallery Of Suicide est différent de Vile dans son approche, présentant pas moins de 14 morceaux, dans un registre toujours death brutal, mais dégageant une ambiance plus travaillée, presque surprenante de la part de Cannibal Corpse. Il y a certes de nombreux titres courts et expéditifs comme I Will Kill You, mais d’autres, à l’image des remarquables Gallery Of Suicide, Headless ou Every Bones Broken, plus maîtrisés et plus posés, montrent une facette du groupe encore inexploitée et ô combien remarquable. L’illustration de Vince Locke, une galerie aux suicides très inquiétante, contribue également à cette atmosphère pesante, développée pendant les 45 minutes de l’album.

De plus, la venue de Pat O’Brien apporte beaucoup de sang frais au quinquet américain. Ce dernier possède un jeu différent de celui de Rob Barrett, mais tout aussi technique, et s’offre de surcroît le luxe de composer trois titres excellents, avec sa touche toute particulière, à l’image de son redoutable instrumental From Skin To Liquid. Enfin, le choix de Jim Morris s’avère particulièrement judicieux, l’ingénieur du son apportant un travail différent, posé et pourtant terriblement puissant.

Cannibal Corpse sort ainsi un Gallery Of Suicide original dans sa discographie, et vraiment fabuleux, lui permettant de se renouveler brillamment et de conserver l’attention de ses fans. Le death metal étant en hibernation à cette époque, le gang floridien force d’autant plus le respect, rappelant haut et fort aux côtés de Nile, Morbid Angel et Incantation, que le death brutal est encore bel et bien vivant en cette année 1998.

Fabien.

> - Les chroniques -, Cannibal Corpse — admin @ 1:30 am

January 24, 1998

Covenant : Nexus Polaris

Nexus PolarisCovenant, issu de Bergen, fait partie de la seconde vague des groupes de black metal norvégiens, aux côtés de Dimmu Borgir ou Gehenna. Avec leurs albums respectifs In Times before the light & Stormblast, Covenant et Dimmu sont rapidement remarqués par l’écurie Nuclear Blast, qui décide, à l’époque, de miser gros sur le devenir de cette scène. L’histoire des deux groupes est ainsi assez liée, puisque, après des albums black traditionnels, usant certes déjà de claviers, les deux se métamorphosent alors en une entité black symphonique, beaucoup plus ambitieuse.

Ambitieux est en effet le mot qui désigne le mieux Nexus Polaris ; Le duo Blackheart / Nagash (Dimmu) s’adjoint des services d’Hellhammer (Mayhem), de Sverd (Arcturus), d’Astennu (Dimmu) et de Sarah Jezebel (Cradle Of Filth), pour livrer une oeuvre black à la fois sombre, féerique & symphonique, servie par un son d’une puissance impressionnante. 

La musique est basée sur une assise rythmique sans faille, grâce à la précision du jeu de batterie d’Hellhammer, et aux riffs de guitares du couple Blackheart / Astennu, tout aussi millimétrés et tranchants. Sverd remplit quant à lui chaque titre de nappes de claviers, utilisées à la fois en tant que piano classique, et instrument symphonique. Enfin, les vocaux de Nagash, principalement black mais très variés, se mêlent admirablement aux supports lyriques de Sarah Jezebel Deva. L’ensemble est ainsi emprunt d’une grande somptuosité, joué par des musiciens, tous virtuoses dans leur domaine respectif.

Tous les titres forment de surcroît un album d’une homogénéité exemplaire, bien que possédant chacun une coloration propre, que ce soit la superbe partition de piano au sein du morceau Bizarre Cosmic Industries, l’envolée lyrique de Sarah Jezebel sur Planetary Black Elements, ou encore la puissance des riffs de Chariots Of Thunder, et son final parmi les plus majestueux jamais entendus.

Le concept de Nexus est également très différent des thèmes habituellement abordés dans la scène black, puisque le groupe parle des étoiles, du cosmos et d’intelligence extra-terrestre. Cela se ressent sur le choix de l’illustration, un dessin d’Andreas Marshall, qui dévoile une déesse indiquant le chemin des étoiles, telle la statue du célèbre F.A.Bartholdi, indiquant le chemin de la liberté.

Peut-être moins connu que Dusk And Her Embrace, Enthrone Darkness Triumphant, Aspera Hiems Symfonia ou Storm Of The Light’s Bane, Nexus Polaris est pourtant tout aussi déterminant ; il fait partie des albums ayant contribué à l’évolution du black metal, vers des contrées encore inexplorées, et lui forgeant une nouvelle facette, celle du mariage entre son côté sombre, et celui grandiose du métal symphonique.

Fabien,

> - Les chroniques -, Covenant — admin @ 1:00 am

Deeds of Flesh : Inbreeding the Anthropophagi

Deux ans après Trading Pieces, son premier full lenght, Deeds Of Flesh retourne aux studios Moon Productions, pour les sessions d’Inbreeding the Anthropophagi, au titre on ne peut plus explicite. L’album est de nouveau commercialisé par l’écurie Repulse Records de Dave Rotten, au printemps 1998, muni d’une couverture moyenne de Jon Zig, réalisant des couvertures autrement plus réussies par la suite.

Inbreeding attaque par le court End Of All allant droit à l’essentiel, fixant d’emblée le décor d’un death métal étouffant, sous influence directe de Suffocation. L’album marque également l’arrivée d’un nouveau batteur, en la personne de Brad Palmer, déroulant les cascades de blasts et de doubles pédalages habituels, soutenant les riffs lourds et techniques d’Erik Lindmark. Deeds Of Flesh conserve enfin la dualité des vocaux visqueux et écorchés du tandem Erik / Jacoby, apportant un relief appréciable aux compositions.

Bien que sans surprise, vu son caractère particulièrement suffocant, Inbreeding envoie des morceaux plus maîtrisés et plus incisifs, alternant impeccablement passages tapageurs et rythmiques écrasantes durant ses trente minutes, à l’image des bons Feeding Time et Infecting Them. L’ensemble bénéficie par ailleurs d’une production assez nette, permettant à Deeds Of Flesh d’asséner son death brutal avec une précision accrue.

Linéaire au possible pour le commun des mortels, et totalement hermétique à toute forme de mélodie, Inbreeding the Anthropophagi se recommande uniquement aux brutes musicales, fans de Disgorge (US) ou d’Incantation. Sans bouleverser les standards du brutal death, le trio californien affine toutefois ses morceaux, possédant désormais un son directement indentifiable, et devenant peu à peu une valeur montante du brutal underground nord américain, en cette année 1998.

Fabien.

> - Les chroniques -, Deeds Of Flesh — fabien @ 12:45 am

January 23, 1998

Dying Fetus : Killing On Adrenaline

Après un début de carrière balbutiant et un album de moyenne facture sortie chez Die-hard en 1996, Dying Fetus change de maison de disque pour atterrir chez les allemands de Morbid Records, écurie spécialisée dans le death brutal et le grind (Nyctophobic, Obscenity, Krabathor…) et vue le style pratiqué par les américains , ils ne changeront pas les habitudes de la maison.

En effet, la bande à John Gallagher évolue dans un style des plus belliqueux, et pas seulement dans le domaine de la musique : un simple coup d’œil à la cover est suffisant pour comprendre la défiance du groupe à l’égard de la nation américaine.

Parlons musique maintenant, et ça envoi du bois sévère. D’ailleurs on ne trouvera point ici d’intro de « mise en condition », le titre Killing On Adrenaline est une belle entrée en matière de près de 6 minutes qui nous en met plein la vue, ça blaste dru et ça grunt gras (pléonasme ?). Mais Dying Fetus ce n’est pas uniquement du bourrinage à tout va : le riff de départ dissonant de Procreate the malformed est du meilleur effet et deviendra au fur et à mesure une des marques de fabriques du groupe.

Il est important de préciser que nous ne sommes pas en présence d’un groupe de brutal death classique, mais plutôt d’un hybride à la croisée des chemins entre ce style, le grind et une pointe de hardcore, à l’image encore de Procreate the malformed et de son mosh-part herculéen. Ce qui est certain c’est que l’ensemble sonne terriblement agressif et carré. L’évolution par rapport a Purification though violence est assez impressionnante, les compositions ont gagné en technicité et efficacité, ce en partie grâce au jeu de batterie dévastateur et précis de Kevin Talley.

Il est inutile de décrire un par un les titres de ce Killing On Adrenaline, il faut simplement savoir qu’ils sont tous diablement efficaces et qu’il vous sera impossible de ne pas secouer la tête au rythme des guitares percutantes du boss Gallagher. On pourra quand même conseiller quelques compos au dessus du lot : Fornication Terrorists hallucinante de brutalité avec un effet délirant sur la voix, Absolute defiance aux riffs très inspirés, ou encore Inventional manslaughter, sprint final à la vitesse de la lumière agrémenté de grunts puissants.

Dans tous les cas rien n’est à jeter sur ce Killing On Adrenaline qui mettra sur le cul n’importe qui ne l’ayant jamais écouté. De plus la production, sans atteindre des sommets est suffisante pour mettre en valeur cette galette alors si vous aimez Suffocation et Deeds Of Flesh saupoudrés d’une pincée de hardcore, ne passez pas à côté de cette bombe datée de 1998, éclipsée peut-être par la victoire finale des bleus cette année.

BG (www.spirit-of-metal.com)

Killing On Adrenaline est effectivement un album marquant dans la carrière du groupe de Gallagher, qui lui vaudra une signature méritée chez Relapse, le spécialiste des groupes death grind à forte personnalité. J’appréhende l’album de la même façon que toi et à ce titre, je n’ai rien à ajouter. Merci pour ta rédaction. Fabien.

> - Les guests -, Dying Fetus — fabien @ 12:15 am

Incantation : Diabolical Conquest

Le successeur de Mortal throne of nazarene s’est fait attendre quatre longues années pour finalement sortir en 1998. Après le mini The forsaken mourning of angelic anguish (1997) paru chez Repulse records, nos death metalleux ricains ont embarqué dans une écurie spécialisée dans le death, grind et autres styles musicaux brutaux qui convient parfaitement à Incantation, j’ai nommé Relapse. Le troisième album d’un groupe est souvent crucial car il peut être les dernier avant le split s’il ne marche pas. Incantation avait quand même à confirmer deux albums énormes : Onward to golgotha et Mortal throne of nazarene, ce qui n’était pas évident mais à l’écoute de Diabolical Conquest on peut dire qu’ils ont relevé le défi.

A l’heure où le death nouvelle génération commençait à pointer le bout de son nez et où les vieux groupes n’avaient plus la même notoriété qu’il y a quelques années, le combo aurait pu se tourner vers un son plus propre et une production policé. Que nenni ! Dès le début de Impending Diabolical Conquest on reconnaît aisément leur style et leur son, mais on aurait pu s’en douter rien qu’en voyant la pochette : blasphématoire, sanglante, tordue et ressemblant étrangement à celle de Mortal throne of nazarene.

En plus des deux « historiques » John Mc Entee (guitare) et Kyle Severn (batterie), on notera l’arrivée de Daniel Corchado remplaçant à la fois le bassiste Kevin Hugues et surtout le chanteur Craig Pillard. Sa façon de grogner est plutôt proche de l’ancien vocaliste, il s’en sort avec les honneurs et a même participé à l’élaboration de deux morceaux. Pour ceux qui ne connaissent pas Incantation sachez que musicalement c’est un peu une version monolithique d’Immolation : aussi intense mais moins fouillée et plus direct.

Quoi qu’il en soit les atmosphères sombres et brutales d’Incantation sont omniprésentes sur ce disque, sublimées à merveille par des hymnes haut de gamme comme Disciples Of Blasphemous Reprisal ou Shadows from The Ancient Empire. Judicieusement, une instrumentale situé en piste 4, Unleashing Skies, aère l’album sans pour autant en casser le rythme, en témoigne le superbe enchaînement avec United In Repugnance qui est du meilleur effet.

La galette se termine sur une curiosité pour un groupe de death old – school puisqu’il s’agit d’un titre de près de 17 minutes, ce qui assez surprenant pour Incantation qui n’est pas vraiment connu pour donner dans l’expérimental. Néanmoins l’ensemble est cohérent et tous les types d’ambiances y passent, de l’intro doomesque aux parties blastées en passant par les mid – tempo bien lourd comme nos américains savent si bien le faire. Certes 10 ou 12 minutes auraient sans doute été suffisantes sur Unto Infinite Twilight / Majesty Of Eternal Damnation, mais ils voulaient peut-être se faire plaisir et battre un record que sais-je ?

Dans tous les cas avec Diabolical Conquest, Incantation n’avait pas raté son retour phonographique et la suite de leur longue carrière prouvera que ce n’était pas un ultime baroud d’honneur. Fans d’Immolation, si vous êtes passés à côté d’Incantation, tâchez de réparer l’erreur au plus vite, et vous procurer Diabolical Conquest me semble le meilleur moyen pour cela.

BG (www.spirit-of-metal.com)

J’aime Diabolical Conquest, au même titre que n’importe quel album d’Incantation. C’est l’un des rares groupes ayant conservé l’essence même du death underground de ses débuts. Même si j’apprécie un peu moins le guttural de Corchado sur l’album, préférant celui du redoutable Craig Pillard, je reste toujours aussi impressionné par le death blasphématoire de John McEntee, d’une pureté diabolique. Fabien.

> - Les guests -, Incantation — fabien @ 2:15 am

January 18, 1998

Krisiun : Apocalyptic Revelation

Apocalyptic RevelationTrois ans après un Black Force Domain prometteur, entièrement enregistré au Brésil avec les moyens du bord, Krisiun s’embarque cette fois en Allemagne, pour rejoindre Simon Fuhrmann aux Musiclab Studios, bénéficiant dès lors d’une production beaucoup plus professionnelle. Les trois frères ressortent ainsi avec l’incroyable Apocalyptic Revelation, commercialisé par l’écurie GUN Records (sous licence Dynamo) en octobre 1998.

En trois années, le death satanique de Krisiun s’est considérablement bonifié. Les rythmiques de Max & Alex sont désormais d’une précision époustouflante, décuplant la puissance de feu de la formation, et servant de véritable moteur aux rafales de riffs assassins de Moyses, et au chant guttural d’Alex, d’une fureur et d’une pureté exemplaires. D’entrée, le groupe brésilien fait en effet tout péter, assénant des Kings Of Killing ou autres Apocalyptic Victory, d’une brutalité particulièrement significative.

Krisiun balance ainsi ses blast beats infernaux, puis enchaîne brillamment sur des rythmes d’une lourdeur écrasante, renforcés par un double pédalage millimétré, terrain propice à une cascade de riffs encore plus techniques et meurtriers, avant d’éclater sous le tonnerre des soli furieux d’Alex. Depuis l’instrumental March Of The Black Horde, jusqu’au terrible Vengeance Revelation, le groupe ne laisse décidément aucun répit, dévastant allégrement tout sur son passage.

Parfaitement mis en valeur par une production aussi rugueuse qu’incisive, Apocalyptic Revelation hisse directement Krisiun parmi les nouveaux fers de lance de la scène death métal. En cette année 1998, aux côtés de Nile, Angel Corpse & Morbid Angel, et de leur redoutable Amongst The Catacomb, Exterminate & Formulas, le trio brésilien largue en effet non seulement l’un de ses missiles les plus marquants, mais affiche en plus une violence dévastatrice et une technique imparable, permettant la résurgence tant attendu du death métal qui, après une longue période léthargique, retrouve enfin son souffle et ses lettres de noblesse. Terrassant !

Fabien.

> - Les chroniques -, Krisiun — admin @ 7:15 am

January 16, 1998

Morbid Angel : Formulas Fatal to the Flesh

Le départ de David Vincent après le live Entangled In Chaos fut un véritable drame pour les fans de Morbid Angel (dont je suis évidemment), beaucoup doutaient même que le combo puisse se relever. Pour remplacer celui qui les a vus, parti s’occuper de sa femme chez les Genitorturers, Trey Azagthoth a jeté son dévolu sur Steve Tucker, qui évoluait jusque là dans Ceremony avec Pat O’Brien (futur Cannibal Corpse), une bien lourde tache mais parfaitement assumée par le garçon, même si son chant est moins caractéristique que celui de Vincent.

Morbid Angel se retrouve donc sous la forme d’un trio pour enregistrer ce cinquième album au célèbre Mossisound Studio. Débarrassé de l’encombrante présence de David Vincent et de ses dérapages idéologiques, Trey Azagthoth compose l’intégralité de l’album et laisse libre cours à sa pensée mystique, traitant sur Formulas Fatal To The Flesh de mythologie sumérienne et d’opposition entre valeurs charnelles et spirituelles, allant jusqu’à écrire des paroles en sumérien.

Paradoxalement FFTTF est très rentre dedans, dès le premier titre Heaving Earth, Pete Sandoval sort l’artillerie lourde et dézingue à tout va, on est plus proche de Covenant que de Domination. Le chant de Steve Tucker est irréprochable, mais hélas un peu trop commun par rapport à la voix caractéristique du sieur Vincent.

Une fois le deuil fait en ce qui concerne le légendaire bassiste / chanteur, on peut se régaler des titres percutants et dévastateurs qui parsèment ce disque tel Prayer Of Hatred, accrocheur à souhait avec un Pete en mode double pédale infini, et une partie centrale aux ambiances mystiques avec l’un de ses fameux solo inimitable, Umulamahri et ses accélérations à coller au siège, Hellspawn, son fameux crescendo du début débouchant sur une apocalypse sonore d’un Death Metal très agressif ou encore le terrible Covenant Of Death, rapide, inspiré et montrant l’inépuisable réserve de riffs qui tuent de Trey, un titre ayant presque des accents Altars Of Madness.

Seulement Morbid Angel n’est pas un simple groupe de death et tous les albums de Morbid Angel ont un petit truc en plus, ici le côté ésotérique est mis en avant sur certains titres, pour illustrer ce propos les riffs lourds et dissonants de Nothing Is Not (un peu dans la veine de Where The Slime Live) apporte une touche spéciale à ce disque. Mais la meilleure preuve de la singularité de Morbid Angel est sans conteste Invocation of The Continual One, long titre aux influences Heavy / Thrash et chanté par Trey Himself, un moment fort de l’album qui nous ramène aux racines musicales du groupe avec ce fameux riff central absolument imparable. On peut en revanche se poser quelques questions sur le fin disque et la présence d’instrumentales tel Hymnos Rituales de Guerra, sorte de danse tribale guerrière avec percussions. On sent bien que Trey a voulu se faire plaisir et ainsi pousser son concept philosophique à fond, toujours est-il qu’une répartition de ces titres ambiant tout au long du CD aurait sans doute été plus judicieuse que de tous les enchaîner à la fin.

Mais, car il y a toujours un mais, le son manque un peu de profondeur et de relief, le côté percutant et dévastateur de Covenant manque cruellement à Formulas Fatal To The Flesh, un album aussi rapide et puissant aurait mérité une production plus précise à mon goût. Ce 15/20 pourra ainsi paraître sévère aux inconditionnels de Morbid Angel mais reflète bien mon ressenti lors de la sortie de l’album et ma relative déception sur le coup de l’absence de David Vincent, et surtout ce disque malgré une qualité manifeste, souffre incontestablement de la comparaison avec son formidable successeur Gateways To Annihilation.

BG (www.spirit-of-metal.com).

A mon sens, Formulas reste l’un des albums les plus décisifs de Morbid Angel. Le groupe a traversé, comme tous ses homonymes, les années noires du death metal, baissant en popularité à partir Covenant. Aussi, après une année 1997 très fade, ne comptant que quelques bons Loathing, Black to the Blind ou High on Blood, personne ne donnait cher, ni de l’avenir du style, ni de Morbid Angel, qui perdait coup sur coup Rutan & Vincent. C’était sans compter sur le génie de Trey Azagthoth, qui lâcha à mon humble avis un album d’une technique et d’une rage incroyables, et quelques titres parmi les meilleurs de Morbid Angel, à l’image des impitoyables Heaving Earth & Prayer of Hatred. Fabien.

> - Les guests -, Morbid Angel — fabien @ 12:11 am

January 14, 1998