Altars of Fab’ Death

Abhorrence : Evoking the Abomination

Formé par les frères Arroyo en 1999 à Sao Paulo, le groupe brésilien Abhorrence ne compte qu’un seul album à son actif, sorti en 2000 chez Evil Vengeance / Listenable, muni d’une terrible illustration de Petagno (Incantation, Ravager). D’une prod’ honnête, l’album se résume en 28 minutes de blasts apocalyptiques et de riffs ravageurs, d’une intensité considérable, qui ne faiblit pas un instant. Le trio manque en revanche d’identité, restant une (bonne) copie conforme de Krisiun, jusque dans les vocaux de R.Arroyo, très proches de ceux d’Alex Camargo. Fabien.

> - Les commentaires -, Abhorrence — fabien @ 1:00 pm

January 26, 2000

Behemoth : Thelema 6

Behemoth  : Thelema 6

La fin des années 90 marque un tournant au sein du metal extrême. Sans aller jusqu’à parler de rupture, on peut employer le terme de rééquilibrage. La scène black metal, hypertrophiée par son succès et désorientée par la profusion des différents styles et écoles, semble paradoxalement avoir perdu le feu sacré alors qu’elle n’a jamais été aussi populaire. Le death metal, dans le même temps, semble sortir de son hibernation (en partie contrainte et forcée par son turbulent cousin). Et il n’est pas anodin de noter l’émergence de nouveaux groupes comme Angel Corpse ou Krisiun, qui marquent les esprits en associant un death metal très martial et direct et une aura haineuse et blasphématoire très profonde, jusque là raison d’être du black metal.

C’est à la lumière de cette mutation –insidieuse à l’époque- qu’il faut appréhender le parcours de Behemoth, né groupe de pur black metal. Depuis que les Polonais ont réussi à acquérir une technique digne de ce nom, et surtout à intégrer un frappeur de fûts de tout premier plan en la personne d’Inferno, ils semblent bien enclins à suivre cette voie qui s’ouvre vers le death metal. Le prometteur Satanica (1999), ne laisse plus vraiment place au doute, même si son caractère transitoire est indéniable. Nergal et ses acolytes joueront désormais du death metal. Et sans avoir la même résonance que les albums des deux groupes cités plus haut, Satanica fait assez parler de lui pour que le groupe ne passe plus inaperçu.

Behemoth passe la vitesse supérieure l’année suivante : son nouveau brûlot se nomme Thelema 6. Son artwork intrigue, puis devient bien vite connu de tous les metalheads amateurs de metal extrême, tant le bouche à oreille fonctionne. Car ce coup-ci, Behemoth laisse pantois les deathsters qui ne voyaient en Behemoth qu’un petit groupe de black opportuniste. C’est que Thelema 6 n’a pas à rougir de la comparaison avec un Conquerors Of Armageddon (Krisiun), pour ne citer qu’un seul disque référence de cette année là… Comment Behemoth s’y prend-il ? Il laisse de côté tous ses états d’âme artistiques qui rendaient parfois Satanica un peu disparate. Le fusil de guerre en bandoulière, Nergal écrit une dizaine de titres destructeurs, basés sur la vitesse d’exécution, l’agression, la haine et la noirceur.

La musique de Behemoth prend une tournure radicale qu’on ne lui connaissait pas. Semblant avoir complètement digéré sa mutation, le groupe épate par sa capacité à structurer sa créativité dans un cadre purement death metal. Non seulement les constructions sont soignées, révélant un équilibre remarquable entre l’agression directe et les enchaînements travaillés qui cassent toute linéarité. Et comme l’exécution est bluffante en terme de précision et de placement, le résultat est franchement décapant d’efficacité. Le soutien du mitraillage dévastateur d’Inferno donne l’ossature nécessaire à l’épanouissement des riffs de Nergal, qui confirme un talent rare. Sa capacité à retranscrire des ambiances très dures, guerrières, mais jamais dénuées d’une touche épique et de noirceur froide, donne une coloration typique au disque. La patte Behemoth prend indiscutablement forme, même avec une production un peu rêche qui manque un peu de profondeur.

D’autre part, le groupe a gardé quelques touches de son savoir-faire passé : il sait ainsi délivrer quelques touches discrètes qui ça et là donnent une forme d’esthétisme à la musique : le lyrisme d’un soli, ou un break élégant qui viennent « finir » un travail de sape dévastateur (la fin superbe de The Act Of Rebellion par exemple).

Mais on doit remarquer une autre singularité qui distingue Behemoth de beaucoup de concurrents : sa capacité à pondre des hymnes imparables. Le riff qui tue, l’accélération qui foudroie, la mélodie surpuissante qui s’inscrit immédiatement et pour toujours dans les tronches. Et Thelema 6 en est empli, de ces « hits » amenés à devenir cultes : le volcanique Christians to The Lions et son riff démoniaque à la Krisiun qui rend fou, le formidable Inflamed With Rage, et ses breaks/accélérations absolument grisants, sans parler du monstre qui fait figure d’introduction au disque : le légendaire Antichristian Phenomemon, son thème entêtant repris et martelé avec une maestria qui file la chair de poule. La recette est vieille comme le heavy metal, mais là encore elle fait mouche. En accouchant de ses titres intemporels, puis en les resservant avec une puissance de feu incommensurable en concert lors de ses tournées intensives, le groupe commence également à construire sa légende en marquant les esprits de son public.

Thelema 6 est sans doute considéré comme le vrai départ de la carrière death metal de Behemoth, du moins celui d’une reconnaissance indéniable de la scène death. C’est à grands coups de blasts supersoniques, de riffs inspirés et classieux, de soli discrets mais opportuns, de growls froids et implacables, de constructions soignées et percutantes, que Behemoth construit son mythe. L’univers musical, qui en impose par son côté froid et monumental, en est un des éléments, mais Nergal ne néglige rien, de l’artwork à l’imagerie, des paroles provocantes mais travaillées, jusqu’à la mise en place scénique…rien n’est laissé au hasard. La machine de guerre Behemothienne est lancée, et Thelema 6 reste encore à ce jour l’une de ses ogives les plus meurtières.

Eulmatt (www.metal-blogs.com/eulmatt).

Thelema 6 est un album marquant dans la carrière de Behemoth. Le virage deathmetal déjà amorcé sur le bon Satanica se confirme pleinement, mais surtout, le groupe maîtrise désormais ce côté puissant, monumental & épique, qui lui confère sa pleine identité, et enterre définitivement sa première époque blackmetal puérile et approximative. La puissance métronomique de son batteur Inferno est effectivement remarquable, offrant une assise rythmique en béton armé et un surcroît de puissance. Le concept esotérique & intelligent de Behemoth contribue parallèlement à sa force, lui permettant de se forger une véritable personnalité et de gagner ainsi en respect et crédibilité. Fabien.

> - Les guests -, Behemoth — fabien @ 5:14 pm

January 25, 2000

Broken Hope : Grotesque Blessings

Deux ans après le remarquable Loathing, technique et percutant, Broken Hope débarque en ce début d’année 1999 avec son cinquième effort, le bien nommé Grotesque Blessings, muni d’une pochette malheureusement moins marquante que la terrible illustration de Wes Benscoter sur le précédent album. Le gang de Chicago quitte cette fois Metal Blade, dont le travail de promotion fut contestable, au profit de la petite écurie Martyr / The Plague.

Au-delà de son mur de violence sonore, Grotesque Blessings cache plein de qualités. Le brutal death de Broken Hope est certes conventionnel, mais immédiatement identifiable, et joué de surcroît avec une technique et une dextérité exemplaires. Sur une rythmique complexe, notamment au niveau des lignes de basses, Griffin et Wagner lâchent une rafale de riffs très alambiqués, se situant entre Cannibal Corpse et Suffocation, soutenant les vocaux étouffants de Joe Ptacek.

Brian Griffin livre également une production d’une qualité étonnante, apportant la clarté et la précision exigées par le style brutal de Broken Hope. En revanche, malgré l’intérêt de chacun des morceaux, à commencer par le très bon Christ Consumed, les titres de Grotesque Blessings finissent par se ressembler, conférant une linéarité inévitable, qui décourage forcément le métalleux déjà hermétique à ce style suffocant.

Certes moins marquant que les redoutables Bowels Of Repugnance et Loathing, Grotesque Blessings montre toutefois Broken Hope en grande forme, mélangeant brillamment technique et brutalité, pour le plaisir des oreilles des death métalleux les plus avertis. Mais, traversant la période la plus faste du death métal, et relégué au sein d’un label manquant cruellement de moyens, le groupe s’enfonce un peu plus dans l’anonymat, qui finit par lui être fatal.

Fabien.

> - Les chroniques -, Broken Hope — fabien @ 6:30 am

Deicide : Insineratehymn

InsineratehymnTrois années après la sortie de l’honorable Serpents Of The Light, soutenant toutefois laborieusement la comparaison avec ses glorieux ainés, les brutes de Deicide réinvestissent les Morrisound Studios en compagnie de Jim Morris, pour les sessions de leur cinquième méfait. Baptisé Insineratehymn (comprenez Incinerate Him), et assorti d’un logo reprenant habilement le nombre fatidique du Malin, le disque sort en juin 2000 sous la coupe du label Roadrunner Records qui, à la fin des eighties, avait proposé à Deicide et Obituary, un contrat incroyable couvrant sept réalisations.

Dès son premier titre Bible Basher, Insineratehymn ne surprend pas, balançant un death brutal dans la veine des premiers efforts du quatuor floridien, sur une production classique de Jim Morris. A l’image du bon Standing In The Flames, les rythmiques compactes d’Asheim, et les riffs & soli rapides des frères Hoffmann, se mettent ainsi au service du guttural unique Benton, qui éructe ses paroles sataniques habituelles, sur un ton toujours aussi provocateur.

Mais, bien qu’Insineratehymn rappelle le death de l’inattaquable Legion, il ne possède hélas ni son intensité, ni son ambiance démoniaque. Le sentiment de lassitude s’installe très vite au fil de son écoute, comme sur le fade Forever Hate You, poussif et sans profondeur. Ses trente minutes défilent ainsi sans hargne et relief particuliers, laissant au final le goût désagréable d’une galette réchauffée, manquant malheureusement de saveur.

Alors que plusieurs ténors du death métal, à l’instar d’Immolation ou Morbid Angel, passent brillamment le cap de l’an 2000, avec des Close To A World Below et autres Gateways To Annihilation particulièrement puissants, Deicide revient quant à lui avec un cinquième effort sans grande inspiration, perdant progressivement son envergure au fil des années. A ce jour, Insineratehymn représente en effet le disque le moins ambitieux de sa carrière, n’intéressant que les irréductibles death métalleux espérant le retour du grand Deicide qui, malgré son manque d’inspiration à cette époque, possède toujours ce potentiel perceptible et ce charisme étonnant.

Fabien.

> - Les chroniques -, Deicide — admin @ 3:30 am

January 23, 2000

Dying Fetus : Destroy The Opposition

Deux ans se sont écoulés depuis l’excellent Killing On Adrenaline qui en disait long sur le potentiel destructeur du death / grind des brutes du Maryland et Dying Fetus a changé se statut. En effet les efforts métalliques déployés sur les précédentes productions ont tapé dans l’œil des responsables de Relapse Records et après l’intermède Grotesque Impalment (mini CD) c’est sous ce label spécialisé dans les combos brutaux (Nasum, Cephalic Carnage,…) que Dying Fetus sort en 2000 Destroy The Opposition.

On remarquera rien qu’à la pochette que le quartette a toujours une dent contre le système et leur gouvernement, l’intérieur du CD est encore plus parlant avec un oncle Sam des dollars à la place des yeux qui dit « I WANT YOU to stop thinking and start killing. », on peut difficilement faire plus explicite.

Côté musique, là non plus la tendance n’est pas vraiment à l’apaisement et quand déboule Praise The Lord (Opium for the masses) la similitude avec leur album précédent est évidente. On retrouve ici tout ce qui a fait la réussite de Killing On Adrenaline, c’est à dire riffs incisifs, blasts à gogos, légères influences hardcore et toujours quelques notes dissonantes qui sont désormais la marque de fabrique de Dying Fetus. D’ailleurs une fois de plus John Gallagher (Non il n’a jamais joué dans Oasis.) se taille une fois de plus la part du lion avec les 5 premières chansons à son crédit (sur 8 au total). Heureusement les trois derniers titres sont également au niveau et Justifiable Homicide, composée par Jason Netherton clôt l’album de façon assez magistrale.

Il est important de préciser que cette galette est loin d’être une redite de Killing On Adrenaline, les américains ont ici canalisé au mieux leur furie sans en abandonner l’énergie mais en structurant les compos d’une façon un poil moins rentre-dedans mais plus carré et aussi efficace, la chanson titre Destroy The Opposition étant le meilleur exemple pour illustrer mes propos. Une autre différence est la production. Dying Fetus a pourtant choisi le confort d’un enregistrement près de chez eux au Studio Rockville (Maryland) ce qui peut parfois s’avérer une erreur, mais force est de constater qu’ils ont eu raison sur ce coup là : le son est plus clair, plus précis et met en valeur la rapidité d’exécution des riffs et le jeu bien technique du batteur technique du batteur Kevin Talley.

Une réussite sur toute la ligne pour Dying Fetus et du coup il n’est pas évident de conseiller des titres plutôt que d’autres, malgré tout ne passez pas à côté de Destroy The Opposition, Pissing In The Mainstream (explicite là aussi !), ou Praise The Lord.

Sachez aussi que Dying Fetus est un redoutable groupes de scène et pour les avoir vu en 2004 (avec d’ailleurs une set-list orientée au maximum sur cet album) au Fury-Fest, peu de groupes arrivent à dégager autant d’énergie sur scène. Vous savez ce qui vous reste à faire si ils passent près de chez vous.

BG (www.spirit-of-metal.com)

Destroy The Opposition constitue une entrée réussie au sein du label Relapse, et confirme sans problème la qualité du death grind de Killing On Adrenaline, saupoudré de ces pointes hardcores délicieuses. Sans sortir véritablement d’albums cultes, le groupe de Gallagher devient pourtant une référence inévitable du style au fil de ses réalisations. Fabien.

> - Les guests -, Dying Fetus — fabien @ 1:15 am

Immolation : Close to a World Below

Close to a World BelowSi deux étés séparent les sessions de Close to a World Below et celles de l’impitoyable Failures for Gods, une seule année différencie la sortie des deux disques, la parution du précédent ayant été reportée de plusieurs mois, la faute au planning surchargé du dessinateur Andreas Marshall. Enregistré en juin 2000 aux désormais habituels Millbrook Studios, sous la houlette de Paul Orofino, le nouvel album d’Immolation sort en effet dès l’automne chez Metal Blade, muni d’une illustration diabolique d’Andreas, cette fois-ci dans les temps, et assisté pour l’occasion de son frère Alex Marshall.

A l’image du titre d’ouverture Higher Coward très tapageur, dominé par les blast-beats & les roulements d’Alex Hernandez, les riffs intraitables & soli déchirants du couple Wilkinson / Vigna et le chant guttural profond de Ross Dolan, Immolation durcit sensiblement le ton, entretenant une ambiance chaotique terriblement prenante, infernale. La débauche de violence et la complexité des morceaux, tels Furthest from the Truth ou Put my Hand into the Fire sur lesquels les deux guitaristes superposent malicieusement leurs plans de guitares, rendent ainsi l’album difficile d’accès, nécessitant de nombreuses écoutes attentives avant d’être dompté.

Mais, au lieu de perdre l’auditeur dans un déluge de tout instant, Immolation calme judicieusement le jeu aux endroits clés, décuplant alors l’intensité de ses morceaux pour un résultat dévastateur. Les guitares lancinantes d’Unpardonable Sin, les riffs obsédants de Lost Passion, Le break redoutable de You’re Not a Father, Les ambiances saisissantes du titre éponyme, ou encore le final poignant de Fall from a High Place, sont autant d’éléments qui relancent parfaitement la machine, permettant aux quatuor new-yorkais de terrasser définitivement l’auditeur, et de lâcher plusieurs titres parmi les plus mémorables de sa carrière.

Manifeste de noirceur et de brutalité pure, à l’iconicité antichrétienne fortement marquée, Close to a World Below impose une atmosphère diabolique et un niveau d’intensité hors du commun. Après un Failures for Gods inattaquable, Immolation parvient ainsi à se maintenir au sommet de la scène death metal en cette année 2000. D’une manière plus générale, ce millésime confirme le retour sans précédent du death nord américain, qui bombarde à coups de Close to a World Below, Black Seeds of Vengeance (Nile), Gateways to Annihilation (Morbid Angel) ou The Infernal Storm (Incantation), en tout point renversants.

Fabien.

> - Les chroniques -, Immolation — admin @ 7:20 pm

January 18, 2000

Incantation : The Infernal Storm

Pour ce quatrième album studio, John McEntee membre fondateur d’Incantation a fait un sacré ménage et est le seul rescapé de l’aventure Diabolical Conquest : exit Daniel Corchado, remplacé par Mike Saez (guitare / chant) et Kyle Severn qui laisse sa place à Dave Culross (Malevolent Creation, Suffocation,…) Robert Yench complète le line-up à la basse.

Preuve ultime que McEntee est bien le seul maître à bord, le groupe sonne de la même manière que sur les réalisations précédentes et on pourrait presque confondre la pochette de The infernal storm avec celle de Diabolical Conquest. Vous aurez donc compris qu’Incantation évoluait toujours dans le domaine du death sombre et blasphématoire.

Le petit nouveau Robert Yench a néanmoins composé l’intégralité des paroles de The infernal storm et le moins que l’ont puisse dire c’est qu’il s’est vite intégré dans l’univers d’Incantation. Heaven departed où Apocalyptic destroyer of angels parlent d’eux mêmes.

Quoi qu’il en soit le combo n’a rien perdu de sa haine et de sa fougue et ceci est perceptible dès l’entame d’Anoint the chosen. Difficile de conseiller des titres en particulier car au niveau de l’intensité la galette est plutôt homogène. Néanmoins ne passez pas à côté du terrible Sempiternal pandaemonium qui retranscrit à merveille la lourdeur et la haine que dégage Incantation. Les passages ultra lents et à la tierce de Heaven departed sont aussi d’une efficacité redoutable.

A aucun moment les compositeurs ne s’embarrassent de détails et les riffs de The infernal storm ne sont jamais alambiqués où complexes, le but ici est de cracher leur violence et leur haine et de ce point de vue c’est réussi : l’auditeur ne peut que plier sous les coups de boutoirs de la section basse (assez en avant ici) / batterie.

The infernal storm n’a pas révolutionné l’histoire du Death Metal (ni même celle du groupe), mais c’est exactement ce que l’ont attend de groupes authentiques comme Incantation, d’ailleurs on n’échappe pas ici à la traditionnelle liste de remerciement longue comme le bras. C’est aussi pour ce genre de détails qu’on écoute et apprécie Incantation.

BG (www.spirit-of-metal.com).

J’apprécie bien sûr The Infernal Storm, comme le reste de la discographie d’Incantation, pour l’incroyable intégrité de son leader, et son death metal à l’identité fortement marquée. Pour le coup, John McEntee s’adjoint des services de Rob Yench, du brillant combo Morpheus Descends, que je respecte tout autant. Incantation, c’est décidement un style de death metal caverneux que j’affectionne particulièrement, à l’instar de celui des invincibles Suffocation, Immolation, Exmortis, Killing Addiction ou Morpheus Descends. Fabien.

> - Les guests -, Incantation — fabien @ 7:18 pm

Incubus : Discerning Forces

Incubus (USA-2) : Discerning ForcesPratiquement 10 années après la sortie de Beyond the Unknown, les frères Howard, alors résidents de Rio De Janeiro, décident d’enregistrer un troisième album d’Incubus. Malheureusement, les frangins sont contraint de changer de patronyme, faute à la formation de fusion californienne du même nom, et optent alors pour Opprobrium. Nuclear Blast, fidèle à ses anciens groupes, leur renouvelle un contrat, puis leur dégotte l’ingénieur du son Harris Johns et le dessinateur Kristian Wahlin, tous deux symboles de l’age d’or du thrash death dans leur domaine respectif, débouchant finalement sur la sortie de Discerning Forces en juin 2000.

A l’instar des deux premiers albums, tous les nouveaux titres ont été composés par Francis Howard, qui joue en plus toutes les lignes de guitares et de basse en studio, assure également le chant, ne laissant véritablement que les parties de batterie, assurées par son frère Moyses. Discerning Forces se place donc dans la stricte lignée de ses prédécesseurs, balançant un death thrash corrosif, bâti sur des rythmiques rapides et des riffs particulièrement expéditifs, dont seul Francis possède le secret.

Discerning Forces possède ainsi son lot de titres percutants, à l’image des entraînants Dark Entanglement et Awakening To The Filth, mais ne révèle au final qu’une maigre saveur. Ses compositions et sa production sont certes réussies, mais malheureusement beaucoup trop datées pour rivaliser avec la technique et la puissance des réalisations actuelles, à l’image des oeuvres d’Hate Eternal, Nile ou Krisiun, qui bousculent les codes du death métal, par leur ingéniosité et leur nouvelle définition de la brutalité.

Figé dans le début des années 1990 et développant imperturbablement son death thrash vieillot, Opprobrium marque ainsi un retour en demi teinte, ne parvenant plus à convaincre dix longues années plus tard. En conséquence, Discerning Forces ne se recommande qu’aux nostalgiques de la vieille école, sans qu’ils espèrent toutefois retrouver toute la fougue et la nervosité dégagées sur les cultes Serpent Temptation & Beyond the Unknown.

Fabien.

> - Les chroniques -, Incubus — admin @ 3:15 am

Krisiun : Conquerors of Armageddon

Alors que la scène death retrouve sa splendeur en cette fin des nineties, grâce aux imparables The Inexorable, Amongst The Catacomb, Formulas Fatal, Failures For Gods et Conquering The Throne (Angel Corpse, Nile, Morbid Angel, Immolation, Hate Eternal), Krisiun enfonce le clou en novembre 1999, lors des sessions de son troisième album. Privilégiant une nouvelle fois les terres allemandes, le trio brésilien rejoint les Stage One Studios, sous la coupe d’Andy Classen & d’Erik Rutan (faisant le voyage depuis sa Floride natale), pour ressortir avec le terrible Conquerors of Armageddon, bénéficiant cette fois du soutien solide de Century Media, et d’une superbe illustration de Joe Petagno (Diabolic, Incantation), parmi ses dessins les plus réussis.

Sans surprise, Conquerors of Armageddon conserve le death brutal et diabolique d’Apocalyptic Revelation, basé sur les blast dévastateurs de Max, les riffs & soli incisifs de Moyses, et le chant guttural rageur d’Alex. Depuis Cursed Scrolls jusqu’à Hatred Inherit, en passant par l’éponyme Conquerors, Krisiun maîtrise parfaitement son sujet et ne faiblit pas une seconde, assommant l’auditeur par ses rythmes infernaux et ses avalanches de riffs techniques & meurtriers.

Conquerors of Armageddon bénéficie en outre d’un enregistrement exemplaire de Classen & Rutan, canalisant parfaitement le tourbillon d’énergie pure et de haine déployé par Krisiun, pour restituer au final un son d’une profondeur, d’une clarté et d’une agressivité considérables.

Bien que Krisiun ne surprenne pas de prime abord, reprenant le death guerrier et satanique de son précédent effort Apocalyptic Revelation, il conserve en revanche cette pureté et cette force incroyables, se maintenant sans conteste parmi les leaders du death métal de la fin du millénaire. Conquerors of Armageddon compte en effet parmi les albums déterminants de cette année 2000, aux côtés des incontournables Gateways To Annihilation, Black Seeds Of Vengeance & Close To A World Below (Morbid Angel, Nile, Immolation), qui confirment tous le retour fracassant et la nouvelle puissance du death métal.

Fabien.

> - Les chroniques -, Krisiun — fabien @ 1:15 am

January 16, 2000

Lykathea Aflame : Elvenefris

Appaling Spawn se forme en 1995 en République Tchèque autour du guitariste chanteur Petr Tomanek, dans un pays où les formations death metal peinent à s’exporter, en dehors de Krabathor. Après son premier album Freedom, Hope and Fury paru en 1998, le groupe décide de changer son nom en Lykathea Aflame, afin de mieux coller à l’évolution musicale & spirituelle de son concept. Elvenefris, premier album sous le nouveau patronyme, est alors enregistré en été 2000 dans des studios locaux, débouchant sur sa sortie en fin d’année chez la petite structure tchèque Obscene Productions.

Lykathea Aflame pratique un brutal death technique de haute volée, tout en incorporant de nombreuses sonorités orientales et traditionnelles dans ses morceaux. Le résultat reste comparable au death metal et aux ambiances arabisantes de Nile, qui enregistrait l’impitoyable Black Seeds of Vengeance dans le même laps de temps. En revanche, la musique des tchèques se révèle au final plus atmosphérique, sur des paroles davantage portées vers une spiritualité intellectuelle, que du côté égyptologique chéri par le géant nord américain.

Développant un brutal death aux parties blast furieuses, emmenées par les rythmiques écrasantes de Tomas Corn & Andy Mares, et les guitares massives de Petr, au chant guttural décoiffant, Elvenefris cède parallèlement la place à de nombreux passages atmosphériques, aux arrangements subtils, développant des ambiances tantôt intenses, éthérées, orientales ou intimistes, évitant soigneusement la facilité et le piège de mélodies pompeuses & inadaptées au style.

Depuis l’excellent Sympathy Is Air, jusqu’aux somptueux A Step Closer & Bringer of Flame, Elvenefris alterne ainsi brillamment une violence death metal à des passages apaisants, montant dès lors parfaitement en puissance. Lykathea Aflame use ainsi parcimonieusement de claviers, guitares acoustiques, vocaux chantés ou narrés, pour enrichir ses atmosphères, tout en conservant un fil conducteur, qui confère une grande homogénéité au tout. Le titre Sadness and Strength reste ainsi un parfait exemple de l’équilibre général de l’album, gagnant en intensité au fil de son avancé, pour trouver son apogée lors d’une fin mémorable, imbriquant guitares massives, sonorités orientales et choeurs discrets, avec le plus bel effet.

Mais, malgré un mixage relativement clair, considérant ses nombreux arrangements, la production d’Elvenefris reste perfectible, la faute à une batterie manquant de corps et de profondeur, flanquée d’une résonnance creuse sur les tomes et la caisse claire, empêchant ainsi Lykathea Alfame d’exprimer sa pleine puissance. En outre, le manque de moyens prive l’album d’une véritable orchestration, qui aurait permis d’apporter une autre dimension.

Alliant habillement finesse & brutalité, Elvenefris impressionne ainsi par son équilibre et sa richesse musicale, mais aussi par la force de ses atmosphères et la sobriété de son concept, dépassant les frontières du brutal death, et dévoilant ses trésors au fil d’écoutes attentives. Toutefois, privé d’un enregistrement à la hauteur de ses ambitions et d’une distribution conséquente, l’album reste injustement dans l’ombre, malgré l’incroyable talent de Lykathea Aflame, désormais rebaptisé Lykathe.

Fabien.

> - Les chroniques -, Lykathea Aflame — fabien @ 7:30 am

January 15, 2000